[FESTIVAL OFF], Compte rendu 8 juillet 2017

Photos : Marion Desjardins

Les festivals nous imposent un rythme. Dans notre cas, chez ecoutedonc.ca, c’est un rythme insoutenable, mais nous avons des oreilles tout terrain et des jambes d’acier pour rester debout, nous promener et danser toute la nuit. À mon arrivée à la Méduse, l’atmosphère est familiale; à force de se côtoyer pendant quatre jours et vivre des expériences intenses ensemble, des liens se créent. La grande différence entre le OFF et le FEQ: le OFF réunit la scène de musiciens et de mélomanes qui vont voir des spectacles à l’année longue, tandis que le FEQ contient beaucoup de moldus à la scène musicale. C’est super que de nouvelles personnes s’intéressent l’espace d’un instant aux spectacles, mais l’ambiance reste souvent passive. Au OFF, seuls des mélomanes avertis sont présents et écoutent, dans un silence religieux, les prestations formelles et participent en dansant lors des fins de soirées animées (pour vrai, vous êtes mon public préféré!).

Hier, pour la dernière soirée du OFF, je me suis gâté. J’ai vu tous les shows du plus beau festival en ville à partir de 18h jusqu’à 2h. Et pour vrai, ça a passé vite!

Compte rendu de cette ultime nuit de ce trop court festival.

Fou Bar, Isabelle Cormier

J’aime beaucoup les spectacles au Fou Bar : c’est familial, c’est chaleureux et le public est attentif. Plusieurs proches d’Isabelle Cormier étaient présents en début de soirée pour l’encourager à son premier spectacle solo. Lorsque Jean-Étienne Collin-Marcoux lui a demandé, il y a deux mois, si elle voulait jouer dans le cadre du OFF, la jeune musicienne n’avait alors aucune chanson. Hier soir représentait la consécration de deux mois de travail intensif. Isabelle Cormier a débuté le concert tout en intimité avec son violon, muni d’une pédale de loop, ainsi qu’avec divers effets planants. Cette introduction nous a plongés tout de suite dans une ambiance méditative, nous étions prêts à l’écoute. Isabelle Cormier nous a présenté tout au long de sa prestation, des textes très personnels, accompagnés à la guitare. On a eu droit à une fenêtre sur son parcours, ses peines et ses joies. Malgré un jeu de guitare encore fragile, ses enchaînements d’accords ainsi que ses mélodies étaient bien travaillés et représentaient très bien les années de formation musicale de l’artiste. La glace étant brisée, nous avons bien hâte de voir et de suivre la suite pour Isabelle Cormier.

Fou Bar, Val Thomas

Val Thomas a de l’expérience avec la scène. « Ce n’est pas son premier rodéo » comme on dit. Elle a sorti un premier single pour son projet cette année (on a très hâte au EP) avec une équipe du tonnerre (entre autres: Simon Pedneault et Josué Beaucage). Ancrée dans un folk franc et groovy, Val Thomas pousse ses chansons d’une voix solide et franchement entraînante. Sur scène, elle est accompagnée d’une équipe incroyable: l’excellent batteur jazz Kenton Mail, le directeur général du OFF lui-même Guillaume Sirois à la basse et le très agile Alexandre Pomerleau à la guitare électrique. Ce «all star band» de la ville de Québec est très solide et saisit tout à fait les besoins musicaux des compositions de l’auteure-compositrice-interprète. Bien que nous ayons affaire à d’excellents musiciens, je dois mentionner le travail remarquable d’Alexandre Pomerleau à la guitare, qui place toujours très bien ses interventions d’une pertinence remarquable. Tantôt folk-rock, tantôt folk-américain, Val Thomas reste fidèle à son style et l’exécute très bien avec de très solides compositions. Vous voulez la voir ou la revoir? Elle se produit sur la scène Fibe du Festival d’été de Québec le 14 juillet prochain à 17h.

Scène Fabrique Culturelle, Wizaard

«Fun, Fun, Fun with the Wizaard» chantaient les membres de la formation rock de Montréal en ouverture de leur prestation devant l’église Saint-Jean-Baptiste colorée de rose par le coucher du soleil. Le groupe se présente comme une formation de rock psychédélique. Muni de guitares aux sons clairs et métalliques, qui nous rappelaient les années 60, ainsi que d’un synthétiseur complétant le son rétro, le quintet a joué leurs compositions qui baignent dans un son nostalgique. Psychédélique-rock, funk-rock, beach-rock, space-rock, sexy-kitsch-rock, la formation aborde toutes les formes du rock de l’époque avec un son toujours très brillant et franc.

 

Scène Fabrique Culturelle, Ensemble AfroVibes

Il n’y a pas eu souvent autant de monde sur la scène du Parvis de l’église pour un show du OFF. Il faisait chaud, il faisait beau, le monde était prêt à danser sur les rythmes africains. Réunissant des musiciens provenant du Québec, de la Martinique et d’Haïti, l’ensemble AfroVibes rallie le jazz, les rythmes latins ainsi que des mélodies inspirées des Voodoo Haïtiens. Leur musique, c’est le soleil, c’est la sangria sur le bord d’une plage, c’est le sable blanc au coucher du soleil. Elle me rappelait un peu l’excellent groupe de reggae Third World.  Les saxophones, percussions, guitare, basse et drums ont fait danser le public dans cette fête tropicale.

