[ALBUM] Yes McCan – « P.S. : Merci pour le love »

Avoir des side projects est un couteau à deux tranchants, dans le cas d’un collectif : ça peut souder les liens ou éloigner les membres l’un de l’autre. Dans le cas présent (Dead Obies), je crois cette étape nécessaire dans leur processus créatif. Six têtes ne peuvent pas toujours être en harmonie et quelques fois, elles doivent prendre un autre chemin afin de mieux revenir. Snail Kid l’a fait avec son projet familial Brown. Joe Rocca nous a offert un single, Commando et nous a promis et un album et Yes McCan nous offre à son tour un projet solo : le EP PS : Merci pour le love.

Produit en entier par VNCE Carter, c’est lui qui ouvre le bal dans une introduction ambiante, mélodique et planante comme lui seul sait le faire (ie: Beubé Boom). Il nous prend de de cours, avec l’excellente 514-Diamond-Taxi (avec la surprenante Odile Myrtil) avec une production house, avec des accents techno subtils qui donnent une vibe années 1990 (j’avais des scènes de Trainspotting qui me venait en tête, pendant cette chanson). Ensuite, pendant les cinq prochaines pièces, c’est le Yes McCan show et ça commence en force avec F.P.T.N., qui est génial. Ces titres devraient être le canevas pour tous les rappeurs québécois afin de savoir comment construire une chanson rap moderne, sans complexe et même supérieure à ce que font nos voisins du sud. Avec des bars qui s’apprennent pratiquement par coeur et clever (« J’ferai ma crème ailleurs, ‘ra pas d’pendaison », t’as pognes-tu?), un flow efficace, un peu mélancolique et le hook de l’année, gracieuseté de CDX, puisque le tout vient de sa propre chanson Fais pas ton niaiseux.  Une classe de maître.

Après une Double Cup plus agressive, Yes McCan nous prouve, comme indiqué plus haut, que l’on peut faire compétition avec les poids lourds américains, il suffit de le vouloir. McCan est plus arrogant & plus incisif, en attaquant à quelques reprises ses collègues du rap québécois (sans nommer personne directement et simplement pour cultiver l’esprit de compétition). Il explore aussi différent flows (j’ai même crue entendre Rowjay un peu, sur Allan Théo), quelque fois dans la même chanson, afin de tester ses capacités techniques. Fait intéressant à noter : une attention particulière a été donnée aux divers refrains qui sont extrêmement catchy, épurés et que je me surprend souvent à répéter fort, en marchant dans les rues (on me dévisage, mais t’sais). Bref, on ne réinvente pas la roue avec cette dernière partie du EP mais le tout reste fort efficace.

Le premier EP de leftovers (c’est lui qui le dit, pas moi) de McCan est une sorte de condensé du zeitgeist actuel, un message à tous les rappers québécois afin qu’ils comprennent que si vous voulez pas faire d’efforts, Yes McCan va le faire. Et il le fait avec une dangereuse efficacité.

[FESTIVAL] La Grosse Lanterne annonce sa programmation!

Il y a un festival qui se déroule à Béthanie, municipalité de la Montérégie qui compte moins de 500 habitants. Un cadre idéal pour un microfestival qui prône des valeurs de respect de l’environnement et de la nature et qui se déroule en forêt sur un site unique. L’an dernier, les têtes d’affiche du festival étaient Lisa Leblanc, Dead Obies, Groenland et Klô Pelgag, en plus de Brown, Saratoga, Safia Nolin et Chocolat, pour ne nommer que ceux-là. Le festival se déroule maintenant les 28, 29 et 30 juillet, alors qu’ultérieurement, c’était plutôt en début du mois d’août.

Je parle ici de La Grosse Lanterne qui, cette année, en est à sa quatrième édition, laquelle est, ma foi, très alléchante. On y retrouvera notamment Charlotte Cardin, Tire le Coyote (qui présentera plein de nouvelles chansons!), The Franklin Electric, Beyries, Emile Bilodeau, Dead Obies, Andy Shauf, Gabrielle Shonk, Busty and the Bass, Les Deuxluxes, et je ne nomme ici que la moitié des noms qui se retrouveront dans la clairière de Béthanie.

