[FESTIVOIX] Compte rendu, 2 juillet 2017

Avant de faire une petite pause de deux jours, voici le résumé de notre soirée du 2 juillet.

MISSES SATCHMO – SCÈNE LES VOIX JAZZ – 17 H 45 

Misses Satchmo – Photo : Adrien Le Toux

Enfin, quelque chose d’inattendu et de magnifique s’est produit : le soleil s’est pointé à l’horizon! Blague à part, la bande de Misses Satchmo a également rajouté de la vitamine C dans la foule grâce à la bonne humeur et au dynamisme contagieux de ses membres, surtout celui de la chanteuse et trompettiste Lysandre Champagne, citoyenne de Saint-Élie-de-Caxton. Celle-ci n’hésite pas à faire des blagues ou à être gentiment insolente. Par exemple, elle explique que le leitmotiv de l’été, c’est d’être heureux « à chaque fois qu’il fait soleil » ou encore que le groupe entrait « dans un moment introspectif » pour les chansons Why Don’t You Do It Right (chantée originairement par Peggy Lee) ou Keepin’ out of Mischief Now (de Fats Waller et Andy Razaf), des pièces plus lentes. Si, sur disque, madame Champagne a une voix dans l’ensemble suave, sur scène, c’est toute une palette de tons et d’émotions qu’elle déploie. Par exemple, la surprenante reprise de Womanizer (chantée originairement par Britney Spears), inspirée de celle du Scott Bradlee’s Postmoderm Jukebox, lui permet de passer d’un ton convaincu à badin entre le refrain et le couplet.

Le quintet musical, que l’on soit amateur des classiques jazz américains ou non, a suffisamment de talent et de chimie pour susciter d’agréables moments. Ce talent se confirme tout au long du spectacle. L’exemple de Swing That Music, de Louis Armstrong, a suscité la joie chez la foule par la capacité des musiciens de jouer très rapidement. Une mention tout spéciale doit être faite envers les membres de la troupe de l’école de danse Très Swing qui sont venus, de manière spontanée, danser pendant le spectacle. « Ça upgrade » (dixit le batteur Marton Maderspach) un spectacle qui était déjà haut en couleur et rempli de pep. La venue de Misses Satchmo à Trois-Rivières conclut donc très bien la première semaine de la section des Voix Jazz du Festivoix. – David Ferron

CATHERINE LEDUC – SCÈNE LES VOIX LIBRES – 18 H

Catherine Leduc
photo : Jean-François Desputeaux

En 2014, Catherine Leduc, de Tricot Machine, se lançait dans un projet solo avec son premier album Rookie, qui a été sélectionnée au gala GAMIQ (Gala Alternatif de Musique Indépendante du Québec). Aujourd’hui, elle nous a présenté son deuxième opus, Un bras de distance avec le soleil , sur la scène des Voix libres du Festivoix. C’est avec sa chanson titre qu’elle a commencé le spectacle pour nous introduire à son nouveau projet. Elle a fait appel aussi à Rookie avec la pièce Polatouche en milieu de spectacle qui, selon moi, était la pièce se rapprochant le plus du style de Tricot Machine avec le xylophone et le mélodica. Par contre, il faut savoir que l’arrangement musical est totalement différent de ce qu’elle nous présentait avec son amoureux Mathieu Beaumont, qui l’accompagne encore au clavier. Il ne faut donc pas s’attendre à la frivolité de Tricot Machine, loin de là.

Originaire de la région, l’artiste trifluvienne était entourée de ses proches, qui étaient présents pour l’encourager. J’ai senti tout au long du spectacle qu’elle nous livrait et nous présentait ce qu’elle était capable de faire à elle seule et qu’elle ressentait le besoin de se dévoiler. La pièce Le temps séparé m’a particulièrement charmée en raison de sa puissance qui la faisait sortir du lot. Sans pour autant détonner du reste de ses chansons, cette pièce s’écartait de la douceur et du côté sombre caché de Catherine. « C’est pas mal le plus qu’on peut rocker », nous a-t-elle déclaré suite à son interprétation. C’est avec sa chanson Tes sommets sont mes montagnes, qu’elle juge longue et exploratoire, qu’elle nous a salués poliment et jovialement. – Marianne Chartier-Boulanger

LES DALES HAWERCHUK – SCÈNE VOIX POPULAIRE – 20 H 30

Les Dales Hawerchuk
Photo : Yoan Beaudet

Ça faisait un bon moment que nous n’avions pas entendu parler des Dales Hawerchuk, alors qu’ils ont sorti un nouvel album en novembre 2016, Désavantage numérique. Il faut dire que les deux premiers albums, Les Dales Hawerchuk et Les Dales Hawerchuk2 sortis respectivement en 2005 et en 2008, ont vraiment frappé fort. Ils n’ont par contre pas perdu une miette de leur énergie et de leur rock bien ficelé du Lac-St-Jean. Je trouve même que c’est plus rough comme son sur le dernier. Olivier Langevin, musicien aux nombreux talents, membre de Galaxie et guitariste de Fred Fortin, collabore également au nouvel album du groupe. Les Dales Hawerchuk sont de tous les festivals cet été, dont le Festival d’été de Québec le 10 juillet prochain et le Festif! de Baie-St-Paul le 21 juillet, où nous serons présents également.