 

Méduse, Studio d’essai, Etienne Mason

Pour ouvrir cette dernière soirée à la Méduse (j’étais un peu ému), Etienne Mason a présenté des compositions minimalistes aux drums, en solo. Le percussionniste a joué avec APigeon, Mathieu Bérubé, Laura Babin, avant de partir son projet solo. Dans un minimalisme transportant, Étienne gère les synthétiseurs ainsi que des bandes sonores pour créer des univers existentiels. L’artiste a fait une grande recherche sur les sons pour préparer ce spectacle. Un élément très intéressant est le bouquet de coquillages posé sur le snare, qui procure un son unique à son ensemble de percussions. On pourrait qualifier sa prestation de messe percussive, en raison du synthé grave et rond nous rappelant un contexte religieux et les percussions qui ancrent le tout dans des rythmes lourds. Une performance vraiment intéressante qui a très bien ouvert la soirée.

 

Méduse, Salle Multi, New Fries

Ce rock défoulant et étrange a envahi la salle Multi de la Méduse devant une foule grandissante. Épris d’une transe performative, le groupe jouait très fort des riffs répétés comme des mantras jusqu’à la folie. Au menu: cris, déhanchements, renversements de drums, bière crachée… tous les éléments d’un groupe trash étaient réunis. Un mélange de transe agitée et de défoulement pur a saisi la foule. Dans une musique très bruyante et quasi industrielle, la chanteuse, Anr Stefania Spadafora, criait des paroles incompréhensibles aux accents tribaux en bougeant, comme possédée. La finale épique de cette très courte présentation a laissé tout le monde en haleine. On en aurait pris plus!

 

Méduse, Studio d’essai Les Martyrs de Marde

Créature hautement dérangeante et provocante, Les Martyrs de Marde, revêtus de leurs costumes ecclésiastiques ont débuté par une introduction en rituel démoniaque. Éclairés de seulement trois lampes rouges, le groupe en costume trash semblaient prêt à tout casser. Les cris rauques du chanteur Frère Foutre et l’agressivité du reste du groupe semblaient tout droit sortis d’un film gore. Dans une ambiance apocalyptique, le groupe punk déplace de l’air, provoque. Cette proposition audacieuse inflige aux spectateurs le même traitement qu’un film d’horreur, un inconfort franc et un mal de ventre bien senti. D’ailleurs plusieurs personnes, dont moi-même, ont quitté la salle et ont préféré l’air extérieur ou encore le sympathique hall d’entré de la Méduse à ce spectacle perturbant.

 

Méduse, Salle Multi, Poirier Migration Soundsystem

Après l’expérience troublante du Studio d’essai, le party était au rendez-vous à la Salle Multi. L’afrohouse énergique de Poirier a tout de suite allumé la piste de danse de la Salle Multi. Les festivaliers en ont profité pour se défouler une dernière fois à la Méduse avant la fin du festival. Les deux danseuses présentes sur scène étaient vraiment impressionnantes et ajoutaient un élément visuel sensationnel à ce spectacle qui détonnait un peu dans la programmation du OFF, mais quand même très pertinent pour cette dernière soirée de festivités. Les deux rappeurs présents sur scène ont animé la foule en nous faisant chanter et crier.

Après un discours improvisé de Guillaume Sirois, le hall d’entrée de la Méduse est resté ouvert jusqu’aux petites heures du matin pour permettre aux survivants de la soirée de continuer à célébrer une dernière fois.

Merci beaucoup à toute l’équipe d’organisation du OFF pour leur superbe programmation, aux groupes qui ont participé et surtout au public incroyable qui s’est déplacé. Cette 14e édition a vraiment été épatante et j’ai maintenant adopté la sauce OFF pour toujours.

Heureusement, la folie n’est pas terminée, on se voit ce soir dans un show du FEQ près de chez vous!

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[FESTIVAL OFF] La Méduse, Compte rendu 7 juillet 2017

Louis-Solem ayant ressenti un appel incontrôlable pour Kendrick Lamar, sa coloc l’a remplacé le temps d’une soirée pour couvrir le OFF à la Méduse. Voici donc un texte de Rébécca Marois.

La troisième soirée du Festival Off à la Méduse nous a présenté d’entrée de jeu un programme double: le quatuor américain d’Anton Dvoràk (1841-1904), tout d’abord revisité dans un rock très personnel par Yonatan Gat, guitariste virtuose, et ses musiciens, puis présenté en version originale avec le quatuor Ondée. Le rock de Gat, parfois positivement cacophonique, était toujours très satisfaisant pour l’appétit des auditeurs présents, qui ont été de plus en plus nombreux et curieux au fil de la performance. Pas de discours de présentation, pas de fioritures, que de la musique. Mais quelle musique ! Le défi d’adaptation a été relevé avec brio par Gat et ses musiciens. Mention spéciale au batteur Greg Saunier, de Deerhoof, pour son énergie et sa présence enivrante.

Bien que j’aurais préféré entendre en premier la version originale du quatuor américain pour en avoir les mélodies en tête avant la revisite de Gat, la formule a tout de même été un succès. La performance du quatuor Ondée nous est apparue comme un oasis de paix en cette soirée autrement dévouée à des artistes prônant un tout autre type d’intensité. Je n’ai toutefois pas été convaincue de la nécessité de l’amplification et de la réverbération dans la salle intime qu’est le studio d’Essai, mais je dois lever mon chapeau à l’organisation pour avoir intégré à la programmation une œuvre classique dans un contexte si différent de celui auquel on est habitué pour ce type de musique. Le public, comprenant la différence de ton, s’est rapidement mis à son aise.

S’enchaînait non sans contraste une performance déchaînée du groupe les Gouroux, avec une pop hard rock qui a su bien préparer le terrain aux combats de lutte de la NSPW qui allaient suivre dans un impressionnant ring installé au centre de la salle Multi. Ce fut sans aucun doute le spectacle qui a attiré le plus grand public en cette troisième soirée du OFF à la Méduse. L’anticipation était palpable quelques minutes avant l’entrée des premiers lutteurs. Un spectacle divertissant, mais somme toute quelque peu éloigné de l’approche artistique des autres propositions. La nuit s’est poursuivie avec Victime et Vulvets, mais après déjà deux soirées de shows, le sommeil s’imposait.

