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HARRY MANX – MAGASIN GÉNÉRAL LE BRUN – 30 NOVEMBRE 2017

La légende canadienne de l’indo-blues Harry Manx était de court passage en Mauricie en cette fin novembre. Avec seulement cinq spectacles au Québec prévus, le musicien a choisi de s’arrêter au Magasin général Le Brun, à Maskinongé, et j’en étais très heureuse. Les gros flocons de neige qui tombaient le 30 novembre au soir m’ont tranquillement guidée vers cet endroit mythique à l’ouest de Trois-Rivières. L’accueil chaleureux de Richard, le propriétaire des lieux, me réjouissait d’être présente pour cette soirée qui s’annonçait déjà mémorable.

Magasin Général Le Brun – Photo: A. Lemieux

Suivi d’une longue présentation, Harry Manx s’est faufilé dans le public pour se rendre à son trône, où l’attendaient les quelques instruments qu’il allait manipuler judicieusement toute la soirée. Seul au milieu du décor burlesque du Magasin Général, il a fait résonner les premières notes blues avec le titre Baby Please Help Me tiré de son dernier opus Faith Lift paru au printemps dernier, qui présente ses succès retravaillés avec le Sydney Opera String Quartet. Le son très blues américain captive immédiatement le public, qui attendait ce son et cette voix rauque emballant les coeurs et meublant tout espace à eux seuls.

Harry Manx – Photo: A. Lemieux

Entre quelques brides d’anglais et de français entremêlés, il poursuit avec sa pièce Working on a Railroad. La sonorisation coordonnée par les Productions Maskishow était impeccable. C’est toujours réjouissant de pouvoir se concentrer uniquement sur l’artiste quand tous les facteurs gagnants d’un bon spectacle sont en places.

Manx s’est fait un plaisir de nous présenter son mythique instrument, la Mohan Veena, un type de guitare indienne à 20 cordes qui se manipule comme une slide, mais qui produit ce son si unique semblable à un écho. Nous avons pu l’entendre à plusieurs reprises, comme dans la pièce Death Have Mercy. Il a beaucoup travaillé également avec son banjo, qui nous transporte dans un son plus bluegrass et qu’on retrouve dans la sympathique pièce Don’t Forget to Miss Me.

Harry Manx – Photo: A. Lemieux

Manx est un habile magicien des notes et des mots. Dans son deux heures de spectacle, il nous emmène avec lui dans un long voyage en passant par l’Ouest canadien, la Louisiane, l’Inde, les pays d’Amérique du Sud et encore plus. Doté d’une aura spirituelle apaisante, le bluesman bohème nous connecte à son monde gorgé d’amour, de paix, de nature et de vie. Les vides et les silences laissés par l’artiste ne créent pas de malaise. Au contraire, ses simples gesticules fascinent et captivent le public. On accepte ces moments de transition comme étant partie intégrante de sa performance. Malgré qu’il est seul sur scène, on sent que tout l’espace est occupé par cette belle et grande histoire qu’il nous raconte.

Pour terminer aimablement ce spectacle, il a interprété son grand succès Crazy Love, subtilement accompagné de la Mohan Veena qui a clôt le rappel. Le public a ensuite tranquillement repris contact avec la réalité en rejoignant la neige qui l’attendait à l’extérieur. Merci à l’équipe du Magasin général Le Brun d’avoir accueilli l’équipe ecoutedonc.ca pour un autre beau moment de frissons musicaux.

 

 

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Région : Mauricie Spectacles

[SPECTACLE] Jason Bajada au Magasin général Le Brun, 22 avril 2017

Il était parti en tournée en Italie pour presque tout le mois de février, et c’était le premier concert depuis son retour, qui avait lieu au mythique Magasin général Le Brun de Maskinongé le 22 avril dernier.

Comme pour la plupart des gens présents dans la salle, mes connaissances sur l’auteur-compositeur-interprète s’arrêtaient à son dernier album Volcano sorti en février 2016. Bien qu’il semblerait que dernièrement, les nouvelles compositions de Jason Bajada sont majoritairement en anglais, ses deux derniers albums sont en français (Volcano et Le résultat de mes bêtises) alors que ses deux premiers, Loveshit et The Sound Your Life Make, sont visiblement en anglais.

C’est toujours agréable de constater que le Magasin général Le Brun attire des amateurs de découvertes musicales. Bien que j’aie constaté rapidement la présence de fans de l’artiste, la majeure partie de l’assistance le voyait pour la première fois. En embarquant sur la scène, en solo avec sa guitare (et parfois son harmonica), il semblait gêné, mais cela n’a pas duré longtemps. Très farceur, il a su mettre le public dans sa poche assez rapidement.

D’entrée de jeu, il a joué une nouvelle chanson, Collision, présentant un peu ce sur quoi il travaillait présentement. Sans aucun setlist, il surfait sur la vague du public et de ses envies. « Si vous avez des demandes spéciales, gênez-vous pas, je vais les faire… si je m’en souviens! », a lancé Bajada en début de soirée. Quelqu’un n’a pas manqué de lui demander Jean-François, une chanson de Volcano qu’il a dit n’avoir jamais faite en spectacle.

Après une bonne coupe de vin, plusieurs demandes spéciales du public, dont Pékin, qui tourne beaucoup à la radio (et qui, semble-il, est une chanson parfaite pour courir!), la gêne s’était complètement envolée. J’ai trouvé super intéressant de découvrir les chansons, qui sont très rock alternatif avec des accents indie sur disque, alors qu’en live, l’indie ressortait beaucoup plus. La couleur était différente, et j’ai beaucoup apprécié cet aspect.

