[FESTIVAL] 10 choses à retenir du 34e Festival de la chanson de Tadoussac

Comme la plupart des festivaliers qui se trouvaient à la 34e édition du Festival de la chanson de Tadoussac, notre équipe a fait le plein de musique, de découvertes, d’émerveillement et de fête dans le décor bucolique de la ville maritime. Retour sur cet expérience intense et sur ce qui en est ressorti. 

Pour suivre notre épopée en détails, vous pouvez aussi lire les comptes-rendus du jour 1, jour2-découvertes, jour2-soir, jour3 et jour4

1 – Nos coups de cœur

Le Couleur / Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

L’équipe (de deux) est unanime : la musique poétique et le charme de Sarah Toussaint-Léveillée sur scène nous ont absolument envoûtés. Pour ma part, j’ai aussi fait l’heureuse découverte de Sages comme des Sauvages, un groupe européen aux sonorités métissées et colorées. Leur contagieuse bonne humeur a aussi contribué à l’expérience. Finalement, il faut souligner la qualité de la performance de Le Couleur, qu’on connaît déjà, et ce en particulier après de nombreux changements de programme quant à leur spectacle.

 

2 – On s’y attendait, mais…

Daniel Bélanger et Les Hôtesses d’Hilaire ont aussi été des moments forts du festival pour nous. Ces deux spectacles sont venus nous chercher à leur façon par leur intensité.

 

3 – Une panoplie de styles musicaux

Menoncle Jason / Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

D’un spectacle à l’autre, on pouvait facilement passer de la pop dansante au rock alternatif ou encore de la musique du monde au country. Cette cohabitation des styles que permettait la programmation du festival en rendait l’expérience beaucoup plus riche.

 

4 – Le public était au rendez-vous

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Ludvig Germain Auclair

Je retiens la présence du public, autant quantitativement que qualitativement, comme étant l’un des éléments marquants de cette année. Parmi les spectacles qu’on a couverts, il n’y en a pas eu plus d’un ou deux qui n’ait pas attiré assez de monde pour avoisiner la pleine capacité de chaque salle. Jeune ou moins jeune, le public était toujours au rendez-vous, ce qui a largement contribué à l’ambiance chaleureuse que j’ai pu retrouver presque à chaque fois.

 

5 – La présence sur scène des artistes

Samuele / Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Que ce soit Émile Gruff avec ses anecdotes, Samuele qui confronte son public avec le sourire, Lydia Képinski ou La Bronze avec leur attitude, Sarah Toussaint-Léveillée avec son charisme un brin loufoque ou encore Serge Brideau des Hôtesses d’Hilaire avec ses grands discours sur le féminisme juste avant Boule Boule, il semblerait que les artistes émergents de la 34e édition aient presque tous eu leur façon bien à eux d’animer les foules. Grâce à cela, on a pu non seulement apprécier de la bonne musique, mais aussi d’excellents shows. Chapeau à ces artistes qui n’attendent après personne pour assumer leur musique et leur univers !

 

6 – Les aléas de la température

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Météo obligeant, on a vu peu de spectacles sur les deux scènes extérieures aménagées par le festival, et ce bien que le soleil se soit pointé le bout du nez plus d’une fois au cours de la longue fin de semaine. Ça n’a pas été un plus grand mal, étant donné que cela a permis le déplacement de quelques spectacles au charmant Café du Fjord, où les chemins d’écriture et Sages comme des Sauvages ont trouvé l’atmosphère intime qui leur convenait.

 

7 – Un festival pédestre

Étant donné la distance entre les scènes et la façon dont la programmation était faite, on était amenés à se promener beaucoup dans la ville pour attraper les spectacles au vol. Et c’est tant mieux, puisque Tadoussac nous offrait un décor magnifique dans lequel se promener pendant le festival. On aurait peut-être même aimé que le festival nous amène à découvrir encore plus de petit lieux sympathiques et inusités.

ZeRadcliffe Fanfare / Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

 

8 – Opportunités de découverte

Lorsqu’on a regardé la programmation au moment de sa sortie, on a surtout retenu les noms des artistes qu’on connaît bien : Les Deuxluxes, La Bronze, Les Hôtesses d’Hilaire, Saratoga, Bernhari, Louis-Jean Cormier et j’en passe. Cependant, il est vrai que ce festival a aussi apporté son lot de découvertes finalement.

Maxime Auguste / Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

D’une part, les spectacles regroupés sous le nom de Les Alliances offraient une belle formule pour nous introduire à de nouveaux artistes. Même si on en connaissait plusieurs, on a notamment pu découvrir avec intérêt Maxime Auguste et s’émerveiller à nouveau devant le talent des Samuele et Lydia Képinski de ce monde.

D’autre part, les chemins d’écriture étant particulièrement intéressants cette année, ils nous ont fait retenir quelques noms. Lou-Adriane Cassidy, MCC et Simon Daniel, que je ne connaissais pas, ont d’ailleurs particulièrement retenu mon attention.

 

9 – On est tristes d’avoir manqué

The two Birdz et Gab Paquet au Gibard, Saratoga sous le chapiteau Desjardins ainsi que Les Deuxluxes au Site Belle Gueule.

 

10 – Pensée insolite

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Qu’est-ce que Matt Holubowski, Samuele, Sarah Toussaint-Léveillée, Sages comme des Sauvages et d’autres encore avaient en commun ? Ils ont tous utilisé au moins à une reprise le ukulele : est-ce un instrument dont la popularité serait en recrudescence ? Il y a là matière à réflexion !

 

 

Le festival en photos  

Par Ludvig Germain Auclair

 

 

[FESTIVAL] 34e Festival de la chanson de Tadoussac, jour 4 (2 juillet 2017)

Plus les jours avançaient, plus notre expérience festivalière se transformait en parcours du combattant. Cumulant plus de belles découvertes que d’heures de sommeil, Ludvig Germain Auclair et moi-même avons pour une dernière fois couru de scène en scène dans le décor bucolique d’une Tadoussac ensoleillée. Compte-rendu d’une journée de clôture forte en émotions.

 

Spectacle surprise – Scène Hydro-Québec

On était heureux de retrouver Le Couleur à 13h ainsi que La Bronze à 15h dans le cadre des prestations surprises, étant donné que leur spectacle matinal aux Dunes avait été annulé. Encore une fois, nombreux sont ceux qui furent au rendez-vous.

Crédit Photo: Ludvig Germain Auclair

Les membres de Le Couleur se sont d’abord frayé un chemin à travers leur panoplie d’instruments (percussions diverses, claviers, synthés…). Cela n’en prend pas moins pour rendre vivante leur disco-pop éclectique et accrocheuse. Pigeant dans les années 60 à 80 sur le plan des sonorités et des styles, les deux percussionnistes, le claviériste/bassiste et la chanteuse créent une musique qui – en plus d’être recherchée et vivante – fait irrésistiblement succomber à la fièvre de la danse. La preuve, c’est que vers la fin de leur set même les spectateurs les plus timides s’étaient levés pour nous montrer leurs meilleurs moves – qu’ils les aient appris tout récemment ou directement dans les années disco. Chapeau au groupe qui a livré une performance énergique : on se serait cru dans un club italien au paroxysme d’une soirée bien avancée.

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

La Bronze a pris la relève vers 15h. Véritable boule d’énergie, la chanteuse Nadia Essadiqi own la scène avec sa personnalité assumée et son attitude chaleureuse. Sa musique, assurée par les excellents musiciens Clément Leduc (claviers) et Francis Brisebois (a.k.a. Funklion, à la guitare), est aussi percutante qu’accrocheuse. On a pu entendre des titres des deux disques du groupe, au son desquels le public tapait des mains ou se laissait aller à hocher la tête. Visiblement, ça le démangeait de danser une fois de plus, puisque tous se sont levés à la demande du groupe pour Rois de Nous, pièce titre de son dernier album.

Il serait scandaleux de passer sous silence la contribution Simon Lévesque au son. Débarqué directement de Montréal avec Le Couleur, il a permis aux deux groupes de livrer un groove de qualité en maniant habilement les platines.

 

Wallace – Chapiteau Desjardins

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Originaire de Sète, petite ville du sud de la France, Wallace a su mettre de la joie dans les cœurs de ceux qui s’étaient présentés à leur spectacle de 19h. Le trio amalgamait la chanson française et le manouche – mais aussi l’électro et le rock. En plus d’être original, ce mélange complétait bien l’univers à la fois éclectique et senti du chanteur : on changeait de style comme on passait des baleines aux souvenirs de vagabonds.

