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Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 5 juillet

Je devrais me méfier : ce n’est pas parce que je commence ma journée au début de l’après-midi avec un spectacle pour enfants que la journée ne sera pas longue et difficile!

Heureusement, il faisait beau, comme en témoignait la foule, sortie en masse pour assister aux spectacles. Il y avait du monde à la scène Bell et toutes les autres scènes ont refusé des spectateurs faute d’espace (ce qui en a déçu plus d’un). J’ai même manqué le spectacle de Mononc Serge pour cette raison! Respect tout de même à ceux qui sont arrivés au Petit Impérial à 20 h 30 pour le voir.

 

Jeunesses musicales du CanadaJeunesses musicales du Canada – Pierre et le loup (Place de la famille Le lait)

J’aurais dû me douter que la foule serait compacte aujourd’hui quand je suis allé au grand chapiteau de la Place de la famille : c’était bondé de petits monstres, plusieurs ont même dû rebrousser chemin, ce qui n’a pas fait que des heureux.

La prestation, fort humoristique, se voulait une initiation aux cuivres à l’intention des enfants. Sur ce plan, c’est fort réussi! Mais pourquoi prendre la moitié de la prestation pour amener le sujet? Certains enfants commençaient même à s’impatienter.

Tout de même, belle présentation d’un conte magique, d’une façon vivante et colorée.

 

Da CruzDa Cruz (Scène Hydro-Québec – Place d’Youville)

La jeune chanteuse brésilienne n’a pas perdu de temps : elle a enflammé la place d’Youville dès le début, ce qui a incité de nombreux passants à s’arrêter et à profiter du spectacle. À la fin de la prestation, l’espace était bien rempli! Bossa nova mélangée aux rythmes modernes, disco pimenté de rythmes brésiliens, la musique concoctée en collaboration avec le producteur suisse Ane H. ne nous laissait d’autre choix que de danser! Qu’il était beau de voir des couples se lâcher lousse et danser collés, des jeunes aux pieds nus se laisser aller et des vieux hippies entrer en transe!

 

Klô PelgagKlô Pelgag (Scène Hydro-Québec – Place d’Youville)

Elle est folle. Complètement cinglée. Mais quelle belle folie habite cette jeune femme! Klô Pelgag est dans un univers bien à part, dans sa petite bulle bien à elle, et c’est très bien ainsi. On la sent très brouillonne dans ses interventions maladroites, mais hilarantes, mais dès qu’elle joue ses pièces, elle est en parfait contrôle, ce qui ne l’empêche pas d’avoir quelques moments de spontanéité (parlez-en au pied de micro qui s’est ramassé derrière les haut-parleurs de graves ou à la personne qui a reçu un brin de céleri au visage!).

Son spectacle comprenait surtout des pièces de son excellent (mais hypocondriaque) L’alchimie des monstres, qu’elle a interprétées avec un ensemble de cordes et un batteur ma foi fort… velu.

En tout cas, on souhaite, comme elle, qu’elle occupe « le 21 heures, ou le minuit » dans les prochaines années. Sa musique est parfaite pour être jouée sous les étoiles.

 

Grand corps maladeGrand corps malade (Scène Hydro-Québec – Place d’Youville)

Le site était plein, ça débordait de partout (il était difficile de se frayer un chemin sur Saint-Jean), y’a pas à dire, les gens de Québec aiment Grand corps malade. De son côté, le roi du slam était visiblement heureux de retrouver ses fans québécois.

Accompagné de ses musiciens, Grand corps malade a livré de nombreux textes de son plus récent album, Funambule, qu’une foule des plus polies a écouté religieusement dans les moments les plus tranquilles et dansé sur les pièces les plus rythmées. Les textes de Grand corps malade, tirés de l’expérience du jeune homme, ne sont pas toujours faciles; ils sont parfois même un peu durs (Le bout du tunnelMental), mais les mots du poète sont ceux du quotidien, ceux qui vont droit au coeur. Une poésie simple et vivante.

Un triomphe bien mérité pour un artiste accompli. Et un nouveau fan, ici, derrière le clavier. Surtout après avoir entendu une version blues du classique Ma tête, mon coeur, mes couilles

 

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Festival d’été de Québec 2014 : Compte-rendu du 4 juillet

(photos : ecoutedonc.ca)

Ah, là, là! À peine deux petits jours et je suis déjà comblé! Mes deux artistes (francophone et anglophone) préférés de l’année 2014 sont derrière la cravate! Hier soir était pour moi un soir de basse-ville, loin des artifices de la grande scène et du rockabilly sympathique de Daniel Bélanger. Paraît que même Vintage Trouble a cassé la baraque!

Je suis arrivé tôt au Petit Impérial, question de pouvoir faire un petit coupe-file devant ceux qui attendaient dehors pour entrer dans la grande salle. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un tour de passe-passe pour les médias ou les dignitaires, tout le monde peut le faire, s’agit d’arriver à partir de 17 heures et de prendre au moins une consommation. On peut même apporter son lunch! Mais n’en parlez pas trop fort, il y a un petit quelque chose de sadique de voir le monde attendre à l’extérieur pendant qu’on sirote notre petite bière.

Bon, allez, assez divagué, résumé de la journée :

Imam BaildiImam Baildi (scène Hydro-Québec – place d’Youville)

La formation grecque des frères Falireas a bravé le temps incertain et un parterre plutôt vide (l’heure du midi n’est pas toujours facile) en offrant une prestation fort dynamique où les airs folkloriques grecs des années 1940 et 1950 sont passés à la moulinette et mélangés à des rythmes ultramodernes. Ça donne du bouzouki mélangé à du hip-hop ou des cuivres qui accompagne un MC particulièrement motivé et une chanteuse charismatique et fort expressive.

C’était fort agréable. Il est juste dommage que le soleil n’ait pas été au rendez-vous.

