Festival d’été de Québec 2012 – Petit avant-goût…

Ça y est, le festival le plus cool de l’Est du Canada est à nos portes. Ce jeudi (5 juillet), un air de fête envahira Québec et ne quittera la ville que 11 jours plus tard. Ce festival, qui en est à sa 45e présentation, a vraiment pris son envol au cours des dix dernières années et fait maintenant partie des grands festivals de ce monde, en compagnie des Coachella, Bonnaroo, Lollapalooza, Montreux, Glastonbury et autres.

Contrairement à une grande partie des festivals que j’ai nommés, le FEQ ne se passe pas dans un coin isolé pendant trois ou quatre jours, façon Woodstock en Beauce (qui est une version microscopique de ces festivals). Il ne se déroule pas non plus dans un coin précis, comme Lollapalooza (Grant Park, à Chicago), Osheaga (Parc Jean-Drapeau à Montréal) ou le Bluesfest d’Ottawa (avec qui il partage un grand nombre d’artistes en raison du calendrier presque identique et de la proximité). C’est un festival tout à fait urbain, dont les scènes sont installées en plusieurs endroits de Québec, ainsi que dans quelques salles du centre-ville. On a aussi tendance à l’oublier depuis quelques années, mais c’est aussi un festival qui fait la part belle aux arts de la rue. Le Vieux-Québec n’est jamais aussi animé que pendant le Festival d’été.

Vous êtes à Québec au cours des prochains jours et vous avez réussi à mettre la main sur un des précieux sésames qui vous ouvriront toutes grandes les portes des différentes scènes du Festival? Voici quelques suggestions pour la première fin de semaine :

Jeudi 5 juillet

On est à peine à la première journée du Festival et déjà, les choix se font déchirants. Y irez-vous pour les mots et la poésie, même si elle vole parfois très bas? Il vous faut alors aller au parc de la Francophonie, pour voir le groupe folk celto-breton Bodh’aktan, le rocker Papillon (qui a invité Lucien Francoeur à pousser quelques tounes d’Aut’Chose pour l’occasion) et l’impayable Mononc’ Serge, plus trash que jamais… va-t-il signer son autographe sur vos boules?

À place d’Youville, la chanteuse pop Marième ouvrira le bal, suivie de Sidi Touré, qui tentera de nous charmer avec son folk-blues aux accents maliens, et surtout de Radio Radio, qui tentera de faire lever tous ceux qui sont cargués dans leurs chaises, leur faire enlever leurs Dekshoes, et qui ne manquera pas de transformer l’endroit en immense jaccuzzi (y’a de la place en masse).

Si vous aimez danser, l’Impérial sera un immense plancher de danse alors que s’exécuteront Propofol, Midnight Romeo et !!! (prononcer Chick Chick Chick).

Le choix de Jacques : Marième, Sidi Touré et Radio Radio. L’ouverture à Place d’Youville est comme devenue une tradition que je continue cette année… 😉


Vendredi 6 juillet

Si LMFAO, c’est pas votre truc, vous avez l’embarras du choix.

La scène Hydro-Québec de la place d’Youville accueillera Angélique Kidjo, une légende de la World.

Pendant ce temps, à l’Impérial, un trio à ne manquer pour rien au monde : Sophie Hunger, auteure-compositrice-interprète qui viendra nous présenter son hommage à Bob Dylan, Piers Faccini, dont le folk-pop teinté de blues rappelle autant Nick Drake que Jack Johnson, et Adam Cohen, qui viendra prouver que le talent est aussi une question d’hérédité.

En même temps qu’Adam Cohen, Rich Aucoin présentera au Cercle sa pop aux accents symphoniques (un genre de Sufjan Stevens moins pompeux, peut-être? à moins qu’on ne parle d’un MGMT qui sait où il s’en va… ah pis merde, il est UNIQUE!). Si vous aimez la pop indé, voilà votre chance de voir de très près un des piliers du genre dans quelques années.

En début de soirée, si jamais la file à l’Impérial est plus courte que prévu, je vous suggère d’aller jeter un coup d’oeil à Moriarty au Cercle. Une folk aux accents country qui s’écoute en faisant de la poussière avec un vieux char sur une route de campagne.

Le choix de Jacques : Ça se passe à l’Impérial, c’est clair! Si c’est possible, on va aller voir Moriarty en début de soirée.


Samedi 7 juillet

Lionel Richie est dans une forme incroyable et il a encore la pèche, comme on dit. À voir sur les Plaines, à la scène Bell.

Au parc de la Francophonie (scène Loto-Québec), Eight and a Half, Ron Sexsmith et City and Colour devraient facilement combler les amateurs d’indie folk.