 

Daniel Bélanger – Scène Québécor

Ce n’est pas sans difficulté que je peux parler du spectacle de Daniel Bélanger, puisque ce moment a tenu du rêve du début à la fin. En pigeant généreusement dans le répertoire précédant Paloma, son dernier opus, Bélanger a fait plaisir à un public qui était déjà conquis. Lui aussi, il semblait heureux d’être présent parmi nous : son enthousiasme transparaissant derrière le ton candide de ses interventions.

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Plusieurs moments forts se sont détachés du lot. Les pièces Fous n’importe où ou encore Parapluie sont à compter parmi celles qui se sont démarquées, mais le paroxysme de la soirée a malgré tout pris forme pendant Rêver mieux, alors que le public mêlait sa voix à celle, inimitable, de l’auteur-compositeur-interprète.

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Pendant que la musique nous transportait ailleurs, les musiciens faisaient des pieds et des mains – littéralement – pour insuffler la vie à cette chimère majestueuse. Il était d’ailleurs impressionnant de voir le percussionniste et multi-instrumentiste Alain Quirino à l’œuvre, et ce tout particulièrement lorsqu’il maniait le Theremin pendant Intouchable et immortel. Acolyte de Daniel Bélanger depuis maintenant près de 15 ans, il a su rendre honneur à sa réputation de virtuose.

 

Gab Paquet – Le Gibard [OFF]

Trop tard, nous avons appris que pendant qu’on perdait la tête avec Daniel Bélanger, Gab Paquet enflammait le Gibard. On n’est même pas arrivés à temps pour la dernière goutte de ce suave élixir ! Qu’à cela ne tienne, nous sommes retournés faire la fête avec Les Hôtesses d’Hilaire qui clôturaient officieusement la soirée à l’auberge de jeunesse de Tadoussac.

 

Les Hôtesses d’Hilaire – Site Belle Gueule

On n’a vraiment pas regretté notre décision, parce que c’est une expérience complètement différente de la veille qui nous attendait auprès du groupe acadien. Les Hôtesses d’Hilaire avaient prévu le coup : nouvelle robe, nouvelles interventions tout aussi naturelles et efficaces avec le public, nouveau set. On a même pu entendre C’est Glen qui l’a dit, que le groupe semble garder pour les occasions spéciales.

Le public, lui aussi, vibrait différemment de la veille au son du rock prog psychédélique du groupe. C’était peut-être le manque de sommeil, mais au lieu de s’agiter dans tous les sens il se tenait plus calme – non sans quelques soubresauts – et écoutait activement. L’ambiance permettait de bien se concentrer sur la qualité de la musique des Hôtesses d’Hilaire, ce qui est parfois plus difficile quand on se pitche partout.

Les musiciens se sont d’ailleurs surpassés en ce dernier spectacle (le troisième en trois jours, faut-il le rappeler ?). MDMA ainsi que Hilaire à boire ont été le terrain de jeu dans lequel ils se sont déchaînés dans des parties instrumentales largement improvisées et parfaitement calibrées pour prolonger la tension jusqu’aux finales extatiques. Sérieusement, et terminons notre ultime compte-rendu tadoussacien là-dessus, si tous les hommes savaient faire l’amour comme les Hôtesses savent jammer, il n’y aurait plus aucune femme insatisfaite au lit.

[FESTIVAL] 34e Festival de la chanson de Tadoussac, jour 3 (1er juillet 2017)

On atteignait samedi dernier le cœur de la 34e édition de festival de la chanson de Tadoussac. Au menu, plusieurs spectacles aussi alléchants les uns que les autres. En attendant d’être dotés du don d’ubiquité, nous avons sillonné sans relâche les rues de Tadoussac en quête de découvertes musicales et d’émotions fortes. On a parfois pu régaler pleinement notre appétit, et parfois on devait écourter le plaisir pour voler vers la prochaine destination. Compte-rendu d’un buffet de bouchées musicales qui a su égayer cette journée pluvieuse. 

Joseph Edgar – Chapiteau Desjardins

Par Ludvig Germain Auclair

Joseph Edgar – Photo : Ludvig Germain Auclair
Bien connu de par le succès radiophonique qu’est Espionne russe, le natif de l’Acadie Joseph Edgar nous a servi une prestation digne de ce nom samedi soir au chapiteau Desjardins. Un spectacle acoustique qui constituait d’ailleurs une première pour lui, qui d’habitude se présente avec un attirail instrumental « rock électrique ». Cela n’a en rien altéré sa prestation, qui se voulait charismatique et qui dégageait une force sonore digne de ce nom.

Outre son titre Espionne russe, Joseph Edgar nous a choyés avec d’autres chansons de son répertoire moins connues mais qui se voulaient tout aussi puissantes, que ce soit par son accent acadien bien assumé ou ses jeux de guitares énergiques, merveilleusement soutenus par l’accordéoniste (Geneviève Toupin)  et le contrebassiste (Alex Pépin). Le public a été vite ravi par le talent et la présence scénique du trio acoustique, qui a livré une performance peut-être un peu courte, mais certes appréciable. Un spectacle qui méritait d’être vécu et qui donne envie de répéter l’expérience « Joseph Edgar ».

Sages comme des Sauvages – Café du Fjord

La prestation de Sages comme des Sauvages – un duo coloré et exotique venu tout droit d’Europe – a mis dans le cœur du public le soleil qu’il n’y avait pas dans le ciel. Ce dernier, qui remplissait à rebord le Café du Fjord, s’est montré enthousiaste et très participatif face aux deux oiseaux colorés. Derrière les musiciens, une panoplie de petits instruments à cordes (violon, mandoline, ukulélé, guitare) que manipulait savamment Ismaël Colombani. Ava Carrière, pour sa part, s’occupait d’assurer le rythme à coup de pied ou de tambourin. Le duo chantait aussi à parts égales, en harmonie, ensemble ou en contrepoint, ce qui donnait un résultat très complet pour si peu d’individus.

Leur musique métissée s’inspire de sonorités pigées un peu partout dans le monde : en les écoutant, on a l’impression que la chanson française perce à travers des myriades de couleurs indiennes, orientales, gitanes, latines, mais surtout créoles. Tout pour nous apprendre à nous faire danser sur nos chaises, comme l’a dit la chanteuse à la blague. Sages comme des Sauvages ont d’ailleurs rendu justice à cet univers éclaté avec leur performance assumée et leur agréable présence sur scène.

Urbain Desbois – Chapiteau Desjardins

Urbain Desbois – Photo : Ludvig Germain Auclair
On a attrapé quelques pièces d’Urbain Desbois entre deux spectacles. Véritable personnage, il était agréable à écouter autant dans ses pièces que lorsqu’il interagissait avec le public. On a eu droit à diverses anecdotes et petites histoires ludiques – où peut-il bien aller chercher ça ? On pouvait aussi se poser la question quant à ses thèmes, qui rassemblés lui font un univers éclaté qui parle autant des sortes de pain que des hommes qui soulèvent 40 000 tonnes.

Ses chansons blues rock s’avéraient être musicalement solides grâce au talent de ses musiciens : Philippe Dussault (guitare), Michel Dufour (batterie) et Annick Beauvais (basse). Les paroles sont aussi teintées de son humour intelligent, ce qu’on pouvait notamment constater sur Survicissitudes. Cela semble avoir fait plaisir aux spectateurs rassemblés sous le Chapiteau Desjardins, qui n’ont pas manqué d’exiger un rappel.

Matt Holubowski – Scène Québecor

Matt Holubowski – Photo : Ludvig Germain Auclair
Décidément, cette 34e édition du Festival aura été l’année des salles combles. Les bancs de l’Église étaient en effet bien remplis pour accueillir Matt Holubowski. Parfois en solo, souvent accompagné de ses quatre musiciens (guitare, batterie, violoncelle, contrebasse), l’artiste a présenté des pièces tirées de ses deux albums : Ogen, old Man (2014) et Solitudes (2016).