L’an dernier fut une édition haute en couleurs car la météo n’a pas été ultra clémente, mais espérons que cette année, le soleil sera en Montérégie les 28, 29 et 30 juillet.

Pour plus de détails : http://lagrosselanterne.com/

Crédit photo : Jacques Boivin, édition 2016. 

[SPECTACLE] Lary Kidd (+ DJ OliHood), La Petite Boîte Noire, 29 avril 2017

C’était un Lary Kidd énergique qui nous demandait de « faire du fucking noise » vendredi dernier à la Petite Boîte Noire de Sherbrooke… et sa requête ne se fît pas ignorer. Membre fondateur du groupe Loud Lary Adjust, notre patnais Lary Kidd se produisait ce soir-là en formule solo (accompagné seulement d’un DJ) dans le but de promouvoir son premier album, Contrôle, qui paraîtra prochainement. Il y a environ huit mois, Loud Lary Adjust annonçaient qu’ils se retiraient de la scène pour une durée indéterminée afin de pouvoir se concentrer sur leurs projets respectifs. Les gars n’ont pas chômé : Lary n’a même pas encore sorti d’album qu’il se produit déjà dans les salles du Québec, et Loud vient tout juste de sortir son premier EP, New Phone.

Hypothèse : il y a une certaine compétition entre les membres de LLA, et c’est le premier qui se taillera une place dans le monde du rap queb qui en sortira vainqueur. Totalement plausible.

La soirée commença avec DJ OliHood (10/10 pour le nom, en passant), qui réchauffa la salle de son DJ mix aux influences hip hop et trap. Puis, ce fut au tour de Lary, qui arriva sur scène avec son coat de cuir. On ne l’a pas vu longtemps celui-là : plus le spectacle avançait, moins il y avait de vêtements! Voir Lary Kidd finir un show en bédaine : check.

Si je me fie à son calendrier de tournée, cet arrêt à Sherbrooke paraissait être le premier vrai spectacle solo du rappeur (son unique autre spectacle solo était un DJ set). Lary Kidd en profita pour nous proposer quelques nouvelles chansons tirées de son prochain album ainsi que des chansons de LLA que les fans ont reconnu tout de suite. Parmi les nouvelles chansons, notons la très solide Les palmiers brûlent dans la nuit, qui fut interprétée sans Yes McCan des Dead Obies, à la déception de tous. Pas grave : McCan avait probablement quelque chose à faire, et puis c’était vraiment le show de Lary et personne d’autre (même son DJ, DJ Manifest, se tenait assez tranquille dans son coin).

Toujours le plus tendance, Lary n’a pas hésité à faire une reprise franglaise du plus gros hit trap de l’heure, Bad And Bougee de Migos. C’était aussi étrange que c’était logique : l’Atlanta sound qu’ont popularisé Migos se retrouve partout dans le rap québécois moderne. L’influence se faisait évidente dans les beats de Lary, toujours lents, nocturnes, éthérés et résolument trap.

Mais ce qui a failli voler le show, c’était les projections lumineuses générées en live (au grand dam du photographe qui tentait tant bien que mal de capturer les effets hallucinants desdites projections). Ce côté visuel un peu psychédélique a parfaitement agrémenté la musique de Lary, déjà assez intoxicante en soi. Il n’y a pas à dire, le rappeur était accompagné d’un éclairagiste talentueux.

Le rappeur a terminé sa prestation avec deux de ses meilleures chansons, soit celle que tout le monde attendait, XOXO, de LLA, puis la chanson-titre de son album, Contrôle. De quoi finir la soirée en force.

[SPECTACLE] Brown et Dead Obies au Zaricot pour le Festival Agrirock de Saint-Hyacinthe, 23 septembre 2016

Vendredi le 23 septembre dernier, on a pris la route pour se rendre au magnifique centre-ville de Saint-Hyacinthe, plus précisément au Zaricot. Pour la deuxième soirée du Festival Agrirock, c’était Bad Nylon, Brown et Dead Obies et ce sont principalement les deux derniers qui nous intéressaient.