Hier, en première partie de Billy Talent, ils ont mis la table comme de vrais pros. Ce n’est pas rien de se retrouver devant une foule de 15 000 personnes. Nous avons eu droit autant à des chansons de Désavantage numérique qu’à des succès souvenirs comme la classique Les Dales Hawerchuk et celle qui me reste toujours en tête, À soir on sort! La foule avait également beaucoup de plaisir à revoir le groupe, qui lui avait visiblement manqué. Les frères Séguin et leurs comparses Charles Perron et Pierre Fortin ont donc relevé le mandat avec brio et nous ont donné le goût de les revoir durant l’été. – Caroline Filion

BILLY TALENT – SCÈNE VOIX POPULAIRES – 21 H 30

Billy Talent
photo : Jean-François Desputeaux

Le Festivoix avait misé gros sur le groupe canadien Billy Talent pour l’édition 2017, faisant d’eux la tête d’affiche. Ils sont arrivés avec leur décor assez impressionnant et prêts à donner un spectacle électrique et énergique. Le site du festival débordait de fervents amateurs de musique punk-rock, ce qu’on ne voit pas nécessairement très souvent au Festivoix. Ils ont donné un spectacle à la hauteur de leur réputation, et le chanteur, Benjamin Kowalewicz, en a profité pour honorer le public des quelques mots qu’il connaissait en français. Bien qu’ils aient sorti un album en 2016, ils ont plutôt fait une visite de leurs meilleurs succès des cinq albums qu’ils ont à leur actif. – Caroline Filion

[FESTIVALS] Du folk à St-Jérôme pendant tout le mois d’août!

TourneeOn a appris cette semaine la mise sur pied d’un nouveau festival de musique, le St-Jérôme Folk, qui se déroulera à l’amphithéâtre Rolland de la ville des Laurentides du 7 au 29 août. La formule est plutôt novatrice : plutôt que de nous gaver pendant deux ou trois jours, le festival propose deux prestations par soir les soirs de fin de semaine d’août.

Le St-Jérôme Folk propose des artistes qui sont dans la mouvance folk, soit des auteurs-compositeurs-interprètes de grand talent qui ont plein de choses à dire. L’affiche montre par ailleurs que les organisateurs sont allés chercher les meilleurs exemples québécois du genre (et de genres connexes comme le country et le bluegrass) : Tire le coyote, Salomé Leclerc, Richard Desjardins, Canailles, Fire/Works, Éric Goulet, Saratoga, The Franklin Electric et Antoine Corriveau, sans oublier Gabrielle Papillon, Coco Méliès, Safia Nolin, Sweet Grass, Will Driving West, Laurence Hélie et Cindy Bédard.

Y’a des soirées de rêve là-dedans, comme le combo Safia Nolin/Richard Desjardins (oh que ça va être riche en émotions) et on doit avouer que la soirée Canailles/Sweet Grass devrait en brasser plus d’un.

Pour en savoir plus sur le festival (dont le prix des billets), consultez le site Web de St-Jérôme Folk.

affiche sjf

Critique : Cindy Bédard – « Fille du vent »

La plupart des lecteurs urbains de ce blogue ne le savent peut-être pas, mais s’il y a un genre qui vend des disques, c’est bien le country. Bon, peut-être pas à Québec et à Montréal, mais en région, ça a toujours été populaire. Jamais à la mode, jamais démodé. Plus près de nous (les zurbains), le grand public a longtemps pu goûter aux pièces d’Isabelle Boulay et Laurence Jalbert, qui chantent des pièces qui se rapprochent beaucoup du genre. Même dans les coins cool et branchés de nos villes, le country commence à avoir ses fans, grâce à des artistes qui n’ont pas eu peur de se mouiller comme Mara Tremblay (et ce qu’elle a longtemps appelé son country-trash, heureux mélange de sensibilité et des guitares sales d’Olivier Langevin), ou à des artistes plus folk qui nous rapprochent de cette musique qui a toujours été plus près de nous qu’on le croit (le folk trash de Lisa LeBlanc, le folk folk des Soeurs Boulay, le bluegrass de Canailles, le folk expérimental d’Avec pas d’casque). On a même vu des artistes dits émergents ne plus avoir peur de dire qu’ils jouent du country même s’ils y ajoutent un trait d’union (le country-folk de Chantal Archambault, de Dany Placard ou de Tire le Coyote en sont des exemples).

Cindy BédardArrive Cindy Bédard, une auteure-compositrice-interprète de Saint-Tite qui vient tout juste d’être signée par nul autre qu’Audiogram et qui lancera, le 13 mai prochain, son premier album, le bien nommé Fille du vent.

Bédard fait du country. Point barre. Du country assumé et assuré. Des chansons tristes, des peines d’amour, des longs voyages, tous les thèmes traditionnels y sont. Des chansons qui débordent de sincérité sans tomber dans la mièvrerie d’une Taylor Swift. N’empêche, on a l’impression que les gars de Saint-Tite ne sont pas très très gentils et que les roadtrips vers la ville ont été nombreux.

Musicalement parlant, rien à redire, Bédard sait composer de belles mélodies, simples et efficaces et elle n’a rien à envier à de nombreux autres compositeurs plus expérimentés. Parlant d’artistes expérimentés, il faut entendre Paul Daraîche l’accompagner sur J’fais ma luck. Beau. Tout simplement beau.

Quand on connaît les conditions d’enregistrement des albums country au Québec (parlez-en à MC Gilles), on pourrait croire qu’on mis le paquet pour la belle blonde, qui a confié la réalisation de l’album à Éloi Painchaud. Ce dernier a fait un boulot absolument impeccable sans nécessairement tomber dans le piège de la surproduction. Oui, la réalisation est propre, mais elle laisse toute la place au talent de l’artiste et de ses musiciens.

Disons-le franchement, Cindy Bédard frappe un grand coup direct au cœur avec Fille du vent, qui devrait connaître un très grand succès populaire en campagne comme en ville. Superbe entrée en matière, tant pour elle que pour vous.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=f-efyrgnUqk&w=480]

Cindy Bédard – « Fille du vent » (Audiogram)
8/10