Matt Holubowski a tôt fait de nous absorber dans son monde teinté de rêve et de mélancolie. Tel qu’il l’a recommandé dans l’une de ses chaleureuses interventions, on a pu tout simplement rentrer dans notre bulle et nous laisser porter par son indie-folk-pop. Timides, quelques sonorités blues délavé ressortaient parfois dans une touche d’harmonica ou dans les effets de la guitare. L’ensemble était bien équilibré et bien exécuté.

Pour couronner le tout, la voix soul et indie de Matt Holubowski montrait tour à tour sa douceur et son amplitude. On l’a senti sortir parfois des sentiers battus, notamment dans ses quelques titres en français ou encore sur Wild Drums, et on aurait voulu sentir plus de pareils dérapages.

Soucy – Gibard [OFF]

Soucy – Photo : Ludvig Germain Auclair
Avant d’aller aux Hôtesses d’Hilaire, on a fait un détour par le Gibard pour écouter Soucy, une formation qui a beaucoup fait parler les festivaliers depuis sa première prestation dans le cadre du OFF du festival. Encore une fois, on n’était pas surpris de trouver le petit bar du bord de mer bondé de monde.

Les musiciens s’exécutaient malgré le bruit et ont livré une performance aussi travaillée que déjantée. Soucy, c’est d’abord un chanteur-diva au charisme sombre et déstabilisant. C’est ensuite ses trois acolytes tout aussi comédiens : deux choristes/danseurs et un claviériste, qui fait aussi office de tête de Turc lors des interventions foisonnantes du chanteur. Ensemble, avec leurs costumes, ils avaient vraiment des gueules de super vilains, ceux qu’on finit par apprécier plus que les héros !

La musique, quant à elle, semblait sortir tout droit d’une comédie musicale de style cabaret à la chicago. Paraît qu’ils ont aussi un set beaucoup plus dansant, mais on a dû s’esquiver avant la fin ! De quoi faire passer le fiel de leurs thèmes dérangeants avec un peu de miel-pop.

Les Hôtesses d’Hilaire – Site Belle Gueule

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Ludvig Germain Auclair
Vers minuit, nombreux sont les festivaliers qui ont convergé vers le Site Belle Gueule pour voir et entendre Les Hôtesses d’Hilaire (quoi de mieux pour fêter le Canada tous ensemble!?). Et malgré leur passage à Petite-Vallée la veille (sans compter le voyagement), les musiciens ont donné tout un spectacle. Avec les interventions et la robe de Serge Brideau, les chansons rock-prog comico-engagées néo-brunswickoises, les solos et parties instrumentales généreuses, le groupe a su tenir le public en haleine jusqu’à la toute fin.

L’effet a été presque immédiat. Dès la deuxième ou la troisième pièce on a sauté, on a dansé, on s’est poussés, on est tombés, on s’est fait relever, on s’est débattu joyeusement dans les mêlées au son des nombreux hits du groupe : MDMA, Super Chiac Baby, Machine à bière, Fais Faillite (pour laquelle les Deuxluxes sont remontés sur scène), Regarde-moi, et j’en passe.

Le groupe a aussi présenté une nouvelle pièce, qui figurera sur son prochain album. Tout aussi juteuse, tout aussi énergique (mais aussi country), Acadie fut une belle découverte. L’apothéose a eu lieu sur Hilaire à boire, qui s’est étirée encore et encore dans la partie instrumentale.

Les spectateurs en ont redemandé pour un ultime rappel. On a senti que le public était prêt à en prendre d’avantage, et que les Hôtesses auraient encore pu en donner, mais toute bonne chose ayant une fin il fallait laisser la place aux autres artistes. On gardera de cette soirée d’heureux souvenirs d’ivresse, et aussi une couple de vers d’oreille.

[FESTIVAL] 34e Festival de la chanson de Tadoussac, jour 2 (30 juin 2017) : parcours découvertes

Le visage changeant de la météo n’a pas découragé les spectateurs hier tandis que se déroulait la première journée complète de festivités. À travers la vaste sélection de possibilités musicales, on a choisi d’axer notre parcours autour de la découverte musicale. Compte-rendu des deux vitrines de découvertes du festival : les chemins d’écriture et les alliances d’Hydro-Québec. Si vous les avez manqués, tous ces artistes jouent à nouveau aujourd’hui.

Les Alliances : 13h à 17h à l’Espace pro

Les chemins d’écriture : 15h au Café du Fjord

Un autre article à paraître sur les spectacles de la soirée !

Les Alliances – Scène Hydro-Québec

Cette année, ecoutedonc.ca a eu la chance de présenter au public les cinq artistes qui se succédaient en après-midi sur la scène extérieure d’Hydro-Québec. Portant ensemble le nom de Les Alliances, les sets d’une quarantaine de minutes chacun nous ont permis un rapide tour d’horizon des différents univers de ces auteurs-compositeurs-interprètes. Bien installés dans nos chaises, on s’est laissé porter par cet air de découvertes.

13h – Émile Gruff

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Déroutante un brin, authentique et chaleureuse. La musique d’Émile Gruff est à son image. Entre les pièces, il discute avec un public rapidement conquis, qui gardera d’ailleurs le sourire aux lèvres tout au long de la performance. Pendant qu’il joue, avec ses deux acolytes, il chante son quotidien (celui de ses enfants, de ses chums de gars) et sa guitare l’accompagne.

Tout était en place pour installer une ambiance décontractée, ce qui allait bien avec le petit soleil d’après-midi. Décidément, il n’y avait pas de meilleure façon de briser la glace ! Le chansonneur a terminé avec sa trilogie de Baie-Saint-Paul, un ensemble de pièces racontant son épopée de déménagements et qui ne manque pas moins d’humour que le reste de son répertoire.

14h – Laurence-Anne

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Le ciel s’est assombri vers 14h et le vent a pris un fond frais. La pluie menaçait de tomber, mais finalement la météo n’a fait qu’aider la foule à se plonger dans l’univers plus sombre de Laurence-Anne. Accompagnée au clavier, à la voix et aux «machines» par Noémie De Lorimier, elle a égrené ses compositions électro-folk les unes après les autres.

Rapidement, on a pu saisir pourquoi elle qualifie sa musique de folk mystère : les champs lexicaux exploités entraient parfois dans le domaine de l’étrange tandis que les harmonies donnaient une teinte onirique à l’ensemble. Les notes graves dominaient à la guitare tandis que la voix vaporeuse de Laurence-Anne s’envolait vers les aigües.

15h – Samuele

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Sous les premières gouttes de pluie Samuele a pris la relève. Elle n’avait pas peur de la pluie, pas plus que du monde qu’elle confronte le sourire aux lèvres. Avec le mordant qu’on lui connaît, elle a présenté les pièces de son premier long jeu sorti en avril dernier : Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent. Le contrebassiste Alex Pépin complétait le portrait tantôt en assurant le rythme, tantôt en complétant la mélodie à l’archet.

La prestation de l’auteure-compositrice-interprète a eu un effet électrifiant sur la foule, qui se laissait porter autant par son énergie débordante que par la force des mots qu’elle nous balançaient sous forme de slam, entre les pièces. En touchant à des sujets de son univers musical, ces poésies urbaines avaient de quoi renverser.

16h – Maxime Auguste

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Maxime Auguste a pris la relève et l’atmosphère a encore été transformée. On s’est retrouvés au calme, au chaud malgré les nuages, comme autour d’un feu de camp. En formule réduite, il était accompagné par Philippe Caron Turbide au clavier et à la voix alors qu’ils se partageaient les percussions. Armé d’une guitare l’auteur-compositeur-interprète déballait ses chansons country-folk honnêtes aux textes à la fois ludiques et touchants.

Les interactions entre les musiciens et le public se sont aussi faites sous le signe de la bonhommie. Maxime Auguste présentait son univers, ses thèmes et ses chansons, qui revêtent toutes une couleur unique. Le public écoutait attentivement et son enthousiasme timide est vraiment ressorti lors de Mon équipe, alors que l’artiste nous a fait tous collaborer pour crier ensemble.

17h – Lydia Képinski

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Le soleil est ressorti juste à temps pour la prestation de Lydia Képinski. Il a attiré avec lui un maximum de spectateurs, comblant les espaces derrières les chaises et les transats installés pour l’occasion. En formule trio, l’artiste a fait d’emblée s’envoler son électro-pop franco aux tranchants rock.