 

Thus OwlsThus Owls (Impérial de Québec)

C’était ma troisième rencontre avec ce groupe montréalo-suédois dirigé par le couple Erika et Simon Angell. J’aurais dû savoir à quoi m’attendre. Pourtant, je suis encore une fois tombé à la renverse en entendant le mélange magnifique de la voix angélique d’Erika et des guitares abrasives (et particulièrement fortes) de Simon. Sur disque, ce groupe est sage, mais sur scène, il dégage une énergie hors du commun. Un groupe unique sur la scène indé québécoise.

En passant, je n’ai pas eu le temps de vous en parler, mais leur dernier album, Turning Rocks, est excellent.

 

San FerminSan Fermin (Impérial de Québec)

Armée d’une nouvelle chanteuse (Charlene Kaye) qui apporte un peu d’expérience, la formation new-yorkaise a offert une prestation un peu brouillonne, mais sympathique. La trompette n’est pas toujours juste, Allen Tate, malgré sa belle voix, a une drôle de présence sur scène, on est peut-être encore loin de l’exécution d’un Sufjan Stevens et de l’énergie d’un Arcade Fire, les brillantes compositions d’Ellis Ludwig-Leone font quand même de l’effet lorsqu’on les entend sur scène.

La base est là, ne manque qu’un peu d’expérience. On devrait les revoir, ces huit-là.

En passant, mention spéciale au batteur qui semblait particulièrement heureux d’être là.

 

St. VincentSt. Vincent (Impérial de Québec)

Depuis le temps que je rêvais de voir Annie Clark de près (depuis Bonnaroo 2012, en fait)… La jeune femme de 31 ans a concocté un spectacle théâtral et cérébral, tout à fait à l’image de sa musique aux accents intello, mais aux débordements parfois très lourds.

On savait dès les premières notes de Rattlesnake (qui ouvre son excellent nouvel album St. Vincent) que nous allions avoir affaire à une Annie Clark particulièrement en forme (ça aide, une semaine de repos).

J’étais agréablement surpris de constater que les 800 personnes présentes à l’Impérial (qui était bien rempli sans qu’on soit tassés comme des sardines) et qui avaient préféré St. Vincent à Lady Gaga l’avaient fait en connaissance de cause : Ça récitait les paroles en choeur, ça dansait sur les rythmes cuivrés de Digital Witness, ça criait de joie dès les premiers mots de Cruel.

DSC03224Accompagnée de ses fidèles collaborateurs, Clark a livré la marchandise promise avec ses petits pas de danse très moderne (non, ne vous inquiétez pas, on est loin des chorégraphies de l’autre diva d’en haut de la côte) et ses interventions fort sympathiques (mais très recherchées – énumération « points en commun »), mais c’est vraiment avec sa voix et sa musique qu’elle nous a impressionnés. Faut dire que du haut de son piédestal, elle avait l’air divine lorsqu’elle nous a interprété Cheerleader, probablement sa pièce la plus connue. C’était fantastique de faire du headbanging à l’unisson sur le refrain, comme si c’était du Mastodon!

Seule déception : que St. Vincent n’ait pas interprété la très punk Krokodil au rappel. Mais hey, de quoi je me plains? Elle a joué Strange Mercy, seule sur son perchoir avec sa guitare, puis elle a enchaîné avec une version déchaînée (de près de 10 minutes) de Your Lips are Red, qui figure sur son premier album (Marry Me). Vraiment déchaînée. Y’a quelques mâchoires qui se sont décrochées, je vous en passe un papier.

Sainte Annie, repose-toi en paix.

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Festival d’été de Québec 2014 – Un premier compte-rendu du 3 juillet

(photos : ecoutedonc.ca)

Festival d’été de Québec, tu m’as manqué. C’est ce que je me suis dit en sortant du Cercle tandis que July Talk faisait encore danser une foule survoltée. À côté, il y avait une file pour aller voir un Mononc’ Serge dans un Petit Impérial qui aurait peut-être eu besoin d’être plus grand.

Dans l’autobus qui me ramenait à la maison, j’ai revisité cette belle soirée. Je nous trouvais chanceux d’avoir un festival vraiment généraliste, qui va dans tous les sens et qui permet de combler (presque) tous les appétits musicaux. Voir Antoine Corriveau le même soir que Local Natives, se faire rocker les neurones par July Talk après avoir ajusté ses couleurs avec les vêtements de Pierre Lapointe, assister à un spectacle célébrant le 100e anniversaire de naissance de notre plus grand poète puis se faire chanter des bêtises par un Mononc’ Serge. Mélanger les artistes qu’on voit souvent et ceux qui ne viennent que dans le cadre d’un gros festival comme le FEQ.

Chanceux, je me trouvais donc.

Comme j’ai vu plus d’une prestation au cours de la soirée, je vais y aller en ordre chronologique :

Antoine CorriveauAntoine Corriveau (au Cercle)

Nous étions peu nombreux dans la salle lorsque l’auteur-compositeur-interprète est monté sur scène. Ça ne l’a pas empêché de donner son 110 %, comme on dirait dans un sport populaire chez nous. Son programme était composé en très grande partie de pièces de son plus récent album Les ombres longues (est-ce que je vous l’ai dit que c’était mon album québécois préféré jusqu’à maintenant cette année?), qui sonnait déjà assez live, merci. Il en a aussi fait quelques-unes de son premier opus, St-Maurice/Logan, que je devrai écouter plus attentivement, car il semble également s’y trouver quelques jolies perles…

Pourtant, sur scène, ces mêmes chansons deviennent plus mordantes, portées à de nombreuses reprises par des envolées de guitares très atmosphériques (y’avait souvent trois guitaristes… sur six musiciens). Aux choeurs, les voix de Julie Blanche (également aux claviers et aux percussions) et/ou Marianne Houle (Monogrenade, également au violoncelle… et au trombone!) se mêlaient parfaitement à celle de Corriveau, toujours aussi assurée.

Sur scène, Corriveau est plutôt taquin (nous étions au grand spectacle d’ouverture du FEQ, il allait y avoir des feux d’artifice et des danseurs). Sympathique. Malheureusement, ceux-ci ne se sont pas matérialisés.

Et malgré les problèmes à la lap steel, Je sors dehors demeure une pièce qui touche en plein coeur.