Brown

Brown. Festival Agrirock. Crédit: Audrey Hébert
Brown. Festival Agrirock. Crédit: Audrey Hébert

Lorsqu’une soirée annonce une programmation comme Brown et Dead Obies, il n’y a aucun doute possible, ça va brasser. Ce groupe que l’on a pu voir quelques fois durant la dernière année se produisait dans le Zaricot pour le festival Agrirock. Snail Kid était encore une fois en chaise roulante, mais ça ne lui empêchait en rien de se démener sur scène comme les deux autres membres du groupe, soit son frère Jam et son père Robin Kerr.

J’aime particulièrement la touche reggae qui s’harmonise avec le rap qui fait beaucoup old school. C’est aussi étonnant de voir la sérénité du père sur scène. Il ne bouge pas beaucoup, mais il est d’une solidité et d’une écoute incroyable. Le groupe est une excellente prémisse à Dead Obies comme ça réchauffe très bien une foule de jeunes qui veulent bouger. Pour une première visite au festival, j’ai été agréablement surprise par le lieu de spectacle qui malgré la grandeur bénéficiait d’une ambiance chaleureuse.

J’ai pu découvrir le groupe pour la première fois sur scène, même si je connaissais une de leur pièce les plus connues, Brown Baby, et j’ai été grandement charmé. Leur prestation m’a même semblé trop courte compte tenu également du long entracte qu’il y a eu entre la première partie et Brown. (Caroline Filion)

Dead Obies

Dead Obies. Festival Agrirock. Crédit: Audrey Hébert
Dead Obies. Festival Agrirock. Crédit: Audrey Hébert

23 h 30 et, enfin, les gars arrivent sur scène, l’air un peu mêlé déjà, mais surtout l’air complice et avec l’ambition de foutre le bordel dans la place. C’est Waiting qui commence le spectacle et déjà ça chante fort dans le public. A ce moment-là, c’était encore une soirée douce et innocente… jusqu’à ce que les gars nous fassent sauter et crier sur Moi pis mes homies. C’est là que j’ai pensé pour la première fois que le plancher ne survivrait pas à la soirée. L’énergie du groupe sur scène est tellement intense que Yes McCan a enlevé son t-shirt en dessous de son « coat » de jeans et Jo RCA s’est accoudé sur le mur au fond pour reprendre son souffle et faire un petit régurgite (oui oui, sur scène). Il en a ri après en disant que ça allait beaucoup mieux « après ce genre de püke, you know« . C’était peut-être les doubles Gin ou les ailes de poulet commandées pendant le spectacle qui était de trop aussi…

Les Dead Obies nous on fait chanter bonne fête à Jo RCA, mais ce n’était pas pour vrai. C’était plutôt pour nous faire comprendre que la chanson qui s’en venait c’était Pour vrai ! Se sont enchaînées rondement pratiquement toutes les pièces de Gesamtkunstwerk au son de la voix du public qui enterraient presque le groupe.

Au tour de Aweille!, la foule s’est complètement déchaînée. C’était même très agressif, au point où plusieurs personnes sont tombées avec beaucoup de difficulté à se relever. Cette pièce, c’est comme la Tony Hawk du nouvel album. Je pense que les gars de Dead Obies aiment se la jouer agressif des fois, parce qu’on a eu droit à une nouvelle pièce, entre autres, où Jo RCA est la vedette et croyez-moi, c’est encore plus intense que Tony Hawk ou Aweille!

Le rappel était vraiment un cadeau avec plusieurs pièces tirées de Montréal $Ud. Et l’inévitable arriva, la foule criait de jouer Tony Hawk. Je pensais que les gars étaient tannés de la faire, mais il semblerait que non. C’est là où j’ai fait 10 pas en arrière pour laisser le plancher de danse à la trentaine de personnes déchaînées qui participaient au violent « mosh pit ».