Plus que réjoui, le public a semblé être impressionné par la musique de Lydia Képinski. Ses arrangements travaillés ainsi que ses textes poétiques ont la particularité de sortir du lot dans un style qui est beaucoup exploité de nos jours. On ne peut pas comparer Lydia Képinski à quelqu’un d’autre : c’est ce qui fait la force de sa musique. Il faut aussi dire que sa reprise unique de Les temps fous a su lui gagner quelques admirateurs.

Même si on la connaît plutôt bien (allez chercher son nom dans notre site web, pour voir), on a eu la belle surprise d’un set où les chansons inédites dominaient. On a pu entendre ou réentendre des titres tels que Les routes indolores (qui ne me sort plus de la tête) ou encore Pie IX. Titres qui, on l’espère, sont le présage d’un éventuel album complet.

Les chemins d’écriture – Café du Fjord

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

La température ayant épargné Les Alliances, elle a cependant fait opérer ensuite une sorte de magie différente: c’est donc bien à l’abri dans le Café du Fjord, la pluie battant contre les vitres, qu’on a assisté à la performance conjointe des huit artistes émergents des chemins d’écriture.

Cette quinzième édition se faisait nouvellement dans le cadre de Destination chanson fleuve, un parcours qui réunissait déjà depuis près d’un mois les auteurs-compositeurs-interprètes dans différents ateliers et spectacles ayant lieu à Montréal, Québec, Tadoussac et à Petite-Vallée. Cela a sans doute contribué, avec l’aspect intimiste du café, à créer cette atmosphère chaleureuse qui régnait autant entre les artistes que dans le public.

Se succédant les uns aux autres, chaque fois largement encouragés par le public, les artistes ont présenté tantôt des compositions solo, tantôt des duos. Ils s’entraidaient, se passaient le micro et s’accompagnaient à divers instruments. On les sentait très soudés, comme nous l’expliquait leur présentateur. Les artistes nous ont ainsi respectivement fait plonger dans leurs mondes dans une panoplie de styles qui ratissaient bien large.

On a pu apprécier la poésie imagée et la guitare rythmée de Simon Daniel. Les compositions d’Étienne Fletcher nous transportaient loin sur la route ou dans nos souvenirs. Marie-Claudel Chenard (a.k.a. MCC) nous a impressionné avec sa voix claire, son jeu de guitare élaboré et son univers original. Rose Bouche brodait des envolées vocales travaillées sur fond de pop sentimentale. Les chansons légères de Boule nous racontaient l’été de Normandie et ses altercations avec les bouffeurs de pizza. La voix grave et traînante de Lou-Adriane Cassidy se mariait à la perfection à celle, vaporeuse, de Laura Babin. Il y avait aussi un dialogue entre leurs univers, chargé en émotions pour le premier et riche en poésie pour le second. On a retrouvé un Juste Robert heureux de partager son univers inexplicablement touchant avec de jeunes passionnés.

Bien rodés, les musiciens ont enchaîné le tout sans anicroche et le résultat d’ensemble s’est avéré impressionnant. Définitivement, la cuvée 2017 des chemins d’écriture était remarquable, et on se doute que la camaraderie entre les recrues y soit pour quelque chose.

[FESTIVAL] 34e Festival de la chanson de Tadoussac, jour 1 (29 juin 2017)

Le Festival de la chanson de Tadoussac a lancé hier soir sa 34e édition sous le signe de la réjouissance. Spectacles intérieur comme extérieurs ont su faire danser les festivaliers jusqu’au petit matin. Suivez le parcours qu’a fait notre équipe en ce jour 1 et découvrez ce qu’on vous recommande pour la suite !

Les Cowboys Fringants – Scène Québecor

Crédit Photo: Ludvig Germain Auclair

On avait enlevé presque tous les sièges au Presbytère de Tadoussac pour accueillir ce groupe qui n’a plus besoin de présentation. Les sept musiciens ont fait leur apparition sous les clameurs d’un public très nombreux, mais surtout enthousiaste. On était prêt pour une grosse soirée.

Les Cowboys ont livré d’emblée la marchandise en commençant avec des morceaux cultes tels que La Manifestation et La Reine. Exprimant à quelques reprises leur joie d’ouvrir pour le Festival de la chanson, ils l’ont maintes fois démontrée à travers leur énergie contagieuse et leur impressionnante intensité.

Crédit Photo: Ludvig Germain Auclair

Avec un répertoire qui s’échelonne sur maintenant 20 ans et la renommée du groupe en sa terre natale, il n’est pas étonnant qu’un moment fort n’en ait pas attendu un autre. On peut notamment souligner l’énergie qui se dégageait de la foule pendant Ti-Cul ­(le parterre au complet sautait avec la même fougue que les musiciens). Les pièces comme Plus rien, pour leur part, savaient amener leur lot de frissons.

Après deux généreux sets, le groupe a terminé avec un triple rappel pendant lequel on a pu entendre la festive Le shack à Hector autant que la touchante Les étoiles filantes.

Samito – Site Belle Gueule

On s’est rapidement déplacés à l’auberge pour attraper le spectacle de Samito. En compagnie de ses trois musiciens, il a graduellement installé une ambiance chaleureuse et dansante avec ses rythmes exotiques.

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Samito pouvait compter sur un bassiste et un batteur efficaces ainsi que sur les généreux solos de guitares de son autre acolyte. Passant de l’anglais à d’autres dialectes avec fluidité, le chanteur troquait aussi parfois son micro pour un synthétiseur le temps d’une envolée instrumentale. Tiku la hina s’est avérée être le moment fort de la soirée, la pièce ayant visiblement déjà fait son chemin jusqu’aux oreilles des spectateurs auparavant.

Résultat : une musique électro-pop qui amalgamait à parts égales les influences américaines et africaines. Tout pour plaire au public toujours grandissant et prêt à interagir avec le chanteur en dansant ou dans son jeu d’appel et réponse.

Carotté – Site Belle Gueule

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Sur fond de bruits de scie, les six musiciens de Carotté sont arrivés dans leurs habits traditionnels trafiqués : ceinture fléchée, chemises carreautées et raquettes étaient au rendez-vous. Célébrant les racines québécoises en y mêlant de fortes tendances punk – ou c’est peut-être le contraire – le groupe réunit selon leurs dires des traditions qui partagent avant un goût prononcé pour la fête. Le tout a donc permis au public des cowboys de continuer sur leur lancée et de se bousculer joyeusement.

Ils ont farfouillé dans notre vaste répertoire pour en sortir en en trafiquer nombre de chansons à répondre, de thèmes qui nous sont chers («la bièèèère !», par exemple) et d’histoires de lac ou de chalet. Dans le fond musical, le trio guitare-basse-batterie rencontrait le banjo, le violon de violoneux et la planche à laver. De quoi donner envie de danser le rigodon en se pitchant partout !

À surveiller en ce vendredi 30 juin

Après une soirée qui nous a bien réchauffés pour la suite, place à une journée riche en découvertes. Entre 13h et 18h, on aura la chance de rencontrer les différents artistes participant au spectacle Les Alliances. Ce sera l’occasion de découvrir des artistes à surveiller tels que Laurence-Anne ou encore Maxime Auguste ou encore de retrouver quelques coups de cœur (on ne parle surtout pas de Lydia Képinski).

Ceux qui voudront poursuivre dans la découverte pourront enchaîner avec Les chemins d’écriture, spectacle de huit artistes émergents regroupés à Tadoussac dans le cadre d’une formation en écriture de chanson. Pour les amateurs de folklorique qui voudront pousser plus loin leur trip, il y aura dès 19h un projet éclaté regroupant chansons et contes traditionnels et portant le nom de Le Trésor d’Édouard Hovington.

La soirée offrira ensuite une panoplie de styles allant du country néo-brunzwickois (Menoncle Jason) au folk-pop (Sarah Toussaint-Léveillé) pour finir avec un véritable gros pâté (party) pendant lequel le rap québ de l’Osstidtour renversera le sous-sol de l’Église.

[Programmation complète ici]

Photos – 29 juin 2017

10 artistes à découvrir (ou à redécouvrir) au Festival de la chanson de Tadoussac.

Tadou commence aujourd’hui! Un des plus vieux festivals de musique au Québec qui réussit, bon an, mal an, à offrir ce qu’il y a mieux en chanson d’ici (et d’ailleurs). Des valeurs sûres, bien entendu, mais aussi un paquet d’artistes pour celles et ceux qui aiment sortir des sentiers battus.