J’ai dû partir quelques secondes avant un rappel bien mérité (nous étions peu nombreux, mais nous étions très bruyants).

 

IMG_0464Royal Canoe (scène Loto-Québec – Parc de la Francophonie)

Le groupe manitobain en était à sa première visite au Pigeonnier, qui était déjà passablement rempli pour l’occasion. C’est simple, les gars ont joué le même (excellent) set qu’à Bonnaroo, sauf qu’ils étaient devant beaucoup plus de monde… qui connaissaient beaucoup moins leurs chansons. Pas grave, à coups de Bathtubs et de Birthday, ainsi que d’autres pièces de leur sympathique Today We’re Believers, Royal Canoe s’est gagné de nombreux fans en à peine 45 minutes.

Ils seront également au Cercle ce soir pour une prestation qui devrait durer plus longtemps… et être beaucoup plus contagieuse.

 

IMG_0481Groenland (scène Loto-Québec)

Il se passe quelque chose entre la formation montréalaise et le public de Québec. Après trois passages fort remarqués et à guichets fermés en moins d’un an au Cercle, c’est devant un Pigeonnier bien rempli que Sabrina Halde et sa bande ont interprété les pièces de leur excellent album The Chase (ainsi que deux petites nouvelles, qu’on commence à bien connaître).

IMG_0529Les membres du groupe étaient visiblement émus de jouer devant leur plus grosse foule en carrière et d’ouvrir pour Local Natives, un groupe que Sabrina Halde a affirmé avoir écouté en boucle lorsqu’elle a écrit The Chase. La foule était visiblement heureuse, elle aussi (voir photo de couverture). Je ne vous décrirai pas la prestation en tant que telle, si vous me suivez, vous commencez à la connaître par coeur – c’était ma quatrième fois en un an… et en prendrais encore.

Ce groupe est fait pour jouer dehors. Dommage que la pluie soit venue mettre un peu de gris à la fête.

Revenez n’importe quand. Vous avez qu’à voler la carte chouchou de Louis-Jean.

 

IMG_0571Local Natives (scène Loto-Québec)

Malgré la pluie, de nombreux festivaliers sont restés pour écouter le mélancolique groupe californien et ils n’ont pas été déçus! Dès les premières notes de Breakers, les guitares, les harmonies et les percussions qui forment la carte de visite de cette formation en ont mis plein les oreilles aux festivaliers des premières rangées.

Malheureusement, après une reprise fort intéressante de Warning Sign, des Talking Heads, et You & I, la magnifique pièce qui ouvre le non moins excellent Hummingbird, la pluie a redoublé d’intensité et découragé de nombreux festivaliers, qui ont commencé à quitter les lieux en masse. Néanmoins, prestation solide de ce groupe beaucoup plus joyeux entre leurs chansons que sur disque. Belle prise de l’équipe de la programmation, dans quelques années, ce groupe fera partie de la catégorie « trop gros/trop petit ».

 

IMG_0636July Talk (le Cercle)

C’est dans un Cercle rempli à craquer et en délire (drôle de voir la différence entre le show de 18 heures et celui de 23 h 30 dans la même salle) que le groupe torontois July Talk a offert une prestation démente, à la mesure de leur indie rock aux accents garage et blues. La paire de chanteurs, Peter Dreimanis et Leah Fey, sont hallucinants! Dreimanis manie la six cordes tout en chantant de sa grosse voix rauque. Une grosse voix blues. De son côté, Fey chante d’une voix douce et joue les midinettes sexy. Elle n’hésite pas à aller chanter au milieu de la foule et à inviter les festivaliers à lui lancer leurs sous-vêtements : boxeurs, bobettes, soutien-gorges… tout y passait!

Je suis parti, brûlé, au milieu du concert. Un festivalier heureux aura pu ainsi prendre ma place.

 

Le programme de la journée sera publié dans les prochaines minutes. Ma gentille copine, qui est allée voir Félix, je me souviens sur les Plaines et s’est retrouvée à l’avant-scène because show de chaises, s’est trouvé une âme de reporter et a écrit un petit compte-rendu que je publierai plus tard dans la journée.

N’oubliez pas, je suis particulièrement grande gueule sur Twitter et sur Facebook. Si ça se rédige en 140 caractères ou en une vingtaine de mots, c’est là que je vais poster.

Allez, il en reste dix.

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Festival d’été de Québec 2014 – Aperçu du 3 juillet

C’est la première journée d’un long rallye qui commence! Êtes-vous prêts? Avez-vous terminé vos itinéraires ou vous laisserez-vous tenter par nos suggestions? Cette année, la pire solution, c’est toujours de rester à la maison!

Bon festival à tous, on se reparle en fin de soirée!

Itinéraire d’ecoutedonc.ca

Sans plus tarder, voici mon itinéraire de la journée :

antoine corriveau18 h 00 – Antoine Corriveau – Le Cercle

Pour commencer cette présentation du Festival d’été de Québec, un morceau de choix : Antoine Corriveau, le gars qui a lancé le meilleur album québécois jusqu’à maintenant cette année. Son album Les ombres longues, paru chez Coyote Records en mars dernier, est un mélange superbe de folk et de rock atmosphérique. Les paroles sont magnifiques, la musique fait voyager. Les failles sont rares, voire quasi inexistantes. Un album rempli d’émotions, les siennes et les vôtres.

La prestation live promet.

Si vous voulez commencer votre festival par une découverte, vous devez être au Cercle jeudi. Vous tomberez sous le charme vous aussi.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=4HyVOmpukLQ&w=480]

 

Royal Canoe19 h 15 – Royal Canoe – Scène Loto-Québec (Parc de la francophonie)

J’ai eu la chance de voir le groupe manitobain à Bonnaroo il y a à peine trois semaines et j’ai été agréablement surpris. Leur pop lumineuse, pleine de claviers et de guitares, ainsi que leurs refrains accrocheurs, devrait plaire à de nombreux fans d’indie pop. Comme début de soirée indie au Pigeonnier, on ne pouvait pas demander mieux. Perso, j’ai hâte de les voir autrement que dans une tente qui peut à peine contenir 200 personnes. L’énergie dégagée par le groupe n’en sera que décuplée.

