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Festival d'été de Québec Festivals

[FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUEBEC] Aperçu, jour 5

Mes petits velimeux, vous êtes en train de manquer la prestation de Kensico! On se croirait en plein désert de Californie avec ce soleil de plomb et ces chansons faites pour rouler vite vite sur l’I-5!

Voici un aperçu de cette cinquième journée, qui en a vraiment pour tous les goûts :

17 h 45 et 18 h : Pierre-Luc Lessard, Boogat ou Bertrand Belin?

 

Pierre-Luc Lessard
 Choix déchirant dès le départ avec la fusion du très latin (originaire de Québec) Boogat, le folk du créatif Bertrand Belin et la pop bien construite du petit gars de la place, Pierre-Luc Lessard. Notre choix s’est arrêté sur Pierre-Luc parce qu’on écoute encore son disque comme s’il était sorti hier. Scène NRJ, 17 h 45. Mais on ne vous jugera pas du tout si vous préférez aller à place d’Youville ou au Petit Impérial.

19 h : Operators

On a vu Dan Boeckner avec Wolf Parade, Handsome Furs et Divine Fits. Le voilà maintenant en tête de son propre projet. Rythmes rock sur un lit de synthés au menu. Ca devrait être une excellente ouverture pour cette belle soirée au Parc de la Francophonie.

19 h 45 et 20 h : The OBGMs ou Owen Pallett

Tout dépend de l’endroit où vous désirez poursuivre votre soirée. Êtes-vous plus de type rock déjanté qui garantit un party incroyable? The OBGMs sera alors votre choix à l’Impérial Bell. Si vous êtes plutôt de type pop indé avec un récipiendaire du Polaris qui a collaboré avec Arcade Fire, Owen Pallett est votre homme, pris en sandwich entre Operators et Future Islands.

21 h 30 et 21 h 50 : Charles Bradley, Future Islands et Anti-Flag

Quel choix cruel que devoir trancher entre l’aigle de la soul et le baryton de la pop! Et on ne vous parle même pas des punks d’Anti-Flag, qui trouveront certainement de nombreux fans devant eux à l’Impérial! À place d’Youville, Charles Bradley devrait en émouvoir plus d’un avec sa soul pleine d’amour. De leur côté, Sam Herring et ses complices mettront le Pigeonnier en transe avec leur synthpop doublée d’une voix unique. Des tripes, il va y en avoir beaucoup sur les planches, ce soir.

23 h 30 : Hamish Anderson

S’il nous reste de l’énergie, on va aller écouter le blues de l’Australien Hamish Anderson au Petit Impérial. On nous promet un folk blues solide qui devrait plaire au plus fin des gourmets.

Il y a plein d’autres trucs à voir ce soir. Pour plus d’infos, www.infofestival.com

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Albums

[ALBUM] Boogat – « Neo-Reconquista »

Boogat - « Neo-Reconquista» (Bonsound)
Boogat – « Neo-Reconquista»
(Maisonette)

L’été est à nos portes, et Boogat nous le rappelle avec son nouvel opus Neo-Reconquista. Entièrement en espagnol, ce nouvel album du MC sera vous ouvrir sur le monde d’une façon que peu d’artistes savent le faire. C’est la deuxième fois que le chanteur lance un album entièrement en espagnol. Neo-Reconquista fait suite à El Dorado Sunset, paru en 2013.  Avant de me lancer dans la critique, je me dois d’être honnête : je ne parle pas espagnol. Je ne peux donc pas critiquer d’une façon objective les textes du chanteur. Par contre, dans une entrevue avec nos collègues du Voir, Boogat indique aborder plusieurs enjeux sociaux criants d’actualité, comme l’indépendance du Québec et la corruption des leaders politiques. Je vous invite donc fortement à lire cette entrevue pour mieux comprendre les textes de l’album. Elle est disponible en ligne ici.

Malgré ce détail, j’ai écouté attentivement cet album et j’en suis devenu accro. Les rythmes derrière les paroles du chanteur sont d’une beauté indescriptible. Les percussions et les instruments à vent sont tous bien mis en commun pour créer un amalgame incroyable. Nous avons ici de la musique qui fait voyager l’esprit et l’imaginaire. La voix du chanteur est sensuelle et elle a un rythme incroyable. Nous sommes très près du rap dans le style de voix qu’adopte Boogat dans cet opus. C’est très très bon, car il sait contrôler son débit face à divers rythmes différents.

