Bonnaroo (2e partie) – Coup de chaleur

Dimanche 10 juin 2012

Il a commencé à pleuvoir pendant la nuit de samedi à dimanche, en plein milieu du spectacle de Skrillex (JUSTICE!). À notre réveil, il ne restait plus que quelques petits brins, une sorte de bruine fraîche tout à fait supportable. En fait, c’était une bénédiction compte tenu de la chaude journée de la veille. Et comme il nous restait une journée entière…

Nous avons décidé de magasiner un peu et de nous faire dorloter le cuir chevelu (oui, on peut se faire laver les cheveux gratuitement à Bonnaroo) avant d’aller voir notre premier spectacle de la journée, spectacle donné par mon coup de coeur des 7-8 derniers mois, GROUPLOVE.
[singlepic id=37 w=320 h=240 float=left]Première constatation : nous sommes arrivés une demi-heure avant le spectacle et This Tent était déjà pleine à craquer. Je pense qu’on va avoir chaud. Deuxième constatation : GROUPLOVE compte BEAUCOUP de fans à Bonnaroo. Sérieux. Presque tout le monde connaissait les paroles par coeur.

Le groupe est entré en scène au son de Lovely Cup, une de leurs chansons les plus entraînantes. Belle façon de donner le ton! Les gens font déjà du pogo, certains s’aventurent déjà en mode crowd surfing, ça chante fort, ça danse, tout le monde est heureux. Tout ça après une seule chanson! Les applaudissements qui suivent la fin de la pièce prennent un rythme soutenu, comme si la foule avait déjà choisi la prochaine pièce. Dix points pour la bonne réponse, en effet, Itchin’ on a Photograph suit. Après Love Will Save Your Soul, la foule est complètement électrisée. Une vague d’énergie circule aller-retour entre la foule et le groupe. Il se passe quelque chose.
[singlepic id=38 w=320 h=240 float=right]Chacun des musiciens (sauf le batteur, le pauvre…) a sa chanson. Après une deuxième partie un peu plus tranquille (si on peut considérer Close Your Eyes and Count to Ten, digne héritière d’une power pop que Billy Corgan, époque Mellon Collie, n’aurait pas reniée, comme une chanson tranquille), qui se termine avec la bien-nommée Slow qu’interprète doucement Hannah Hooper, on a droit à un trio infernal, qui fera simplement exploser This Tent. Leur succès actuel, Tongue Tied, nous a fait danser, chanter et sauter jusqu’à épuisement. Vous croyez qu’ils allaient arrêter là? OH QUE NON! C’est à leur tour de rendre hommage à une grande disparue (Whitney Houston) en chantant une version vitaminée de I Wanna Dance With Somebody. Vitaminée? Non. COMPLÈTEMENT DÉJANTÉE! Voyez-vous, les amis de Young the Giant ont trouvé qu’il s’agissait d’un bon moment pour monter sur scène et danser comme des fous. Ne voulant pas être en reste, le guitariste de Cage the Elephant a décidé de surfer parmi la foule! Je me suis demandé si je n’avais pas trop fumé. Il semble que selon cette vidéo, non, tout cela s’est réellement produit.


Source : Bonnaroo

Le groupe a terminé le spectacle avec Colours, la chanson qui les a fait connaître. Un moment donné, il était difficile de voir  les groupe à l’avant tellement il y avait de gens qui faisaient du surf! De plus, il y avait des ballons de plage partout (tsé, un jour de Beach Boys…). Le tout s’est terminé par une ovation à tout rompre, un triomphe, et ces mots du bassiste : « Thank you Bonnaroo, you’re the craziest fucking crowd ever! » Merci GROUPLOVE. Votre prestation fait partie de mes cinq préférées à vie. On y trouve quand même un show de Pink Floyd, c’est pas rien. 😉


Source : Bonnaroo


[singlepic id=39 w=320 h=240 float=left]Après GROUPLOVE, nous avons couru jusqu’à la scène principale pour voir les légendaires Beach Boys, enfin tous réunis (du moins les survivants) pour une tournée nostalgie où on fait de la place à tout le monde, de Love à Johnson en passant par Jardine.

Les Beach Boys, jeunes septuagénaires, n’ont pas nécessairement l’énergie des membres de GROUPLOVE. N’empêche, ils ont composé tant de tubes que les seules chansons que nous ne connaissions pas étaient les toutes nouvelles de leur dernier album au titre tout droit sorti d’une réunion du parti républicain. Les grands succès se sont d’ailleurs succédé l’un après l’autre. La magie est venue au milieu du spectacle, quand on a laissé la chance à Brian Johnson de chanter quelques beaux extraits de SMiLE et de Pet Sounds. Wouldn’t it Be Nice était tout simplement magistrale.