[Signaux de Nuit] Le Cercle, Socalled + Queen Ka, 7 juillet 2017

Le Cercle nous a offert hier une folle soirée. La slameuse Queen Ka a ouvert la soirée avec sa belle poésie percussive, accompagnée de supers musiciens qui ont su créé des ambiances fortes qui soutenaient très bien ses propos. J’étais très content (pour ne pas dire extatique) d’entendre une si belle poésie au Cercle en fin de soirée! Ce lieu de diffusion, reconnu pour son public bavard (fermez vos gueules comme dirait le boss), n’a pas fait exception à la règle ce soir-là, mais les incontinents verbaux se sont tous amassés au fond de la salle, laissant une tranche de mélomanes attentifs devant la scène pour mieux boire ses paroles. En plus des ambiances sonores créées par Stéphane Leclerc, le travail de Blaise Borboën-Léonard (oui oui, il jouait avec Lydia Képinski quelques heures plus tôt) est remarquable. Avec des mouvements d’une fluidité déconcertante, il alterne entre les claviers, l’électronique ainsi que son alto branché dans une impressionnante banque d’effets qu’il maîtrise à merveille. Aujourd’hui, faire de la poésie dans un bar, comme ce que Queen Ka nous a présenté est politique et ô combien important pour notre esprit critique et notre culture commune. Merci pour ce beau moment et merci de faire vivre l’art des mots.

Socalled a mis le feu au Cercle. Ces sept mots résument très bien le spectacle hautement énergique qu’il nous a livré hier soir avec des musiciens de feu! Et pour notre plus grand plaisir (j’étais comme un enfant), Sarah Toussaint-Léveillé s’est joint à la fête pour faire des «backs vocals» et même rapper! Socalled ayant réalisé son plus récent album «La mort est un jardin sauvage», la musicienne connaît bien le rappeur, même si parfois elle semblait un peu déstabilisée par sa folie contagieuse. Le groupe est allé dans toute les directions: du funk au Klezmer en passant par des chants d’inspiration arabes, toujours bien sûr avec du rap et une touche d’absurdité. Le multi-instrumentiste a su faire bouger la foule en retenant son attention tout au long de ce spectacle de deux heures en nous faisant chanter, danser, rire et sauter partout. Il a même présenté un tour de magie vraiment bien monté avec des cordes qu’il coupait et qui se rattachaient toutes seules. À un moment, Queen Ka a même été invitée à venir sur scène pour faire un freestyle. Le Cercle a été en fête jusqu’à deux heures!

Et le meilleur dans tout ça?

PLUS DE SPECTACLES AUJOURD’HUI!!

Photos : Joanie Paquet

[FESTIVAL OFF] Compte rendu 6 juillet 2017

Après une courte nuit de sommeil et un spectacle sur la scène Fibe, je suis retourné à la Méduse tout excité, plusieurs visages familiers de la veille sont présents à mon arrivée pour cette soirée des plus éclectiques.

L’impro multi

La salle multi était disposée en mode cabaret pour le premier numéro de la soirée. En arrivant dans la salle, je constatai la belle brochette d’artistes présente sur scène. La danse, les arts visuels, le slam, la musique, le théâtre, les éclairages, une dizaine de représentants de ces disciplines étaient réunis devant un seul but : créer. Comme en match d’impro théâtral, les participants se font donner un thème et un caucus s’en suit pour se faire un plan de match avant de se lancer dans la performance. Nous avions une vraie équipe de professionnels devant nous, plusieurs moments magiques se sont passés ce soir là. En musique, Jean-Étienne Collin Marcoux du Pantoum (ou son clone, c’est clair qu’il se dédouble) aux percussions et Luke Dawson des Chercheurs d’or à la contrebasse nous ont transporté dans des univers uniques. Bravo à tous les artistes pour ce beau défi, vive l’art multidisciplinaire!

 

Le Havre

Avec un peu plus d’une heure de retard, le duo Montréalais commence à jouer devant un public de plus en plus dense. Charles-David Dubé à la guitare et synthés a chanté ses chansons luxuriantes qui nous emportent dans le rythme. Parlant de rythme, le batteur Oli Bernatchez assure une présence sur scène très solide. Il manie les synthétiseurs tout en jouant de son drum. Son hi-hat (qu’il a arrangé pour plus de puisssance) gruge peu à peu ses baguettes qui semblent vouloir exploser à chaque moment. Le duo présente une rythmique audacieuse qui nous rappelle des accents de rock progressif. Leur son, très aérien et à la fois bien ancré dans un groove puissant, se rapproche des sonorités pantoumesques (la formation est d’ailleurs venue jouer au Pantoum cette année). Le groupe utilise aussi quelques séquences très bien placées et pertinentes. Ils ont principalement joué des pièces de leur plus récent album Trajectoires.

 

Rakam

Créature étrange, la formation montréalaise s’est produite à la Méduse en trio. La basse, les claviers et parfois saxophone parfois guitare jouaient une pop année 80 bien kitch et absurde. Le chanteur, semblant provenir d’un monde parallèle vraiment funky récite ses textes saugrenus en presque spoken word, un peu à la Tom Waits. Le gros bémol de ce groupe franchement bizarre est le drum machine. Trop fort, peu intéressant, il posait le groupe sur une base trop régulière et un peu agressante. Leur énergie déroutante n’a laissée personne indifférent. Plusieurs ont adoré et sont restés danser avec le groupe jusqu’à la fin, alors que plusieurs sont allé profiter de la chaleur extérieure (pour vrai, il fait froid à la Méduse).

