Catégories
Spectacles

Charrue (+ Albatros), Le Pantoum, 10 novembre 2017

Pour sortir au Pantoum en ce 10 novembre hivernal, j’ai non seulement revêtu ma tuque, mais aussi mon passé de tripeuse de Vans Warped Tour et de métal. Compte-rendu musical des tréfonds torturés de l’âme d’Albatros (Québec) et de Charrue (Trois-Rivières).

Albatros

Crédit: Gabriel Potvin Caissy

Albatros nous a d’abord garoché son set dans la face. Pas beaucoup de sursis avec leur punk rock énergique et saccadé. Des rythmes changeants, mais presque toujours en accéléré, soutenaient les cris pressants du chanteur. On avait droit au traditionnel trio batterie-guitare-basse, auxquels trois cuivres venaient ajouter des notes mélodiques ou joyeuses. Six musiciens gonflés à bloc (et en chemise, de surcroit) qui se sont donnés autant aux instruments qu’en discutant avec le public comme si on était dans leur salon – rien de plus casual.

 

Charrue

Crédit: Gabriel Potvin Caissy

Charrue a ensuite installé son ambiance, sensiblement différente de la première. Avec la moitié moins d’effectifs (retour au trio traditionnel avec un extra clavier manié par le percussionniste), le groupe a fait planer son langoureux mal-être musical. Beaucoup plus mélodique que le groupe précédent – et cela tient sûrement beaucoup du fait que la voix agile du chanteur était étonnamment puissante et claire à la fois – Charrue jouait avec la lenteur, combinant la brillance des aiguës et le vrombissement des graves. Du bon rock stoner qui sort assez des standards établis pour capter l’intérêt. Ils ont joué l’intégrale de leur tout nouvel album, composé de pièces entremêlant l’anglais et le français pour nous rappeler nos pires break-ups et autres tourments.

 

Catégories
Région : Québec Spectacles

[SPECTACLE] WTCHS, Albatros & Walrus, 20/11/2015, Le Pantoum

De par ma tradition de commentaires climatiques, je me dois de vous dire qu’il a fait chaud en novembre cette année. Le mois festif a enfilé sa veste de polar grise, encore un peu humide, même si elle a passé la nuit sur le calorifère. Au moins, il ne vente pas beaucoup; quand il y a trop de vent, les fenêtres calfeutrées DIY du Pantoum implosent vers l’intérieur dans un fracas hallucinant qui nous gâche un refrain.
Je suis d’ailleurs arrivé plus tôt qu’à mon habitude. Je suis en effet confiné au vestiaire et je dois donc commencer ma soirée à l’heure matinale de 19h30. Emmêlé dans les manteaux mouillés par une humidité ambiante, jonglant avec les gants, les mitaines et les coupons numérotés. Je continue, vaillant bénévole, dévoué à ma scène locale, alors que la salle se remplit en haut de ma tête.
Les bands mangent une soupe maison coriace, préparée avec amour. On discute, ils sont gentils. On parle du dernier passage de Walrus, et de WTCHS, tous deux ayant jadis joué avec mon ancien groupe, Nimbes. On me parle de Long, Long, Long, du dernier album d’Each Other. On reprend le temps perdu dans la longue route canadienne. Albatros tentent tant bien que mal de crever un ballon avec un fusil à ventouses. Ils doivent partir. Le spectacle va commencer.
Walrus
Je les écoute au travers du plancher de faux bois, réverbérés dans les hauts plafonds du studio. Ces échos que j’entends plaisent à merveille au rock psychédélique de Walrus. Ressortissants des vintages 13th Floor Elevators, des modernes Tame Impala et Pond et tout autre fou psychédélique, le groupe a sans aucun doute donné une performance exemplaire. J’entends, au travers des lattes et du préfini, des échos, des phases, des guitares s’emmêlant autour de batteries motoriques, peut être un peu plus post-punk qu’à mon souvenir, mais c’est tant mieux. Un succès retentissant dans les poutres du Pantoum.
Cigarette_DS
Pause cigarette.
Les gens courent dans les escaliers et s’étendent las sur le trottoir devant l’immeuble. J’accompagne une amie rapidement, et on parle un peu trop longtemps pour que je puisse qualifier mon bénévolat de compétent. Cigarettes à la bouche, la fumée envahit Saint-Vallier au dessus des fumeurs cools du Nouvo Saint-Roch. Albatros commence.
Albatros
Je redescends avertir les fumeurs oisifs. La salle semble bien remplie, je monte pour quelques chansons. Je suis encore impressionné par les vents qui soufflent l’emo / post-hardcore de la troupe. Utilisés en grande pompe, en mélodies directes, une fraîcheur agréable. Alexandre Landry, en plus de sa voix, manie une guitare au manche d’aluminium, une ECG, peut-être. Je devrais lui demander. On danse, on saute. C’est la fête, mais je dois redescendre. J’ai mangé un grilled cheese à l’hummus et bu une autre bière. Peut-être en trop. On verra.
WTCHS
La soirée des «peut-être» se termine tristement, avec la sortie tranquille, aux heures tardives, de plusieurs spectateurs. Il me semble ne pas avoir vu WTCHS passer. Je n’ai pas pu monter, et je n’ai entendu qu’à moitié leur habituel tonnerre fracassant qui me plaît tant. Les commentaires positifs ont pourtant envahi mes oreilles, et les gens sortaient, prenaient leurs manteaux et allaient se coucher le sourire aux lèvres. La prochaine fois, je veux danser dans la salle. Comme Marion Desjardins, qui a pris de magnifiques photos, encore une fois!