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[FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC] Compte rendu, jour 7

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

On a presque les deux tiers du chemin de fait. Cette édition du Festival d’été est particulièrement épuisante. Faut dire qu’il y a toujours quelque chose à voir quelque part. Hier, votre équipe préférée avait cru pouvoir avoir une petite soirée pépère au Pigeonnier pendant que tout le 418 semblait être sur les Plaines pour voir des septuagénaires rocker comme s’ils avaient encore 18 ans. Maudit, on s’était trompés. On a comme été transportés dans une machine à voyager dans l’espace-temps et nous nous sommes ramassés au beau milieu d’Osheaga dans un Pigeonnier rempli de jeunes début vingtaine, couronnes de fleurs incluses. On vous raconte ça :

Blood and Glass

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Blood and Glass – Photo : Marion Desjardins

(Par Marion Desjardins) Ma soirée au FEQ a débuté avec un autre spectacle que j’attendais grandement: Blood and Glass, qui m’avait jetée à terre l’an dernier au OFF. Une prestation haute en couleurs et une mise en scène digne de ce festival! À ma grande surprise je me suis retrouvée dans une salle très peu peuplée et sans décor. C’est à noter que l’an dernier des petits nuages lumineux ornaient le plafond de Méduse. Lisa, chapeau melon sur la tête, est entrée sur scène avec son groupe disant tout simplement « Je suis Mick Jagger ! ». Et c’est parti ! La fougue habituelle de la chanteuse accompagnée de ses musiciens, toujours une perfection dans l’exécution, une ambiance enveloppante et théâtrale. J’aurais bien sur voulu qu’une salle pleine puisse profiter de cette expérience, mais somme toute j’ai trouvé très intéressant de voir cet autre côté plus intime du groupe. Cette fois-ci c’était peut-être moins théâtral mais très amical, ce qui n’est pas un point négatif, Lisa nous dévoilait son petit côté humoristique et les musiciens embarquaient, bref ils avaient bien du plaisir malgré tout et moi aussi.

Alfa Rococo

Alfa Rococo - Photo : Francis Gagnon
Alfa Rococo – Photo : Francis Gagnon

Avant de commencer la soirée au Parc de la Francophonie, nous nous sommes arrêtés à Place d’Youville où Justine Laberge et David Bussières d’Alfa Rococo ont donné une prestation sans faille devant un public nombreux et fort heureux. Il faisait beau, il ne faisait pas trop chaud, on était mauditement bien et dès que le séquenceur a lancé les premières notes de Lumière, une folle envie de danser nous a pris (ça nous est arrivé souvent cette année, n’est-ce pas?). C’était la première fois que je voyais le couple en spectacle et franchement, la même belle énergie qu’on trouve sur Nos coeurs ensemble se trouve sur les planches. La complicité entre les deux membres du couple est plus que palpable et cette énergie est transmise de main de maître par Laberge, qui est une fantastique meneuse de foule. Oui, on peut être un peu irrité par le tutoiement de la foule (à la Louis-Jean), mais tout le reste, y compris les appels à se lever et à danser, était fait avec chaleur et humour. Musicalement parlant, le duo nous a offert un beau programme composé des chansons les plus entraînantes de son répertoire. Une heure de pur plaisir.

♥♥♥♥

The Wilderness of Manitoba

The Wilderness of Manitoba - Photo : Marion Desjardins
The Wilderness of Manitoba – Photo : Marion Desjardins

Ils viennent de Toronto et proposent un indie folk qui prend beaucoup de mordant sur scène. En fait, ça rockait beaucoup au Pigeonnier, assez pour qu’on n’entende pas Galaxie qui jouait au même moment sur les Plaines. Bonne chose. Will Withwam et Raven Shields ont lancé quelques blagues pour dire qu’ils s’en allaient directement sur les Plaines pour aller voir les Stones, mais jamais ils ne nous ont donné l’impression d’un groupe qui voulait être ailleurs. Le groupe n’était visiblement pas inconnu de la plupart des spectateurs présents, qui ont eu tout le Canadiana dont ils avaient besoin.