 

Hologramme

Ils sont montés sur scène à 1h15, on était pas mal fatigué, mais l’attente a valu la peine. Hologramme est un hommage aux synthétiseurs, une glorification de l’électronique et c’est très réussi. Le doux son des synthés a rempli la salle multi tard dans la nuit devant les quelques survivants encore debout pour danser leur vie comme s’il n’y avait pas de lendemain. Les musiciens sont très solides et bien préparés, leur spectacle s’est déroulé sans faute avec une fluidité très agréable. Les synthétiseurs produisent tantôt des mélodies quasi ecclésiastiques, tantôt très dansantes, ce qui procure à leur spectacle une belle diversité. Ces différentes ambiances sont entre autre dues à la très grande maîtrise des effets et des sons des leurs appareils. Ils construisent de très beaux moments où la foule a pu se déhancher furieusement jusqu’à très tard dans la nuit.

 

Un peu fatigué, j’ai déjà hâte à ce soir!

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[FESTIVAL OFF] Compte rendu, 5 juillet 2017

Hier soir marquait le début des festivités musicales annuelles à Québec. En onze jours, plus de 200 groupes monteront sur scène un peu partout en ville dans le cadre du OFF, du FEQ et des Signaux de Nuit (SDN).

La formation Laclé a ouvert la soirée à la Méduse avec une proposition bien à eux. Guy Bernier nous a présenté des mélodies sorties tout droit de l’Inde du Nord avec son sitar. Il était accompagné de Christian Paré aux tablas et autres percussions et le tout était produit et traité en temps réel par Carl Bastien, équipé d’un clavier, d’une basse et divers outils électroniques pour modifier les sons. Ce fut un bonheur immense d’entendre ces sonorités orientales! Le travail de Carl Bastien a permis à cette musique millénaire de se moderniser en y insérant des couches d’électronique à-travers le jeu des instrumentistes. Les deux musiciens, tous deux virtuoses de leur instrument, s’adonnaient à des échanges mélodiques et rythmiques de haute voltige. La prestation fut très appréciée du public, plusieurs en ont profité pour fermer les yeux et se laisser emporter par ces mélodies orientales. Nous sommes restés dans un état de bien-être profond après ce fabuleux ensemble.

Nous nous sommes ensuite déplacés vers la salle MultiLe Gros kick nous attendait pour nous secouer un peu après cette méditation commune. Ce projet est en fait une initiative du OFF, qui voulait avoir un ensemble percussif dans sa programmation et a pour ce faire, donné carte blanche à Bea Box (Joannie Labelle) pour créer un spectacle unique dans le cadre du festival. C’est donc accompagnée par deux batteurs et une trompettiste/chanteuse que Joannie Labelle nous a présenté ses compositions dans le genre industriel et percussif (c’est le moins qu’on puisse dire). La chanteuse utilisait elle-même une station d’instruments de percussions divers, tout en chantant et en gérant ses trames sonores préenregistrées. Le tout était agrémenté de projections éclatées sur un écran derrière le groupe. Un spectacle qui a bien démontré l’aspect d’ouverture et d’expérimentation du Festival OFF.

Un des artistes que j’attendais le plus au festival OFF est certainement Gramofaune. Le projet électro-acoustique de Gabriel Gagné ne cesse de m’impressionner dans sa recherche du rythme, de mélodies et de couleurs sonores. Muni d’un attirail impressionnant, il manie tous les sons et bandes sonores en temps réels, ce qui pourrait qualifier son art de performatif tellement il s’y investit. Il était lui aussi accompagné de projections dynamiques derrière lui, qui imageaient très bien sa musique et ses ambiances. Semblant un peu nerveux de présenter son projet dans un festival important, il est tout de même resté en contrôle de ses moyens, malgré quelques accrocs mineurs. Ses mouvements lors de sa performance étaient très énergiques et obnubilants. Le spectateur ne savait presque plus où donner de leurs sens avec les projections, la musique, les mains agiles de Gabriel Gagné ou bien encore sa tignasse brune se secouant de tous bords tous côtés. Cette musique a été très bien accueillie par un public qui semblait déjà bien le connaître.

Beat Sexü, quant à eux, font maintenant partie de la culture de fête de Québec. Avec son esthétique franchement «Pantoumesque», les paillettes et les chansons maintenant connues du public, tous les ingrédients étaient là pour passer une très belle fin de soirée avec la formation. Munis d’un décor tout en paillettes, ils nous ont présenté plusieurs chansons pour faire bouger (dont quelques nouvelles, yé!), avant d’enchaîner plusieurs titres de leur album de reprises de chansons d’artistes de la relève de Québec. L’énergique quatuor a su faire danser les quelques survivants de la soirée jusqu’à une ultime danse sur la très connue Papa, Maman, Bébé, Amour (Gab Paquet était présent ce soir-là, mais il venait tout juste de partir… snif snif) où le tout le monde a trashé le dance floor.

Cette soirée a donné le coup d’envoi aux prochains jours de festivités et de musique.

À vos scènes,

Prêts?

Écoutez!

Badminton (par Jacques Boivin)

Pour une fois que je pouvais avoir un petit avant-goût du OFF, je me suis gâté avec Badminton, le projet d’Alex Fortin. Rien de trop compliqué, du folk à l’américaine livré avec une grande émotion, sans artifices. Un vieux micro, une guitare trois quarts, un peu de reverb, une ou deux reprises (dont une bien sentie de Tears for Fears) pis une bouille fort sympathique. Prestation bien accueillie par les spectateurs présents… et par ma pinte de cidre!

Santé!

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[SPECTACLE], Les Escapades de la Cité, Église orthodoxe grecque de l’Annonciation , 30 juin 2017.

Cette fin de semaine, pendant que les médias culturels étaient affairés au Festival de Tadoussac, au Festivoix, à Petite-Vallée ou même encore aux célébrations du 1er juillet, je suis resté à Québec pour aller à un festival d’un tout autre genre: Les Escapades musicales de la Cité. Ce festival est une initiative de Blair Lofgren, violoncelliste solo de l’Orchestre Symphonique de Québec (OSQ) et professeur au Conservatoire de musique de Québec.

