[FESTIVAL EN CHANSON DE PETITE-VALLÉE] COMPTE RENDU, 1ER JUILLET 2017

LES RENCONTRES QUI CHANTENT – CAMP CHANSON – 11H

Les Rencontres qui chantent sont désormais une tradition de longue date à Petite-Vallée. En effet, 2017 marquait la 12e édition de cette résidence d’auteurs-compositeurs-interprètes provenant d’un peu partout dans la francophonie. Ils étaient donc 12 artistes samedi matin à monter sur la scène du Camp Chanson de Petite-Vallée pour présenter le fruit de leur travail des dix derniers jours.

Il s’agissait de ma deuxième expérience à titre de spectatrice des Rencontres qui chantent et je dois avouer qu’à mon sens, c’est l’un des plus beaux moments du festival. La complicité qui se tisse entre les artistes en résidence et le contenu livré est toujours étonnant et touchant. Ça nous permet non seulement de découvrir douze artistes de la relève, mais également douze humains d’exceptions qui nous offrent le privilège d’entrer dans leur univers. La présence de formateurs comme Gaële et Jipé Dalpé en est également pour beaucoup dans ce cheminement.

Je vous ferai donc part de mes coups de coeur de cette 12e cohorte d’artistes.

Laurent Felllot. Photo: Alicia Lemieux

Mon premier coup de coeur se dirige sans contredit vers Laurent Fellot provenant de Lyon en France qui a, je le crois, conquis le public dès son anecdote humoristique, mais combien attachante d’introduction. Sa composition China à saveur orchestrale et aux arrangements vocaux puissants nous a transporté dans une marée d’amour pour la «petite China».

Martine. Photo: Alicia Lemieux

Martine nous provenant de Sudbury en Ontario est mon second coup de coeur de ce spectacle. Sa pièce Théière saisonnière était dosée au compte goûte d’un mélange de blues, de jazz et de folk. Sa voix apaisante mêlée à la chaleur du texte et des mots nous aurait donné le goût de s’installer devant un feu de foyer, chocolat chaud à la main.

Vaero. Photo: Alicia Lemieux

Finalement, Vaero de la Saskatchewan est mon troisième coup de coeur avec sa pièce Zélie en rose, destinée à l’une de ses amies, fictive ou réelle, on ne le sait trop. Il s’agissait de son deuxième passage aux Rencontres qui chantent et elle semblait très émue de s’y retrouver à nouveau. Toute en douceur au piano accompagnée légèrement d’une mandoline, la réaction du public était unanime quant à la profondeur du texte et à l’interprétation de l’artiste.

Je vous invite également à aller découvrir les autres artistes de cette 12e résidence : Mylène Vallée, Belle Grand Fille et Monsieur Raph du Québec; Saint-Jack et Myriam Arseneau du Nouveau-Brunswick, FLO de l’Ontario, Patrick Dunn de l’Alberta, Bastien Moh de la France et JYES de la Belgique.

KLÔ PELGAG – THÉÂTRE DE LA VIEILLE FORGE – 16H

Mon entrée dans la salle du Théâtre de la Vieille Forge fut complexe comme le spectacle de Klô Pelgag fessait presque salle comble. J’avais hâte d’assister à son nouveau spectacle ayant déjà vu son dernier, L’alchimie des monstres, dans un contexte tout à fait différent.

Klô Pelgag. Photo: Alicia Lemieux

Comme à son habitude, la mise en scène et la scénographie du spectacle étaient incroyables. Elle et ses musiciens étaient vêtus d’une sorte de chienne de travail sur laquelle s’opposaient, à l’aide de «velcro», diverses figurines. Nous avons eu le droit à une composition juste équilibrée des chansons de son premier et de son deuxième album. Plusieurs pièces, principalement celles se retrouvant sur le premier album, avaient été légèrement réarrangées pour en offrir des versions parfois plus soul-blues, parfois plus orchestrales.

Klô Pelgag. Photo: Alicia Lemieux

Je retrouvais sur scène une Klô Pelgag encore plus à l’aise et assumée, tant dans ses interactions avec le public que son aisance à laisser son corps s’adonner à des mouvements saugrenus. Son humour ironique s’ajoute au personnage et gagne autant le coeur du public que sa musique. Je ne pourrais également passer à côté des arrangements musicaux et vocaux qui m’épatent toujours d’une fois à l’autre. La présence de deux violonistes, une violoncelliste, un bassiste et un batteur redonne puissance et prestance à toutes ces chansons qui sont déjà à elles seules magiques. Bref, Klô Pelgag m’a encore une fois conquise et transportée quelque part dans un monde fantastique.