♥♥♥

The Franklin Electric

The Franklin Electric - Photo : Marion Desjardins
The Franklin Electric – Photo : Marion Desjardins

Bien franchement, on avait peur de s’emmerder un peu avec la formation montréalaise. Pas parce qu’elle est mauvaise, c’est juste qu’on a vu le groupe il y a à peine 10 jours dans une situation similaire (première partie d’une grand-messe). Jon Matte et ses complices avaient une solution : on va ajouter des cordes! C’était suffisant pour changer la dynamique et ajouter une jolie texture aux chansons (nouvelles et anciennes) offertes par le groupe. Évidemment, Matte vole encore la vedette en jouant du clavier, du piano, de la guitare et de la trompette et il est toujours aussi affable avec son public (qui le lui rend bien), mais notons qu’il est soutenu par une équipe solide qui rend justice à ses belles compositions. On a pu apprécier quelques nouvelles chansons dans l’esprit de ce que le groupe nous avait déjà offert. The Franklin Electric ne devrait avoir aucun mal à poursuivre sur sa lancée.

♥♥♥♥

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros - Photo : Marion Desjardins
Edward Sharpe and the Magnetic Zeros – Photo : Marion Desjardins

Après Future Islands et Dakhabrakha, Édouard l’incisif et les Zéros magnétiques était la formation que j’avais le plus hâte de voir au Festival. Un peu par curiosité morbide (après tout, on s’attendait à voir un Pigeonnier plutôt vide), beaucoup parce que le groupe a beaucoup changé depuis la dernière fois que je l’ai vu. Tout d’abord, il n’y a plus de femmes dans cette formation qui a déjà compté sur Nora Kirkpatrick et Jade Castrinos. Étant donné la place que ces deux-là prenaient dans le groupe, il a fallu réarranger certaines pièces.

À 21 h 35, c’est donc un Alex Ebert entouré de ses hommes qui est arrivé devant un Pigeonnier presque rempli à capacité de fans qui connaissaient toutes les chansons du groupe par coeur (quelle agréable surprise!). Visiblement surpris, comme moi, de voir qu’autant de monde l’avait préféré à Mick Jagger, Ebert a pris quelques instants avant d’entonner des « Hmmmmmmmmmmmmmmmmm » qui ne voulaient dire qu’une chose : on allait me servir ma chanson préférée de tout l’univers entier, Man On Fire, dès le départ. Je l’avoue, je suis un fan fini d’ESAMZ. Les larmes me montent aux yeux.

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

PARENTHÈSE (si les anecdotes personnelles ne vous intéressent pas, passez au paragraphe suivant) : Pendant que les photographes s’activent à l’avant, j’essaie de prendre une ou deux photos de loin pour les médias sociaux. D’habitude, je fais ça avec les moyens du bord, un petit appareil photo bien ordinaire, pis tout. J’ai réussi à avoir une photo satisfaisante. Je la poste en chantonnant la chanson, sans regarder la scène. Toutefois, du coin de l’oeil, je vois mon amie Tatiana se tourner de bord en sortant son téléphone, qu’elle braque comme si elle allait tirer sur quelqu’un. Ebert est rendu dans la foule, derrière nous, et se dirige (avec le cortège de photographes qui fait tout pour avoir une photo qui a de l’allure de ce qui se passe)… tout droit vers moi. En principe, je n’ai pas d’accréditation photo et je n’ai pas la permission de sortir mon appareil photo professionnel. De toute façon, je n’ai pas le temps de changer d’objectif (une 55-210). C’EST PAS GRAVE, je ne peux pas laisser passer une telle occasion. Si vous voulez voir de quoi ça a l’air quand Alex Ebert, chanteur d’Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, passe dans ta face, ça a l’air de ça. J’en tremble encore. FIN DE LA PARENTHÈSE

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Edward Sharpe and the Magnetic Zeros – Photo : Marion Desjardins

Après cette Man on Fire qui avait déjà eu son effet sur un public déjà conquis, Ebert et sa bande s’attaquent à 40 Day Dream, une autre des chansons les plus rassembleuses du groupe. Ça y est, la grand-messe est vraiment lancée, l’église de Saint-Alex est grande ouverte et les fidèles crient leur appréciation.

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros - Photo : Marion Desjardins
Edward Sharpe and the Magnetic Zeros – Photo : Marion Desjardins