La force de cet album réside aussi dans les collaborateurs du chanteur. Parlons d’abord des musiciens. Pour moi, qui ne connais rien de l’espagnol, j’entends donc de prime abord les rythmes derrière les paroles. J’ai découvert de nouveaux sons qui font du bien au paysage musical québécois. Il y a une multitude d’instruments différents qui s’enchainent sans cesse. Je lève mon chapeau à l’équipe de musiciens qui a accompagné Boogat lors de l’enregistrement de l’album. Boogat s’accompagne de son fidèle compagnon encore une fois sur Neo-Reconquista, je parle ici de Poirier. Figure importante de la musique électronique du Québec, Poirier a réalisé l’album en collaboration avec le chanteur lui-même. L’équilibre est magnifique, car il n’y a pas surproduction. Nous sentons énormément l’influence latine sur l’album, mais aussi le son électro de Poirier sur certaines pièces.

Finalement, en termes de collaborateur, je ne peux passer sous silence les artistes invités. Il y a trois pièces incluant des artistes invités sur l’album. Il n’y avait aucune chance que les deux visages québécois de la musique du monde ne se rencontrent pas sur une pièce. Je parle, vous l’aurez deviné, de Pierre Kwenders. Le chanteur se retrouve sur la chanson Londres. C’est une pièce moins forte en instruments afin de laisser place aux talents incontestables des deux chanteurs. La troupe Heavy Soundz est aussi du voyage sur l’excellente pièce Los Presidente.  Finalement, Boogat nous a fait connaitre une voix féminine sur Una Cita. La Yegros , une artiste venue directement d’Argentine, vient apporter une touche féminine à cet album. C’est du bonbon!

En conclusion, Neo-reconquista est un album si puissant en rythmes et instruments puissants. La voix de Boogat est si accrocheuse. Les amateurs de musique du monde seront comblés, mais tous les mélomanes pourront y trouver leurs comptes. En effet, cet album est si bien fait qu’il saura accrocher n’importe lequel des mélomanes ouverts à écouter de la musique d’une langue étrangère.

Il est essentiel de voir comment Boogat va transporter cet album sur scène. Vous êtes de Montréal? Le spectacle sera présenté au Théâtre Fairmount le 5 mai prochain. Pour les gens de Québec, l’artiste sera du Festival d’Été de Québec le 13 juillet prochain en ouverture du très talentueux Charles Bradley! Un duo à ne pas manquer.

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Festivals Festivoix de Trois-Rivières

Programmation pour tous les goûts au Festivoix de Trois-Rivières!

fest2015---affiche-(tabloid)Le Festivoix de Trois-Rivières vient d’annoncer sa programmation complète et franchement, il y en a pour tous les goûts! Des Cowboys fringants à Patrick Watson en passant par un spectacle-hommage à Michael Jackson, les jeunes comme les moins jeunes en auront plein à se mettre sous la dent.

On va juste mettre les noms qui nous intéressent le plus ici (j’insiste sur « le plus », parce qu’on pourrait passer beaucoup de temps sur la prog), mais on vous invite à aller voir la programmation complète au festivoix.com. Alors, voici ce qui nous donne envie de plonger dans l’été avec nos amis trifluviens :

26 juin

Dead Obies
Dead Obies

Le choix logique, c’est le spectacle des Frères Lemay suivi de nos amis Les cowboys fringants sur la grande scène Loto-Québec. Ça fait longtemps qu’on a pas vu la gang de joyeux drilles sur scène, des retrouvailles sont de mise. On va sûrement vous reparler des Cowboys fringants dans un petit dossier que je prépare pour le Festivoix.

En fin de soirée, nous serons certainement très déchirés : David Marin, qu’on voulait revoir, Mononc Serge, qu’on aime toujours revoir ou Dead Obies et son beat incroyable? Ça va être difficile.

27 juin

Deux jeunes sensations à ne pas manquer sur la même scène : Elliott Maginot et Bobby Bazini. Deux jeunes hommes qu’on va voir très longtemps dans notre paysage.

En fin de soirée, vous vous en voudrez si vous manquez Milk and Bone. Leur électropop minimaliste est tout simplement charmant. Aussi bien en profiter avant qu’elles n’explosent et qu’elles fassent le circuit des énormes festivals.

30 juin

Nous ne sommes pas friands des groupes-hommage à ecoutedonc.ca, mais on vous avoue que la possibilité de revoir Vilain Pingouin après toutes ces années, ça nous chatouille un peu, surtout que le lendemain, c’est férié! Est-ce qu’on vous a déjà dit que Jacques avait vu la première médiatique du premier spectacle de la bande à Rudy Caya au VIEUX Club Soda? Yep, il est vieux de même!

1er juillet

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Les Hay Babies

Ici, il faut remercier les organisateurs du Festivoix pour le choix le plus déchirant de leur programmation : Allons-nous voir Les Hay Babies et Vincent Vallières ou préférerons-nous assister au spectacle des Barr Brothers (qui ont lancé un nouveau maxi!!!) dans un cadre intimiste? Si vous choisissez la deuxième option, tout n’est pas perdu, Vivianne, Katrine et Julie donnent un autre spectacle en fin de soirée!