À la place d’Youville (scène Hydro-Québec), vous ne voudrez pas manquer Orgone et son funk coloré. En début de soirée, les Soul Rebels vous charmeront avec leur folie et leurs cuivres. Folie? Oh que oui! J’ai oublié de vous en parler dans mon compte-rendu de Bonnaroo : à la fin de la prestation des Alabama Shakes, les Soul Rebels ont parti une parade complètement déjantée qui s’est promenée dans Centeroo, jusqu’à une petite scène où ils ont donné une prestation surprise… à une heure et demie du matin! Pour terminer la soirée, le groupe hip-hop Deltron 3030, composé entre autres de notre Kid Koala national (le seul DJ capable de faire pleurer une table tournante de manière crédible) et de Dan the Automator (Gorillaz).

Ça va encore danser à l’Impérial avec Foxtrott, Cubic Zirconia et Yuksek.

Au Cercle, on notera en début de soirée la présence de Geneviève Toupin et Émilie Proulx, deux excellentes auteures-compositrices-interprètes. Mais surtout, Kid Koala viendra faire une prestation en fin de soirée. Il va faire CHAUD.

Le choix de Jacques : En après-midi, Orgone est un must. En soirée, Eight and a Half, Ron Sexsmith et City and Colour sont mes gagnants. Si on a le temps, on ira faire un tour à Yuksek ou à Kid Koala. Toupin-Proulx m’intéresse aussi.


Dimanche 8 juillet

Misteur Valaire et Jean Leloup sur les Plaines. Si Leloup peut continuer à donner des shows comme ceux qu’il a donnés dernièrement, cette soirée sera complètement épique. Quant à Misteur Valaire, c’est un groupe qui aurait pu aisément être la tête d’affiche de la soirée. Il va faire chaud à la scène Bell! 🙂

Les fans d’indie pop se dirigeront quant à eux à l’Impérial, où Kandle et Cults feront sans aucun doute le plein de nouveaux fans.

Le choix de Jacques : Déchirant. Mais qui peut dire non à un spectacle de Misteur Valaire et Jean Leloup? Chanter « La vie est laide » en sautillant avec mes enfants, ça peut être tellement plaisant!


Pour plus de renseignements sur les spectacles à l’affiche ou quoi que ce soit d’autre, consultez la page Web du Festival d’été de Québec au www.infofestival.com.

Photos : Radio Radio – photo de presse; Adam Cohen – Le Soleil; City and Colour – site Web du groupe; Jean Leloup – 7 jours.

Bonnaroo (2e partie) – Coup de chaleur

Si vous n’avez pas lu la première partie de mon voyage à Bonnaroo, je vous suggère de commencer par le début en suivant ce lien.

Samedi 9 juin 2012

Après deux journées très agréables sur le plan de la météo, c’est le samedi que nous avons pu comprendre en quoi Bonnaroo avait la réputation d’être un festival meurtrier. Il faisait 30 degrés à l’ombre, le soleil était de plomb et la poussière commençait à lever après quelques jours de beau temps. Évidemment, c’est ce jour-là que j’oublie mon chapeau à la tente… heureusement, j’ai toute la crème solaire nécessaire… et trois litres d’eau sur mon dos!

[singlepic id=30 w=320 h=240 float=left]Pendant que mes amis sont allés voir The Devil Makes Three, ma journée était supposée commencer par la prestation de Darondo, chanteur funk-soul qui fait l’objet d’un culte parmi les plus grands fans du genre. J’étais très curieux, surtout après avoir entendu quelques extraits de son album paru en 2011. Malheureusement, environ une heure avant le spectacle, on nous a appris une mauvaise nouvelle : Darondo ne serait pas là aujourd’hui. Triste.

Je suis donc allé faire un tour à la Broo’ers Tent, le festival de la bière de Bonnaroo. Après un ou deux verres d’IPA (quand ils ne boivent pas ces trucs infects que sont la Bud, la Miller ou la Coors, les Américains boivent beaucoup d’India Pale Ale), j’ai entendu une musique qui m’était familière… C’était Dawes, que j’avais manqué le vendredi soir (en même temps que St. Vincent), qui jouait sur la petite Sonicstage pour un petit 30 minutes. Je me suis rendu vers la scène, où j’ai pu attraper quelques-unes de mes préférées de ce groupe qui fait du bon vieux rock aux accents country avec une sincérité qui remplace aisément tous les gadgets qu’on peut voir dans un spectacle à grand déploiement. Au fond, ce petit changement imprévu au programme m’a fait le plus grand bien (ci-dessous, un clip de la prestation de Dawes le vendredi soir, qui est beaucoup plus représentatif de ce que vous verrez d’eux en spectacle).