Oui, bien sûr, y’a plein d’artistes qu’on aime déjà beaucoup dans cette programmation : BernhariCayoucheDamien RobitailleDaniel Bélanger, Joseph EdgarKarim OuelletAlaclair EnsembleBrownLa BronzeLe CouleurLes Cowboys fringants, Les DeuxluxesLes Hôtesses d’HilaireLouis-Jean CormierLuc De LarochellièreLydia KépinskiMatt HolubowskiPatrice MichaudSamueleSarah Toussaint-LéveilléSaratoga et Vincent Vallières vont faire briller les yeux des festivaliers, certains deux fois plutôt qu’une. On le sait déjà et vous le savez également si vous nous suivez régulièrement.

Cependant, la programmation du Festival de la chanson de Tadoussac est remplie d’artistes et de groupes que vous connaissez peut-être un peu moins, mais qui méritent qu’on y jette un coup d’oeil et qu’on y tendent l’oreille. Aujourd’hui, nous vous en présentons dix.

Juste Robert

Juste Robert – Photo : Jacques Boivin

Juste Robert, c’est le projet musical du sculpteur Jean-Robert Drouillard, qui propose des chansons rock intenses, qui chamboulent et virent le coeur à l’envers et à l’endroit. Vous n’avez qu’à écouter l’album Des autoportraits pour vous en convaincre. D’ailleurs, l’album faisait partie de mon top 2016, et ce n’est pas pour rien! Que ce soit pour les guitares omniprésentes, pour la voix particulière de Drouillard ou pour la poésie des textes, vous ne serez plus les mêmes après avoir vu Juste Robert.

30 juin et 1er juillet à 19 h 30 – Scène Télé-Québec

Maxime Auguste

Maxime Auguste – Photo : Jacques Boivin

Les compositions de Maxime Auguste sont douces et feutrées. Capable de faire de l’humour autant qu’il peut être sensible, Maxime réussit à se démarquer. On l’avait vu au Cabaret Festif! de la Relève, où il avait été finaliste (aux côtés de Lydia Képinski et Gab Paquet, entre autres) et on avait trouvé son country-folk rempli d’intelligence et de finesse. À découvrir.

30 juin, 16 h – Scène Hydro-Québec
1er juillet, 13 h – Scène Hydro-Québec

Laura Babin

Laura Babin – Photo : Jacques Boivin

Auteure-compositrice-interprète de Montréal, Laura Babin propose ce qu’on pourrait qualifier de rock-grunge élégant. Elle mélange des sentiments bruts et des atmosphères feutrées. Ça donne des mélodies audacieuses, qui sortent de l’ordinaire.

30 juin et 1er juillet à 19 h 30 – Scène Télé-Québec

Carotté

Carotté. Crédit photo: Jo-Anick Lafrance-Bolduc

Le groupe punk-trad neuvillois Carotté kicke des culs et botte des derrières grâce à un savant mélange de mélodies traditionnelles et d’attitude punk. Ça rocke, mais en même temps, on a envie de faire un square dance dans le moshpit! Dans le même esprit que les Flogging Molly, mais avec une grosse fleur de lys tatouée sur les bras.

29 juin, minuit – Scène Belle Gueule
30 juin, 23 h 50 – Scène Belle Gueule

Rouge Pompier

Rouge Pompier – Photo : Jacques Boivin

Avez-vous déjà vu un show de Rouge Pompier? Si vous pensez que Jessy et Alex ne se prennent pas au sérieux (suffit d’écouter les chansons pour le croire, tu fais pas un gros grunge comme Mercredi sans avoir un peu le sens de l’humour), faut les voir sur une scène. En fait, faut les voir À CÔTÉ de la scène, parce que Rouge Pompier, ça se passe sur le parterre, avec le public autour. L’énergie se propage à 360 degrés, ce qui est parfait pour ce duo qui n’en manque pas du tout!

1er juillet, 1 h 30 – Salle Bord de l’eau

Urbain Desbois

Urbain Desbois – Photo : Éric Mongeau

Urbain Desbois roule sa bosse depuis longtemps. L’auteur-compositeur-interprète aux multiples influences peut être aussi country-folk-rock que punk-jazz. L’homme a déjà chanté qu’il était jaloux de Jean Leloup. À redécouvrir!

30 juin et 1er juillet, 20 h 30 – Chapiteau Desjardins

Laurence-Anne

Laurence-Anne – Photo : Flamme

Laurence-Anne a fait tourner quelques têtes l’hiver dernier en se taillant une place aux Francouvertes. Son folk-mystère peut prendre le spectateur par surprise (tantôt atmosphérique, tantôt tribal, toujours percussif). À notre tour de découvrir cette jeune femme pleine de talent!

30 juin, scène Hydro-Québec, 14 h
1er juillet, scène Hydro-Québec, 16 h

Lubik

Lubik – Photo : Jay Kearney

Du rock. Du gros rock. De quoi faire fondre les bancs de neige abitibiens! Le groupe déploie déjà beaucoup d’énergie dans un fichier mp3, imaginez de quoi ça a l’air quand on l’a dans notre face. Si nos dignes représentants de l’Abitibi ont l’air plogués sur le 220, vous aurez une bonne dose d’énergie vous aussi, tonne de briques à la figure en prime.

On sort de là comme le titre de leur plus récent album : vivant.

Samedi 1er juillet, minuit – Salle Bord de l’eau

Menoncle Jason

Menoncle Jason – Photo : Jim Dupuis

Un Acadien qui chante du country en chiac. Old school en sale. La barbe, le stetson pis des tounes plus country encore que tout ce que vous avez entendu. Difficile de faire plus old school que Menoncle Jason : il a enregistré son album de façon totalement analogique, sur des bandes! Mais attention, le monsieur, il a le sens de la mélodie!

30 juin et 2 juillet, 21 h – Scène Belle Gueule
1er juillet, 22 h 50 – Scène Belle Gueule

MCC

MCC – Photo : Yoan Beaudet

MCC, de son vrai nom Marie-Claudel Chénard, est une passionnée de chanson québécoise. Finaliste au Cabaret Festif! de la relève, on a pu voir tout ce qu’elle avait dans le ventre. Un folk-rock assumé, un jeu de guitare sûr, de belles mélodies, MCC sait bien doser le tout!

30 juin et 1er juillet, Scène Télé-Québec, 19 h 30

Vous êtes pris à la maison? Vous êtes à Petite-Vallée ou à Trois-Rivières? On couvre vos arrières! Ne manquez pas nos comptes rendus quotidiens pendant le Festival de la chanson de Tadoussac. Sinon, descendez à Tadou sans plus attendre! C’est ben plus le fun que de déménager!

Festivals à surveiller en 2017 – Première partie

La saison des festivals a commencé tôt cette année avec la première édition (fort réussie) de Santa Teresa. Et ça ne fait que commencer! Jusqu’à la mi-octobre, le Québec devient une terre fertile pour les festivals de musique en tous genres et pour tous publics, du méga festival qui en a pour tous les goûts au petit festival local de créneau accueillant quelques centaines de personnes.

En fait, des festivals, il y en a tellement qu’on a décidé de séparer notre article en plusieurs parties. Si certains peuvent y voir un signe de saturation, d’autres considèrent que ce n’est que l’occasion pour toutes les régions du Québec d’accueillir leurs artistes préférés (qui les bouderaient peut-être si ce n’était de ces grands événements)

Vous le savez bien, à ecoutedonc.ca, on ne pouvait pas se contenter de faire un article portant sur « sept festivals qui se tiennent dans des lieux magnifiques » ou « huit festivals attendus »… Fallait qu’on vous parle de tout le monde!

FIMAV – 18 au 21 mai – Victoriaville

Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville propose, comme toujours, une programmation éclatée pour sa 33e édition. On pourra y voir Colin StetsonBent KneeNels Cline et de nombreux autres. Le FIMAV est le festival idéal pour faire des découvertes et sortir des sentiers battus.

Pour en savoir plus : http://www.fimav.qc.ca/fr/

Pouzza Fest – 19 au 21 mai – Montréal

La saison des festivals n’est pas commencée tant que le festival punk du centre-ville de Montréal n’a pas eu lieu. Du 19 au 21 mai prochain, ce sont près de 150 groupes du Québec, du Canada et de partout au monde qui se produiront sur une variété de scènes intérieures et extérieures toutes situées à distance de marche l’une de l’autre.