On sait bien que tout n’est pas 100 % spontané dans la démarche du groupe. L’expérience du leader brouillon, mais débordant de charisme, qui se vante d’être un pro du manque de professionnalisme, ça finit par avoir ses limites. Mais que le grand cric me croque si ça ne marche pas! La vieille caméra vintage qui projette des images de la foule en kaléidoscope sur l’écran en arrière de la scène, c’est super cool. Les visites dans la foule aussi. Ebert est souvent assis sur le bord de la scène pour jaser avec le public, à qui il demande des suggestions de chansons (parce qu’Ebert ne prépare jamais de programme!). Sur I don’t Wanna Pray, en plus de faire chanter des couplets par ses comparses, il invite des membres du public à faire de même. Une fan a chanté les paroles par coeur. Avec une fort jolie voix. Lorsqu’un fan lui demande de chanter Life is Hard (un des meilleurs moments du 3e album, qui n’en compte malheureusement que très peu), Ebert lui répond candidement qu’il ne se souvient plus des paroles. Pas de problème, un fan lui prête son cellulaire. Ebert l’invite sur scène à chanter avec lui. Le jeune homme, un dénommé Félix, devrait s’en rappeler toute sa vie. Parlant de cellulaire, pendant une autre magnifique chanson (était-ce If I Were Free), Ebert prend le téléphone de quelqu’un qui était en train de filmer et prend tous les membres du groupe en gros plan. Un autre qui ne pourra pas dormir pendant quelques jours!

Ça continue comme une grande célébration de l’amour, de la vie et du bonheur avec un Ebert visiblement pompette, mais qui s’amuse comme un petit fou avec la foule 100 fois plus grosse que prévu, qui a évidemment explosé quand Ebert a sifflé les premières notes de Home, LE classique du groupe. Énergie incroyable. Nous ne faisions qu’un, nous sautions comme un coeur qui bat. Joie et bonheur.

Nous étions déjà sortis quand le groupe est revenu pour un rappel impromptu (nous avions dépassé le couvre-feu, mais bon, pourquoi bouder son plaisir, hein?), qui a semblé plaire aux chanceux qui n’avaient pas déjà quitté les lieux.

Sur l’échelle Patrick Watson de la communion, ce show atteignait un gros 9,5/10. C’est un peu ce qui manquait à Future Islands. Nous étions tellement époustouflés par Herring que nous avions du mal à partager cet amour. Avec Ebert et son côté tellement brouillon qu’il en est attachant, nous n’étions pas intimidés. Nous étions chez nous, tous ensemble, en train de nous dire à combien nous nous aimions. Et c’était bien ainsi.

Ebert a promis de revenir à Québec. Les portes sont grandes ouvertes, mon homme. Et je serai le premier derrière ces portes à t’accueillir.

♥♥♥♥♥ (tous d’amour)

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[FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC] Aperçu, jour 7

Devinez qui va voir les Rolling Stones sur les Plaines! Près de 100 000 personnes, mais pas votre valeureuse équipe d’ecoutedonc.ca, qui sera de son côté au Parc de la Francophonie pour le triple plateau The Wilderness of Manitoba, The Franklin Electric et Edward Sharpe and the Magnetic Zeros. On a quand même quelques suggestions à vous faire!

18 h – Alfa Rococo ou Blood and Glass

Petit choix déchirant, n’est-ce pas? La pop sucrée et vitaminée d’Alfa Rococo ou le folk-pop vaporeux de Blood and Glass? Dans les deux cas, vous faites un excellent choix.

Galaxie
Galaxie

19 h – Galaxie ou The Wilderness of Manitoba

Si ce n’était pas du fait qu’il faut presque être déjà dans la file d’attente pour entrer sur les Plaines, je dirais Galaxie sans hésiter. La bande à Olivier Langevin va réaliser quelques rêves ce soir en jouant Dragon sur les Plaines quelques heures avant que Jagger, Richards et autres légendes ne foulent les mêmes planches. De leur côté, The Wilderness of Manitoba propose une folk-pop qui devrait être un match parfait avec les deux groupes qui vont suivre au Parc de la Francophonie.

The Franklin Electric
The Franklin Electric

20 h – The Franklin Electric

On vient tout juste de les voir au Festivoix et on en veux encore. On joue dans les mêmes atmosphères que le groupe qui précède, ainsi que Half Moon Run, Elliott Maginot et cie. Si vous aimez votre indie très doux, vous allez être servis.

21 h 30 – Edward Sharpe and the Magnetic Zeros

Oui, le groupe à géométrie variable a rétréci quelque peu au cours de la dernière année, mais ce n’est pas grave : une heure et demie des meilleures compositions d’Alex Ebert (qui est capable du pire sur disque, mais qui se concentre sur le meilleur sur scène), ça se prend bien. Folk messianique avec un des personnages les plus charismatiques de l’univers indé. Complètement à l’opposé de Sam Herring, qu’on a vu lundi. J’ai tellement hâte de chanter Man on Fire, moi là!