C’est ainsi que notre premier rendez-vous avec le Festival Agrirock s’est terminé. Ça donne le goût de revenir l’an prochain !  (Karina Tardif)

[À VOIR EN MAURICIE] Suggestions de l’équipe du 31 mars au 2 avril

Une autre grosse fin de semaine de spectacles en Mauricie:

31 mars:

  • Steve Hill au Cabaret de l’Amphithéâtre à 20h – 23$
  • Beat cops au Café Frida à 21h – 10$
  • Dead Obies à L’Embuscade à 22h – COMPLET

1er avril:

  • Les trois accords + Gab Paquet à La Taverne de St-Casimir à 21h – 30$
  • Ingrid St-Pierre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau à 20h – COMPLET
  • Grre en famille au Zénob à 21h30 – 8$
  • Misses Statchmo à la Maison de la Culture Francis- Brisson à 20h – 28$

2 avril:

  • Bolduc tout croche au Zénob à 21h30 – 7$
  • Les pics à flore à La taverne de St-Casimir à 22h – gratuit

[SPECTACLE] Dead Obies, Le Cercle, 18 mars 2016

C’était chaud au Cercle sur les coups de 22h30 quand le collectif rap Dead Obies est entré sur scène. Les six membres, soient Yes Mccan, Snail Kid, Jo RCA, O.G. Bear, 20some et le beatmaker VNCE étaient tous gonflés à bloc pour nous présenter leur dernier opus Gesamtkunstwerk. Au premier regard, on voit tout de suite la fougue des six membres. Tous les fans assemblés devant le scène se reconnaissent et se sentent représentés par les six membres de Dead Obies.

18032016-213923-03-La soirée commence avec Do 2 Get. La foule est très bruyante et énergique. Les mains dans les airs, sautillant et rappant avec les Dead Obies. Tout de suite, on voit que Yes Mccan sera le maitre de cérémonie au micro. Il s’adresse à la foule pratiquement entre chacune des chansons. Il en profite d’ailleurs, heureusement, pour calmer la foule très agitée au devant de la scène.

«  Il y a des belles filles en avant. Les gars, votre job, c’est de les protéger, pas de les pousser sur la scène. Be gentlemEn ! »

18032016-214014-07-Côté rap et performance scénique, Snail Kid à une longueur d’avance sur ses collègues. Quel rappeur ! Autant ses prouesses vocales que son attitude lors du concert, nous voyons que cet homme est fait pour être sur une scène. Le concert se poursuit avec plusieurs chansons appréciées du public, dont Jelly et Wake-Up Call. Il est difficile de ne pas apprécier le spectacle de Dead Obies. Leur présence scénique est tellement importante et imposante. Leur nouvel album est d’ailleurs largement inspiré de La Société du Spectacle de Guy Debord. Il a été conçu pour, et même sur, la scène. Toutes les pièces sont un vrai charme sur scène, et elles ont le succès escompté.

La fameuse Where They @ créer un tabac au Cercle. L’odeur printannière se fait de plus en plus sentir et la foule est en extase. Tous les spectateurs connaissent les paroles et sautent avec les rappeurs. Les talents de O.G Bear sont épatent sur cette pièce. Yes Mccan en profite pour parler à la foule et souligner l’apport de la ville de Québec pour le hip-hop québécois.

« Gros respect pour Québec ! Vous êtes une ville importante pour l’histoire du hip-hop québécois. Il y a beaucoup de pionnierS ici ! »

Après Where They @, l’énergie ne fait qu’augmenter, en même temps que la chaleur dans la pièce. Il faisait tellement chaud qu’une condensation se faisait sur les tuyaux du hait de la salle créant un petit jet d’eau continu sur la foule. Même les Dead Obies avaient droit à leur « douche ». Le tout les a fait rire un certain temps, mais semblait déranger par la suite.

