[FESTIVAL OFF] Compte rendu 6 juillet 2017

Après une courte nuit de sommeil et un spectacle sur la scène Fibe, je suis retourné à la Méduse tout excité, plusieurs visages familiers de la veille sont présents à mon arrivée pour cette soirée des plus éclectiques.

L’impro multi

La salle multi était disposée en mode cabaret pour le premier numéro de la soirée. En arrivant dans la salle, je constatai la belle brochette d’artistes présente sur scène. La danse, les arts visuels, le slam, la musique, le théâtre, les éclairages, une dizaine de représentants de ces disciplines étaient réunis devant un seul but : créer. Comme en match d’impro théâtral, les participants se font donner un thème et un caucus s’en suit pour se faire un plan de match avant de se lancer dans la performance. Nous avions une vraie équipe de professionnels devant nous, plusieurs moments magiques se sont passés ce soir là. En musique, Jean-Étienne Collin Marcoux du Pantoum (ou son clone, c’est clair qu’il se dédouble) aux percussions et Luke Dawson des Chercheurs d’or à la contrebasse nous ont transporté dans des univers uniques. Bravo à tous les artistes pour ce beau défi, vive l’art multidisciplinaire!

 

Le Havre

Avec un peu plus d’une heure de retard, le duo Montréalais commence à jouer devant un public de plus en plus dense. Charles-David Dubé à la guitare et synthés a chanté ses chansons luxuriantes qui nous emportent dans le rythme. Parlant de rythme, le batteur Oli Bernatchez assure une présence sur scène très solide. Il manie les synthétiseurs tout en jouant de son drum. Son hi-hat (qu’il a arrangé pour plus de puisssance) gruge peu à peu ses baguettes qui semblent vouloir exploser à chaque moment. Le duo présente une rythmique audacieuse qui nous rappelle des accents de rock progressif. Leur son, très aérien et à la fois bien ancré dans un groove puissant, se rapproche des sonorités pantoumesques (la formation est d’ailleurs venue jouer au Pantoum cette année). Le groupe utilise aussi quelques séquences très bien placées et pertinentes. Ils ont principalement joué des pièces de leur plus récent album Trajectoires.

 

Rakam

Créature étrange, la formation montréalaise s’est produite à la Méduse en trio. La basse, les claviers et parfois saxophone parfois guitare jouaient une pop année 80 bien kitch et absurde. Le chanteur, semblant provenir d’un monde parallèle vraiment funky récite ses textes saugrenus en presque spoken word, un peu à la Tom Waits. Le gros bémol de ce groupe franchement bizarre est le drum machine. Trop fort, peu intéressant, il posait le groupe sur une base trop régulière et un peu agressante. Leur énergie déroutante n’a laissée personne indifférent. Plusieurs ont adoré et sont restés danser avec le groupe jusqu’à la fin, alors que plusieurs sont allé profiter de la chaleur extérieure (pour vrai, il fait froid à la Méduse).

 

Hologramme

Ils sont montés sur scène à 1h15, on était pas mal fatigué, mais l’attente a valu la peine. Hologramme est un hommage aux synthétiseurs, une glorification de l’électronique et c’est très réussi. Le doux son des synthés a rempli la salle multi tard dans la nuit devant les quelques survivants encore debout pour danser leur vie comme s’il n’y avait pas de lendemain. Les musiciens sont très solides et bien préparés, leur spectacle s’est déroulé sans faute avec une fluidité très agréable. Les synthétiseurs produisent tantôt des mélodies quasi ecclésiastiques, tantôt très dansantes, ce qui procure à leur spectacle une belle diversité. Ces différentes ambiances sont entre autre dues à la très grande maîtrise des effets et des sons des leurs appareils. Ils construisent de très beaux moments où la foule a pu se déhancher furieusement jusqu’à très tard dans la nuit.

 

Un peu fatigué, j’ai déjà hâte à ce soir!

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[SPECTACLE] PATTERNS : : HAPPENING ÉLECTRO AVEC BIOBAZAR ET CIE.

Le 15 avril dernier, un spectacle son et lumière assez unique a été offert par Dany Janvier (sous son nom d’artiste de Biobazar) et ses comparses Christian Laflamme (percussions) et Dominik Gagnon (ordinateur et synthétiseur).

L’ambiance pré-spectacle de la salle du Centre culturel Pauline-Julien de Trois-Rivières (secteur Cap-de-la-Madeleine) est plutôt unique. L’exposition des étudiantes et étudiants en arts de l’UQTR accompagnant la salle, les matelas remplis de sables et la décoration donnaient l’impression d’une fête dans un jardin de cour arrière pendant une journée de fin d’été. Ainsi, bien installé sur un des matelas, j’ai pu me laisser aller pour un léger roupillon. Avant le spectacle, bien entendu ! Les gens présents semblent déjà en terrain conquis, puisque plusieurs d’entre eux connaissent l’œuvre de Biobazar et/ou l’ont déjà vu en prestation sur scène.

Le début du spectacle se fait tout doucement, avec des sons d’oiseaux et le bruit d’une cloche asiatique formée par deux pièces d’automobile. Devant la scène se trouve un assemblage de toiles blanches semi-opaques servant d’écran projecteur, dont les images sont diffusées par Daniel Delisle, responsable également du montage vidéo. Sur les toiles sont projetées en premier lieu ce qui semble être des gouttes d’eau/molécules.

Au fur et à mesure que le spectacle progresse, de nombreuses images se défilent, reviennent, surviennent, surgissent, surprennent, épatent : pylônes électriques tournant à haute vitesse, figurines évoquant un champ de bataille, poisson dans un aquarium, arbres, etc. servent de trame visuelle. Quant à la musique, dont plusieurs pièces sont issues de la discographie de Biobazar (notamment de son dernier album, l’excellent Paréidolie), elle se complexifie au fur et à mesure que la soirée avance. Les notes électroniques, allant vers le trip hop, l’industriel ou l’electronica par exemple, font équipe avec des sons plus organiques, comme une batterie présente sur scène ou des cris tribaux.

Le duo musique/projection est efficace. Il permet au spectateur/spectatrice de prendre part à un voyage assez inusité. L’univers peut sembler très étrange tel que décrit ci-haut. Toutefois, les images diffusées évoquent tantôt l’émerveillement, la nostalgie ou l’étonnement. La musique, qui n’aurait pu être ici qu’une banale trame sonore, amplifie l’immersion et possède son identité propre. Ainsi, les images et les sons se nourrissent mutuellement (et non se cannibalisent, nuance !).

Bien que Dany Janvier admet en fin de spectacle que lui et son équipe ne « [savaient] pas dans quoi [le groupe] s’en allait », on peut dire qu’ils ont réussi à mener la barque à un projet complexe. Une proposition qui aurait pu être incohérent et trop éclaté si le talent et l’effort n’y étaient pas.

Les photos sont une gracieuseté de Véronique Bouchard