Ce festival se déroulait sur trois soirs consécutifs, les 29-30 juin et 1er juillet, à la très charmante Église orthodoxe grecque de l’Annonciation, dans le quartier Montcalm. Le même quatuor à cordes formé d’excellents musiciens de l’OSQ et des Violons du Roy présentait un programme différent à tous les soirs, ce qui est tout un défi en soi.

Ce compte-rendu se veut donc la première couverture d’un festival classique par Écoutedonc.ca!

Je suis arrivé plus tôt à l’église pour m’entretenir avec Blair, afin d’obtenir plus d’informations sur le festival. En arrivant devant l’église, je n’y croyais pas! Ce petit bijou siège silencieusement dans Montcalm depuis bientôt 60 ans, sans être connu du grand public. Moi-même, passant régulièrement dans le coin, je ne l’ai jamais remarqué. En pénétrant dans son enceinte, on aurait pu dire que les murs de bois semblaient attendre la venue d’un concert de musique de chambre.

Tout souriant, Blair Lofgren semble flotter sur un nuage en dépit de la lourde tâche d’organisation et celle de jouer trois soirs consécutifs pour son festival.

Pour lui, l’événement qu’il organise est une «expérience qui se rapproche davantage de l’odyssée, une aventure musicale qui nous permet de plonger dans un état d’immersion nécessaire pour alimenter une véritable passion pour les arts ».

« C’est une opportunité pour les gens de venir et d’expérimenter quelque chose de condensé et enrichissant tout d’un coup et de vraiment entrer dans le rythme du quotidien », m’a expliqué Blair en entrevue. « C’est un peu la raison pour laquelle j’ai nommé le festival Les Escapades Musicales de la Cité, c’est une façon de s’évader dans la ville comme si on fait un voyage de camping, ça prends quelques jours pour ralentir. Les gens qui viendront tous les trois soirs pourront mieux profiter de l’expérience immersive », m’a confié Blair.

Jusqu’à maintenant, il n’y avait pas de véritable festival de musique de chambre à Québec. La création de cet évènement était donc logique pour son fondateur, qui avait l’habitude de chercher les contrats et festivals à l’extérieur de la ville alors que selon lui, il y a une banque de musiciens professionnels impressionnantes ici même. « Pourquoi ne pas saisir l’opportunité et créer un projet durable ici? », s’est-il demandé.

Ce projet a une mission communautaire et sociale et il appartient autant aux musiciens qu’au public. Blair m’a affirmé qu’il voulait que ce soit un échange énergique et enrichissant.

Après un petit échauffement des musiciens, les portes de l’église se sont ouvertes pour laisser entrer un public comblé d’avance. J’ai assisté à la deuxième soirée de concerts et dans les discussions des spectateurs, plusieurs ont commenté avec enthousiasme le programme de la veille et les nouveaux venus ont observé la beauté des lieux.

Le quatuor, crédit photo: Les Escapades Musicales de la Cité

Le concert était constitué de deux œuvres, soit le Quatuor à cordes no 7 Op.108 de D. Chostakovitch et du Quatuor à cordes no 11 Op.95 «Serioso» de L.V. Beethoven.

Le quatuor de Chostakovitch présenté ce soir-là est une œuvre très intime du compositeur; elle est dédiée à sa défunte première femme. Il était peu fréquent pour un compositeur russe du XXe siècle d’écrire une musique aussi personnelle et intime en raison du caractère rigide du régime soviétique qui inspirait (imposait même parfois) des musiques plus militaires, officielles et grandioses. Le quatuor, composé de musiciens de très haut niveau, nous ont livré une interprétation très sentie avec un soin remarquable apporté aux nuances.

Ensuite, l’ensemble a pris le temps de bien introduire le quatuor de Beethoven pour que le public puisse profiter au maximum de l’expérience. Ils ont commencé par jouer plusieurs extraits des quatre mouvements de la pièce, en laissant le public partager leurs impressions sur ces passages.

Cette œuvre a d’ailleurs marqué la fin d’une période pour les quatuors à corde, car les prochains opus ont été des monuments ultra-complexes, comprenant de la polyrythmie et plusieurs éléments du langage musical très poussés. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui ont fait le plus de bruit dans la communauté musicale du début du XIXe siècle.

Pour notre plus grand bonheur, les quatre instrumentistes jouaient avec des archets de la période classique (plus légers, donnant ainsi beaucoup d’air au son) pour respecter le plus possible le style de l’époque.

La présentation musico-historique du quatuor de Beethoven nous a très bien introduit l’œuvre, pour notre plus grand plaisir. Cela a même teinté leur interprétation, éclairée par ce que les musiciens venaient tout juste de nous expliquer.

Nous n’avons malheureusement pas pu faire de publicité pour le festival cette année, mais l’an prochain, notez bien Les Escapade Musicales de la Cité et aimez leur page Facebook pour ne pas manquer ce rendez-vous unique!

Merci à Blair Lofgren, Benoit Cormier, Pascale Gagnon et Mary-Kathryn Stevens-Toffin pour cette très belle soirée et votre dévouement pour la scène québécoise de la musique classique.