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[FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC] Itinéraire facultatif

FEQ_LogoTourbillonÇa y est, dans quelques heures, Québec sera Festival d’été jusqu’en fin de soirée le 19 juillet. Vos itinéraires sont planifiés depuis longtemps, vous allez voir les gros shows des gros groupes sur les grosses Plaines ou, au contraire, vous allez profiter du tout-gratuit de la Place d’Youville.

Cependant, ce n’est pas tout le monde qui a envie d’aller se perdre dans les foules immenses et de jouer du coude pour avoir un meilleur point de vue, et ce n’est pas tout le monde qui a envie de danser sur de l’électro jusqu’à minuit (n’oubliez pas la règle numéro un, les amis : HYDRATATION). Peut-être êtes-vous rendus comme moi, très curieux, mais un peu pépères (et vous n’avez pas la chance de vous asseoir dans la zone médias, vous!), et vous regardez la programmation en ne sachant pas trop où vous garrocher.

On a une solution pour vous. Il s’agit de notre itinéraire facultatif.

Vous avez sûrement vu ces panneaux à proximité des chantiers routiers, notamment près de la 73. On propose léger détour qui risque de faire gagner beaucoup de temps aux automobilistes (comme aller prendre Robert-Bourassa plutôt qu’Henri IV!). Ici, on va faire de même. Vous proposer des choix que vous apprécierez sans étouffer.

On commence!

9 juillet

Milk & Bone
Milk & Bone

À 18 heures, le duo Navert (composé d’Annie-Claude Navert et Guillaume Chartrain) sera au Petit Impérial pour proposer ses chansons pop teintées de bonnes couches de synthés.

Comme vous êtes déjà en basse-ville et que vous avez déjà les oreilles habituées à la pop électro, pourquoi ne pas faire quelques pas vers l’est pour vous rendre ensuite à l’Impérial Bell où se produiront tour à tour les magnifiques Milk & BoneFoxtrott et Yelle. Bon, vous avez sûrement entendu parler de Milk & Bone, ce duo formé de Laurence Lafond-Beaulne et de Camille Poliquin jouit d’un buzz incroyable depuis la parution de son premier album, Little Mourning, et ce buzz dépasse nos petites frontières. Si Milk & Bone propose une électropop éthérée, la Montréalaise Foxtrott, de son côté, est beaucoup plus dansante et rythmée. Quant à Yelle, on a déjà pu voir ce qu’elle avait dans le ventre il y a quelques années, alors qu’elle avait presque volé la vedette à Marie-Mai. Cette fois, ce sera en tant qu’une des têtes d’affiche de la soirée qu’elle va nous faire danser!

S’il vous reste un peu d’énergie après cette soirée dansante, la formation Chocolat, menée par un certain Jimmy Hunt, vous épuisera avec son rock un brin psychédélique et plutôt malpropre. À 23 h 30, au Cercle. On vous recommande d’arriver tôt parce que les gens se sont pas mal passé le mot.

10 juillet

Julie Blanche
Julie Blanche

On ne peut pas ne pas vous recommander d’aller voir Julie Blanche au Petit Impérial à 18 heures. Tout d’abord, vous allez pouvoir écouter le spectacle assis confortablement en sirotant une petite bière. Ensuite, la voix tendre de Julie fait du bien. Ses chansons, qu’a écrites Antoine Corriveau et que Julie a arrangées à son goût, sont magnifiques. Et le timbre du cor de Pietro Amato se marie tellement bien à tout ça… Z’allez me remercier!

Connaissez-vous Julien Sagot? Oui, oui, le membre de Karkwa! Saviez-vous qu’il avait déjà deux albums derrière la cravate et que le dernier, Valse 333, est un petit bijou? Vous aimeriez vous en convaincre? Voilà votre chance. Il est à l’Impérial Bell à 19 h 40. Il sera suivi de Jérôme Minière, qui interprètera ses plus récentes pièces (Une île, son nouvel album, est un grower qui demande quelques écoutes, mais qui est ô combien satisfaisant), ainsi que d’Arthur H, qui est depuis longtemps sorti de l’ombre de son Higelin de papa et qui fera résonner sa voix grave sur les murs du temple du téléphone.

Pour finir la soirée, pourquoi pas un peu de rock garage par des filles originaires d’Atlanta? C’est ce que proposera The Coathangers au Cercle en fin de soirée.