Source : Bonnaroo


[singlepic id=32 w=320 h=240 float=right]En après-midi, alors que le soleil montrait toute sa puissance à qui voulait bien souffrir, nous avons assisté à l’une des prestations les plus énergiques de la fin de semaine quand Flogging Molly est débarqué à That Tent. Nous n’avons pas pu nous protéger du soleil en nous massant sous la tente. À quelques mètres devant nous, des jeunes et moins jeunes se sont créé un moshpit… fort à propos quand on sait que Flogging Molly, c’est un groupe folk aux accents punk (à ne pas confondre avec les Dropkick Murphys, qui sont un groupe punk aux accents folk).

La prestation? En voulez-vous de la folk celtique de party? En vlà! Autant la veille, au même endroit, la foule était silencieuse et respectueuse, autant cet après-midi là, tout le monde dansait, chantait, faisait des HEY! et dans la tente, tout le monde faisait de même, mais dix fois plus follement. Vraiment, le spectacle était beau à voir. Mais de l’extérieur où nous étions, il faisait un peu chaud.


Source : Bonnaroo 


[singlepic id=33 w=320 h=240 float=left]Après un bon souper (à l’ombre, autant que possible), j’ai laissé mes amis aller voir Mogwai (paraît que j’ai manqué quelque chose…) et je suis allé attraper quelques mesures de Childish Gambino. Vous connaissez peut-être mieux ce rappeur sous son vrai nom : Donald Glover. Troy, dans la série télé Community!

J’étais loin derrière et le son était pourri, mais les gens semblaient bien s’amuser à l’avant. Et il faut avouer que le débit et le vocabulaire de Glover sont assez savoureux. On est loin du gangsta rap, ici. Et c’est tant mieux.

On se serait quand même passé de sa version de Rolling in the Deep… 😉


Source : Billboard


[singlepic id=34 w=320 h=240 float=right]Après Childish Gambino, je suis allé voir un des plus grands groupes de hip-hop d’aujourd’hui, The Roots. Écoutez, je ne suis pas un grand fan du genre. Je suis plutôt indie, à saveur plus ou moins folk. Le hip-hop et moi, c’est vraiment comme le feu et l’eau. Pourtant, ce soir-là, il y a eu comme une connexion qui s’est faite.

Était-ce l’hommage à MCA, des Beastie Boys? Était-ce l’interprétation de Sweet Child O’ Mine? Je ne crois pas. Je crois plutôt que les membres de The Roots étaient en pleine possession de leurs moyens et nous ont donné un spectacle rempli de vrai. Comme dans un « vrai band ». Comme dans de la « vraie *bonne* musique ». Ensuite, que les couplets soient chantés ou parlés, on s’en fout, non?

Alors, qu’est-ce que j’ai fait? J’ai fait comme tout le monde. J’ai dansé. J’ai dépensé toute mon énergie à danser comme un zouf. White men can’t dance? On s’en câlice. 🙂

Festival d’été de Québec, pourquoi ne pas inviter The Roots en 2013?


Source : Billboard


[singlepic id=36 w=320 h=240 float=left]Mes amis sont venus me rejoindre pour les têtes d’affiche de la soirée, les Red Hot Chili Peppers. J’ai peut-être commis une hérésie en dormant une partie du spectacle, mais je dois vous avouer que j’étais exténué, surtout après les quelques pas de danse effectués pendant The Roots.

J’en ai quand même assez entendu pour savoir que les Red Hot, qui existent depuis 30 ans déjà, ont joué de prudence et balancé tous leurs hits un après l’autre. Les fans en ont vraiment eu pour leur argent, j’ai eu l’impression d’entendre Californication, tout le monde est heureux.

Il n’en demeure pas moins que de voir en personne le jeu de basse de Flea, un des meilleurs bassistes au monde, est assez impressionnant.


Source : Bonnaroo


Il restait un autre élément à notre liste de la journée et même si nous étions déjà morts de fatigue, il était de notre devoir de voir une légende du rock : ALICE COOPER.
[singlepic id=44 w=320 h=240 float=left]Nous avons assisté au premier tiers du spectacle et franchement, nous avons eu droit à un Alice Cooper en feu, qui a donné, pour ceux qui sont restés, une prestation de deux heures pleine d’énergie.

Le gars a beau pouvoir retirer des chèques de la Régie des rentes du Michigan depuis des années, il a beau ne plus avoir de voix et chanter tout croche, il donne encore tout un spectacle haut en couleur. Décors, costumes, mascottes, objets, tout y passe! Ses musiciens, plus que compétents, rendent justice à ses classiques (School’s Out, I’m 18), de même qu’aux pièces qu’il fait pour la première fois sur scène.

En passant, nous avions déjà quitté les lieux pour retrouver nos tentes, mais Alice Cooper s’est totalement réapproprié la chanson Born this Way, de Lady Gaga. Et quand je dis qu’il se l’est réappropriée, je suis sérieux : sauf pour quelques passages (je ne crois pas que la mère d’Alice lui mettait du rouge à lèvres quand il était petit), on avait l’impression que la chanson avait été composée par Alice Cooper, pour Alice Cooper. Incroyable. Je vous laisse regarder.