[Spectacle] Mélanie Venditti, Librairie St-Jean-Baptiste, 28 juin 2017.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Comment ne pas passer une belle soirée à la Librairie St-Jean-Baptiste? L’accueil toujours sympathique de Stéphane, les quelques réguliers et bien sûr, les murs tapissés de livres. Les recueils de philosophie, d’histoire, de manifestes anarchistes et de poésie nous invitent à recevoir de belles chansons et être à l’écoute des paroles. Mélanie Venditti a très bien su profiter de l’espace et rendre honneur aux mots avec sa douce poésie imagée et sa guitare Gretsch noire de rockeuse aquatique.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Mélanie Venditti a lancé en grand sa carrière solo cette année. Elle a sorti son EP sans titre (est-ce rendu une mode, ne plus nommer son album? *Voir EP et EP2 de FUUDGE) le 21 février dernier. Elle a de plus participé à la plus récente édition des Francouvertes et du Cabaret Festif cette année où elle s’est fait remarquer pour son « rock aquatique » et ses paroles imagées. Avant de proposer ses chansons, elle jouait déjà comme altiste auprès de d’artistes comme Klô Pelgag, Philippe Brach, Caltâr-Bateau et Mathieu Bérubé (d’ailleurs présent dans la salle, fidèle compagnon de route). Formée en musicienne classique, Mélanie Venditti m’a avoué avant le spectacle être un peu nerveuse à l’idée de chanter ses chansons seule, sans groupe pour l’appuyer, alors que la guitare et la voix ne sont pas ses instruments premiers. Nous sommes tous bien content qu’elle ait foncé, car nous avons tous été touchés par ce spectacle chaleureux.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Compte rendu d’une très belle soirée.

Dans l’intimité des quelques personnes présentes à ce spectacle de rodage, une atmosphère décontractée planait sur le public, tous très heureux d’être au rendez-vous.

« On est comme chez quelqu’un » s’exclame Mélanie en commentant le décor accueillant de la librairie.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Elle ouvre d’abord son spectacle avec une magnifique version de Sous la loupe, chanson présente sur son premier EP. Sa voix veloutée et douce nous a tout de suite transporté dans un état apaisant. Le spectacle regorgeait de chansons ne figurant pas sur son EP (on a déjà hâte à l’album!) et elles nous ont permis de plonger et mieux apprécier son univers. Nous avons eu droit à une chanson sur « quelqu’un qui sack des assiettes par terre », une autre sur l’expression cogner des clous, une autre sur le triangle de débauche montréalaise entre les célèbres Quai des brumes, L’esco et La Roquette. Les thèmes abordés dans ses chansons sont créatifs et différents entre eux. Ceux-ci sont rafraîchissants parmi toutes les chansons d’amour un peu redondantes qui existent depuis trop longtemps. Le titre très rock de son EP, Pompéi, était joué en version balade avec des arpèges à la guitare. Mélanie nous avoue que cette chanson rendait hommage à ses racines italiennes (Venditti, nom très peu commun au Saguenay), mais aussi qu’elle a composé cette chanson à la suite de son passage à l’exposition du Musée des Beaux Arts de Montréal sur la ville ensevelie par le Vésuve. Cette interprétation épurée nous a permis de saisir toute la complexité de ses accords, plus difficile à déceler avec sa formule full band.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Cette soirée fut ressourçante, empreinte du bonheur simple de se rassembler pour se laisser bercer par une musique sincère avec des amis dans un lieu hautement anticapitaliste, comme on les aime. Prendre du temps pour profiter de la beauté d’une chanson, n’est ce pas une forme de non-conformisme, de révolution?

Merci pour ce beau moment, Mélanie Venditti et un gros merci spécial à Stéphane de continuer à faire vivre ce sanctuaire des mots!

 

[ALBUM] Mort Rose – « Avoir 20 ans »

«c’est donner son coeur, son body, son chacha; 
c’est un soir, deux strangers, une danse, une nuit; 
c’est chaud, c’est fucking sexy,
c’est un frenchkiss où par la beauté des lèvres pulpeuses le soul de se suicider en changeant de corps;
c’est ça la Mort Rose»

C’est avec ces quelques mots sur leur page Facebook que Mort Rose se présente au monde cette semaine avec la sortie de leur premier EP, Avoir 20 ans. C’est très dansant, sensuel et chaud. Selon moi, leur musique se trouve quelque part entre Foxygen et Anatole. On pourrait même dire le cousin montréalais d’Anatole. On retrouve cette « vibe » de la côte Ouest américaine à mi-chemin entre les années 70 et 80, pas tout à fait disco, mais presque. On a envie de porter des paillettes, des vêtements moulants en léopard et aller se frencher sur la piste de danse de La Cuisine à 2 h 50 le matin.

En parlant d’Anatole, la formation montréalaise a déjà joué avec la légende pantoumesque au Divan Orange le 21 avril passé.

Cet album démontre déjà une cohérence ainsi qu’une affirmation sans équivoque de leur style rock-glam-sexu. L’inconnu nous présente une chanson de type ballade, mais assez allante. Tout y est : les « cha la la », les synthés, la voix suave et la basse en octave à certains passages nous téléportent au début des années 80. La femme flamme s’ouvre avec un bel accord de guitare électrique un peu twangy. Le refrain est magnifique, très bien mixé et présente de belles harmonies vocales. Le bridge qui s’en suit mérite la reconnaissance du travail du bassiste, Christophe Charest-Latif, qui fait lever le rythme avec un groove très agile supportant la mélodie du synthé. MIAMI nous fait rêver d’un climat plus chaud lors des rudes hivers québécois. Le solo de guitare bien gras, le fuzz à fond, nous rappelle les influences rock du groupe dans cette balade amoureuse qui est en fait un plaidoyer pour se coller l’hiver lorsqu’il fait froid. On combat le froid par l’amour, on aime ça! Le dernier titre de ce trop court EP détonne un peu de l’atmosphère générale de ce premier opus. Mots d’amour nous propulse sur la piste de danse avec un bon vieux rockabilly des années 50-60. Les paroles nous rappellent la saveur bien crue et sensuelle de Mort Rose. « Y’aura pas grand-chose à se dire à part s’faire jouir. »

La formation montréalaise a lancé son album le 22 juin 2017 à l’Espace des Mêmes avec Mauves. On aurait voulu y être et danser avec eux.

