Jean-François Bélanger – Grand Théâtre de Québec, 28 janvier 2018

Jean-François Bélanger photo: Yannick L'Esperance

Le dimanche matin, ce n’est pas toujours facile de sortir de chez soi. Surtout lorsque la veille on a vu Fred Fortin à l’Impérial…

 Armé de mon courage et de mon enthousiasme pour la découverte, j’ai monté l’escalier de Saint-Roch vers le Grand Théâtre où Jean-François Bélanger se produisait dans le cadre de la série de concerts les « Croissants-Musique ». Cette fabuleuse initiative nous permet d’aller voir gratuitement des groupes dans le foyer de la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre, environ une fois par mois. Je vous suggère fortement d’aller voir la programmation et d’assister à ces belles matinées !

Jean-François Bélanger est un multi-instrumentiste s’intéressant beaucoup aux instruments scandinaves. Sur scène, il joue du nyckelharpa, du tenor harpa, de la contrabasse harpa (des cousins nordiques de la viole de gambe) ainsi que du violon Hardanger (le cousin nordique du violon).

Il présente des compositions originales inspirées fortement des sonorités propres à la musique traditionnelle du Nord de l’Europe. Sa musique n’a rien d’exclusif à une seule culture : le musicien nous propose un voyage sur une terre qui n’existe pas, un endroit idyllique où les peuples et les cultures cohabitent en paix. La musique traditionnelle évoque un sentiment de retour à la terre ainsi qu’une certaine nostalgie. Cette musique est un conte fantastique où les nombreux instruments de Jean-François Bélanger racontent l’écho des siècles qui aurait porté cette musique jusqu’à nos oreilles.

C’est devant un auditoire assez âgé, mais très nombreux, que Jean-François et son groupe débutent le spectacle avec le premier titre figurant sur son plus récent album : Les eaux de l’oubli/Jökulhlaup. Cette pièce nous transporte tout de suite dans ce monde imaginaire en raison des influences moyen-orientales et scandinaves sur les mélodies entendues. Ce métissage pourrait nous paraître curieux, mais la virtuosité des instrumentistes nous convainc tout de suite et nous transporte. Le voyage est entamé.

Jean-François était accompagné par une brochette très impressionnante de musiciens. Élisabeth Giroux au violoncelle brillait par la clarté et la virtuosité de son jeu, surtout dans la « Valse militaire » ainsi que dans « Les ogres de Barbarie ». Le guitariste Yann Falquet nous a beaucoup impressionné par sa créativité à la guitare, mais aussi par les chants harmoniques qu’il exécutait dans plusieurs pièces. Cette technique vocale permettait de soutenir l’atmosphère sonore des pièces par ce son riche en harmonique. Finalement, le percussionniste Bernard Ouellette démontrait une polyvalence incroyable et maniait tous ses instruments à la perfection lors de ses interventions toujours très pertinentes.

Le groupe, qui nous a tantôt bercé avec des chansons comme « Les ornières du vide » et « Les eaux de l’oubli », nous a aussi donné envie de danser avec les plus énergiques « La Tiraille » et « Les ogres de Barbarie ». La chanson « Pitou’s trip to Norway » était très intéressante. Elle est un hommage au violoniste traditionnel québécois Louis « Pitou » Boudreault, reconnu pour son légendaire furieux coup d’archet. Dans cette chanson, ce coup d’archet est utilisé pour jouer une mélodie sur le violon Hardanger.

Après une heure de pur bonheur, le public en redemanda et la formation termina en beauté cette matinée musicale avec la très entraînante pièce « La Tiraille ».

Je vous conseille fortement de vous procurer ses deux plus récents albums, Les vents orfèvres (2014) et Les entrailles de la montagne (2017), qui ont été enregistrés comme un diptyque sur quatre ans. C’est une musique qui vous fera assurément voyager en Europe du Nord et plus loin encore…

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