[youtube http://youtu.be/wo_kKUyeZ4s&w=480]

 

Groenland20 h 15 – Groenland – Scène Loto-Québec

Groenland, c’est le groupe qui a lancé le meilleur album québécois de 2013. Si vous suivez ce blogue depuis un bout, vous savez que j’aime beaucoup ce groupe pop plein de soleil, et la voix forte et chaude de Sabrina Halde vient ajouter quelques couches de soul à une musique joyeuse, à l’instrumentation riche et complexe, qui vitamine nos esprits.

Les rendez-vous du groupe à Québec sont fort courus – les deux derniers spectacles au Cercle se sont déroulés à guichets fermés, vous êtes mieux d’arriver tôt.

En passant, la joueuse de banjo à droite de Sabrina dans le clip ci-dessous ne fait pas partie du groupe. On voudrait pas créer de fausses attentes…

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Xt43qdba3ks&w=480]

 

Local-Natives-General-3-Bryan-Sheffiedl-hi-res121 h 30 – Local Natives – Scène Loto-Québec

La première chanson de leur plus récent album Hummingbird, l’envoûtante You and I, annonce clairement les couleurs de ce groupe californien : après la lumière de Royal Canoe et de Groenland, on tombe dans la douce mélancolie. Douce, car même si on retrouve une belle intensité dans les chansons des Local Natives, elle ne vient jamais nous arracher le coeur. Et puis, le groupe a ses moments lumineux aussi.

Percussions et harmonies seront au rendez-vous. Ça devrait être magique dans le cadre enchanteur du Pigeonnier.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=3_P9RBpiom8&w=480]

 

July Talk23 h 30 – July Talk – Le Cercle

Quoi de mieux pour finir la soirée que ce groupe rock qui confirme la règle selon laquelle les contraires s’attirent? Elle a une voix fine et subtile, lui a plutôt une voix rauque et grave. Leur musique passe joyeusement de l’indie pop au gros blues rock. C’est un groupe que je ne connais pas, mais j’ai l’impression qu’on va bien s’entendre une fois que les douze coups de minuit auront sonné.

Se faufiler ne sera pas facile!

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=iU5qp-cAtOU&w=480]

 

Si je pouvais me cloner…

Je l’ai souvent dit, mais cette année, le Festival est une succession de choix difficiles et de conflits d’horaires. D’autres artistes m’auraient également intéressé ce soir, mais malheureusement, je n’ai pas encore trouvé le moyen de me séparer en deux.

Salomé Leclerc – Scène Bell, 19 h 30

Ah, la belle Salomé. Son premier album était de toute beauté, son deuxième, qui sera lancé en septembre, promet d’être plus rock. Ceux qui seront sur les Plaines auront sûrement la chance d’en entendre quelques-unes, en plus d’avoir droit à de nouvelles versions de plus vieilles chansons.

Félix, je me souviens – Scène Bell, 21 h 00

J’ai eu peur quand ce spectacle a été annoncé. Peur qu’il soit un brin ma tante, peur qu’il fasse plus de tort à l’oeuvre du grand poète qu’autre chose. Puis, on a annoncé les participants : Diane Dufresne, Catherine Major, Radio Radio (!), Marie-Josée Lord, Joseph Rouleau, Misteur Valaire (!!), Groovy Aardvark (« C’était un p’tit bonheur que j’avais ramassé! »), Michel Rivard, Yann Perreau, Karim Ouellet (!!!), Louis-Jean Cormier, Yves Duteil et Grand corps malade (!!!!).

Bon, je me serais probablement passé de Duteil (qui n’est quand même pas un deux de pique, loin de là), mais il y a beaucoup de potentiel sur scène. Oui, Radio Radio ou Misteur Valaire qui reprend Félix, ça peut être excellent comme ça peut être catastrophique, mais hey, on sort des sentiers battus, et ça, ça vaut la peine d’être vu.

Ce que j’ai vu à la répétition hier avec Yan Perreau et les gars de Misteur Valaire est TRÈS prometteur. Misteur Valaire fait swinger les mots du poète comme ils n’ont jamais swingé. Bravo pour l’audace! Là-haut, Félix doit être touché.

Safia Nolin, Philémon Cimon et Pierre Lapointe – Impérial, à partir de 20 h 00

Le folk de Safia Nolin est rempli d’émotion et lorsqu’on se donne la peine de l’écouter, ces émotions se transmettent facilement à nous. Quant à Philémon Cimon, ne vous fiez pas à sa petite voix légère, ses chansons sont des poids lourds en termes de poésie et plusieurs pièces de son plus récent album (L’été).

De son côté, Pierre Lapointe vient présenter son spectcle Punkt!, un spectacle haut en couleur où Lapointe lâche son fou. J’ai vu le spectacle et c’était excellent. N’arrivez pas trop tard, les fans de Lapointe sont nombreux à Québec!

Mononc’ Serge – Petit impérial, 23 h 30

Ben oui, Mononc’ fait trois spectacles au Petit impérial pendant le festival. Mais ces trois spectacles promettent d’être très différents. Pour ce premier soir, il a invité Pépé (qui viendra sûrement avec sa guitare). Serge Robert se cachera-t-il de la bonne bière? Vous le saurez en allant voir son spectacle!

 

Pendant ce temps, au OFF…

Vous vous sentez plus aventureux? Vous apprécierez l’humour de Sèxe illégal et la musique d’Anatole, le nouveau projet d’Alexandre Martel (Mauves) et Simon Paradis. À la salle d’essai du complexe Méduse, à partir de 21 h 30. (Infos)

 

Quels que soient vos choix, bonne soirée et profitez bien des spectacles offerts! On se reparle en fin de soirée.

Ces suggestions ne représentent qu’une partie de la programmation offerte par le Festival d’été de Québec. Pour en savoir plus (par exemple, savoir ce qui est présenté à la scène Hydro-Québec de Place d’Youville, consultez le site du Festival d’été.