LES SOEURS BOULAY – GRAND CHAPITEAU QUÉBÉCOR – 20H

Le spectacle des soeurs Boulay était très attendu à Petite-Vallée cette année comme elles agissaient à titre d’artistes-passeuses de cette 35e édition. Les filles qui viennent de la région semblent toujours avoir un faible de revenir chanter par ici et de venir à la rencontre des gens qu’elles connaissent.

Les soeurs Boulay. Photo: Alicia Lemieux

Comme j’avais déjà vu à deux reprises leur actuel spectacle tiré de leur deuxième album 4488 de l’amour, j’avais en tête de revoir sensiblement la même formule, mais à mon grand étonnement, j’ai eu droit à un concept renouvelé et bonifié. En effet, la plupart de leurs chansons avaient été retravaillées et offraient des sons très rétro, à la limite exotiques comme pour Jus de boussole qui avait un «groove» très différent. Certaines autres compositions, comme dans Alexandre, étaient rehaussées d’un tempo électro qui m’a d’abord surprise, mais qui s’insérait très bien dans l’ensemble musical.

Les soeurs Boulay et Klô Pelgag. Photo: Alicia Lemieux

Pour l’occasion, Les soeurs Boulay avaient des invités d’exceptions avec qui elles se sont prêtées à une rencontre autour d’un micro ambiant. C’est donc à tour de rôle que ce sont alternées Marie-Pierre Arthur, Amylie et Klô Pelgag pour chacune interpréter aux côtés des soeurs Boulay une chanson de ces dernières et une autre de leur répertoire. Avec très peu de pratique, les chansons coulaient tout de même fluidement et ça a donné place à un moment intimiste malgré un chapiteau rempli de quelques centaines de personnes.

Mon coup de coeur de la soirée, et je crois que c’était relativement unanime pour le public, a été la reprise de la chanson Tous les cris les SOS de Marie-Denise Pelletier. Les soeurs Boulay savent tout naturellement redonner une deuxième vie à toutes les chansons qu’elles reprennent. Sans instrument en main, elles ont offert une performance vocale incroyable qui a littéralement fait frissonner le grand chapiteau.

À regarder les centaines de personnes assissent paisiblement sous le chapiteau et attentives au spectacle, cela m’a rappelé à quel point la musique à Petite-Vallée prend tout un autre sens. Il s’agit d’une grande communion où la musique est en le point de convergence et où tous les mélomanes se rassemblent dans le respect de cet élément.

Merci Les soeurs Boulay!

FUUDGE – THÉÂTRE DE LA VIEILLE FORGE – 23h30

Le groupe Fuudge terminait la soirée au Théâtre de la Vieille Forge avec leur musique rock, grunge, progressiste, psychédélique. Bref, qui déménage. Avec seulement deux EP à leur actif, il était un peu limité dans le contenu, mais a tout de même livré 1h15 de contenu. Le groupe n’en était pas à sa première visite à Petite-Vallée, bien que deux des musiciens étaient en remplacement.

Fuudge. Photo: Alicia Lemieux

Ils ont respectivement fait l’ensemble de leurs chansons des deux EP en plus d’offrir un rappel d’une chanson progressive traduite en français (que je ne connaissais malheureusement pas.)

Malgré la foule d’environ 30 à 40 personnes, nous avons quand même un droit à un mini «mosh pit» en avant de la scène. Une autre belle soirée qui se terminait à la Vieille Forge.

RETOUR À LA MAISON

J’en suis maintenant à mon départ. Même si je ne suis restée que deux jours à Petite-Vallée pour assister à la merveilleuse programmation, j’y ai vécu des moments toujours aussi forts. Bien qu’un ciel gris couvrait dernièrement les festivals au Québec, principalement ceux en région, dû entre autres au manque de financement, je crois que tranquillement pas vite, le ciel se dégage et laisse passer les rayons du soleil. Cette 35e édition à Petite-Vallée s’annonce prometteuse et je souhaite à tous d’y passer au moins une fois dans sa vie pour y respirer l’air frais et les douces notes de musiques qui résonnent de par la mer.