Les têtes d’affiche 2017 : Lagwagon, Pup, The Flatliners et Rvivr.

Pour en savoir plus : https://pouzzafest.com/fr/

Le grand tintamarre – 1er au 4 juin – Tadoussac

Si vous aimez les petits festivals au coeur gros comme le monde, vous adorerez Le grand tintamarre. Plein de jeunes iront à Tadoussac refaire le monde en écoutant de la bonne musique (Le Winston BandJoelle Saint-PierreLes LouangesValery Vaughn), en buvant de la bière pas chère et en discutant politique et société. Une belle expérience!

Pour en savoir plus : http://www.legrandtintamarre.com/accueil

Francofolies de Montréal – 8 au 18 juin – Montréal

Le plus grand festival de musique en français en Amérique du Nord, et de loin. Pour leur 29e édition, les Francofolies proposent un éventail incroyable d’artistes de partout sur la planète et qui chantent (et rappent) dans tous les styles. Seul point commun : la langue de Charlebois!

Les spectacles payants en salle sont fort alléchants : Katerine, Yann Perreau, Klô Pelgag, Peter Peter, Pierre Lapointe, Fred Fortin, Émile Bilodeau, Bernhari, Safia Nolin, Daniel Bélanger et plusieurs autres artistes sont au programme.

Cependant, il n’est pas nécessaire de faire hypothéquer une nouvelle fois sa maison pour vivre de belles Francofolies! La programmation extérieure, qui a été annoncée récemment, est à couper le souffle.

Le 8 juin, gros spectacle pour lancer le festival avec Les Trois Accords, Dumas, Pierre Kwenders et Lydia Képinski (qui sera partout cet été). Le 11, on pourra voir le spectacle hommage à Richard Desjardins (avec tous les artistes qui figurent sur l’album – Klô pis Brach qui chantent Les Yankees ensemble? FÉBRILITÉ!). Le 12, gros spectacle de Yann Perreau avec plein d’artistes invités (dont Laurence Nerbonne… ça sent la version épique de Barcelone). Le 14, l’Acadie envahit Montréal avec la soirée Acadie Rock. Le spectacle, dirigé par Joseph Edgar, présentera des prestations de Lisa LeBlanc, Radio Radio, Les Hay Babies, Les Hôtesses d’Hilaire, Marie-Jo Thério, Les Païens et autres invités. Le 18, on fêtera le 375e anniversaire de Montréal avec un énorme spectacle auquel paticiperont entre autres Les Cowboys Fringants, Laurence Lafond-Beaulne, IAM, Ariane Moffatt, Marie-Pierre Arthur, Salomé Leclerc, Safia Nolin, Mara Tremblay, Karim Ouellet, Philippe Brach, King Abid et Tiken Jah Fakoly.

En plus de ces grands spectacles, d’autres prestations gratuites devraient vous en mettre plein les oreilles : Les Louanges, Di Astronauts, Jacques Jacobus, Mon Doux Saigneur, Lary Kidd, Les Dales Hawerchuk (qui seront partout eux aussi cet été), Shauit, Gab Paquet (en tournée mondiale!), Loud, Maritza, Mat Vezio, Lubik, Gustafson, Ponteix, Antoine Corriveau, Philémon Cimon, Louis-Philippe Gingras, Bernard Adamus, Les Indiens, Guillaume Arsenault, Bengale, Brown, Vulvets, KNLO, Sébastien Laconbe, VioleTT Pi, Amylie, Tryo, Fuudge, Barbagallo, Samuele, Chocolat, Le Winston Band, Dubmatique (!!!), Charles-Antoine Gosselin, Alaclair Ensemble… et un paquet d’autres artistes!

Alors. que vous sortiez le portefeuille ou non, si vous aimez la musique francophone d’ici et d’ailleurs, vous voudrez être à Montréal pendant les Francofolies.

Pour en savoir plus : http://www.francofolies.com

Festival folk sur le canal – 14 au 18 juin – Montréal

Depuis 2008, Montréal a son festival consacré au folk, roots et bluegrass. Cette nouvelle édition du FFCM invitera les amateurs de folk de Montréal et d’ailleurs à se réunir sur les bords du canal Lachine et à écouter les prestations de Sarah HarmerIan KellyDonovan WoodsLes tireux d’rochesBeyries et plusieurs autres. Parmi les activités spéciales, on nous promet une belle veillée au bord du canal et un spectacle hommage à Willie Nelson auquel participeront, entre autres, Joe GrassKatie MooreAndrew Horton et Thus Owls.

Pour en savoir plus : http://montrealfolkfest.com/

Wouellay Fest – 15 au 17 juin – Thetford Mines

Qui a dit qu’il ne se passait jamais rien à Thetford? Le Wouellay Fest est un festival plutôt rock qui devrait satisfaire tout festivalier en manque de décibels. Cette année, on pourra y voir Bernard Adamus, Pépé et sa guitare, Exterio, Mute, Les Dales Hawerchuk et plusieurs autres.

Pour en savoir plus : http://wouellayfest.com

Le Royal – 17 juin – Saint-Pierre (Île d’Orléans)

Événement très spécial organisé conjointement par Cassis Monna & Filles et le FME (pour célébrer leurs 25e et 15e anniversaires respectifs), le Royal aura lieu dans un cadre des plus enchanteurs (Cassis Monna & Filles). Deux scènes, six artistes qui se succèderont en alternance (question de ne rien manquer) et repas bistronomique.

Au menu musical : Aliocha, Les Hay Babies, Julien Sagot, Louis-Jean Cormier, Jesse Mac Cormack et Patrick Watson

C’est tu beau rien qu’un peu!

Pour en savoir plus : http://www.fmeat.org/leroyal/

Festival international de jazz de Montréal – 28 juin au 8 juillet – Montréal

Ce n’est pas parce que le FIJM présente une proportion de moins en moins grande de jazz qu’on va bouder notre plaisir, surtout qu’en ce moment, nous ne connaissons que les artistes en salle et nous avons déjà l’eau à la bouche.

Parmi la brochette d’artistes d’ici et d’ailleurs qui se succèderont dans les diverses salles du Quartier des spectacles de Montréal, il y a : Ariel Pocock, The Barr Brothers & Bassekou Kouyaté, Bob Dylan, The Brooks, Caravan Palace, Charles Bradley, Charlotte Cardin, Colin Stetson, Feist, Gabrielle Shonk, Groenland, Harfang, Jean-Michel Blais, Jesse Mac Cormack, KROY, Matt Andersen, Misc, Pink Martini, San Fermin, Steve Hill, Tanya Tagaq, Thievery Corporation, UZEB, Wax Tailor, Whitehorse et tellement d’autres artistes qu’on en a mal à la tête! Et la programmation extérieure n’est toujours pas annoncée!

Pour en savoir plus : http://www.montrealjazzfest.com/

Festivoix – 28 juin au 9 juillet – Trois-Rivières

Le festival urbain du coeur de la Mauricie offre une programmation pour tous les goûts, ce qui n’est pas sans déplaire aux membres de notre belle équipe de Trois-Rivières! En plus des Billy Talent et autres gros noms qui remplissent le haut de l’affiche, nos reporters et photographes ont bien hâte d’y voir Alex NevskyKarim Ouellet, Les Soeurs BoulayValaire et Qualité Motel (le même soir), Louis-Jean CormierYann PerreauThe Franklin Electric, Antoine Corriveau, Les Deuxluxes, Émile BilodeauCatherine LeducLianaGab Paquet et plusieurs autres!

Que ce soit au bord du fleuve ou au coeur du centre-ville de la capitale québécoise de la poésie, ça risque d’être un incontournable de votre été!

Pour en savoir plus : http://festivoix.com

Festival de la chanson de Tadoussac – 29 juin au 2 juillet – Tadoussac

Vous serez probablement nombreux à dire, comme nos collaborateurs, « On s’en va à Tadou! ». En plus d’un changement de date (vers des cieux plus cléments), la programmation du 34e Festival de la chanson de Tadoussac promet d’ensoleiller votre fin de semaine dans un cadre champêtre.