11 juillet

Mehdi Cayenne Club
Mehdi Cayenne Club

Le 11 juillet est une bonne journée pour les agoraphobes : tout le monde et son voisin sera sur les Plaines pour voir les Foo Fighters et le Trône de Grohl. 😉

Mais bon, si, comme moi, le rock des Foo ne vous branche pas, c’est une maudite bonne nouvelle. On devrait pouvoir respirer sur les autres scènes! Tout d’abord, à midi sur la scène Hydro-Québec, vous aurez le plaisir de voir le Mehdi Cayenne Club et son rock juste assez piquant et déjanté. Ça bouge, c’est sympathique et ça va amener le soleil dans votre coeur toute la journée!

Ensuite, si vous êtes curieux de voir le genre de foule qu’attireront les Foo sans trop vous aventurer sur les Plaines, vous aurez la chance de sentir un peu en allant voir Caravane sur la scène NRJ à 17 h 45. Non seulement vous aurez un excellent spectacle d’un des meilleurs groupes rock au Québec à l’heure actuelle, mais en plus, vous serez juste à côté pour…

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Antoine Corriveau

… Antoine Corriveau, qui sera à la scène Loto-Québec du Parc de la Francophonie dès 19 heures. OK, Corriveau n’est pas une découverte pour les lecteurs assidus d’ecoutedonc.ca, mais voilà l’occasion d’emmener votre mère entendre le folk-rock d’Antoine juste pour la convaincre qu’on fait encore de la maudite bonne musique ici. Maintenant, tout ce qu’on lui souhaite, c’est de succéder à Salomé Leclerc comme prix Espoir FEQ. On vous dit ça vendredi. 😉

Corriveau sera suivi de Luc De Larochellière, qui viendra présenter ses vieilles comme ses nouvelles chansons. Pour plein de monde né dans les années 1990, Luc, c’est le gars qui a sorti un album avec Andrea Lindsay. Mais ce grand gaillard a composé quelques hymnes de la fin des années 1980 et du début des années 1990 comme Amère América, Chinatown Blues, La route est longue, Sauvez mon âme et plusieurs autres. Bien hâte de voir.

Tant qu’à être là, pourquoi pas ne profiter de l’occasion pour voir le spectacle Légendes d’un peuple? Alexandre Belliard et ses amis Patrice Michaud, Vincent Vallières, Mara Tremblay, Yann Perreau, Jorane, Stéphane Archambault, Marie-Hélène Fortin, Alexandre Désilets, Eric Goulet et Salomé Leclerc vont vous faire passer un moment inoubliable (entrecoupé des riffs de Grohl, au loin). Toujours au parc de la Francophonie, à 21 h 30.

Pour finir la soirée, pourquoi pas l’indie pop de Weaves au Cercle, à 23 h 30? Écouter Weaves, c’est un peu comme écouter Alabama Shakes sur l’acide. C’est-tu assez déjanté, ça?

12 juillet

Vous ne pouvez pas manquer la prestation d’Héra Ménard à midi à la scène Hydro-Québec. Sa pop teintée de country-folk devrait tenir les nuages loin de Québec une journée de plus.

Les Deuxluxes
Les Deuxluxes

À 18 h, on retourne à la scène Hydro-Québec pour une autre prestation enflammée de nos amis Les Deuxluxes. Étienne Barry et Anna Frances Meyer ne font pas dans la dentelle, non monsieur. Ça va rocker avec une bonne dose de vintage, des cheveux au vent, pis du gros rouge à lèvres qui tache le linge. En somme, la patinoire de la Place d’Youville va devenir le plus grand dancefloor à Québec!

Vite, on descend à toute vitesse pour attraper un autre groupe qu’on aime bien, Ponctuation, qui sera à l’Impérial Bell à 19 h 45. Les frères Chiasson vous feront voyager avec leur psychédélisme assumé et mauditement bien construit. Un des shows à voir absolument cette année (si vous les manquez, vous pourrez vous reprendre un peu plus tard).

À 20 h 30, on change complètement de rythme et on va juste à côté, au Petit Impérial, pour y entendre la très talentueuse Ariel Pocock, qu’on a eu la chance de voir au Festivoix de Trois-Rivières la semaine dernière. Du jazz très bien fait, fort intéressant, des compositions solides et des standards aux arrangements soignés. Dépaysement total!

Enfin, à 23 h 30, The Feather, du Belge Thomas Medard, devrait plaire à tous ces fans de pop indé qui adorent Patrick Watson, Folly and The Hunter et autres groupes aux mélodies rêveuses. Une façon de terminer la première fin de semaine en beauté.

13 juillet

Si vous travaillez en haute-ville ou dans le Vieux, apportez votre lunch et allez voir Kensico à la scène Hydro-Québec dès midi. Du folk-rock solide pour amateurs de guitare.