Le groupe sait encore faire plaisir à un public qui s’est drôlement renouvelé. On se passerait des jokes de vieux mononcle de Mike Love, mais le reste valait la peine d’être vu.


Source : Backpackdavebonnaroo @ YouTube


Nous avons traversé le site d’un bord à l’autre, question d’aller voir un autre monstre sacré, du country celui-là. J’ai vu Kenny Rogers et ma vie n’en est que meilleure. Oui, je suis sérieux. Rogers est un interprète hors pair, qui peut te transformer une chanson extrêmement quétaine en succès planétaire. J’avais l’occasion de le voir à Bonnaroo, il était impératif que je le fasse. Ne serait-ce que pour m’en vanter à mon père, qui a longtemps été un fan fini.
[singlepic id=41 w=240 h=320 float=right]Imaginez : en plus de voir les plus grands noms d’aujourd’hui et de demain, j’ai eu la chance de voir Alice Cooper, les Beach Boys et Kenny Rogers… en une fin de semaine! 🙂

Nous n’avons malheureusement assisté qu’à la première moitié de la prestation, question d’avoir une place potable pour Bon Iver. M. Rogers nous a quand même gâtés de plusieurs de ses grands succès (Love or Something Like It en ouverture, Ruby Don’t Take Your Love to Town) et s’est même permis, au grand plaisir des trois Québécois présents, de blaguer au sujet du Québec en disant que les Québécois chantaient mieux Ruby… que la foule présente à Bonnaroo même s’ils avaient l’excuse de ne pas parler anglais! 😀

Malheureusement, nous avons manqué une des grandes surprises du festival, soit la présence de Lionel Richie, qui est venu interpréter Lady avec M. Rogers, en plus de nous pousser une All Night Long qui a su plaire à la foule présente. Richie n’a rien perdu et ceux qui le verront très bientôt sur les Plaines auront la chance de voir tout un spectacle, je vous en passe un papier!


Source : BeezNutzSTL @ YouTube


Voir Bon Iver figurait très haut sur ma liste de choses à faire au plus sacrant. On peut maintenant dire que c’est chose faite et que Justin Vernon et sa bande m’ont complètement abasourdi.
[singlepic id=42 w=320 h=240 float=left]On aurait pu croire que la musique extrêmement intimiste de Bon Iver passerait mal sur une aussi grande scène. Eh bien, rassurez-vous si vous aviez prévu le voir parmi 80 000 personnes ailleurs : le courant passe extrêmement bien. Faut dire que Vernon a adapté ses pièces pour le grand air. Il m’a semblé que les chansons étaient toutes un peu plus lourdes et rythmées que sur les albums.

Vernon, qui se débrouille lui-même pas mal avec tous ses instruments, est entouré de virtuoses qui aiment la musique. C’est ce qui fait toute la beauté de ce spectacle. Il y a de l’amour dans l’air.

Vous m’excuserez, je n’ai pas vraiment pris de notes pendant cette prestation, qui s’écoutait les yeux fermés, ouverts, avec un sourire, en pleurant, assis, debout…


Source : Bonnaroo 


Nous avons terminé le festival en nous mettant un peu en retrait de That Tent pour écouter Fun., un groupe qui connaît un immense succès présentement. Pendant que nous prenions quelques dernières photos souvenir du festival, les membres du groupe qui nous fait penser à une version pop de Queen ont offert une prestation joyeuse et sympathique.

La foule était en liesse pour Some Nights, mais ce n’était rien comparé à lorsqu’ils ont entonné We Are Young, le plus gros ver d’oreille des deux dernières années. Et franchement, comment mieux terminer un festival (pour nous) qu’un gros succès des Rolling Stones? Yep, Fun. nous a offert You Can’t Always Get What You Want. En effet, on ne peut pas tout avoir ce qu’on veut. On a aussi de belles surprises!


Source : Bonnaroo 


Alors que nous marchions vers notre tente, il s’est mis à pleuvoir. C’est alors qu’il s’est produit quelque chose de magique, Phish, qui se produisait sur la scène principale (et que nous n’avons pas vu parce que Phish, c’est pas ma tasse de thé), a invité Kenny Rogers à chanter avec le groupe.

Ils ont interprété le plus grand succès de M. Rogers : The Gambler.

Tous ceux qui déambulaient sur Main Street avec nous se sont mis à chanter le refrain, même si le spectacle était à une bonne distance. Ça nous donné de l’énergie jusqu’à la tente, où nous nous sommes ouvert une petite frette bien méritée. La belle vie.


Source : godieinhell2 @ YouTube 

Auteur : Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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