Parmi les artistes programmés, on retrouve, entre autres, Bernhari, Damien Robitaille, Daniel Bélanger, Dick Annegarn, Émile Gruff, Joseph Edgar, Juste Robert, Karim Ouellet, L’Osstidtour, La Bronze, Le Couleur, Les Cowboys Fringants, Les Deuxluxes, Les Hôtesses d’Hilaire, Louis-Jean Cormier, Lubik, Lydia Képinski, Patrice Michaud, Rouge Pompier, Samuele, Sarah Toussaint-Léveillé, Saratoga, Urbain Desbois et tellement d’autres que nos collaborateurs qui se lanceront dans l’aventure s’arrachent leurs cheveux à planifier leur couverture!

Il y a des passeports pour toutes les bourses!

Pour plus de détails : http://chansontadoussac.com

Festival en chanson de Petite-Vallée – 29 juin au 8 juillet – Petite-Vallée

Fort d’une association avec le Festival de la chanson de Tadoussac, le petit festival gaspésien que tant de gens aiment pour sa simplicité, sa proximité et son cadre enchanteur est de retour cette année avec une programmation éclectique qui propose Sarah Toussaint-Léveillé, Dumas, Amylie, Les Hôtesses d’Hilaire, Klô Pelgag, Les Soeurs Boulay, Catherine Major, Patrice Michaud et Vincent Vallières, Joëlle Saint-Pierre, Les Hay Babies, Louis-Jean Cormier et Matt Holubowski, Ponteix, Clay and Friends, Raton Lover et plein d’autres artistes de toutes les envergures.

Pour plus de détails : http://festivalenchanson.com/

Woodstock en Beauce – 29 juin au 3 juillet – Saint-Ephrem

Woodstock en Beauce a survécu! Et il revient en force avec une programmation plus modeste, certes, mais qui devrait plaire aux fêtards. Alaclair Ensemble, Angel Forrest, Joe Robicho, Orloge Simard, Pagliaro (en duo), RYMZ et Steve Hill sont déjà d’excellents prétextes pour faire un maudit beau party.

Pour plus de détails : http://woodstockenbeauce.qc.ca

Notre deuxième partie sera publiée très bientôt!

33ème édition du Festival de la Chanson de Tadoussac

Moins de deux mois avant le coup d’envoi du 33e Festival de la chanson de Tadoussac, l’organisation a rendu officiel sa programmation. Ce sont près de 40 artistes qui se succèderont sur les six scènes installées sur la magnifique région de Tadoussac. Pendant quatre jours, du 9 au 12 juin prochain, les festivaliers pourront s’amuser aux rythmes de légendes de la chanson tout en découvrant la crème de l’émergence.
En tête d’affiche, nous retrouvons le légendaire Plume Latraverse et Isabelle Boulay. Avec eux, Bernard Adamus, Les Sœurs Boulay, Steve Veilleux, Yann Perreau et Thomas Fersen amèneront une bonne dose de musique à Tadoussac. Le spectacle Sept jours en mai, projet inusité de Michel Rivard, Luc de Larochellière, Mara Tremblay, Éric Goulet, Gilles Bélanger et les Mountain Daisies, sera aussi présenté pour la seule fois en formule festival selon le calendrier de tournée.

Tadoussac 2016Du côté des découvertes et de la relève, Tadoussac a réussi a dégoter de belle prises avec des soirées bien rythmées incluant Busty and the Bass, Poirier, Dumas, Cherry Chérie et Laurence Nerbonne. Les amateurs de folk et de douceur seront servis avec Safia Nolin, Laura Magnan et Rosie Valland. Les rockeurs ne seront pas en reste avec Keith Kouna, qui offrira un spectacle solo, Zébulon, Pandaléon, Les Goules et Galaxie, tout deux sur le bord de l’eau (!).

Le nouveau directeur de la programmation, Marc-André Sarrault, concernant la programmation 2016 :

Cette année, pour son 33e anniversaire, le Festival fait quelques clins d’oeil au passé, a les deux pieds dans le présent et l’oreille résolument tendue vers l’avenir. L’édition 2016 caressera, surprendra, bercera, écorchera, chatouillera et satisfera les oreilles, des plus jeunes aux plus expérimentées.

L’an dernier nous avions adoré notre séjour à Tadoussac. Le festival fait vivre des moments uniques aux festivaliers. Le compte-rendu est disponible ici.

Les billets sont en vente sur le site web du festival selon divers forfaits. Le festival a lieu du 9 au 12 juin prochain, et il représente votre seule chance de voir Les Goules et Galaxie rocker sur le bord de l’eau

[ENTREVUE] à la bonne franquette : Mehdi Cayenne Club

 

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Dans le cadre du Festival de la chanson de Tadoussac, nous avons rencontré Mehdi Hamdad, noyau du groupe Mehdi Cayenne Club. Impressionnés par son spectacle, on a voulu lui poser quelques questions.

Or, comme on était à Tadoussac, une forme nouvelle d’entrevue s’imposait. À Tadoussac, beaucoup de rencontres sont spontanées, et la plupart des plans échouent… car ils sont planifiés (en tout cas, c’est ma théorie). Ainsi est née l’entrevue à la bonne franquette, où les questions sont aussi improvisées que les réponses, ce qui permet à l’entrevue d’aller dans tous les sens. C’est donc en se promenant et avec une cigarette au bec que Mehdi a commencé à nous parler de son art.

Son groupe étant fondé depuis 2009, principalement pour réaliser sur scène ses compositions, Mehdi décrit leur style éclectique comme étant du funky-punk-folk. «C’est pas vraiment du punk, c’est pas vraiment du funk non plus, pis c’est vraiment pas du folk, mais il y a des couleurs très définies de ces trois éléments-là qui se retrouvent dedans». Il y aurait aussi «quelque chose de très éclaté, autant dans le range des émotions que dans la palette sonore.» Le fil conducteur de sa musique, pourtant très hétéroclite, résiderait surtout dans la forme des pièces : des chansons courtes, concises, mais punchées.

Quand on a vu son spectacle, on peut s’étonner autant de la variété musicale que du caractère excentrique de l’artiste lui-même. Pour la musique comme pour les paroles, il semble en effet faire des alliages particuliers. C’est ainsi que, pour une de ses pièces, il a mis en musique un poème de Jacques Prévert, tout comme il avoue être influencé par ses origines nord-africaines. Or, il perçoit lui-même des éléments de ressemblance entre ces deux choses : «La sensibilité de Jacques Prévert me rejoint beaucoup. C’est vraiment drôle parce que si tu lis ce style de poésie (c’est du réalisme poétique), c’est souvent des images de la vie de tous les jours, mais qui sont transformées. Mes grands-pères en Algérie étaient des Imams, des Imams Soufi … et quand tu lis des textes poétiques de cette culture-là, les images sont très similaires aux genres de choses qui ressortent dans mes textes, et aussi que je retrouve dans Jacques Prévert, dans son écriture.»

Comme il le montre par la profondeur de sa réflexion sur ses origines, ses influences et ses textes, on peut facilement constater que l’univers exploité par Mehdi Hamdad est bien travaillé. Inspiré beaucoup par la poésie, il cherche à la mettre en musique. Parfois, cependant, il ne fait que déclamer des vers, comme on a pu le constater aussi en spectacle : «La poésie c’est une grosse partie de ce que je fais, mais je n’aime pas quand la musique est simplement un tapis pour les mots, que c’est juste quatre accords plaqués dessus. La musique dit ce qui ne peut pas être dit en mots… c’est un peu trahir la musique de juste l’utiliser comme tapis.»

Il conserve pourtant ces poèmes pour la scène uniquement, préférant réserver les disques à sa musique. D’ailleurs, lui et son groupe travaillent actuellement sur un nouvel album, à paraître en automne (dont vous pouvez écouter un extrait ici). Il assure que celui-ci sera plus posé, plus acoustique. «Bah, comparativement ! C’est sûr que c’est encore vraiment comme nous,» s’empresse-t-il d’ajouter en voyant mon air surpris (sa musique me semble très loin d’être acoustique). «C’est un peu une histoire, donc c’est plus soft,» explique-t-il. «Dans le nouvel album, tous les textes se recoupent, les champs lexicaux de chaque chanson se retrouvent… ça s’est fait naturellement.» Il ajoutait plus tôt aussi qu’on peut s’attendre à une palette sonore similaire à celle de la reprise du poème de Jacques Prévert, personnellement une de mes pièces préférées du groupe. Ce lancement d’album est donc à surveiller !

