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[Spectacle] Koriass, L’Industrie, 18 mars 2016

Avec son dernier album, Koriass se taille une place de choix dans l’industrie du disque québécois : il est le premier MC de la province à maintenir sa position dans le palmarès des disques les plus écoutés et ce, sur une période d’un mois. Évidemment, il ne se retiendra pas à mentionner ce fait lors de son arrêt à l’Industrie, dans le cadre de sa tournée avec Love Suprême.

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La soirée débute avec un invité surprise, soit Pat K7. Chargé de réchauffer le foule, le rappeur trifluvien interprète quatre chansons tirées de son Ep qu’il prévoit sortir en mai. Il en profite pour mentionner son changement de nom en tant que rappeur : Moses Hart. Malheureusement, le public ne semble pas touché par cet élan de nouveauté, c’est donc dans une ambiance un peu trop flegmatique pour la situation que ce dernier laisse place à Koriass.

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C’est avec Leader que l’artiste de l’heure s’introduit sur scène. Égale à lui-même, son énergie est remarquée et frappante, mais elle n’est malheureusement pas ressentie et atteinte par l’ensemble des personnes présentes dans le bar. À ses côtés, ses éternels complices : BobbyOne et Dj Manifest. La frénésie habituelle qu’apporte Koriass sur ses fans est définitivement absente. Rapidement, il enchaîne chanson après chanson, sans jamais se laisser atteindre par le calme de la place.

Il y avait de la distorsion dans la majorité de ses chansons. Personnellement, il m’est arrivé à plusieurs reprises de reconnaître ces dernières seulement lorsque Koriass entamait ses premières verses. De plus, il n’y avait pas de jeu de lumière spécifique aux chansons, ce qui empêchait le spectateur de constater l’évolution du spectacle.

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Évidemment, à la fin de sa performance, je ne m’attendais pas à un rappel, puisque la crowd n’avait presque pas réagit dans l’ensemble du spectacle. C’est pourtant à ce moment que les spectateurs se sont réveillés. Tous criait « Koriass » en coeur. Sans trop se faire attendre, Korey Hart est réapparu sur les planches. Il a débuté avec deux classiques, soit Garde ta job et St-Eustache. Puis c’est avec Love Suprême qu’il a officiellement conclu son show.

 

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Photos : Albert Sinotte

 

 

 

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[Album] Dead Obies – «Gesamtkunstwerk »

Lors des dernières semaines, le rap québécois est apparu à plusieurs reprises dans les médias. Tout d’abord est venu le GAMIQ, (qui, d’ailleurs, était animé par Robert Nelson d’Alaclair Ensemble) où EMAN X VLOOPER, Loud Lary Ajust et Alaclair Ensemble ont remporté des prix. Ensuite, nous avons assisté à la création de Brown. Leurs propos sur le métissage et la quête d’identité en tant qu’immigrant ont piqué la curiosité de La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal et plusieurs autres.  Inévitablement, Love Suprême n’est pas passé sous silence, Koriass a lui aussi eu droit à son « quinze minutes de gloire ». Comme vous le constaterez, le rap québécois gagne à se faire entendre et tente petit à petit à se faire comprendre.

C’est maintenant au tour de Dead Obies de faire couler de l’encre. En plus de sortir un nouvel album, ils se démarquent avec la mise en place d’un second degré touchant la relation entre le public et l’artiste. Dans leur approche avec Gesamtkunstwerk, le sentiment d’appartenance est remarquable. Cette fébrilité ressentie s’explique avec la place considérable que le groupe a laissé aux fans lors de leurs trois spectacles enregistrés et consécutifs au Centre Phi, à Montréal en octobre dernier. Cet événement est le premier d’une série dans laquelle l’engouement et l’emballement de leurs admirateurs n’ont fait qu’amplifier. Le résultat est que le public a l’impression de faire parti du groupe. Cette image est perceptible dans le clip d’Aweille!, le documentaire de Gesamtkunstwerk ainsi que dans de nombreuses photos tirées des spectacles d’enregistrement.

L’album débute avec DO 2 Get, qui se trouve à introduire l’audience dans l’univers Gesamtkunstwerk, où la tournure recherchée est principalement rassembleuse. Dès les premières sonorités, on se trouve emporté par la même énergie que l’on retrouve lors d’un spectacle. Cette excitation est présente et ressentie à plusieurs reprises dans l’album. Sans toutefois y prendre trop de place, elle ajoute une tonalité festive. Par exemple, on entend des fans à la fin de Waiting, où plusieurs font part de leurs attentes face au spectacle auquel ils s’apprêtent à assister, dans Wake-Up Call, lorsque le public chante en coeur une mélodie et légèrement dans Oh Lord et Moi pis mes homies, puisque ces chansons étaient connues par plusieurs.

Montréal $ud dégageait une atmosphère très montréalaise, parsemée de passages frôlant le tempérament passif-agressif. Gesamtkunstwerk, lui, reflète plutôt la force et la beauté que peut avoir un groupe lorsqu’il fonctionne à l’unisson. Son contenu global est vaporeux. Le message est communiqué d’une façon désinvolte et sur un air spécialement harmonieux. Cette fois-ci, Dead Obies s’exprime avec plus de délicatesse.

Il y a un atout intéressant qui s’ajoute à l’«expérience Gesamtkunstwerk», mais  qui n’est malheureusement pas atteignable pour plusieurs. Les personnes qui étaient présentes le 14, 15 ou 16 octobre passés au Centre Phi à Montréal, vivent un certain throwback au moment de leur écoute : ils n’ont qu’à se fermer les yeux pour revoir Dead Obies animer cette vitalité et l’aspect live de l’album rend l’expérience encore plus excitante. En ayant assisté, et même participé à l’enregistrement, on a accès à l’intégralité de Gesamtkunstwerk. Avez-vous déjà eu la chance de connaître les paroles d’une chanson avant même qu’elle soit sur le marché? Bien entendu, ce semblant d’exclusivité s’avère être fort savoureux et plaisant.

Il faut savoir qu’il y a tout de même quelque chansons réalisées en studio, où les voix sont davantage travaillées et directes, plus particulièrement dans Where They @, Pour vrai, Explosif et Everyday. 

L’album se conclu de la même façon qu’un spectacle. Au milieu d’Untitled, on entend Yess McCan remercier le groupe et les choristes qui les ont accompagné, pour ensuite chanter sur une vibe à la hauteur de la complicité « Dead Obies ». La dernière chanson officielle de Gesamtkunstwerk est Outro. Elle dégage une atmosphère spécifique à celle que l’on vit lors d’une fin de show. En d’autre mot, elle traduit l’émotion laissée par la prestation du groupe, soit un mélange d’euphorie et de satisfaction. En bref, c’est la chanson parfaite pour dire à ses homies : « Hey sérieux j’suis content(e) d’avoir vécu ça avec toi! ».

Dead Obies laisse mon âme en plénitude avec Gesamtkunstwerk. On peut dire que cet état représente l’émotion que j’ai eu face à la nouvelle de leur apparition à Tout le monde en parle ce dimanche soir. Leur temps d’antenne sera probablement dédié à leur goût controversé pour la fusion français-anglais dans leurs oeuvres singulières, soit un constant combat pour bon nombre de rappeurs québécois.

Lancement à Montréal le 10 mars