On a hâte de vous voir à Québec, les gars.

Pour écouter leur musique : https://mortrose.bandcamp.com/album/avoir-20-ans

[ALBUM] FUUDGE – « EP 2-Man! »

Ça rentre comme une tonne de brique, c’est rough, bref, ça défoule, on aime ça.

La formation Montréalaise FUUDGE, menée par David Bujold, nous revient cette année en force avec son deuxième maxi EP2-Man!. Ce nouvel opus marque un point important dans son parcours, car il est maintenant signé avec le label Lazy at Work.

Ce groupe ne cesse de m’impressionner par sa créativité d’arrangements et sa production impeccable. Les membres amènent le stoner rock à un tout autre niveau grâce à leur créativité débordante qui repousse les limites du genre. Les gars expérimentent beaucoup avec leur timbre et leur sonorité pour arriver à trouver une couleur qui leur est propre, et ça paie. N’oublions pas que leur précédent opus, EP, a gagné le prix du meilleur EP rock au GAMIQ 2016. Selon moi, cet EP pourra leur ouvrir de nouvelles portes dans l’industrie.

SATAN : Un riff bien gras et entraînant ponctué de coups de batterie ouvre ce glorieux EP2 de FUUDGE. David Bujold n’a pas peur de passer du quasi parlé aux paroles criées, qui marquent bien la saveur rock. Restant fidèle à leur direction du premier EP, le groupe alterne avec brio des passages plus planants et psychédéliques nous rappelant les douces années 60. Le morceau se termine avec une charmante outro constituée d’une valse sur le thème joué à la basse accompagné de flûtes simulées aux claviers.

EN SANG : « On va pas finir ça en Sang, chuis encore juste un enfant. » Ce refrain rock sort comme une complainte qui brise l’atmosphère intime du début où David prend sa guitare et semble pouvoir nous chanter une chanson plus douce. Le rock l’emporte, et le tout se laisse entraîner dans un rythme pesant.

NIRVÂNA : Cette chanson pourrait être perçue comme la « balade » de l’album. L’atmosphère qui s’en dégage est généralement assez douce. Doux pour FUUDGE, c’est sans négliger le fuzz de la basse et un solo de guitare bien senti. La chanson se termine dans un délire psychédélique qui nous entraîne lentement dans un monde d’explorations sonores et de licornes multicolores.

CALLER UN MAGICIEN : J’ai vraiment un faible pour cette chanson. Au début, le son de la guitare acoustique parfaitement bien mixé en stéréo, la voix un peu candide du chanteur et les synthés forment un tout vraiment réussi. Ensuite, le son un peu grunge vient ajouter à cet univers enchanteur un peu de muscle, sans pour autant briser complètement l’atmosphère établie. La finale au riff de basse, un peu disco, repris par les voix, nous rappelle vaguement les Le Couleur ou encore Anatole de ce monde.

LA CHAMBRE ROUGE : Un rythme effréné nous emporte tout au long de la chanson, d’abord présenté par le piano. Très bien construite, cette chanson fait partie des très bons coups du EP. Elle est très entraînante, ne s’essouffle pas, et pourra très certainement vous accompagner lors de votre jogging matinal.

MAN! : On reconnaît dès les premières notes certains éléments qui peuvent qualifier cette chanson comme un hit assuré. La composition très solide nous présente des harmonies vocales et de guitares très satisfaisantes, qui nous donnent envie de chanter « MAAAAAAAN!! » tous en chœur. Le clavier au rythme régulier nous fait penser à leur dernier hit du précédent EP : « Man, esti qu’là côte est tough à monter », une recette gagnante pour un refrain accrocheur? En tout cas, c’est très réussi! Les passes de batterie de Jonathan Gagné sur cette chanson méritent d’être mentionnées. Les habiles solos percussifs sont accompagnés de bruits électroniques qui semblent provenir d’un autre monde. La finale aux accents prog est à l’image du EP : grandiose.

Cet opus plaira certainement aux fans de stoner rock et aussi à tout mélomane s’intéressant à la recherche sonore. Les gars de FUUDGE ont fait un travail monumental et cette musique vaut de s’arrêter pour l’écouter muni d’un bon système audio afin de déceler toutes ses subtilités.

Vous voulez les attraper cet été?

1er juillet : Petite Vallée
15 juillet : Festival des bières de Laval
27 juillet : Festival Zone Homa
4 août : Widewood (Shawinigan)
23 août : cégep Marie-Victorin
31 août : FME

Et à Québec? On a très hâte de vous voir ici, venez faire un tour bientôt!

 

Pour écouter leur musique : http://fuudge.bandcamp.com

[SPECTACLE] Destination Chanson Fleuve, cour intérieure du Grand Théâtre, 20 juin 2017.

C’est dans la cour intérieure du Grand Théâtre qu’a eu lieu la présentation d’un laboratoire d’essai de matériel par les huit artistes sélectionnés par Destination Chanson Fleuve (Juste Robert, MCC, Laura Babin, Rose Bouche, Étienne Fletcher, Boule, Simon Daniel et Lou-Adrianne Cassidy). Ce stage regroupe en fait des ateliers, des formations, du coaching, des rencontres et des spectacles s’étalent sur une période d’un mois. Tout ceci prenant vie grâce à une collaboration entre le Festival en Chanson de Petite-Vallée et celle du Festival de la Chanson de Tadoussac. La bande d’artistes est déjà montée sur les planches à l’occasion des Francofolies le 12 juin passé et elle nous présentait cette fois-ci le résultat de leur travail durant ce séjour à Québec, sous la direction du chanteur folk québécois Benoît Pinette (Tire le Coyote).

