Philippe B, Beyries (+James Forest) – 27-28 octobre 2017 – Un week-end à l’église St-James

J’ai eu la chance, les 27 et 28 octobre, d’assister à deux concerts complètement incroyables, mais vraiment différents également. Je reprends tranquillement mes émotions tellement c’était intense.

Petite parenthèse au spectacle. Juste avant que Philippe B commence, j’attendais assise sur mon banc d’église. La foule, qui remplissait le lieu à moitié, réunissait des gens de tous les âges. J’écoutais doucement les gens discuter autour de moi. J’ai été tellement charmée par la passion que j’entendais dans le discours des gens, qui parlaient de musique québécoise et de découvertes qu’ils avaient fait dernièrement. Ça m’a fait immédiatement sourire, car j’entends trop peu souvent des discussions comme ça dans mon entourage (outre qu’avec l’équipe ecoutedonc.ca!). Merci, fallait que je le partage.

Vendredi 27 octobre – Philippe B 

J’avais déjà eu la chance de voir Philippe B il y a quelque temps, dans le cadre d’une soirée cachée CFOU, peu de temps après la sortie d’Ornothologie la nuit (2014). Cette fois-ci, on était ailleurs. Déja, de se retrouver dans une église, ça instaure une ambiance très surnaturelle. De nature, les gens vont être plus attentifs en raison de la sonorité de l’endroit, mais aussi par le caractère sacré du lieu.

Je n’avais pas eu la chance d’écouter l’album au complet, mais je savais qu’en découvrant les chansons en spectacle, le bonheur serait décuplé. Je n’avais pas tort, parce que je n’ai pas arrêté de sourire de toute l’heure et demie  passé en compagnie de Philippe B., Laurence Lafond-Beaulne et de Guido del Fabbro. En plus d’être extrêmement talentueux, les deux musiciens permettent à Philippe B. de briller encore plus sur scène.

Je suis également complètement tombée sous le charme du réservé Philippe B. à travers les interventions et les explications de ses chansons autant qu’avec les textes de celles-ci. Juste une bonne dose d’humour, d’émotion, d’authenticité et d’humilité. Il sait pincer exactement la petite corde de la sensibilité de chacun, et nous emmène avec lui dans son voyage nocturne. J’ai appris à connaître davantage Philippe B. à travers son spectacle, et j’ai envie d’en apprendre encore plus.

C’était également intéressant de comprendre chaque chanson dans sa chronologie, mais également dans la manière qu’il l’avait écrite et abordée. Bien que la majorité des chansons faisaient partie de La grande nuit vidéo, on a pu également découvrir des bijoux revisités comme California Girl, qui se retrouve sur Variations fantômes, mais interprétée complètement différemment que sur l’album. Bref, depuis cette soirée, j’écoute sans arrêt son dernier album et je me remémore le moment magique que j’ai vécu à l’église St-James.

Samedi 28 octobre

James Forest 

Bien que surprise à prime abord, j’ai été rapidement séduite par la voix douce, très posée de James Forest. Madelinois d’origine, il a su nous faire voyager à travers ses chansons très imagées et mélodiques. Chaque chanson était entrecoupée d’une anecdote de voyage ayant inspiré la chanson. Faisant partie du duo June in the field, James avait déjà joué à l’église St-James et retrouvait avec plaisir le piano à queue incroyable qui se trouve dans la salle. Il nous a même fait l’honneur de jouer la dernière chanson avec un instrument trouvé en Inde, à la frontière du Banglandesh, un harmonium d’après ses dires. Je n’avais jamais vu ce type d’instrument, et à ce jour, je n’ai pas encore tout à fait compris le son que j’ai entendu sortir de ce curieux objet.

Beyries

Avant tout chose, il faut mentionner que le spectacle de Beyries était complet depuis un bon moment, et qu’en plus il avait été reporté d’une semaine, donc l’assistance était fébrile. Il régnait dans l’église St-James une espèce d’ambiance d’impatience et de réel bonheur d’être enfin en ce lieu pour profiter du spectacle tant attendu. Chanceuse comme je suis, je suis arrivée cinq minutes avant le début, et une place à l’avant m’attendait miraculeusement.

