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[ALBUM] Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs – « ¾ fort »

La musique traditionnelle s’éclate dans ce troisième opus de la formation de Saint-Élie-de-Caxton, qui, de façon plus assumée que dans Petit grain d’or, le précédent, ose flirter avec d’autres genres musicaux. C’est surtout cette audace qui accroche, qui plaît ou qui ne plaît pas, mais qui, certainement, pique la curiosité.

Changement de paysage pour Nicolas Pellerin, qui a recruté le nouveau hurleur Stéphane Tellier, venant combler la place laissée par le départ de Simon Marion. Le groupe signe par ailleurs, pour une première fois avec Coyote Records, qui a pas mal le vent dans le voile de ces temps-ci.

L’album s’ouvre en terrain connu avec Entre la rivière et le bois, résolument Trad, avec des harmonies vocales, qui ne sont pas sans rappeler la belle époque de Jim et Bertrand. Avec Bataille de carillon, l’album prend une direction intéressante, plus texturé et nostalgique. Le timbre de voix joliment roque de Pellerin évoque soudain celui de son frère (t’sé le conteur là), les mélodies sont plus pop, pourtant les paroles  nous rappellent qu’on est toujours dans le répertoire traditionnel : « Montcalm n’est pas aussi bête qu’on l’a désiré // Maluron malurette maluron luré ».

C’est définitivement avec  la huitième chanson Pi c’était que l’album prend un virage. Avant la sortie, on parlait déjà d’un flirt avec l’électro plus présent.  J’étais assez ouvert à l’idée au départ, me disant que si Caravane Palace l’avait fait avec le manouche, Nicolas Pellerin pouvait bien le faire avec le trad. Ceci étant dit, je m’attendais à quelque chose de plus subtil. On retrouve notamment dans cette chanson le même son de clavier hyper-distortioné que dans  Exit music (for a film) de Radiohead, ce qui pour le moins surprend.

Ça a quand même l’avantage de briser la glace, ce qui permet des envolées manouches dans Main sur le cou et la complainte Fleur de lison.

Coup de cœur pour les chansons ¼ des artisans, ½ des artisans, ¾ des artisans. Composés par Pellerin, les trois interludes instrumentaux créent un rappel de sonorité qui ajoute une cohérence à l’ensemble.

En bref, un album solide avec des explorations intéressantes, mais qui déroutent à certains moments.

L’album est disponible sur iTunes et à la Boutique Coyote Records.