La soirée en était une de première. Autant pour Bajada, qui jouait plusieurs nouveautés, que pour le public, qui découvrait l’artiste. La pièce Jojo, celle dont il est le plus fier et qui sera sur le prochain album (scoop : il s’intitulera Loveshit 2) , a été l’une des plus marquantes de la soirée. À plusieurs reprises, il a remercié les gens présents d’être autant attentifs, car c’est vrai, personne ne faisait un bruit lors des chansons, ce qui rendait le moment d’autant plus magique. La seule chose qu’on entendait, c’était le plancher du magasin craquer.

Jason Bajada est allé se cacher trente secondes derrière le bar (il n’y a pas de backstage à Maskinongé) pour revenir faire l’un des rappels les plus longs auxquels il m’a été donné d’assister, soit près de dix chansons. J’ai eu l’impression qu’il nous présentait son nouvel album en entier durant la soirée tellement il a été généreux et semblait avoir du plaisir. La seule reprise a été There is a Light That Never Goes Out, de The Smiths. Il a conclu avec Painkilling, une nouvelle chanson, et a invité les gens à chanter avec lui pour se laisser sur une fin digne de Springsteen, d’après ses mots.

J’ai beaucoup apprécié découvrir à quel point l’auteur-compositeur-interprète est polyvalent, autant avec sa voix qu’avec ses guitares. Lorsqu’il chantait en anglais, j’avais l’impression qu’il allait dans des notes très basses, en contraste avec ses chansons en français. Il a également utilisé le loop à plusieurs reprises comme il était en solo, ce qui est toujours impressionnant à entendre et à voir en live. En résumé, et encore une fois, Jason Bajada a été une belle découverte, autant pour l’humain que l’artiste qu’il est.

Photo : Marion Desjardins; pour l’entrevue avec l’artiste, c’est ici (février 2016) 

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Région : Mauricie Spectacles

[SPECTACLE] Une exaltante soirée avec Guy Bélanger au Magasin Genéral Le Brun

 

Fraîchement sorti de la tournée québécoise avec Céline Dion comme musicien harmoniciste invité, qu’il attrape au passage le prestigieux prix André Gagnon 2016 de La Fondation de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec pour la meilleure musique instrumentale. En plus d’être récipiendaire de 14 prix au Gala du lys Blues depuis 2003, Guy Belanger a une longue feuille de route en collaboration musicale… Passant de Bob Walsh son partner de toujours et qui l’a ensuite mené à côtoyer les plus grands comme les Muddy Waters, Koko Taylor, Big Mama Thornton, James Cotton et Dutch Mason.

Signant les trames et musiques de films telles que Gaz Bar blues, The Timekeeper ainsi que la musique des séries télévisées Les Boys et Séquelles. Et le tout récent film Les Mauvaises Herbes, dont il reçoit plusieurs honneurs. Il a aussi plusieurs associations avec près de 60 artistes québécois et une coopération spéciale avec le Cirque du Soleil ainsi que ses 15 participations au Festival De Jazz de Montréal et tous les festivals de Blues partout dans le monde. De son premier album éponyme Guy Bélanger, au dernier Blues turn, il remporte plusieurs prix au gala du Lys Blues, maple Blues Awards et plusieurs autres.

Ce soir frisquet de septembre, quel bel endroit bucolique à Maskinongé au Magasin Général Lebrun, pour nous recevoir au grenier pour un concert intime et feutré. Accompagné d’André Lachance à la guitare qui est muni d’une voix exceptionnelle, Richard Deschênes qui garde le rythme à la basse et Michel Roy qui bat ses tambours. Tous s’en donnent à cœur joie, le plaisir , la folie et de la belle symbiose musicale. Guy est armé de sa ceinture d’harmonicas qui n’attendent que leur sortie pour nous enivrer. Avec son regard charismatique, son petit air timide et souriant, il communie avec son instrument et nous nous laissons bercer par son univers. Entre chaque chanson, il reprend son souffle et prend le temps de nous conter de petites anecdotes comiques …oui parce qu’il est humoriste en plus. Que c’est mignon l’entendre se perdre et chercher l’issue… Le bouche à bouche musical est sa seule avenue et il s’en sort très bien ! Tous ses hits s’enchaînent et cet être passionné et charmant nous fait vivre un moment exlaltant et c’est un bonheur incommensurable d’être là. Sa musique nous parle, nous chante et nous berce, elle vit en nous, c’est indescriptible l’effet viscéral qu’elle nous apporte…. Et que dire de sa finale avec sa plus belle balade remplie d’espoir et d’humaniste  »Retour à Berlin ». Nous avons tous les larmes aux coins des yeux, tellement c’était touchant et sensitif…. Que c’est wow…Il nous transporte hors du temps dans l’espace d’un moment.

Allez naviguer sur son site internet http://www.guybelangermusic.com/album et lire toutes les collaborations, les prix et honneurs remportés, et ses créations, et vous allez découvrir un musicien hors pair et fabuleux. Inspirez un bon coup et fermez-vous les yeux quelques instants à l’écoute de sa musique, je vous suggère celle-ci si c’est votre 1ere écoute https://www.youtube.com/watch?v=aGsk-65Tz60

Je suis convaincue que vous l’aviez déjà entendu et vous ne vous étiez pas arrêté. Mais aujourd’hui c’est différent… car ce soir, dès les premières notes il est venu toucher votre âme et vous a fait frissonner alors vous avez canalisé l’essence même de sa musique….. Pleine de belle douceur et de sensibilité. Voilà ce qu’est une frétillante et sublime soirée signé Guy Bélanger !