Quand Amélie Beyries est arrivée sur scène en compagnie de sa complice et choriste Judith Little-Daudelin, on aurait pu entendre une mouche voler. Tous avaient hâte d’enfin entendre sa douce voix, et celle de Judith qui se mariaient tellement bien. Il aura fallu au moins trois chansons avant qu’elle brise le silence entre les chansons. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais l’église est devenue comme une bulle d’émotion qui m’a envahie, et les larmes m’ont montées aux yeux lorsqu’elle a débutée la chanson The Pursuit of Hapiness. L’harmonie des voix y est incroyable, et j’aime particulièrement le petit rythme de tambour qu’on y retrouve.

Suite à Wondering, l’une de mes pièces préférée sur son album Landing, elle a enfin brisé le silence, seulement pour nous signifier son plaisir d’être là. Elle a également raconté que sa chanson Soldier, elle l’avait composé sur le piano à queue de sa grand-mère, et que depuis, c’était la première fois qu’elle jouait sur un piano à queue en spectacle. Durant cette pièce et la suivante, You are, j’avais le motton tellement c’était magnifique. J’ai de la difficulté à trouver les mots juste pour décrire ce que j’ai vécu. Généralement, la musique ne me rend pas émotive du tout. J’ai du plaisir, je chante avec l’artiste, je profite du moment. Cette fois-ci, l’expérience était-elle que je n’arrivais même pas à chanter les paroles avec Beyries, tellement c’était prenant.

Lorsqu’elle a débranché la guitare pour venir au centre de l’allée de l’église pour interprété Je pars à l’autre bout du monde de Paul Daraîche, la connexion avec le public a augmentée d’un cran. Les gens chantaient, mais tellement doucement, pour ne pas enterrer les voix des deux jeunes femmes, c’était un moment magique qu’on n’a pas la chance de vivre tous les jours. Elle a confirmée, après une ou deux chansons, qu’habituellement elle était plus volubile, mais que cette soirée était tellement spéciale qu’elle en perdait ses mots et était même au bord des larmes constamment.

Elle a conclue en toute simplicité avec une chanson de Cat Stevens que le public a chanté en chœur tout doucement, encore une fois. En décrivant le spectacle, j’ai encore l’émotion qui remonte en moi, tellement c’était prenant et touchant à la fois. Je crois simplement que toutes les circonstances était en place pour faire vivre une soirée complètement hors du commun à la centaine de chanceux qui étaient à l’église St-James ce samedi spécial d’automne.

Je crois que le lieu en est pour beaucoup dans le caractère spécial des soirées vécues. L’acoustique et l’ambiance qui règne à l’église est indescriptible, et des artistes comme Philippe B., James Forest et Beyries ont un style de musique qui se marie à l’endroit merveilleusement bien. Bref, comme j’ai dis précédemment, je me remets encore tranquillement de ces deux spectacles, qui feront sans contredis partie de mes plus beaux moments de 2017.

 

Crédit photo : Jacques Boivin 

VARAN (+Ken Villeneuve) Microbrasserie Le temps d’une pinte, Trois-Rivières

Impromptue, intime et authentique. C’est de cette manière que je décrirais la soirée passée en compagnie de Ken Villeneuve, Marc-Antoine Guay et Philippe Gosselin. Au deuxième étage de la Microbrasserie le Temps d’une pinte, à peine dix personnes dans le public, ça fourmillait en bas, et les gens n’avaient pas l’air de se douter qu’en haut, nous autres, maudit qu’on était ben.

Le premier est un conteur natif et vivant toujours à Sainte-Rose-du-Nord, petit village au Saguenay-Lac-St-Jean situé sur le bord de la rivière Saguenay. Ken Villeneuve raconte l’histoire de sa famille, de son village, et de son entourage de manière humoristique, en entrecoupant son récit de chansons bien ancrées dans un folk régional. Avec son langage tout droit sorti du Saguenay, il faut quand même être un public averti pour bien comprendre ce qu’il raconte, mais ce n’est pas moins intéressant. J’ai beaucoup aimé replonger dans le passé d’un endroit pas trop loin de ma ville natale que je connaissais très peu. L’univers du conteur est bien précis, et donne certainement envie d’aller faire un tour dans son coin de pays pour voir les installations démesurées de M. Dynastie.

Cela nous mettait donc dans l’ambiance raconteur, simple, comme si on était autour du feu entre amis à s’échanger les potins du village. Je crois que c’est ça que Marc-Antoine et Philippe souhaitent un peu créer en invitant Ken à ouvrir le bal pour eux. Le joyeux personnage est tellement attachant qu’il nous fait tout de suite sentir comme chez nous.