Pierre-Luc Lessard
Pierre-Luc Lessard

À 17 h 45, les amateurs de folk-pop sympathique et authentique accompagné d’une petite touche d’atmosphérique ont rendez-vous avec Pierre-Luc Lessard. Lessard, ce sont des chansons simples, d’une efficacité redoutable, dont quelques vers d’oreille très difficiles à déloger. Et ce jeune homme est fort solide sur les planches!

Ensuite, je vous suggèrerais le trio OperatorsOwen Pallett et Future Islands, mais bon, vu qu’il y aura foule, allons voir… Ah, pis non. Écoutez. Vous m’aurez écouté, vous serez juste à côté pour voir Pierre-Luc Lessard et le parc de la Francophonie ne sera pas surchargé à 18 h 30. C’est une des meilleures soirées du Festival, maudit! Operators, c’est Dan Boeckner (Wolf Parade) dans une orgie d’électropop qui donne une irrésistible envie de danser. De son côté, Owen Pallett risque de ralentir un brin le rythme, mais ses belles chansons sauront sûrement vous attendrir. Enfin, Future Islands, c’est une formation pop indé de Baltimore menée par Sam Herring, une bête de scène qui devrait en jeter plus d’un à terre avec sa voix soul hardcore qui n’a pas son pareil nulle part ailleurs. Le groupe existe depuis près de 10 ans, on les aime depuis quelques années déjà et y’a beaucoup de monde dans le train depuis qu’on a vu Future Islands chanter Seasons (Waiting on You) à Letterman. Si c’est tout ce que vous avez entendu d’eux, vous allez adorer la suite!

Vous êtes fatigué? On va aller se reposer en écoutant du bon folk-blues teinté de rock. Celui de Hamish Anderson, un Australien qui promet beaucoup, beaucoup. Allez, il vous reste un peu d’énergie pour taper du pied et hocher la tête pendant les solos endiablés!

14 juillet

Dakhabrakha
Dakhabrakha

Si vous voulez allez fêter la France avec Patrick Bruel, allez-y fort, mais on a aussi un autre belle proposition pour vous à la scène Hydro-Québec!

Tout d’abord, à midi, Sousou & Maher Cissoko ont attiré notre attention avec leurs airs dépaysants sur un tapis de guitare et de kora. Voyage unique entre la Suède et le Sénégal. À 18 heures, c’est au tour de Pierre Kwenders de nous emmener en Afrique avec ses airs festifs. On sait que Kwenders a enregistré son album avec de nombreux collaborateurs. Y aura-t-il des invités spéciaux? On ne fait que poser la question. C’est ensuite au tour des Belges de La Chiva Gantiva de nous faire danser comme des fous sur des rythmes latins. On annonce très chaud mardi prochain à place d’Youville!

Vous voudrez ensuite rester pour voir Dakhabraka, mon coup de coeur de Bonnaroo l’année dernière :

Man. Ces quatre Ukrainiens (un gars, trois filles) ont fait exploser la tente dans laquelle ils ont offert leur prestation. Je ne crois pas qu’ils s’attendaient à un tel accueil, mais leur musique, mélange de traditionnel et de rythmes dansants, a eu raison des pieds des milliers de (nouveaux) fans présents. Ils ont beau jouer assis, ils occupent l’espace à la perfection.

Je les aurais bien vus dans un contexte aussi festif au FEQ, mais bon, leur passage à Québec n’aura lieu qu’en novembre.

Ma prestation préférée du festival jusqu’à maintenant.

Je vous ai avertis!

Vous en voulez plus encore? Allez, destination le Cercle (23 h 30) pour le rock vitaminé de The OBGM’s. Ces joyeux drilles définissent leur musique comme du Garage Party Rock et lorsqu’on écoute leurs chansons, on n’a aucun mal à les croire. S’il vous reste de quoi suer après ça, ben coudonc, j’abandonne.

15 juillet

The Franklin Electric
The Franklin Electric

On va aller voir ce que l’auteur-compositeur-interprète Couturier a dans les tripes à midi à la scène Hydro-Québec. On retourne sur la même scène à 18 heures pour la pop lumineuse d’Alfa Rococo, qui va nous interpréter de nombreuses pièces de son dernier album Nos coeurs ensemble. Ensuite, c’est peut-être le moment le plus difficile du festival : on veut se faufiler à travers la foule de festivaliers qui vont voir les Stones (ou Galaxie, c’est selon) sur les Plaines, parce que nous, on veut aller voir la belle soirée indie au parc de la Francophonie, qui ne devrait pas déborder. Tant mieux, on va pouvoir prendre nos aises et peut-être même nous étendre quelques minutes avant de planer avec The Wilderness of Manitoba, The Franklin Electric et Edward Sharpe and Magnetic Zeros. On a bien hâte de voir le premier, on va pouvoir mieux savourer les deuxièmes et on est bien curieux de voir de quoi a l’air la version 2015 de la troupe d’Alex Ebert.