18032016-212911-02-Les mosh pit et le crowd surfing se sont intensifier sur Lil’ $, Johnny et Explosif. Le collectif enchaine la très attendu Aweille! Pas besoin de vous dire que l’énergie était explosive. Les membres du groupe s’époumonent à répéter Aweille pendant 20 fois. Heureusement que la foule ne les a pas laisser tomber et à embarquer avec eux. Mccan et sa troupe nous laisse avec le dernier beat lancé par VNCE : Moi pis mes homies. Avec un petit jeu de lumière intéressant, ils entament donc cette hymne à l’amitié entre les membres de Dead Obies appelé la clique.

18032016-213954-06-En rappel, le groupe a terminé Gesamtkunstwerk avec Oh lord et Untitled. Les gens étaient sur les épaules de leurs amis et le crowd surfing était à son maximum. Un Cercle complet, dans un show de Dead Obies, ça brasse, parfois même un peu trop. Avant de nous laisser, VNCE lance un des plus grand succès de Dead Obies : Tony Hawk, de Montréal $ud. Prenant des airs de concert métal scream, la pièce est difficilement reconnaissable, mais le public s’en contre-fout. Il crie et saute avec Dead Obies pour une dernière fois.

Le concert fut une réussite de A à Z et le groupe va remettre ça à Festival d’Été de Québec le 13 juillet à 20h00 en première partie de Mac Miller. Je doute fort de revoir le collectif au Cercle prochainement. Il viseront clairement plus gros du style de l’Impérial.

18032016-203934-01-Parlons brièvement de la première partie, qui s’est déroulé en deux temps. Au début, un pitonneux de Macbook, rien d’intéressant. Après trente minutes, De La Sauce, issu de Bums & Beats, est apparu sur scène. Trois types, Vinny Pesos, Velozo et Wolfer nous ont offert quelques pièces rap à la parisienne qui ont su épater la foule. L’effet escompté était là, c’était bien, mais sans plus.

 

 

[Album] Dead Obies – «Gesamtkunstwerk »

Lors des dernières semaines, le rap québécois est apparu à plusieurs reprises dans les médias. Tout d’abord est venu le GAMIQ, (qui, d’ailleurs, était animé par Robert Nelson d’Alaclair Ensemble) où EMAN X VLOOPER, Loud Lary Ajust et Alaclair Ensemble ont remporté des prix. Ensuite, nous avons assisté à la création de Brown. Leurs propos sur le métissage et la quête d’identité en tant qu’immigrant ont piqué la curiosité de La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal et plusieurs autres.  Inévitablement, Love Suprême n’est pas passé sous silence, Koriass a lui aussi eu droit à son « quinze minutes de gloire ». Comme vous le constaterez, le rap québécois gagne à se faire entendre et tente petit à petit à se faire comprendre.

C’est maintenant au tour de Dead Obies de faire couler de l’encre. En plus de sortir un nouvel album, ils se démarquent avec la mise en place d’un second degré touchant la relation entre le public et l’artiste. Dans leur approche avec Gesamtkunstwerk, le sentiment d’appartenance est remarquable. Cette fébrilité ressentie s’explique avec la place considérable que le groupe a laissé aux fans lors de leurs trois spectacles enregistrés et consécutifs au Centre Phi, à Montréal en octobre dernier. Cet événement est le premier d’une série dans laquelle l’engouement et l’emballement de leurs admirateurs n’ont fait qu’amplifier. Le résultat est que le public a l’impression de faire parti du groupe. Cette image est perceptible dans le clip d’Aweille!, le documentaire de Gesamtkunstwerk ainsi que dans de nombreuses photos tirées des spectacles d’enregistrement.

L’album débute avec DO 2 Get, qui se trouve à introduire l’audience dans l’univers Gesamtkunstwerk, où la tournure recherchée est principalement rassembleuse. Dès les premières sonorités, on se trouve emporté par la même énergie que l’on retrouve lors d’un spectacle. Cette excitation est présente et ressentie à plusieurs reprises dans l’album. Sans toutefois y prendre trop de place, elle ajoute une tonalité festive. Par exemple, on entend des fans à la fin de Waiting, où plusieurs font part de leurs attentes face au spectacle auquel ils s’apprêtent à assister, dans Wake-Up Call, lorsque le public chante en coeur une mélodie et légèrement dans Oh Lord et Moi pis mes homies, puisque ces chansons étaient connues par plusieurs.