Par la suite, les deux jeunes musiciens nous ont offert un moment évoquant le paysage saguenéen, la forêt, les voyages, la simplicité et le plaisir de se retrouver pour jouer de la musique. Ils s’inspirent de leurs racines, de leurs expériences. Sur leur page Bandcamp, il y a seulement trois pièces disponibles, ce qui est un peu dommage car ce qu’ils proposent mérite de l’attention. La voix plus rauque de Marc-Antoine, rappelant parfois un jeune Daniel Boucher, et celle plus claire de Philippe se marient à merveille. La complémentarité de leurs mélodies à la guitare est également fort intéressante. Ils disaient enregistrer une chanson de temps en temps, quand ils peuvent, pour finalement avoir un album par accumulation. « On ne fait pas ça à la manière traditionnelle, nous autres » disait Marc-Antoine. C’est conséquent avec la manière qu’ils ont de se présenter. Très détendus, sans artifice, mais plein de réel bonheur d’être là où ils sont.

Ils ont essayé de conclure avec la chanson que nous avons fait jouer sur les ondes de CFOU 89.1 cette semaine, la pièce On est ben, sortie en décembre 2016. Toutefois, comme on se sentait entre amis, nous avons fait des demandes spéciales pendant près d’une heure supplémentaire, tout en riant et en s’amusant. Quelques chansons plus sérieuses, d’autres plus humoristiques, et des improvisations également. Bref, un moment empreint de sincérité et qui a fait passer une belle soirée aux quelques curieux qui se sont déplacés, outre la gang d’ecoutedonc.ca que nous étions.

Crédit photo : Adrien Le Toux 

Jardin Mécanique + Friendly Rich, La shop du Trou du Diable, vendredi 6 octobre 2017

Une ambiance festive règne toujours à la shop du Trou du Diable – Wabasso, alors que les habitués se réunissent pour venir profiter de spectacles de qualité et de bonnes bières brassées sur place. En ce début de saison automnale, nous avions droit à une programmation très colorée pour la soirée.

C’est l’Ontarien Friendly Rich, déjà venu à Shawinigan l’an dernier, qui a ouvert le bal en cassant son français, mais en y allant de compliments pour charmer le public. « Que vous êtes beaux », disait-il, et voilà, j’étais conquise. Il a récemment lancé son 11e album studio en carrière, The Great Blue Heron, qu’il trimbale en petite tournée pour 6 dates au Québec et en Ontario. Dans une entrevue accordée au Huffington Post, il disait qu’en spectacle, sa grande force est au niveau du lien avec l’audience, ce que j’ai pu remarquer durant sa prestation. Toujours prêt à faire une petite blague pour présenter ses chansons, faisant participer le public de manière humoristique (ex.: le faire claquer des doigts entre les différentes chansons, le faire répéter des bouts de chansons impossibles, le faire siffler, etc.) il s’amusait tout autant que les gens présents à la shop.

Il veut également partager le meilleur de sa musique et encore une fois, mission accomplie! Ne connaissant aucunement ce qu’il faisait, j’ai été captivée par les mélodies folkloriques, aux sonorités de bluegrass par moment, et même de country. Que ce soit par le biais du talent de Steve Ward au trombone, le son impressionnant de la guitare de Phil Miles et le rythme endiablé de Joe Sorbara aux tambours. Friendly Rich s’est entouré de musiciens brillants. Les 4 parties de Terry Fox Suite ont été particulièrement intéressantes. Je pouvais imaginer l’athlète pendant son marathon de l’espoir être accompagné de cette trame musicale. Une belle surprise de découvrir cet artiste qui accumule les projets intéressants (il a notamment fait la musique du Tom Green Show) et qui ne cesse de surprendre.

S’ensuit alors les majestueux Jardin Mécanique, que j’ai vu il y moins d’un an au regretté Cabaret Satyre. À ce moment-là, je les découvrais avec un plaisir incommensurable, lors de la journée de l’Halloween. C’était le moment opportun pour un tel spectacle! Cette fois, je savais que j’appréciais déjà l’univers qu’ils proposent: un opéra rock d’horreur qui valse autour des thèmes de la révolution, de l’apocalypse et du pouvoir. Les trois personnages, Augustache, Camélius et Edwidge, sont tous affublés de costumes et de personnalités caricaturales que l’on comprend rapidement. De plus, leur talent fait tôt de captiver l’audience et de la faire sauter à pieds joints dans le sombre monde du sinistre Théâtre Tintamarre.