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Bonnaroo 2014 – Un bilan

Ed Helms et Rachael White

À pareille heure il y a une semaine, je venais tout juste de piquer ma tente et je me dirigeais vers la mythique arche du Bonnaroo Festival of Music and Arts pour ce qui allait être quatre jours de musique presque sans arrêt. Quatre journées de grand bonheur, de plaisir de découvrir une tonne d’artistes que je ne connaissais que de nom ou de réputation. En quatre jours, j’ai officiellement assisté à 28 prestations, mais j’ai attrapé des bouts de prestations offertes par de nombreux autres artistes.

Déguisé en télé

Quand je vois tout ce que j’ai manqué, soit parce que je voulais voir autre chose en même temps (Vampire Weekend, Avett Brothers, Phoenix, Arctic Monkeys, Frank Ocean, Disclosure, Cut/Copy, Chromeo, entre autres), parce que j’étais trop fatigué pour assister à la prestation (les deux Superjams de fin de soirée, les Flaming Lips, Nick Cave) ou tout simplement pour ne pas faire d’overdose de musique, j’ai l’impression d’avoir seulement surfé sur la surface de tout ce que Bonnaroo avait à offrir musicalement. Ce festival est tellement éclectique dans sa programmation, on peut voir Skrillex et un party de banjos le même jour!

You're the Best

Sur le plan humain, Bonnaroo a continué de m’impressionner avec son côté positif, un peu hippie sur les bords, qui semble manquer dans de nombreux festivals plus urbains ou à Coachella. On ne va pas à Bonnaroo pour voir et être vu, de toute façon, le dimanche, tout le monde a les cheveux terriblement sales et une chance que la crème solaire masque les autres odeurs. On y va parce qu’on aime la musique et parce que les gens qui nous entourent partagent la même passion. Dans cette bulle, même la personne la plus recluse (lire, votre humble serviteur) fraternise constamment avec de parfaits inconnus. Sans même consommer de drogue, on peut se retrouver dans une drôle de zone où seul un Zach Williams (The Lone Bellow) se trouve en temps normal.

Fille et brumisateur

Ce festival est très exigeant pour le corps et j’étais mal préparé. La privation de sommeil est réelle. Les articulations des jambes se raidissent. Heureusement, je campais à proximité de la section centrale, ce qui m’a évité de longues marches comme celles que nous avions à nous taper en 2012. Toutefois, la prochaine fois que nous irons à Bonnaroo (car il y aura sûrement une prochaine fois), nous essaierons d’être un peu plus confortables. Un VR, peut-être?

Mes cinq prestations préférées :

Jack White : Et la lumière fut. Je n’avais jamais été un grand fan de White avant samedi dernier. Je dois avouer que sa prestation a eu tout un effet sur moi. Pendant les presque trois heures qu’il a passées sur scène à piger un peu partout dans son répertoire pour faire plaisir à une foule qui n’en demandait pas tant White a su montrer pourquoi il était le roi du rock à l’heure actuelle.

Dakhabrakha : La tente était à moitié pleine, mais les personnes présentes qui ont découvert le quatuor ukrainien en ont eu pour leur argent. Ce que Dakhabrakha propose est complètement différent de ce qu’on peut entendre en temps normal. Un vent de fraîcheur.

Damon Albarn : Le célèbre chanteur britannique ne s’est pas contenté de faire les pièces plus tranquilles de son plus récent album, il a aussi sorti les gros canons de ses périodes Blur et Gorillaz. Il a même invité De la Soul et Del the Funky Homosapien à chanter avec lui sur Feel Good Inc. et Clint Eastwood respectivement. Surtout, il était visiblement heureux d’être là.

The Lone Bellow : J’ai eu des frissons tout au long de leur prestation. Je n’avais jamais eu la chance de les voir de près et là, ils étaient là, à quelques mètres. Cette intimité avec Zach Williams et ses complices, ne serait-ce que pendant une petite heure, c’est quelque chose que je vais garder dans ma mémoire toute ma vie.

Neutral Milk Hotel : Nous avons eu droit à toute une leçon d’indie par ces grands artistes de grand talent. L’émotion était à son comble dans la grande tente où Jeff Mangum s’est exécuté avec le reste du groupe. J’ai vu de nombreuses larmes sur d’aussi nombreuses joues. Mais quelle énergie! On comprend maintenant pourquoi ils ont influencé tant d’artistes des années 2000.

Bon, on ferme les livres pour Bonnaroo. Le Festival d’été de Québec s’en vient dans quelques semaines. Nous serons là pour couvrir de nombreux spectacles. Et là où ne nous serons pas, nous vous dirigerons vers les articles de ceux qui y étaient. Allez, bonne préparation!

(… et bon Rockfest à ceux qui y vont!)

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Bonnaroo – jour 4

Je savais que pour cette dernière journée, je serais très fatigué. Pas autant que ceux qui se sont couchés après la prestation surprise de Skrillex à 6 heures du matin, mais quand même…

Pour clore mon festival, je me suis fait plaisir : avant le spectacle de Sir Elton, j’ai passé la journée dans la même tente, consacrée au folk et au bluegrass.

Lake Street DiveLake Street Dive

Le groupe formé à Boston jouit actuellement d’une belle visibilité depuis la sortie de son plus récent album, Bad Self Portraits. La musique du groupe est teintée de jazz et de soul et la voix chaude et puissante de la charismatique chanteuse Rachael Price n’est pas sans rappeler celle d’une Sabrina Halde (Groenland). Le groupe roule déjà sa bosse depuis dix ans et ça paraît. La prestation était réglée au quart de tour et les temps morts étaient inexistants.

Belle découverte.

Sarah JaroszSarah Jarosz

Si les premiers étaient résolument pop, Sarah Jarosz, qui a déjà trois albums à son actif malgré ses 23 ans, peut difficilement être plus folk. L’artiste texane, accompagnée d’un violoniste et d’un contrebassiste, passait sans complexe de la guitare au banjo, interprétant ses propres chansons ainsi que quelques classiques de monstres sacrés comme Dylan et Waits.