Montréal $ud dégageait une atmosphère très montréalaise, parsemée de passages frôlant le tempérament passif-agressif. Gesamtkunstwerk, lui, reflète plutôt la force et la beauté que peut avoir un groupe lorsqu’il fonctionne à l’unisson. Son contenu global est vaporeux. Le message est communiqué d’une façon désinvolte et sur un air spécialement harmonieux. Cette fois-ci, Dead Obies s’exprime avec plus de délicatesse.

Il y a un atout intéressant qui s’ajoute à l’«expérience Gesamtkunstwerk», mais  qui n’est malheureusement pas atteignable pour plusieurs. Les personnes qui étaient présentes le 14, 15 ou 16 octobre passés au Centre Phi à Montréal, vivent un certain throwback au moment de leur écoute : ils n’ont qu’à se fermer les yeux pour revoir Dead Obies animer cette vitalité et l’aspect live de l’album rend l’expérience encore plus excitante. En ayant assisté, et même participé à l’enregistrement, on a accès à l’intégralité de Gesamtkunstwerk. Avez-vous déjà eu la chance de connaître les paroles d’une chanson avant même qu’elle soit sur le marché? Bien entendu, ce semblant d’exclusivité s’avère être fort savoureux et plaisant.

Il faut savoir qu’il y a tout de même quelque chansons réalisées en studio, où les voix sont davantage travaillées et directes, plus particulièrement dans Where They @, Pour vrai, Explosif et Everyday. 

L’album se conclu de la même façon qu’un spectacle. Au milieu d’Untitled, on entend Yess McCan remercier le groupe et les choristes qui les ont accompagné, pour ensuite chanter sur une vibe à la hauteur de la complicité « Dead Obies ». La dernière chanson officielle de Gesamtkunstwerk est Outro. Elle dégage une atmosphère spécifique à celle que l’on vit lors d’une fin de show. En d’autre mot, elle traduit l’émotion laissée par la prestation du groupe, soit un mélange d’euphorie et de satisfaction. En bref, c’est la chanson parfaite pour dire à ses homies : « Hey sérieux j’suis content(e) d’avoir vécu ça avec toi! ».

Dead Obies laisse mon âme en plénitude avec Gesamtkunstwerk. On peut dire que cet état représente l’émotion que j’ai eu face à la nouvelle de leur apparition à Tout le monde en parle ce dimanche soir. Leur temps d’antenne sera probablement dédié à leur goût controversé pour la fusion français-anglais dans leurs oeuvres singulières, soit un constant combat pour bon nombre de rappeurs québécois.

Lancement à Montréal le 10 mars

Festivoix de Trois-Rivières : Notre itinéraire

enroutefestivoixLe Festivoix de Trois-Rivières commence dans un peu plus de 24 heures. Comme nous y passerons quelques soirées, profitons-en pour vous dire qu’est-ce qu’on a mis à notre menu :

26 juin

Les Cowboys fringants : Les Cowboys et moi, on s’est comme un peu perdus de vue ces dernières années. Ça ne m’empêche pas d’avoir mauditement hâte aux retrouvailles. Nos amis de Repentigny ont le sens de la fête. En première partie, Les Frères Lemay et leur néo-trad ne devraient pas avoir de mal à dégêner la foule.

En fin de soirée, on hésite encore entre David MarinMononc’ Serge et Dead Obies. J’imagine qu’on va se fier à notre humeur du moment.

27 juin

Ariel Pocock et ses airs de jazz sont des incontournables, à notre bien humble avis. Ensuite, un petit crochet vers le spectacle du gagnant des Mardis de la relève 2015Yan Boissonnault et son folk agricole (de grange?). J’en ai entendu quelques extraits et franchement, y’a quelque chose de spécial chez ce jeune homme et ses airs sortis tout droit d’une autre époque.

HayBabies-150401-221er juillet

Quoi de mieux qu’un spectacle avec The Barr Brothers pour fêter la fête du Canada? On va peut-être aller finir la soirée avec Les Hay Babies, qui donnent un maudit bon show plein d’énergie.