Pour terminer la soirée, pourquoi pas du gros blues au Petit Impérial avec The Harpoonist and The Axe Murderer? C’est groovy à souhait pis nous autres, on aime ça les voix soul pis les solos d’harmonica!

16 juillet

La Bronze (crédit photo : Marion Desjardins)
La Bronze (crédit photo : Marion Desjardins)

Si vous passez par la scène NRJ à 17 heures 45, allez voir Simon Kearney,  qu’on aime bien ici à ecoutedonc.ca. Du rock solide, à la limite du psychédélique, offert par un gars qui a à peine le droit d’entrer dans les bars, en plus! Il est étonnant.

Vous vous souvenez de cette petite soirée électropop du jeudi précédent? Les programmateurs remettent ça avec cette fois-ci les talentueux Le Couleur (groovy et vachement sexy en même temps), La Bronze (sexy, groovy et ne te prend pas pour un imbécile!) et Lights (qui va sûrement vouloir se faire pardonner son absence en première partie de One Republic ce printemps). Une soirée parfaite pour danser et vous éclater avec quelques artistes qu’on aimerait voir exploser (de popularité, bien sûr) au cours des prochaines années.

En fin de soirée, profitez-en donc pour aller voir The Lemon Bucket Orchestra qui vous illuminera de sa folie dès 18 heures à la scène Hydro-Québec!

17 juillet

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Patrick Watson

À midi, Evelyne Lavoie et Pierre-Hervé Goulet mériteront une oreille attentive de la part des mangeurs de sandwiches qui se masseront à place d’Youville pour les entendre chanter. Les deux offriront leurs (fort jolies) compositions.

On ne se pilera malheureusement pas sur les pieds pour The Barr Brothers et Patrick Watson. D’un côté, c’est triste parce que Patrick mérite vraiment d’être aimé par le plus grand nombre. De l’autre, il va avoir eu tout le budget nécessaire pour se payer une grande fête avec des invités, des effets spéciaux pis toutte! Et vous savez quoi? On va être confortables sur les Plaines. Aussi bien en profiter pour y aller… pourquoi pas en famille? Difficile de faire plus multigénérationnel que cette soirée-là!

En fin de soirée, si vous avez manqué Ponctuation, voilà votre chance de vous reprendre au Cercle!

18 juillet

Harfang
Harfang

À midi, les formations 5 for Trio et Harfang seront à surveiller à place d’Youville. Avec juste assez de soleil, on va planer en titi avec le rock à mi-chemin entre Patrick Watson et Radiohead de la formation de Québec.

À 18 heures, on va au Petit Impérial pour découvrir Equse, une formation rimouskoise qui navigue dans les mêmes eaux. Au même endroit, mais à 20 heures 30, ce sera au tour de l’Americana de The Bros Landreth. On finit encore la soirée avec le blues de Daddy Long Legs.

19 juillet

On reviendra sur la journée du 19 juillet. L’arrivée d’Alan Parsons Live Project change un peu nos plans et les mouvements de foule vont être étranges. On s’en reparle.

 

Comme vous le voyez, avec une telle programmation de feu, on a l’embarras du choix. Certaines soirées sont plus évidentes que d’autres, mais on espère avoir trouvé l’équilibre promis.

On fera un rappel de cet itinéraire dans nos coups d’oeil quotidiens, que nous publierons un peu avant midi tous les jours.

Bon #FEQ!

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Spectacles

Spectacle – Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, 12 juin 2013

Soirée fort remplie hier soir dans un Métropolis bondé, qui accueillait la douzaine de membres d’Edward Sharpe & The Magnetic Zeros, venus nous interpréter leurs chansons folk-pop follement amoureuses de la vie.

J’ai dit sur ce blogue que le leader des Zéros, Alex Ebert, était parfois paresseux, ce qui provoquait certaines inégalités dans les chansons du groupe. Hier soir, une bonne partie de sa bande et lui-même ont décidé de jouer deux fois.