2 juillet

Fanny Bloom
Fanny Bloom

Double plateau de feu avec Fanny Bloom et Pierre Lapointe. Ça va chanter, danser, taper des mains, faire la fête, alouette! Cependant, on aurait aussi aimé aller voir Adam Cohen, qui se dégage de plus en plus de l’ombre de son père malgré des traits plus que ressemblants. Faut croire qu’il y a une part d’hérédité dans le talent. On va tous finir la soirée en douceur avec les chansons imagées de Philippe B.

3 juillet

Damn The Luck
Damn The Luck

Bernard Adamus et Zachary Richard? Sérieux? Mais quelle belle idée! Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? Bon, ça brasse toujours un peu pendant un show d’Adamus, mais les deux auteurs-compositeurs-interprètes sont loin d’être incompatibles! Joli coup.

On aurait aussi aimé jeter un coup d’oeil à Patrice Michaud.

Enfin, cette soirée risque de se terminer de façon très festive! D’un côté, Dany Placard en duo, de l’autre, les énergiques Damn The Luck qu’on a déjà vu cet hiver!

4 juillet

On vous avoue qu’on monterait surtout pour la fin de la soirée avec des shows de feu des Frères Goyette, de Ponctuation (les frères Chiasson) et de Pierre Kwenders. Va falloir faire des choix difficiles!

5 juillet

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Patrick Watson

En fin d’après-midi, on va sûrement aller dire un petit bonjour à Boogat et ses rythmes chauds avant de se garrocher sur la scène principale où on pourra voir Emily & OgdenThe Franklin Electric et Patrick Watson. Sérieux, on se demande comment on peut mieux clore un long festival comme le Festivoix. On a vu Watson en rodage il y a quelques semaines et on est encore sous le choc. C’est à encercler plusieurs fois sur votre calendrier.

Maintenant, parlons argent : le passeport régulier, qui donne accès à pas mal tout ce que j’ai nommé, n’est que 39 $ en prévente. Oui, c’est ce que j’ai dit, 39 $. Des billets journaliers sont aussi disponibles pour ceux qui ne voudraient faire qu’un aller-retour. Bien sûr, nous irons faire plus d’un tour.

Pour plus d’info, visitez le site Web du Festivoix.

Note : Nous vous présenterons dans les prochaines semaines une série de textes sur certains artistes présents au Festivoix, plus particulièrement sur notre rapport avec eux. Premier texte : les Cowboys fringants. Ça devrait être intéressant. À suivre!

(Photos : ecoutedonc.ca/archives)

 

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Festival d'été de Québec

Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 8 juillet

Pis? Tout va bien jusqu’à présent? Désolé pour le retard, une vilaine toux m’a empêché de dormir toute la nuit et j’ai fait de la radio à l’heure des poules pour faire mon bilan de mi-festival.

Vous pouvez écouter ce bilan ici.

Allons, ne perdons pas de temps.

SerynSeryn, midi, scène Hydro-Québec

Gros coup de coeur pour ce groupe folk texan qu’on nous avait comparé aux Lumineers et à Mumford & Sons. Peut-être que sur leur album (et les simples parus depuis), c’est une comparaison qui se tient. Pourtant, en écoutant les chansons jouées pendant leur prestation hier midi, j’avais plus l’impression de me trouver dans l’entourage de Zach Williams et de son Lone Bellow, ne serait-ce que pour l’intensité avec laquelle ils interprètent leurs chansons. Et vous savez, le meilleur truc pour me faire fondre de bonheur, c’est de me faire écouter de belles harmonies vocales. Sur ce plan, Seryn nous gâte.

La petite foule présente pour écouter le groupe a grossi considérablement pendant la prestation du groupe et certains ont dû retourner au bureau en retard après un lunch qui les a fait rêver… Groupe parfait pour attirer l’attention des touristes vers le festival. Et j’espère de tout coeur que nous aurons la chance de les revoir à Québec bientôt.

En passant, quelle reprise de We Belong, de Pat Benatar.

 

Patrice MichaudConférence de presse, Prix de la chanson SOCAN 2014

Après cette prestation éclairante de Seryn, je suis monté à la boîte Bell pour la remise du Prix de la chanson SOCAN 2014 à Patrice Michaud pour sa pièce Mécaniques générales. Le public, qui était invité à voter, a préféré la chanson du Gaspésien à Andromède (Louis-Philippe Gingras), La fièvre des fleurs (Klô Pelgag), Nos corps (Jimmy Hunt) et Soleil blanc (Philémon Cimon).

