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Critique : Gaëtan Roussel – « Orpailleur »

Gaetan Roussel - OrpailleurCe qu’il est loin le temps où Roussel nous emmenait au vent avec ses potes de Louise attaque! Son premier album solo, Ginger, a été encensé par la critique et Roussel est devenu un des artistes les plus cool et branchés de France. Il est vrai que Ginger avait une certaine aura. C’était un album lumineux et festif sorti d’une France un peu tristounette.

Orpailleur est toujours aussi pop et accessible, mais Roussel laisse aussi beaucoup de place à l’introspection. Non, le bonhomme n’a pas sombré dans la déprime et les pleurs, ne vous inquiétez pas. C’est juste un album plus… mature (pour ce que ça veut dire…).

Orpailleur ouvre avec une chanson qui reprend pas mal là où Ginger nous avait laissés. La simplicité sonne comme du pur Roussel, guitares omniprésentes en moins, claviers, cordes et rythmes complexes en plus. Ironique qu’une des chansons les plus complexes de l’album soit ainsi intitulée. Vous avez probablement déjà entendu Éolienne, rassurante pour ceux qui ont peur du changement. Parmi les autres chansons, on voudra écouter Par-dessus tes épaules, avec son rythme reggae langoureux, fera frissonner les demoiselles, Poésie, qui s’apprécie comme une vieille pièce de trip-hop, ainsi que la soul accrocheuse de We Will Be Strong.

Les chansons plus entraînantes ont un gros défaut : elles auraient pu se trouver sur Ginger et elles n’auraient pas détonné. Ça sent un peu la redite, le pilote automatique. Quand on sait que Roussel n’aime pas trop les recettes, ce qui l’a un peu forcé à se réinventer à plus d’une reprise, c’est inquiétant. Cependant, les chansons que j’ai nommées au paragraphe précédent sont magnifiques. Les paroles sont toujours aussi simples, à la limite simplistes, mais le coeur et l’authenticité y sont. C’est quand il sort des sentiers qu’il a lui-même battus que Gaëtan Roussel est à son meilleur.

Il y a du maudit bon matériel sur Orpailleur. Malheureusement, l’impression de redite gâche un peu notre plaisir. C’est dommage. Mais bon, Roussel nous a quand même donné un bon album. Qu’on va réécouter de temps à autre. N’est-ce pas tout ce qui compte?

Ma note : offset_6

Par Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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