Voyez-vous, le spectacle s’est ouvert avec Family Room, un projet comptant de nombreux membres du groupe. L’atmosphère était relaxe, les principaux membres du projet étant assis sur un sofa qui semblait tout droit sorti de chez Emmaüs. La salle, remplie à moitié, écoutait religieusement les chansons du groupe auxquelles s’est greffée une chanson du nouvel album des Magnetic Zeros, que les membres du groupe prétendaient ne pas connaître suffisamment pour l’inscrire au programme régulier. Ils ont joué quoi? Six? Sept pièces? En tout cas, elles ont toutes été chaudement accueillies.

Vint ensuite la vraie première partie, Reign Wolf, de son vrai nom Jordan Cook, qui donne dans un blues-rock sale qu’on aurait vu sans problème en première partie de Jack White ou des Black Keys. Ceux qui ne le connaissaient pas, comme moi, ont été agréablement surpris et ont beaucoup apprécié le Canadien, surtout lorsqu’il a repris The Chain, de Fleetwood Mac. Il faut tout de même signaler la petite différence entre la première partie, très rock, très lourde, très sale, et la tête d’affiche, tout en douceur et en subtilité. Retenez toutefois le nom Reign Wolf… on va en entendre parler!

Il était près de 22 heures lorsque Alex Ebert, toujours habillé comme ma chienne, mais confortable, Jade Castrinos, toujours aussi belle et naturelle (ce ne sont même pas ses plus grandes qualités, imaginez!), ainsi que les quelques dix autres membres des Magnetic Zeros ont fait leur entrée sous les acclamations d’une foule joyeuse et festive, prête à en prendre plein la gueule. 40 Day Dream commence. On est en terrain conquis, tout le monde chante en choeur, y compris votre humble serviteur, les deux pieds sur le parterre (moi qui suis un habitué du balcon pour *voir* le show et vous en parler plutôt que de le *vivre*), mais les mains haut dans les airs et la voix pleine d’entrain. Tout le monde lévite déjà. Le show ne fait que commencer.

Tout de suite après, on enchaîne avec Man on Fire, ma chanson préférée de 2012, qui montre tout le talent d’auteur-compositeur d’Alex Ebert ainsi que la grande cohésion qui caractérise ce groupe. Ils sont douze, mais ils ne font jamais autant un que lorsqu’ils jouent leurs plus belles chansons. Oui, j’ai versé une larme.

Les plus belles chansons du groupe se sont succédé l’une à l’autre. Janglin’I Love My God (où chacun a pu chanter son couplet), Child (une autre des belles chansons du groupe, chantée par Christian Letts, guitariste dont la voix, résolument country, ressemble beaucoup à celle de Patrick Norman – c’est un compliment, en passant), Carry On (occasion parfaite de se coller en groupe), Truth, ainsi que plusieurs autres, y compris le premier simple du prochain album, la très jolie Better Days, qui montre très bien l’évolution du groupe depuis 2009.

Le show comptait peu de temps morts (qui nous donnaient à peine le temps de reprendre notre souffle) et les artistes ont été généreux (le spectacle a duré près de deux heures, sans compter les quelques 30 minutes sur le sofa à l’ouverture). On ressentait le plaisir que cette bande d’amis avait de jouer de la bonne musique ensemble et ce plaisir était contagieux. Peu d’artistes ou de groupes dégagent une telle sincérité en spectacle, mais ceux qui le font donnent souvent les meilleurs spectacles sans avoir besoin d’effets spéciaux ou de feux d’artifices pour attirer l’attention. Parfois, il ne suffisait que la voix  puissante de la toute menue Jade Castrinos pour entrer dans une sorte de transe, d’autres fois, c’étaient plutôt les cuivres ou les percussions qui remplissaient la salle de toutes sortes de couleurs.

C’est ainsi qu’on n’a pas vu le temps passer et que nous avons tous été surpris d’entendre les premières notes de Home, le grand succès du groupe. Le parterre au complet s’est mis à sautiller, à danser, à chanter comme si l’avenir de la planète en dépendait. J’ai vu de nombreux spectacles au Métropolis et j’ai rarement été témoin d’une aussi belle énergie. Et quel bonheur! La vague de câlins, vous! Tout ça à cause d’une invitation de Jade Castrinos!

Après un Om Nashi Me dément, les lumières du Métropolis se sont allumées. Il n’y aura pas de rappel. Ce n’est pas grave. Tout le monde a eu sa toune. Tout le monde a célébré la grand-messe d’Edward Sharpe. Pendant plus de deux heures, nous étions 2250 membres des Magnetic Zeros.

Une maudite belle soirée, je vous le jure.

Des photos suivront.