2 juillet

Deux incontournables : Pierre Lapointe et ses chansons colorées, qu’il soit pétillant comme un gros PUNKT! ou qu’il soit triste à Paris. Sans oublier Fanny Bloom, le petit côté sucré d’une soirée divine pour les oreilles et le popotin.

Si on veille tard, il y a aussi Philippe B et ses chansons magnifiques pour terminer la soirée en beauté.

3 juillet

Le match parfait auquel on ne pense jamais assez souvent. Le blues-folk montréalais de Bernard Adamus et le folk universel de Zachary Richard. Une soirée qui va prendre aux tripes et qui pourrait aisément se poursuivre avec le folk punché de Dany Placard ou le bluegrass de Damn The Luck.

watson-150415-115 juillet

On va terminer le Festivoix en beauté avec Emilie & Ogden, qui vient tout juste de signer avec Secret City Records, l’étiquette de la vedette de la soirée. On a bien hâte de voir de nos yeux et d’entendre de près cette auteure-compositrice-interprète talentueuse et sa harpe qui font ensemble de la bien jolie musique. The Franklin Electric n’a pas besoin de présentation et devrait nous mettre en appétit pour Patrick Watson et son magnifique (oui, oui, magnifique) spectacle qui devrait combler tout le monde.

Le reste de la programmation, très variée, peut être consultée sur le site Web du Festivoix. Il reste encore des laissez-passer (49 $) et des billets journaliers. Le 1er juillet, les spectacles extérieurs seront gratuits!

[FESTIVALS] Une autre programmation solide pour Artefact

Artefact

Un des festivals qu’on suit avec intérêt depuis quelques années (avec Le Festif!), c’est le festival Artefact de Valleyfield. Cette année, le festival aura lieu du 13 au 15 août et les organisateurs ont peut-être réussi à nous faire ajouter un festival de plus à notre calendrier de tournée grâce à une programmation du tonnerre : Babylones, Coco Meliès, Matt Holubowski, Simon Kearney, Caltâr-Bateau, YOKOFEU, Dead Obies, Galaxie, Philippe B, BELLFLOWER, La Bronze, Fanny Bloom et Misteur Valaire

Beau mix d’artistes dits émergents et de valeurs sûres! Je me demande dans quel genre d’ambiance peut avoir un show de Galaxie où tout le monde a chillé sur Dead Obies juste avant. Le samedi soir va être complètement fou : La Bronze, suivie de Fanny Bloom, PUIS de Misteur Valaire? Les sentez-vous, les collaborations, vous? On sent ça d’ici! Un vrai samedi dansant!

Pour en savoir plus ou pour acheter des laissez-passer, vous pouvez aller sur le site Web du festival Artefact.

Les organisateurs ont même pensé à créer une compilation sur Bandcamp juste pour vous!

Programmation pour tous les goûts au Festivoix de Trois-Rivières!

fest2015---affiche-(tabloid)Le Festivoix de Trois-Rivières vient d’annoncer sa programmation complète et franchement, il y en a pour tous les goûts! Des Cowboys fringants à Patrick Watson en passant par un spectacle-hommage à Michael Jackson, les jeunes comme les moins jeunes en auront plein à se mettre sous la dent.

On va juste mettre les noms qui nous intéressent le plus ici (j’insiste sur « le plus », parce qu’on pourrait passer beaucoup de temps sur la prog), mais on vous invite à aller voir la programmation complète au festivoix.com. Alors, voici ce qui nous donne envie de plonger dans l’été avec nos amis trifluviens :

26 juin

Dead Obies
Dead Obies

Le choix logique, c’est le spectacle des Frères Lemay suivi de nos amis Les cowboys fringants sur la grande scène Loto-Québec. Ça fait longtemps qu’on a pas vu la gang de joyeux drilles sur scène, des retrouvailles sont de mise. On va sûrement vous reparler des Cowboys fringants dans un petit dossier que je prépare pour le Festivoix.