À nouveau, ils m’ont impressionnée de par leur justesse incroyable, l’efficacité des différentes interventions théâtrales entre les chansons et l’évolution de l’opéra. J’ai également confirmé ma passion pour la rythmique des tambours de Philippe Coulombe et du côté dramatique intense qu’elle apporte aux chansons. Chacun des membres du trio macabre utilise autant ses forces vocales qu’instrumentales. Francis Gagnon, Philippe Coulombe et Sylvain de Carufel sont magistraux dans leur interprétation du déviant Augustache, du narcissique Edwidge et du tourmenté Camélius. Je le répète, mais un spectacle de Jardin Mécanique dans une ambiance automnale, lorsque ça refroidit tranquillement à l’extérieur, c’est immanquablement parfait. Seule petite déception: j’ai vu deux fois le même épisode, mais j’aurais adoré découvrir quelque chose de nouveau, ou alors voir le premier épisode!

Crédit photo : Adrien Le Toux

 

 

Widewood – Festival de la solidarité musicale, 4-5 août 2017

En fin de semaine dernière, en même temps qu’Osheaga, Innu Nimaku et le Festivent où nous n’étions pas, un petit bijou de festival avait lieu près de Shawinigan et Hérouxville, dans un petit lopin de terre entouré d’arbres. J’avoue que la fin de semaine était peut-être pas idéale côté température (Allo La Grosse Lanterne qui a eu la fin de semaine parfaite!) mais les festivaliers ont su profiter du moment malgré tout!

J’arrivais de La Tuque et comme j’avais du temps devant moi, j’ai décidé d’aller faire un tour au Widewood parce que j’étais vraiment curieuse. Festival de la solidarité musicale, ça me parlait, et puis la programmation était fort intéressante. Ça commençait jeudi le 3 août avec quelques groupes dont Les Hôtesses d’Hilaire. Vendredi, on pouvait y voir, entre autres, Perséide, Fuudge et Violett Pi, pour ne nommer que ceux-là, mais il y avait plus de 20 groupes/artistes présents, en plus de l’improvisation musicale et autres folies festives.

Ce festival est organisé par le Regroupement pour la solidarité musicale en Mauricie (RSMM) depuis maintenant plus de 15 ans. Il sort totalement des sentiers battus avec son baptême en début de festivités, alors que chaque festivalier se voit attribué un nouveau nom qui sera tapé sur ses vêtements pour les trois prochains jours.

J’ai été présente samedi après-midi, alors que les activités battaient leur plein sur le site. En arrivant à l’accueil, soit un bureau orné d’affiches peintes à la main et des draps en  »tie-dye », on me remet mon bracelet et je peux également lire les règlements du festival. Forts simples, on aime ça de même!

J’explore un peu les installations en place : terrain de fers (pour un tournoi qui a lieu dimanche), tente chill, magasin SCANDALE général (où on y vend plusieurs choses, dont le gobelet officiel de l’événement que je me procure), massages sur chaises, tresses, tattoos temporaires fait au henné et artisanat. Ça a vraiment des allures de petit village d’antan dans le bois.

Ce qui est exceptionnel aussi, c’est que le temps semble s’être arrêté le temps d’une fin de semaine. On sent une vibe très décontractée, voir déconnectée. Il y a des tentes un peu partout autour des scènes, on danse autour du feu, on boit de la bière du Trou du diable et on mange des sandwichs du bistro Citron et Tutu (qui est fait à l’intérieur d’un abri tempo), les enfants s’amusent dans le parc et les adultes jouent au haki. À travers ça, plein de prestations musicales variées.

Je suis arrivée sur la fin de l’impro musicale, qui invitait tous les chansonniers, gratteux de guit et autres instruments, à participer à la fête. Ensuite, sur la scène en bois munie d’un toit en bâches bleues, c’est Yan Boissoneault qui a prit le relais. Il est sorti vainqueur de la 18e édition des Mardis de la relève du Gambrinus et a depuis lancé un album qui s’intitule Pour l’amour de la terre et des saints d’esprits. C’est du folk-traditionnel-agricole, on y joue de la contrebasse, du violon, de la guitare, du banjo et tout cela accompagné de podorythmie. Il était également accompagné de Daniel Lemay qui se produisait juste après sur la scène principale, avec son frère, avec qui ils forment le duo Les Frères Lemay. Après à peine quelques notes de Yan et ses comparses, les gens se sont levés pour danser sous le ciel gris en espérant faire sortir le soleil un peu.