Félicitons Patrice Michaud pour cette belle reconnaissance.

 

MarièmeMarième, 18 h, Scène Hydro-Québec

Il y a deux ans, alors que la pluie menaçait et que Marième était enceinte, le soleil est apparu juste au moment où elle s’est mise à interpréter Le soleil emmène au soleil. En partant de chez moi vers 17 h 15, alors que la pluie venait de tomber et que le ciel était encore gris, je me demandais si la jeune Limouloise serait en mesure de répéter l’exploit : fastoche. Après seulement quelques notes, v’là Galarneau qui se pointe et qui demeure avec nous pour la durée de la prestation.

MarièmeMarième était venue nous présenter son Petit tonnerre, un album pop aux accents reggae, rempli d’amour, de bonheur et de bonne humeur, qui a été fort apprécié par un public qui est arrivé lentement, mais sûrement à Place d’Youville. De la belle musique faite pour danser, avoir chaud et suer tout en ayant du plaisir, interprétée par une artiste de talent accompagné de ses complices de longue date.

Belle entrée en matière.

 

Alex NevskyAlex Nevsky, 19 h 30, Scène Hydro-Québec

C’est que monsieur Nevsky était attendu! Dix minutes avant l’entrée en scène de l’auteur-compositeur-interprète derrière Himalaya mon amour, on bouclait les entrées et j’ai dû me contenter de la tente des médias à l’arrière plutôt que de me mêler à la foule! Ce n’est pas grave, parce qu’il fallait la voir, cette foule, pour comprendre tout le charisme de Nevsky, qui a mis le public dans sa petite poche à coups de blagues bien placées et d’appels déjantés à la participation (« Frenchez-vous, touchez-vous les fesses » sur Shalalala (l’amour n’est pas qu’un slogan) – ou le duel entre le guitariste et le bassiste sur l’air d’Eye of the Tiger…).

Alex NevskyEn plus de ses belles chansons tirées de ses deux excellents albums (De l’une à l’aube et Himalaya mon amour), Nevsky a interprété une pièce d’Emily Loizeau et Help Myself de Gaëtan Roussel, sans compter quelques lignes d’I Think of You, d’un certain… Gregory Charles.

Après une prestation bien garnie, Nevsky joue On leur a fait croire, remercie le public et s’en va. Il revient sous un tonnerre d’applaudissements : « C’est vraiment con, on a oublié deux tounes. » Le public les attendait, celles-là. Surtout Les coloriés. Nouveau tonnerre d’applaudissements. Ça ressemblait à un triomphe.

 

Damien RobitailleDamien Robitaille, 21 h 30, Scène Hydro-Québec

Après les fans de Nevsky, ce sont les fans de l’auteur-compositeur-interprète originaire de Lafontaine, en Ontario, qui ont rempli la Place d’Youville. Car oui, les entrées ont été bouclées de nouveau et le petit blogueur que je suis a de nouveau été confiné à la zone des médias, dans le fond, à l’arrière (vous pouvez arrêter de dire qu’ils sont privilégiés, c’est pas vrai).

Dès les premières notes de Serpents et échelles, le public survolté a tapé des mains, dansé et chanté comme si la fin du monde arrivait demain. C’est que notre crooner sympathique est encore plus efficace sur scène que sur disque. Ses chansons aux mots simples et aux rythmes chaleureux ont résonné chez les jeunes et les moins jeunes (il y avait au moins quatre générations de festivaliers à Place d’Youville pour Robitaille, c’est pas rien!).

Damien RobitailleRobitaille n’était pas seul. Non! Pour son Mambo métissé, il s’est payé des invités : la chanteuse Marie-Christine, avec qui il a réalisé son fantasme en interprétant Les chinois, de Mitsou, le rappeur/chanteur Boogat, qui n’a pas manqué de nous rappeler que malgré ses accents latins, il était originaire de Beauport, et Sunny Duval, qui nous a mené d’Amour d’amour à la Nouvelle-Orléans.

Les classiques d’Homme autonome (Le mot de passe, Homme autonome) ont permis à la chorale d’Youville de s’époumonner, mais ce n’était rien en comparaison du rappel, quand Robitaille a lancé Plein d’amour, qui est presque devenu un hymne du Festival d’été il y a quelques années.

À la fin du spectacle, au retour, les petites dames derrière moi, qui le voyaient pour la quatrième fois, m’ont dit que c’était sa meilleure prestation. Je vous crois, mesdames, je vous crois. C’était encore une fois une belle célébration de notre langue.

 

D’ailleurs, va falloir qu’on s’en parle, de notre langue. Et de Louis-Jean. Et du Three Days Gate. Un moment donné.