En fin de soirée, nous serons certainement très déchirés : David Marin, qu’on voulait revoir, Mononc Serge, qu’on aime toujours revoir ou Dead Obies et son beat incroyable? Ça va être difficile.

27 juin

Deux jeunes sensations à ne pas manquer sur la même scène : Elliott Maginot et Bobby Bazini. Deux jeunes hommes qu’on va voir très longtemps dans notre paysage.

En fin de soirée, vous vous en voudrez si vous manquez Milk and Bone. Leur électropop minimaliste est tout simplement charmant. Aussi bien en profiter avant qu’elles n’explosent et qu’elles fassent le circuit des énormes festivals.

30 juin

Nous ne sommes pas friands des groupes-hommage à ecoutedonc.ca, mais on vous avoue que la possibilité de revoir Vilain Pingouin après toutes ces années, ça nous chatouille un peu, surtout que le lendemain, c’est férié! Est-ce qu’on vous a déjà dit que Jacques avait vu la première médiatique du premier spectacle de la bande à Rudy Caya au VIEUX Club Soda? Yep, il est vieux de même!

1er juillet

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Les Hay Babies

Ici, il faut remercier les organisateurs du Festivoix pour le choix le plus déchirant de leur programmation : Allons-nous voir Les Hay Babies et Vincent Vallières ou préférerons-nous assister au spectacle des Barr Brothers (qui ont lancé un nouveau maxi!!!) dans un cadre intimiste? Si vous choisissez la deuxième option, tout n’est pas perdu, Vivianne, Katrine et Julie donnent un autre spectacle en fin de soirée!

2 juillet

Fanny Bloom
Fanny Bloom

Double plateau de feu avec Fanny Bloom et Pierre Lapointe. Ça va chanter, danser, taper des mains, faire la fête, alouette! Cependant, on aurait aussi aimé aller voir Adam Cohen, qui se dégage de plus en plus de l’ombre de son père malgré des traits plus que ressemblants. Faut croire qu’il y a une part d’hérédité dans le talent. On va tous finir la soirée en douceur avec les chansons imagées de Philippe B.

3 juillet

Damn The Luck
Damn The Luck

Bernard Adamus et Zachary Richard? Sérieux? Mais quelle belle idée! Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? Bon, ça brasse toujours un peu pendant un show d’Adamus, mais les deux auteurs-compositeurs-interprètes sont loin d’être incompatibles! Joli coup.

On aurait aussi aimé jeter un coup d’oeil à Patrice Michaud.

Enfin, cette soirée risque de se terminer de façon très festive! D’un côté, Dany Placard en duo, de l’autre, les énergiques Damn The Luck qu’on a déjà vu cet hiver!

4 juillet

On vous avoue qu’on monterait surtout pour la fin de la soirée avec des shows de feu des Frères Goyette, de Ponctuation (les frères Chiasson) et de Pierre Kwenders. Va falloir faire des choix difficiles!

5 juillet

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Patrick Watson

En fin d’après-midi, on va sûrement aller dire un petit bonjour à Boogat et ses rythmes chauds avant de se garrocher sur la scène principale où on pourra voir Emily & OgdenThe Franklin Electric et Patrick Watson. Sérieux, on se demande comment on peut mieux clore un long festival comme le Festivoix. On a vu Watson en rodage il y a quelques semaines et on est encore sous le choc. C’est à encercler plusieurs fois sur votre calendrier.

Maintenant, parlons argent : le passeport régulier, qui donne accès à pas mal tout ce que j’ai nommé, n’est que 39 $ en prévente. Oui, c’est ce que j’ai dit, 39 $. Des billets journaliers sont aussi disponibles pour ceux qui ne voudraient faire qu’un aller-retour. Bien sûr, nous irons faire plus d’un tour.

Pour plus d’info, visitez le site Web du Festivoix.

Note : Nous vous présenterons dans les prochaines semaines une série de textes sur certains artistes présents au Festivoix, plus particulièrement sur notre rapport avec eux. Premier texte : les Cowboys fringants. Ça devrait être intéressant. À suivre!

(Photos : ecoutedonc.ca/archives)