Ce qui m’a également fait bien rire lors de mon passage, c’est le concours de moustaches. Un dénommé Marcias Portelance se faisait un plaisir de raser tous les hommes présents ; sauf un certain jeune homme de 5p9 qui faisait partie du A.M.A. – Anti-mustache-Army qui se sauvait constamment du rasoir de Marcias. Dommage, car comme il l’a si bien dit  » Je remplis mon rasoir d’électricité et d’amour pour vous raser  ». Je n’ai malheureusement pas pu savoir si c’était Stephane Doyon, musicien des Portageux, qui avait remporté le titre du Grand pinch de l’année. 

J’ai quitté alors que Les Frères Lemay commençait à jouer sur la scène qui accueillerait Peter Henry Phillips un peu plus tard, en me jurant que l’an prochain, j’allais vivre l’expérience au complet!

[BALADO] CFOU 89,1 – 19 JUILLET

Pendant que maman Karina est toujours vacances, les enfants prennent encore le contrôle de l’émission Écoutedonc.ca sur les ondes de CFOU 89,1. Écoutez l’émission du 12 juillet avec Caroline Filion et Marianne Chartier-Boulanger. On vous parle du Festif de Baie-St-Paul qui s’est déroulé la fin de semaine dernière!

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[FESTIVAL EN CHANSON DE PETITE-VALLÉE] 5 spectacles à ne pas manquer!

Dès jeudi prochain, le 29 juin, la municipalité de Petite-Vallée sera remplie de festivaliers d’un peu partout au Québec. Il faut dire qu’en bordure du fleuve St-Laurent, cette partie de la Gaspésie vaut le détour à elle seule. Rajoutez-y plus de 25 musiciens et artistes, et on a une recette gagnante.

Je vais donc vous parler de cinq spectacles à ne pas manquer (à notre avis, du moins) durant la 34e édition du festival.

29 juin – Sarah Toussaint-Léveillée – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 16h00

J’ai assisté à son spectacle au regretté Cabaret Satyre (Trois-Rivières) et j’ai été totalement charmée par la jeune auteure-compositrice-interprète. Un beau folk-pop doux-mélancolique et surtout, des mélodies de guitare très brutes, tantôt tirant vers le blues, tantôt vers le country. Ce que je préfère c’est lorsqu’elle chante très rapidement, comme sur la dernière pièce de son album La mort est un jardin sauvage, Dans mon cahier. 

30 juin – Amylie – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 16h00 – 17h00

La première fois que j’ai entendu une de ses chansons, c’est en 2009, avec Mes oreilles, qui se retrouve sur son premier album Jusqu’aux oreilles. Je constate une belle évolution chez Amylie, autant dans sa voix que dans sa musique. Elle joue maintenant beaucoup plus de guitare électrique qu’acoustique, et la musique est vraiment accrocheuse. Je n’ai pas encore eu la chance de la voir, mais si j’avais l’occasion d’être à Petite-Vallée, je n’y manquerais certainement pas!

5 juillet – Joëlle St-Pierre – Camp chanson Québecor 

De la cuvée 2014 des Francouvertes, Joëlle Saint-Pierre est l’une des belles découvertes que j’ai faites il y a de ça un an ou deux, au Centre Culturel Pauline-Julien (Trois-Rivières). Accompagnée de son vibraphone, sa voix cristalline se marie à merveille avec le son singulier de l’instrument. Sa musique est intimiste, enveloppante et douce. En l’écoutant de plus en plus, je trouve que parfois, sa voix s’apparente à celle de Klô Pelgag. Elle va également réaliser une résidence avec le Festival Innu Nikamu de Mani-Utenam en partenariat avec le Festival en chanson. Cela consiste en un jumelage entre quatre artistes autochtones et quatre artistes allochtones. La résidence rassemble donc les innus Matiu et Karen Pinette-Fontaine de Mani-Utenam ainsi que Scott Pien-Picard de Uashat, de l’atikamekw Ivan Boivin de Manawan, avec les non-autochtones Cédrik St-Onge, Chloé Lacasse, Joëlle Saint-Pierre et Marcie. Ça risque d’être quelque chose de vraiment intéressant à voir également. Ce festival-là se déroule du 3 au 6 août à Mani-Utenam.