Parmi la série d’exercices prévue par leur formateur, l’un d’eux consistait à créer une chanson en équipe de deux en seulement deux heures. Le résultat de cette activité ayant eu lieu la veille nous était présenté, de même qu’une chanson faisant déjà partie du répertoire de l’artiste en performance. Ce spectacle nous a donc offert des formations variées : en solo, en duo, en trio et même, tout le monde ensemble, pour notre plus grand bonheur. La complicité entre les membres s’est fait sentir dès l’instant où je suis arrivé sur place, pour la fin de leur test de son.

Petit résumé d’un spectacle charmant où le talent était au rendez-vous.

Le spectacle a débuté par une pièce de Tire le Coyote, accompagné par son fidèle guitariste Shampoing et Paule-Andrée Cassidy en tant qu’invitée surprise. Le trio nous a livré une belle balade folk avec un micro central comme seul outil de captation. J’ai vraiment un faible pour ce type d’amplification, qui demande un habile savoir-faire pour jauger et jouer avec les distances afin de créer des nuances très subtiles.

Laura Babin a ensuite présenté un duo ambiant avec Étienne Fletcher, accompagnés par Simon Daniel au cajun, avant d’enchaîner avec la chanson titre de son premier EP «Water Buffalo». La jeune artiste nous a présenté ses chansons de sa voix grave et chaude. Sa chanson en solo comportait de belles dissonances ainsi qu’une belle alternance entre une ambiance plus atmosphérique et plus rock.

Par la suite, Étienne Fletcher, un franco-saskatchewanais fier de parler français, nous a offert à la guitare un duo très solide avec MCC (Marie-Claudel Chenard) au piano. Leur timbres de voix s’harmonisaient à merveille pour laisser briller un beau texte aux couplets francophones et refrain anglophone. Cette chanson a été un des grands moments du spectacle, avec sa douce finale de berceuse.

Simon Daniel, natif de Moncton, parle le chiac. Ceci apporte à sa musique une richesse incroyable, qui l’a certainement démarqué positivement par rapport à ses pairs. Sa voix, bien maîtrisée, porte ses beaux textes aux accents maritimes. Sa chanson en solo (Rue Jones) était sincèrement incroyable. Son texte, finement ficelé, démontrait une maîtrise impressionnante de la plume.

Juste Robert nous a présenté sa poésie humoristique et rafraîchissante. Son duo avec Boule nous a tous bien fait rire avec son propos un peu vulgaire, tandis que sa chanson solo, accompagnée par MCC, était plus candide. L’ajout des claquements de doigts des autres musiciens a contribué à l’atmosphère bon-enfant de cette chanson. Le manque de maîtrise de son instrument, admis par l’artiste même, ne le limite pourtant pas dans la créativité de ses accords et de ses mélodies!

Munie de son accordéon, Rose Bouche, quant à elle, nous a d’abord fait entendre une berceuse aux accents de musique traditionnelle québécoise, avant d’enchaîner avec un duo très pop avec Lou-Adrianne Cassidy, au piano. Sa voix puissante et très bien contrôlée nous a gardé attentifs tout au long de sa performance.

Rose Bouche et MCC – Photo: Ann-Lydia Plourde

MCC, artiste de haut niveau, nous a charmés par sa voix au timbre réconfortant et sa présence honnête sur scène. L’auteure-compositeur-interprète de Valleyfield a livré avec Laura Babin une composition intime où le mariage des voix était envoûtant. Sa personnalité captivante nous a accompagnés tout au long de sa très jolie pièce solo.

Lou-Adrianne Cassidy, personnalité exubérante, pleine de confiance en elle, est arrivée très à l’aise sur scène, faisant des blagues avant de nous en mettre plein la vue avec deux compositions de très haut niveau. Cette jeune musicienne joue du piano avec une certaine aisance et surtout, arrive à construire des schémas mélodiques et harmoniques incroyables. Sa première chanson avec Juste Robert nous présentait une mélodie soignée au texte très prenant, l’atmosphère étant quasi post-apocalyptique. Elle s’est ensuite retrouvée seule au piano pour interpréter Ça va, Ça va une chanson que Philémon Cimon a écrit pour elle.

Le dernier artiste à présenter ses compositions est certainement mon coup de cœur de la soirée! Boule, visiblement plus âgé et plus expérimenté que le reste du groupe, vient de la France. Dans sa première chanson, qu’il a interprétée avec Lou-Adrianne, l’accent de la grande chanson française du milieu du XXe siècle se fait entendre. Les influences jazz, les descentes harmoniques typiques ainsi que de grandes phrases mélodiques posent tout de suite le ton du langage musical de cet artiste. Son deuxième morceau

Boule et la chorale – Photo: Ann-Lydia Plourde

était grandiose. Ses accords étendus et complexes à la guitare lui donnait une large possibilité de mélodies. Dans cette chanson, les autres participants de Destination Chanson Fleuve s’étaient réunis autour du micro central pour chanter les refrains tous en chœur et donner ainsi au public, un moment unique et émouvant.

Ce magnifique événement s’est clôt avec deux chansons de Tire le Coyote qui nous a bercés avec sa voix haute perchée et son folk apaisant.

Je vous invite à découvrir chacun des artistes ayant pris part à cette soirée:

MCC : https://marieclaudelchenard.bandcamp.com/

Laura Babin : https://laurababin.bandcamp.com/

Lou-Adrianne Cassidy: https://www.facebook.com/Lou-Adriane-Cassidy-1647451795504273/

Juste Robert : https://justerobert.bandcamp.com/releases

Rose Bouche : https://rosebouche.bandcamp.com/releases

Étienne Fletcher : http://www.etiennefletcher.com/fr/

Simon Daniel : http://www.simondaniel.ca/

Boule : http://www.sitedeboule.com/