Un petit brin de femme au grand talent.

The Lone BellowThe Lone Bellow

LE groupe que je tenais absolument à voir aujourd’hui. Les chansons de Zach Williams, Kanene Pipkin et Brian Elmquist peuvent être pop, rock ou folk, elles sont toujours jouées avec une telle intensité, une telle urgence… Ces trois-là entrent dans une transe incroyable lorsqu’ils jouent. Ils sont ailleurs, dans un autre monde. Séparément, ils ont de belles voix, ensemble, ils ne font qu’un.

Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de frissons et les yeux pleins d’eau à plus d’une reprise pendant leur prestation. Les pièces du prochain album qu’ils nous ont interprétées annoncent que de bonnes choses pour ce groupe qui risque d’exploser au cours de la prochaine année.

Shovels and RopeShovels & Rope

Un autre groupe qui risque d’exploser au cours de la prochaine année, c’est le duo Shovels & Rope et son country-rock solide. D’ailleurs, le duo formé de Cary-Ann Hearst et Michael Trent ont livré une prestation que n’aurait pas reniée un certain Jack White.

Solide et inspiré.

The Black LiliesThe Black Lilies

Je ne connaissais pas du tout ce groupe de Knoxville, mais je voulais voir le Superjam de près et je n’étais pas à une découverte près.

Alors, ces Black Lilies? Si vous prenez un peu de jazz, y ajoutez un soupçon de country, mélangez avec une partie de bluegrass et servez avec beaucoup de fun, vous vous approcherez de ce que ce groupe sympathique a à offrir.

Faudrait les faire sortir un peu du Tennessee.

Bluegrass SuperjamBluegrass Situation Superjam

Quel plaisir! Ce Superjam, animé par le comédien (et joueur de banjo) Ed Helms, était du bonbon. Que ce soit avec The Lonesome Trio (le groupe de Helms), la vedette country Dierks Bentley, ou avec les artistes présents plus tôt, le plaisir était au rendez-vous.

Danser sur une version banjo de Crazy (oui oui, Gnarls Barkley’s Crazy) interprétée par Sarah Jarosz, chanter Islands in The Stream avec Lake Street Dive et The Lone Bellow, ou célébrer la vie en chantant « (I Had) The Time of My Life » avec les 33 artistes sur scène et les milliers de fans de tous les âges dans la tente, c’est ça que j’appelle un moment magique.

Elton John

Elton John

Sir Elton avait la lourde tâche de mettre la touche finale à cette édition de Bonnaroo. Les quelque 90 000 de spectateurs qui ont envahi la grande scène en ont eu pour leur argent. Après une première partie plus tranquille, la star a poussé la machine à fond et nous avons eu droit à tous les succès.

Sur « Rocket Man », nous avons tous vu le totem de Buzz Lightyear, omniprésent toute la fin de semaine, être libéré par ses maîtres. Il s’est envolé, puis il est parti… Vers l’infini et plus loin encore.

Quelle finale généreuse.

(Les photos sont de nous, sauf celle d’Elton John, courtoisie de Bonnaroo.)

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Bonnaroo – jour 3

Je me fais vieux et je ne suis pas capable de m’adapter à un minuscule décalage horaire d’une heure. J’ai donc encore manqué les shows de nuit.

Sauf un, qu’on pouvait clairement entendre de ma tente : une prestation surprise de Skrillex… à 6 heures du mat.

C’est donc les yeux dans le même trou que je vous écris ce matin. Merci de votre compréhension.

Quelle journée! Un ciel presque sans nuages, temps chaud (mais pas trop) et sec (du moins, pour la région), on dirait que les astres sont alignés pour faire de cette présentation de Bonnaroo une série de moments mémorables.

Valerie JuneValerie June

 

La journée a commencé en toute simplicité, avec une Valerie June vêtue d’une robe d’été orangée. L’artiste originaire du Tennessee a profité de la proximité du foyer familial pour demander à ses deux frères de venir chanter avec elle, comme dans le bon vieux temps à l’église.

On avait déjà remarqué sa voix unique sur disque, mais on ne la savait pas aussi intense sur scène, surtout un samedi après-midi. Valerie June est possédée par ses chansons. Nous aussi.

Royal CanoeRoyal Canoe

 

Je voulais à tout prix éviter de voir le même groupe deux fois en festival cet été, mais j’avais une demi-heure libre avant Tedeschi Trucks et le groupe manitobain jouait dans une tente située à procimité (et on pouvait s’assoir). J’en ai donc profité pour voir ce qu’ils avaient dans le ventre.

Ceux qui vont ouvrir pour Groenland et Local Natives le 3 juillet au Festival d’été de Québec m’ont agréablement surpris. Une bonne pop très énergique attend les festivaliers qui vont de pointer tôt au Parc de la francophonie. Si vous aimez les chansons qui parlent d’été et de soleil, vous serez servis.

Tedeschi Trucks BandTedeschi Trucks Band

 

Voilà un groupe que je n’avais pas pu voir au FEQ il y a quelques années. Je n’ai pas été déçu. Derek Trucks joue le blues rock comme pas un. Suzan Tedeschi en a vu d’autres. Le couple est accompagné par des musiciens chevronnés. Qu’il s’agisse de leurs propres compositions ou de classiques du genre, les nombreux fans ont été servis.

À voir.

Drive-By TruckersDrive-By Truckers

 

J’avais prévu aller voir Grouplove, mais bon, la foule était extrêmement compacte et l’ambiance était déjà électrique. Comme j’avais déjà vu le collectif californien, j’ai décidé de prendre ça relax et d’aller plutôt voir les Drive-By Truckers, un autre groupe de rock aux accents du Sud qui goûte le barbecue et les longs voyages en auto. Je dois avouer que ce fut la prestation la moins mémorable de la journée. C’était agréable, bien sur, ce n’était juste pas aussi impressionnant que ce qui allait suivre.