6 juillet – Les Hay Babies – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 16h00 

Des musiciennes acadiennes qui chantent à fleur de peau, sans artifice et d’une beauté et d’une authenticité désarmante. Autant elles peuvent être rythmées et festives, autant elles peuvent être profondes et touchantes. Ce trio de jeunes femmes cadre parfaitement dans le festival en chanson de Petite-Vallée. Gageons qu’après les avoir vu vous allez vouloir vous procurer tous les albums et chanter à tue-tête  »J’ai vendu mon char parce qu’yallait pas passer ».

9 juillet – Raton Lover – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 2h00 AM 

Valsant entre le pop-rock et le country, Raton-Lover c’est un quintette de gars fort sympathiques qui ont un plaisir de jouer contagieux. Ce qui est intéressant avec ce spectacle, c’est qu’il se déroule à 2h00 du matin en plein dimanche, dernière journée du festival. Disons que ça conclut bien les deux semaines de festivités à Petite-Vallée!

 

Je me dois de mentionner également la belle présence féminine qu’il y a à Petite Vallée. Après la création de Femmes en musique et de la lettre (sur le lien), je le remarque beaucoup plus. En plus des 4 choix sur les 5 mentionnés ci-hauts, il y a également Les soeurs boulay, Catherine Major et Klô Pelgag qui seront présentes au Festival en chanson. Par contre, je dois dire que j’ai eu de la difficulté à faire un choix parmi la multitude de merveilleux artistes qui seront présents du 29 juin au 9 juillet 2017 dans la belle municipalité Gaspésienne de Petite-Vallée!

Crédit photo : Festival en chanson de Petite-Vallée 

[SPECTACLE] Safia Nolin (+ Antoine Corriveau) Tournée Osheaga à St-Casimir, jeudi 8 juin 2017

Dans le cadre de la tournée Osheaga, Safia Nolin s’arrêtait à St-Casimir accompagnée d’Antoine Corriveau dans la foulée de sa série de spectacles gratuits. C’était sous forme de tirage que les places gratuites étaient distribuées à ceux qui s’étaient inscrits sur le site du festival.

Pour la première partie, Antoine Corriveau a pris place sur une petite chaise avec sa guitare, la tête dénudé de chapeau. Ses longs cheveux cachaient juste assez son visage pour nous mettre dans une ambiance chaleureuse. Bien qu’il a plus d’albums à son actif et d’années d’expérience dans le corps que Safia, rares étaient les personnes qui connaissaient l’une ou l’autre des six chansons de son répertoire qu’ils nous a interprétées. Pour ma part, c’est surtout la partie d’Antoine Corriveau qui m’a plu de cette soirée (désolé Safia, tu sais que je t’aime, mais on s’est trop vu ces derniers temps).

C’est la pièce Rendez-vous qui a démarré la soirée, comme elle le fait sur son plus récent album Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter. Avec sa guitare comme unique instrument, il nous a transportés à travers une ambiance très sobre avec Constellation. J’ai adoré entendre ses nouvelles chansons sans orchestration. On ne se le cachera pas, ce qui fait qu’on aime Antoine, c’est l’intensité dans sa voix, et elle était encore plus accentuée sans enrobage musical.

Ses yeux nous regardaient quelques fois, entre deux chansons et trois, quatre coups d’harmonica. J’ai eu l’impression qu’il nous a lancé, dans les quelques minutes qu’il avait pour faire son spectacle, ses chansons préférées de ses trois albums. Entre autres, il nous a interprété Aoûtement de son tout premier disque, St-Maurice/Logan, et Le nouveau vocabulaire qu’on retrouve sur Les ombres longues, mon album préféré d’Antoine Corriveau. Il nous a aussi offert Les trous à rats du dernier album. (Karina Tardif)

J’ai été très étonnée de voir que, contrairement à ses passages partout au Québec dans plusieurs salles, peu de gens s’étaient déplacés à la salle des Grands Bois pour assister au spectacle de Safia. Je dois dire, par contre, que la qualité de l’assistance était indéniable. Tous étaient très attentifs et applaudissaient bruyamment. Ça faisait un beau contraste avec la douceur et la subtilité de l’interprétation de la jeune artiste.

En septembre, ça fera deux ans que Limoilou est sorti, et en salle, on peut entendre quelques nouvelles chansons dont la magnifique Les chemins, qui explore un autre registre vocal de Safia. On ose croire que le prochain album sera dans la même veine que Limoilou, soit des chansons douces et mélancoliques aux sonorités folk.