[FESTIVAL EN CHANSON DE PETITE-VALLÉE] COMPTE RENDU, 30 JUIN 2017

Le Festival en chanson de Petite-Vallée débutait sa 35e édition ce jeudi 29 juin 2017 sous la thématique «Des guitares à la mer». C’est entre autres à cette occasion que plus de 1600 spectateurs ont eu le privilège d’assister au choeur de 400 enfants qui chantait haut et fort les mélodies des artistes passeurs, soit Patrick Norman et Les soeurs Boulay. Cette première journée était aussi marquée par les spectacles respectifs de Sarah Toussaint-Léveillé et de Dumas.

Sans plus tarder, j’ai donc pris la route vendredi tôt en matinée pour vous faire un bref topo de cette première fin de semaine de festivités.

AMYLIE – THÉÂTRE DE LA VIEILLE FORGE – 16H

Amylie. Crédit: Alicia Lemieux

Amylie a pris place sur la scène du Théâtre de la Vieille Forge vendredi dans sa robe laissant bien voir son petit ventre rebondi. En effet, elle a pris le temps de se présenter au début du spectacle en racontant quelques faits divers sur elle-même, dont le fait qu’elle était enceinte. C’est un sujet qui est revenu également au cours du spectacle : «Des fois, mon bébé il bouge et j’ai l’impression que tout le monde le voit.» Ces anecdotes font partie du sympathique et attachant univers d’Amylie.

À mon arrivée, les premières chansons que j’ai entendues étaient Sortie du bois et Milles fois, tirées de son troisième album Les éclats. La plupart des pièces semblaient réarrangées tout en simplicité pour convenir aux instruments sur scène soit une batterie, une basse et deux guitares électriques. Pour des musiciens avec qui elle jouait pour la première fois, le rendu était très intéressant.

Au cours du spectacle, Amylie s’est adonnée à un jeu participatif avec le public en lui demandant de choisir entre deux versions d’une chanson pour ensuite se diriger au milieu de la salle avec son ukulele pour en offrir une version acoustique. Ce moment semblait être apprécié du public qui était pendu à ses mots.

Un peu plus tard, elle remontait sur scène pour interpréter quelques chansons en solo à la guitare électrique. Dépouillée de ses musiciens et n’ayant que son instrument et sa voix, c’est ainsi que je sentais retrouver l’artiste dans toute sa fragilité, elle qui nous interprétait sa touchante chanson Tout oublier. Au retour de ses musiciens, elle a entonné les douces paroles de sa pièce Grand-maman, cette chanson émouvante qui a conquis plusieurs coeurs lors de la sortie de son vidéo-clip. S’excusant de jouer que des chansons tristes, elle a conclu ce bloc avec une reprise d’une de ses inspirations, la chanteuse canadienne Feist, avec la pièce The park.

Sur un ton plus festif, elle a terminé son spectacle avec ses pièces Jusqu’au matin et L’amour à dos pour revenir avec un rappel de Système solaire auquel s’est ajoutée sur scène Marie-Pierre Arthur qui était dans la salle. Somme toute, Petite-Vallée a été conquis, tout comme moi, par la touchante Amylie.

LES HÔTESSES D’HILAIRE – THÉÂTRE DE LA VIEILLE FORGE – 23h30

Les Hôtesses d’Hilaire. Crédit: Alicia Lemieux

Le spectacle de fin de soirée à la Vieille Forge prévoyait déjà être très festif avec la venue des Hôtesses d’Hilaire. L’arrivée des quatre musiciens vêtus de blanc sur scène donnait déjà le ton au spectacle. L’introduction de leur chanson Murdochville aux airs psychédéliques s’est mise à résonner dans la salle et c’était maintenant au tour du chanteur du groupe, Serge Brideau, d’arriver par l’arrière de la salle vêtue d’une magnifique robe satinée bleue.

Se sont enchaînés les titres Boule boule, Eastbound and down, Super chiac baby, Fais faillite, Machine à bière, Regarde-moi et Hilaire à boire. Comme à leur habitude, une foule d’anecdotes ou d’histoires loufoques s’entremêlaient à leurs transitions. Nous avons même eu le droit à une nouvelle chanson qui devrait sortir sur leur prochain album concept, Acadie.

Pour clore leur rappel, c’est avec étonnement que le chanteur a descendu de la scène pour se mêler à la foule et en se couchant par terre avec les spectateurs accroupis, presque tels des disciples. Une finale épique comme je les aime et digne de tout ce qui peut arriver d’inattendu à Petite-Vallée!

La suite de mon périple dans le prochain article.

[FESTIVAL EN CHANSON DE PETITE-VALLÉE] 5 spectacles à ne pas manquer!