Damon AlbarnDamon Albarn

 

La présence de l’ancien leader de Blur et Gorillaz a été un argument très convaincant pour ce voyage à Manchester. Et quel spectacle! Albarn a mis le paquet, alternant entre ses chansons solo (accompagné d’un quatuor à cordes), de Blur et de Gorillaz, où il s’est lâché lousse (un ensemble de cuivres et un chœur sur Broken, De La Soul sur Feel Good Inc.  et Del The Funky Homosapien sur Clint Eastwood). Un peu déçu qu’il n’ait pas chanté Tender (il avait tout ce qu’il fallait pour faire un gospel, bordel), mais bon, il a offert une vraie prestation de festival.

Il n’est pas un des maîtres de Glastonbury pour rien!

Bonnaroo 2014 084Lionel Richie

 

Que dire de ce grand artiste, sinon qu’il a un charisme fou et qu’il brûle les planches?

L’ancien des Commodores a passé la soirée à blaguer avec les spectateurs qui, malgré leur jeune âge, ont eu un plaisir fou à chanter les chansons préférées de leurs parents.

Fallait les voir se déhancher sur Dancing on a Ceiling, rire à chaque intervention de l’artiste, qui a le sens de la comédie autant que du spectacle, et avoir les yeux brillants en chantant Hello et All Night Long en chœur. Fallait les voir être heureux lorsque Richie a annoncé qu’il avait invité Diana Ross à chanter My Endless yLove avec lui, pour ensuite les entendre lâcher un gros Aaaaaaaaaaaah de déception lorsqu’il a ajouté qu’elle avait « refusé » l’invitation parce qu’elle avait un barbecue.

Mémorable. Avec le recul, je suis content de l’avoir vu à Bonnaroo, avec des jeunes en fête. C’était réjouissant.

Jack WhiteJack White

 

Si la prestation offerte la veille par Kanye West était polarisatrice, celle de Jack White était tout le contraire : nous étions en famille et White était le patriarche. « Tennessee, je te connais », lance-t-il avant de lancer Icky Thump, première chanson d’une prestation qui devait compter 16 pièces et qui en comptera finalement 26 (en incluant le généreux rappel).

Pendant près de trois heures, donc, Jack White et son équipe de formidables musiciens auront survolé le riche répertoire du rockeur établi à Nashville. Les White Stripes, les Raconteurs, les albums solo, tout y est passé. Toutes superbement interprétées. Une tempête de rock comme on en reçoit rarement.

On dit que White n’est pas super habile lorsque vient le temps de s’adresser à la foule. Samedi, j’ai pourtant vu un homme en pleine possession de ses moyens, qui met le spectateur au centre de son activité, comme lorsqu’il a lancé un petit jab à Rolling Stone (« la musique, c’est pas Rolling Stone qui la fait vivre, c’est vous et moi! ») ou lorsqu’il a remercié tout le monde de faire son boulot, même s’il n’est pas aussi gratifiant que le sien. Cette façon de se montrer un des nôtres plutôt qu’un être supérieur (tousseKanyetousse) fait des merveilles pour faire passer le courant. J’avoue bien humblement que jusqu’à cette prestation, je n’étais pas un grand fan de White. Le fait de le voir mettre ses tripes sur la table et de tout donner pour nous faire plaisir, malgré la fatigue évidente à la fin, m’a convaincu.

Après « Seven Nation Army », j’étais mort de fatigue. Mais heureux. Je venais d’assister à un événement historique. Le meilleur show que j’ai vu à Bonnaroo, point barre.

(Toutes les photos sont de nous, sauf celle de Jack White, gracieuseté de Bonnaroo.)

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Bonnaroo – jour 2

Journée pleine de découvertes et de coups de cœur pour votre vieux blogueur. Surtout, journée difficile pour les vieilles jambes, qui n’ont plus 20 ans et manquent d’entraînement.

Qu’à cela ne tienne, la musique est bonne, la météo est parfaite et le Big Kahuna Burger est savoureux.

Greensky BluegrassGreensky Bluegrass

Le groupe de Kalamazoo au Michigan avait la tâche d’ouvrir la grande grande scène cette année. Folk et Bluegrass tout ce qu’il y a accessible malgré l’étiquette que Jam band qu’on leur a collée.

Belle musique pour un vendredi ensoleillé.

Bonnaroo 2014 040Vintage Trouble

Voilà un groupe que je voulais voir à Bonnaroo, vu que Louis Bellavance semble lui avoir donné la case de la mort (FEQ, 4 juillet, 21 heures 30, place d’Youville – en même temps que Lady Gaga, Daniel Bélanger ET St. Vincent).

Wow. La musique, blues rock proche du bon vieux roche et roule, était déjà quelque chose, mais il fallait voir le chanteur, le charismatique Ty Taylor, donner tout ce qu’il avait dans le ventre. Il chantait, il dansait, il faisait ce qu’il voulait des fans présents.

Une heure de gros, gros, gros plaisir.

Allez les voir si vous en avez la chance (au FEQ ou au FIJM).

Bonnaroo 2014 044The Wood Brothers

Groupe de pop de grange dont j’avais peu entendu parler. Prestation sympathique, mais en douceur, parfait pour qui voudrait prendre une pause avant d’aller plus loin.

Si vous aimez les groupes de la mouvance néo-americana (Avett Brothers, Lumineers, Strumbellas, Mumford et fils), vous devriez aimer la musique des frères Wood.

Bonnaroo 2014 049Dakhabrakha

Man. Ces quatre Ukrainiens (un gars, trois filles) ont fait exploser la tente dans laquelle ils ont offert leur prestation. Je ne crois pas qu’ils s’attendaient à un tel accueil, mais leur musique, mélange de traditionnel et de rythmes dansants, a eu raison des pieds des milliers de (nouveaux) fans présents. Ils ont beau jouer assis, ils occupent l’espace à la perfection.

Je les aurais bien vus dans un contexte aussi festif au FEQ, mais bon, leur passage à Québec n’aura lieu qu’en novembre.

Ma prestation préférée du festival jusqu’à maintenant.