On a également pu entendre quelques-unes des reprises qui se retrouvent sur Reprises, Vol. 1 sorti en novembre 2016, soit Ayoye, D’amour et d’amitié et Loadé comme un gun. Ce segment du spectacle rassemble Safia et Joseph Marchand, son guitariste, autour d’un microphone. C’est très intime et ça change la dynamique.

Safia Nolin a ensuite poursuivi avec quelques pièces seule avec sa guitare, pour ensuite terminer avec ses chansons les plus connues, soit Ce matin, Igloo et pour terminer, Noël partout.

Bien que la prestation des deux artistes aient été superbes, je crois que l’événement n’a pas été suffisamment promu par le festival, qui offrait des spectacles gratuits méritant clairement une plus vaste audience. Cela nous donne par contre droit à un spectacle intimiste et exclusif. (Caroline Filion)

[FESTIVAL] La Grosse Lanterne annonce sa programmation!

Il y a un festival qui se déroule à Béthanie, municipalité de la Montérégie qui compte moins de 500 habitants. Un cadre idéal pour un microfestival qui prône des valeurs de respect de l’environnement et de la nature et qui se déroule en forêt sur un site unique. L’an dernier, les têtes d’affiche du festival étaient Lisa Leblanc, Dead Obies, Groenland et Klô Pelgag, en plus de Brown, Saratoga, Safia Nolin et Chocolat, pour ne nommer que ceux-là. Le festival se déroule maintenant les 28, 29 et 30 juillet, alors qu’ultérieurement, c’était plutôt en début du mois d’août.

Je parle ici de La Grosse Lanterne qui, cette année, en est à sa quatrième édition, laquelle est, ma foi, très alléchante. On y retrouvera notamment Charlotte Cardin, Tire le Coyote (qui présentera plein de nouvelles chansons!), The Franklin Electric, Beyries, Emile Bilodeau, Dead Obies, Andy Shauf, Gabrielle Shonk, Busty and the Bass, Les Deuxluxes, et je ne nomme ici que la moitié des noms qui se retrouveront dans la clairière de Béthanie.

L’an dernier fut une édition haute en couleurs car la météo n’a pas été ultra clémente, mais espérons que cette année, le soleil sera en Montérégie les 28, 29 et 30 juillet.

Pour plus de détails : http://lagrosselanterne.com/

Crédit photo : Jacques Boivin, édition 2016. 

[SPECTACLE] Prieur & Landry (+Gras-Trance), Café-Bar Zénob, le samedi 13 mai 2017

Je n’ai pas l’habitude de couvrir des spectacles qui font plus dans le rock francophone, mais j’avais envie de faire changement cette fois en assistant à la combinaison Gras Trance et Prieur & Landry.

D’entrée de jeu, comme le Zénob est assez chaleureux (comprendre : pas super grand), dès que le groupe déménage un peu, ça sonne en ti-péché. Le groupe Gras Trance, originaire d’un peu partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont sorti leur premier album 500 lbs en octobre 2016. On a pu les voir notamment à l’Omnium du rock en 2015, et plus récemment, ils ont joué au Club Soda dans le cadre du Club Hommages ainsi qu’en première partie de Grimskunk à La Baie.

Ils jouent du rock alternatif français où la guitare et la batterie sont très présentes. Les rythmiques de guitare sont vraiment intéressantes, mais parfois, on perd un peu le clavier au travers. Ils savent également bien jouer avec le style et vont ailleurs parfois en incorporant des moments plus rap à travers. On sent clairement l’influence de The Beastie Boys dans certaines pièces. Il va sans dire que j’ai apprécié la couleur du groupe qui se veut efficace dans ce style, et ça fait du bien de voir des gens qui osent sortir un peu du cadre de ce qui devient plus mainstream au Québec. On a pu découvrir une bonne partie des pièces de 500 lbs ainsi qu’une reprise des Beatles, Come Together, qui a été interprétée avec brio.  Comme a si bien dit mon collègue photographe Adrien : Gras Trance, ça décrasse les oreilles.

Je n’en avais pas fini d’entendre de la musique qui transperce de par son intensité. Eliot Landry et Gab Prieur sont peut-être seulement deux, mais ils n’ont rien à envier aux groupes plus nombreux. Une guitare, une batterie et plusieurs amplificateurs, c’est tout ce dont les deux musiciens ont besoin pour casser la baraque. Cette fois-ci, ils chantaient en anglais un blues rock aux allures grunge parfois, qui contenait de magnifiques mélodies. Alors que Gras Trance nous offrait quelque chose de très rapide, Prieur & Landry y allaient plus dans l’intensité lente. Un son brut sur lequel il est bon se défouler à coup de headbanging. Même si le Zénob n’était pas bondé, ce sont que de vrais amateurs de rock qui étaient dans la place et s’amusaient, même s’ils sont probablement sortis dehors en sillant des oreilles.