Dès jeudi prochain, le 29 juin, la municipalité de Petite-Vallée sera remplie de festivaliers d’un peu partout au Québec. Il faut dire qu’en bordure du fleuve St-Laurent, cette partie de la Gaspésie vaut le détour à elle seule. Rajoutez-y plus de 25 musiciens et artistes, et on a une recette gagnante.

Je vais donc vous parler de cinq spectacles à ne pas manquer (à notre avis, du moins) durant la 34e édition du festival.

29 juin – Sarah Toussaint-Léveillée – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 16h00

J’ai assisté à son spectacle au regretté Cabaret Satyre (Trois-Rivières) et j’ai été totalement charmée par la jeune auteure-compositrice-interprète. Un beau folk-pop doux-mélancolique et surtout, des mélodies de guitare très brutes, tantôt tirant vers le blues, tantôt vers le country. Ce que je préfère c’est lorsqu’elle chante très rapidement, comme sur la dernière pièce de son album La mort est un jardin sauvage, Dans mon cahier. 

30 juin – Amylie – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 16h00 – 17h00

La première fois que j’ai entendu une de ses chansons, c’est en 2009, avec Mes oreilles, qui se retrouve sur son premier album Jusqu’aux oreilles. Je constate une belle évolution chez Amylie, autant dans sa voix que dans sa musique. Elle joue maintenant beaucoup plus de guitare électrique qu’acoustique, et la musique est vraiment accrocheuse. Je n’ai pas encore eu la chance de la voir, mais si j’avais l’occasion d’être à Petite-Vallée, je n’y manquerais certainement pas!

5 juillet – Joëlle St-Pierre – Camp chanson Québecor 

De la cuvée 2014 des Francouvertes, Joëlle Saint-Pierre est l’une des belles découvertes que j’ai faites il y a de ça un an ou deux, au Centre Culturel Pauline-Julien (Trois-Rivières). Accompagnée de son vibraphone, sa voix cristalline se marie à merveille avec le son singulier de l’instrument. Sa musique est intimiste, enveloppante et douce. En l’écoutant de plus en plus, je trouve que parfois, sa voix s’apparente à celle de Klô Pelgag. Elle va également réaliser une résidence avec le Festival Innu Nikamu de Mani-Utenam en partenariat avec le Festival en chanson. Cela consiste en un jumelage entre quatre artistes autochtones et quatre artistes allochtones. La résidence rassemble donc les innus Matiu et Karen Pinette-Fontaine de Mani-Utenam ainsi que Scott Pien-Picard de Uashat, de l’atikamekw Ivan Boivin de Manawan, avec les non-autochtones Cédrik St-Onge, Chloé Lacasse, Joëlle Saint-Pierre et Marcie. Ça risque d’être quelque chose de vraiment intéressant à voir également. Ce festival-là se déroule du 3 au 6 août à Mani-Utenam.

6 juillet – Les Hay Babies – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 16h00 

Des musiciennes acadiennes qui chantent à fleur de peau, sans artifice et d’une beauté et d’une authenticité désarmante. Autant elles peuvent être rythmées et festives, autant elles peuvent être profondes et touchantes. Ce trio de jeunes femmes cadre parfaitement dans le festival en chanson de Petite-Vallée. Gageons qu’après les avoir vu vous allez vouloir vous procurer tous les albums et chanter à tue-tête  »J’ai vendu mon char parce qu’yallait pas passer ».

9 juillet – Raton Lover – Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée – 2h00 AM 

Valsant entre le pop-rock et le country, Raton-Lover c’est un quintette de gars fort sympathiques qui ont un plaisir de jouer contagieux. Ce qui est intéressant avec ce spectacle, c’est qu’il se déroule à 2h00 du matin en plein dimanche, dernière journée du festival. Disons que ça conclut bien les deux semaines de festivités à Petite-Vallée!

 

Je me dois de mentionner également la belle présence féminine qu’il y a à Petite Vallée. Après la création de Femmes en musique et de la lettre (sur le lien), je le remarque beaucoup plus. En plus des 4 choix sur les 5 mentionnés ci-hauts, il y a également Les soeurs boulay, Catherine Major et Klô Pelgag qui seront présentes au Festival en chanson. Par contre, je dois dire que j’ai eu de la difficulté à faire un choix parmi la multitude de merveilleux artistes qui seront présents du 29 juin au 9 juillet 2017 dans la belle municipalité Gaspésienne de Petite-Vallée!

Crédit photo : Festival en chanson de Petite-Vallée