Bonnaroo 2014 052Abdrew Bird & The Hands of Glory

Un autre que j’avais hâte de voir sur scène. Ceux qui ont déjà vu ou entendu Andrew Bird savent combien l’artiste est talentueux : capable de tout faire avec un violon, siffleur doué, excellent auteur-compositeur, tout joue en sa faveur. Après avoir fait quelques pièces en solo, The Hands of Glory est venu le joindre sur scène et nous avons eu droit à une excellente prestation country-folk pleine d’émotions et d’harmonies vocales.

Un autre excellent moment.

Neutral Milk HotelNeutral Milk Hotel

J’ai hésité un peu avant d’aller les voir, mais comme m’a dit une amie : « Phoenix pis A Tribe Called Red, tu peux les revoir quand tu veux ». Vrai.

J’ai donc assisté à la prestation plus qu’attendue de ce groupe qui était au sommet de sa (relative, avouons-le) popularité il y a une quinzaine d’années avant de disparaître aussitôt. Impressionnant de voir que la foule était composée principalement de jeunes dans la vingtaine qui ont découvert le groupe bien après sa séparation.

C’était une vraie leçon d’indie que nous avons eue, leçon offerte par un groupe remplie de générosité, qui semblait heureux d’être là (quand on sait que le leader en avait fait une dépression nerveuse à l’époque…).

Kanye WestKanye West

Oh, j’ai essayé très fort, mais voilà, y en a qui sont incapables de sentir Win Butler, moi, c’est Kanye. La musique est bonne (21 chansons), mais les interventions sont laborieuses, Man. Couper des chansons en plein milieu pour chialer pendant quinze minutes? Sérieux? De nombreuses personnes ont décidé de quitter avant la fin. Cependant, les fans disent qu’ils en ont eu pour leur argent.

J’ai malheureusement manqué le Superjam avec Derek Trucks et ses invités, ainsi que Die Antwoord, pour cause de fatigue. J’ai mis mes bouchons et dormi comme un bébé (dans une tente).

Aujourd’hui

Quelques noms que je devrais aller voir : Valerie June, Tedeschi Trucks Band, Royal Canoe, Grouplove, Damon Albarn, Phosphorescent, Lionel Richie, Jack White et Nick Cave (ou les Flaming Lips). Sais pas comment je vais faire, mais je ne vous parle même pas de ce que je vais manquer.

Allez, on se reparle! Bonne journée!

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Bonnaroo – Jour 1

Drôle de sensation que d’aller au plus hippie des festivals de musique en avion. Au lieu des 20 longues heures de route, on se tape deux petits sauts de puce, un petit tour de navette et hop! Nous voilà au temple de la musique.

Premier oubli (d’une longue liste, j’en suis persuadé), j’ai pas mis de chansons bonnarooviennes sur mon iPhone. Tellement habitué à la diffusion en continu… Pis? Alors que je survole ce qui est probablement la Virginie, la voix aérienne de Klô Pelgag m’accompagne. Un signe que j’aurais peut être dû aller en Suisse… Ou à Tadoussac. N’empêche, entendre « Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde » en survolant les Appalaches, c’est quelque chose!

Tout ça pour dire que le vol s’est déroulé sans histoire. Heureusement, la dame qui conduisait l’autocar vers Bonnaroo s’est perdue en chemin et elle a dû faire quelques manœuvres spectaculaires pour se sortir du bourbier dans lequel elle s’était placée. Ça nous a malheureusement retardé de quelques minutes et j’ai manqué la prestation des Wild Feathers.

Jonathan WilsonJonathan Wilson

J’ai donc commencé avec Jonathan Wilson, un artiste taillé sur mesure pour Bonnaroo. Les chansonnettes de trois minutes deviennent de longs jams complexes de presque un quart d’heure.

Les amateurs de Phish et cie en ont eu pour leur argent. Excellente entrée en matière.

Cass McCombsCass McCombs

J’avais entendu beaucoup de bien de ce gaillard et je dois avouer que j’ai été un peu déçu. Mes attentes étaient probablement démesurées. N’empêche que le gars a énormément de talent pour ce qui est des mélodies.

On va réécouter attentivement une fois à la maison.

Bonnaroo 2014 013The Saint Johns

Mon coup de cœur de la journée. D’ailleurs, à voir le monde présent à la petite scène pour les voir, je n’étais pas le seul. Spirituellement parlant, ce sont les frères des Civil Wars, mais au lieu de la tension qui nourrissait ces derniers, on assistait à une belle symbiose.

Folk pop superbe, chargée d’émotions.

Real EstateReal Estate

Désolé, l’Indie générique de Real Estate, c’est pas pour moi. Par contre, il était facile de constater que la prestation offerte par le groupe était parfaitement rodée. La machine était extrêmement bien huilée, les temps morts étaient rares, et les fans étaient plus que nombreux.

Même Rob Ford était présent! 😉

Bonnaroo 2014 018

 

Cherub

Bonnaroo 2014 024Malheureusement, je n’ai pas pu les voir. Il y avait beaucoup trop de monde à la tente (et autour).

Va vraiment falloir que les organisateurs y voient. Les gens viennent de plus en plus le jeudi et on commence à étouffer parce que les grandes scènes sont fermées. On étouffait dans la foule, et ce, à pas mal toutes les scènes.

Cloud Nothings

Cloud NothingsAprès un petit tour pour voir le monde s’éclater à la disco silencieuse (photo), je suis allé voir les Cloud Nothings. Du bon rock sale, un peu garage, un peu punk, mais très énergique.

Finalement, le blogueur wins!

Silent Disco

 

Banks

Bonnaroo 2014 030Banks avait énormément de pression : c’était sa première prestation en fin de soirée dans un festival. Elle s’en est bien tirée, surtout quand on considère que l’endroit était rempli à craquer. Belle r n’ b minimaliste.

On a aimé et on la verrait bien au Parc de la francophonie.

Aujourd’hui

On se calme les nerfs, mais on fait tout ce qu’on peut pour aller voir Dakhabrakha, Andrew Bird et le Superjam avec Derek Trucks. Et plus, si mes vieilles jambes collaborent.

On se reparle demain!