Crédit Photo : Andrien Le Toux 

Finale de la 21e édition des Francouvertes, le lundi 8 mai 2017

Ecoutedonc n’a pas l’habitude de se déplacer pour des événements à Montréal, mais vous connaissez notre amour pour Lydia Képinski depuis déjà un moment (elle fera notamment partie du spectacle de fetedonc.ca). C’était donc une occasion de savoir en primeur si elle allait remporter les honneurs à la 21e édition des Francouvertes de Montréal.

La soirée a commencé avec un moment très touchant, soit une vidéo rendant hommage à l’animatrice Andréanne Sasseville, à qui était dédiée la 21e édition du concours-vitrine. On a pu y voir entre autres l’entrevue que Philippe Brach avait réalisée avec elle alors qu’elle s’entretenait à propos de sa maladie.

Comme Rosie Valland et Philippe Brach étaient conjointement porte-paroles de l’événement, ils sont chacun leur tour venus casser une toune devant le public du Club Soda. On a eu droit à des exclusivités, en plus d’un extrait du single Sinon que Rosie Valland a lancé en décembre dernier.

La glace a été cassée par Laurence Anne, qui a qualifié son style musical de « prock », ce que je pourrais traduire par du post-rock alternatif avec des touches de folk ici et là. Ce qui caractérise l’artiste et son groupe, à mon avis, c’est le vibraphone, mais également la voix de la jeune femme. Parfois haute perchée, plus chuchotée à d’autres moments, elle permet à cette dernière de jouer avec ses couleurs. J’ai, par contre, moyennement apprécié leur performance. J’avais l’impression que certains passages des chansons servaient seulement à meubler. Les solos n’étaient pas nécessairement fluides avec le reste des chansons, ce qui me semblait un peu étrange à l’occasion. Somme toute, ça allait ailleurs et ça s’écoutait bien.

Je dois faire une parenthèse ici, car j’ai trouvé assez phénoménal à quel point le public était attentif, respectueux, riait et participait au bon moment. Honnêtement, si tous les publics ressemblaient à celui du Club Soda un soir de Francouvertes, j’aurais toujours des expériences à la hauteur des artistes qui se démènent sur scène.

Par la suite, c’était à notre petit Lévisien Les Louages de venir faire sa dernière prestation du concours. Je l’ai découvert au Knock-Out l’été dernier, et il n’avait rien perdu de son aisance et de sa charmante désinvolture. Il connecte beaucoup avec le public et entrecoupe ses chansons d’interventions farfelues. J’aime beaucoup le groove de ses chansons, aussi grâce à l’apport important de Nathan Vanheuverzwijn au clavier (qui joue également avec Émile Bilodeau), de Simon Guay à la basse et de Gabriel Morin Béland à la batterie. Il ne faut pas oublier que sa chanson Encéphaline a remporté le prix chanson coup de cœur SOCAN, ce qui n’est pas rien. Je dois avouer par contre que c’est plutôt La Bombe Atomichaëlle qui m’a particulièrement plu de par son rythme.

C’est finalement Lydia Képinski qui a conclu la soirée. Lors de son passage à Trois-Rivières en première partie de Groenland, j’avais plus ou moins aimé la proposition. Peut-être en raison de sa nonchalance, ou parce que j’avais eu de la difficulté à comprendre son univers. Toutefois, mon expérience fut toute autre lors de la soirée des Francouvertes. En compagnie de musiciens, son unicité ressortait davantage, et je trouvais sa prestance encore plus incroyable. Elle n’a besoin de rien d’autre qu’une guitare pour faire briller son talent, et c’est assez exceptionnel. Sa musique me rejoint moins, mais sa pièce Andromaque reste de loin ma préférée de la soirée en entier. Ce fut pour moi une finale intense et très sentie.

On le sait déjà depuis plusieurs jours : c’est Lydia Képinski qui a remporté l’édition. Elle sera d’ailleurs de plusieurs festivals cet été, notamment du Festif! de Baie-St-Paul, où ecoutedonc sera présent.

Crédit photo : Jean-Francois Leblanc/Les Francouvertes