Source : Alice Cooper


La rumeur courait qu’au lieu du spectacle prévu à deux heures du matin (un hommage à Van Halen, comme on fait à Woodstock en Beauce), on aurait peut-être la chance de voir le supergroupe Atoms for Peace. J’ai bien fait d’aller me coucher. Unchained (le groupe hommage) a impressionné les 200 personnes qui sont restées jusqu’à la fin de leur prestation. Mais y’a eu du monde déçu…

Bonnaroo 2012 – le parfait bonheur

Arche Bonnaroo

J’aurais aimé vous en parler plus tôt, mais vous savez ce que c’est.

On a à peine le temps de se reposer qu’il faut déjà retourner au boulot, aider le grand à passer à travers sa fin d’année scolaire, se préparer pour le prochain festival (le Festival d’été de Québec), chercher une gardienne pour les enfants le 21 juillet, quand Roger Waters va venir nous émerveiller sur les Plaines, trouver une place où coucher à Montréal pour Osheaga, et j’en passe.

Après Osheaga, qui se tiendra à Montréal du 3 au 5 août, j’aurai pas mal fait le tour des principaux types de festivals musicaux et je compte rédiger un dossier sur les festivals en général. En attendant, voici un compte rendu de cette fin de semaine incroyable que j’ai passée à Grand Stage Park, près de Manchester, au Tennessee. Toutes les photos et vidéos sont de moi, sauf mention contraire.

Quelques mots sur le voyage…

Pelerins

Je me suis rendu à Bonnaroo avec deux bons amis à moi, Jean-Philippe Grenier et Tatiana Picard (qui collabore également à ce blogue). J’aimerais en profiter pour les remercier parce que ce voyage n’aurait pas été un roadtrip aussi agréable sans eux. En fait, ça n’aurait pas été un roadtrip du tout… je ne conduis pas! 😉

De Montréal, il faut compter environ 20 heures de route pour se rendre à Manchester (TN). Heureusement, la totalité du voyage se fait sur l’autoroute et il y a plus d’un itinéraire possible. S’il n’y a qu’un seul élément sur lequel j’aimerais insister, c’est celui-ci : prévoyez une nuit à l’hôtel. Vous ne le regretterez pas. C’est la dernière nuit de sommeil confortable que vous aurez avant quatre ou cinq jours.

Bonnaroo Bound

Si vous voulez bien manger pendant le voyage, prévoyez vos arrêts-repas à l’avance. Sur le bord des autoroutes, vous trouverez les fast-food habituels (ainsi que ceux qu’on ne trouve que là-bas). Heureusement, on croise quelques villes assez populeuses qui offrent un excellent choix de restaurants. J’ai mangé un Général Tao à tomber sur le derrière à Dayton, en Ohio. Avec une bière et le pourboire, j’ai payé moins de 10 $. J’avais trouvé le restaurant sur yelp, à Québec. Pour les curieux, l’endroit s’appelle CJ Chan.

L’arrivée à Bonnaroo

J’ai préparé ce voyage pendant quatre longs mois. J’ai tout lu et son contraire sur tout ce qui concerne ce festival. La principale mise en garde que j’ai retenue, c’était celle concernant l’attente avant d’entrer sur le site du Festival. Certaines personnes ont déjà attendu six ou sept heures avant même d’entrer sur le site… il leur restait encore à faire la file jusqu’au lieu où ils allaient pouvoir hisser leur tente.

File d'attente

Sur ce plan, nous avons été plutôt chanceux. Plutôt que de suivre les indications, nous avons quitté l’autoroute à la première sortie de Manchester pour faire le plein d’essence. Nous avons ensuite suivi les locaux, qui ont roulé jusqu’à une des entrées secondaires du site. Après environ 30 minutes à avancer lentement, mais sûrement, tout en écoutant l’excellente radio Bonnarro, nous sommes passés par le « poste de péage », où on nous a mis nos bracelets. Ils auraient pu nous fouiller… pfff! Après une autre demi-heure de file indienne, nous sommes arrivés à notre campement, situé à environ 20 minutes de marche de Centeroo, le point névralgique du festival (on y entre par l’arche ci-dessus). Ceux qui ont sagement suivi les consignes ont probablement réussi à obtenir un emplacement plus près que nous. Ils ont dû le regretter s’ils n’aimaient pas Skrillex, comme moi…

Nos tentes

Nous avons monté nos tentes, nous nous sommes enfilé quelques bières ou cidres (Woodchuck est un excellent cidre, mais tablette, il rappelle certains produits québécois des années 1970), puis nous nous sommes couchés. Un long festival nous attendait.