D’ici là, le groupe sera aussi en prestation le 11 juillet à Québec dans le cadre du Festival d’été. Vous pourrez les retrouver dès 12h à Place d’Youville.

PS: Lorsque je lui ai posé ma traditionnelle question «quelle question rêveriez-vous de vous faire poser en entrevue?», Mehdi Hamdad a conclu qu’il aimait les questions surprenantes, mais qu’elles devaient concerner son art. Nous sommes heureux d’entendre un artiste, comme nous, préférer les questions de fond aux questions de surface. Le chanteur de Mehdi Cayenne Club sait donc quelle questions il ne rêve pas de se faire poser en entrevue!

Crédit Photo: Gabriella Quesnel-Olivo

[FESTIVAL] Festival de la chanson de Tadoussac 2015 – Jour 3

Tournee

Quelle surprise samedi matin à mon déjeuner de me faire offrir un macaron pour pouvoir assister à un spectacle mystérieux à 10h. Cette année, en effet, à l’achat dudit macaron, qui permettait d’encourager le Festival, on recevait différents avantages dont celui du spectacle-surprise. Comme je vous l’ai déjà dit hier, l’artiste invité n’était nul autre que Paul Piché. Je commencerai donc mon compte-rendu de la journée, qui m’a amenée de surprise en surprise, en parlant de cette heureuse rencontre avec un géant de la chanson québécoise.

 

Paul Piché – Tadoussac Protestant Chapel

Avec ses textes réfléchis, son style rappelant vaguement Harmonium pour la voix et la chanson française pour la musique, Paul Piché a visiblement évoqué aux spectateurs, la plupart adultes depuis longtemps, une époque plus ou moins lointaine. À quelques reprises, ils ont chanté avec l’artiste ou participé avec enthousiasme lorsque Piché l’a demandé. Seul à la guitare, il nous a offert une prestation d’une trentaine de minutes. Bien que j’avoue ne connaître que très peu Paul Piché, quelques-unes de ses chansons m’ont arraché des frissons. Il me semblait retrouver une parcelle d’espoir qui s’est étouffée dans la musique actuelle, qui a laissé place à beaucoup plus de cynisme qu’avant.

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Crédit Photo: Laura Boisset

Fait intéressant, le lieu était très bien choisi pour la nature du spectacle : la chapelle, rarement utilisée pour ce genre d’évènements, est un espace exigu qui incite aux performances plus intimes, chaleureuses. Ça sentait aussi bon le bois, et l’encens, et le bâtiment imposait une sorte d’état de recueillement et d’écoute aux spectateurs. Situation cocasse, Paul Piché a pu faire remarquer qu’il se situait, sur scène, entre deux drapeaux accrochés dans la salle : le premier du Québec, le second du Canada. Cette remarque, placée avec un brin de nostalgie, donnait le ton à la pièce qu’il joua juste après : Cochez oui, cochez non. Il a ensuite terminé sa prestation sur une nouvelle chanson, qui sera sur son prochain album.

 

Boby Lapointe repiqué – Scène Hydro-Québec

Sarah Olivier, Elisabeth Keledjian, Dimoné, Imbert Imbert et Nicolas Jules, tous des artistes français invités au festival, se sont réunis sur scène pour rendre hommage à un autre grand homme de la chanson (française cette fois) : Boby Lapointe.

Michel Pinault
Michel Pinault

Chanteur reconnu pour ses textes intellectuels, grivois, mais surtout bourrés de jeux de mots et de calembours, Boby Lapointe a ainsi pu revivre un moment devant mes yeux. En outre, on devait reconnaître à travers les reprises l’univers déjanté des cinq artistes présents, qui teintaient d’un peu de leur folie celle de Lapointe. Je n’ai assisté qu’à quelques chansons, mais c’était bien assez pour voir que les musiciens avaient relevé le pari qu’ils s’étaient donnés. Résultat : un univers éclaté, comique et nostalgique à la fois. Malheureusement, il était plutôt difficile de bien discerner les paroles, surtout pour une personne qui, comme moi, ne connaissait pas les chansons. Ainsi, une préparation antérieure m’aurait vraisemblablement fait apprécier davantage le spectacle. J’ai tout de même pu attraper au passage quelques succulents jeux de mots, comme je les aime.

 

Saratoga – Verrière (Hôtel Tadoussac)

Crédit photo: Valérie Nadeau
Crédit photo: Valérie Nadeau

Chantale Archambault et Michel-Olivier Gasse, dans un duo complice qu’on nomme Saratoga, ont lancé en primeur leur nouveau maxi. La Verrière, bien qu’un endroit coquet et qui aurait pu être approprié, était bondée de monde et donc assez étouffante. La plupart des spectateurs sont pourtant restés jusqu’à la fin pour apprécier les compositions du couple. En jouant à tour de rôle à la guitare et à la contrebasse, Saratoga ont aussi entremêlé leurs voix, tantôt laissant place à l’une, tantôt à l’autre. Ce qui ressort principalement de ce duo, c’est la grande complicité qui se dégage d’eux lorsqu’ils jouent. En effet, leurs chansons semblent être pour la plupart tirées d’expériences personnelles et partagées ; ce qui est tu dans leurs textes paraît donc dans leurs regards, ce qui ajoute à l’expérience musicale. Côté musique, justement, ce serait le genre d’album que j’écouterais le matin, lorsque le soleil réchauffe doucement la pièce à travers la fenêtre : toutes leurs pièces sont empreintes de douceur, d’une impression de calme et d’harmonie, et ce même si les textes ne parlent pas toujours de beaux moments.

 

Imbert Imbert et Nicolas Jules (en plateau double) – Le Gibard

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Crédit Photo: Valérie Nadeau

Après avoir entendu beaucoup de bien de ces deux artistes, je me suis décidée à aller les voir au Gibard et j’ai été agréablement surprise. Tout d’abord, Imbert Imbert est monté sur scène (ou plutôt s’est placé dans un coin du Gibard prévu à cet effet; le bar était assez petit). Seul à la contrebasse et à la voix, il a livré une bonne performance. Sa musique, simple mais réfléchie, porte beaucoup à la réflexion. Tous ses textes sont teintés de tragique, et il exploite assez bien la variété de sons de sa contrebasse. Sympathique, il a aussi agrémenté d’un peu de comédie son passage sur scène, notamment en prétendant être l’homme de la situation pour mettre l’ambiance avec ses chansons glauques. J’ai donc bien apprécié, même si je crois que j’aurais apprécié davantage si j’avais été plus alerte pour écouter ses textes, vraisemblablement le noyau de son art.

Crédit Photo: Valérie Nadeau
Crédit Photo: Valérie Nadeau

Nicolas Jules, qui suivait, m’a quant à lui réveillée tout à fait. Pince-sans-rire, bien sans son personnage, il a enchaîné les blagues et les histoires sens dessus dessous. Ses chansons en tant que telles me font quelque peu penser à celles de Thomas Fersen, mais avec plus d’humour. Or, il me semble que le talent de Nicolas Jules transparaisse surtout dans sa présence sur scène : il a d’ailleurs parlé à la foule presque aussi longtemps qu’il a joué. Interagissant beaucoup avec le public, il en a fait rire plus d’un, moi inclus, en criant des «Tout le monde à poil», des «ah, arrêtez d’applaudir, vous couvrez mon solo» et en faisant toutes sortes de pitreries bien placées. En terminant, Imbert Imbert est remonté sur scène, accompagné d’Urbain des bois, un artiste d’ici apparemment très apprécié des deux autres. Ils ont joué en trio quelques pièces, notamment du répertoire d’Urbain (à découvrir) et de Boby Lapointe.

 

Une fois leur prestation terminée, je me suis dirigée vers l’Auberge pour le spectacle de Pascale Picard. J’ai croisé, en chemin, un petit groupe du lac Saint-Jean nommé Le Cerf-Volant Fou, qui jouait au Café Père Coquart. Assez jeunes, ces deux guitaristes ne faisaient pas partie de la programmation du festival, mais je me suis plu à les écouter pour quelques pièces, que ce soient des reprises ou des compositions. Ils me semblent assez prometteurs, surtout s’ils se décidaient à mettre de côté un anglais moins maîtrisé pour un français plus élaboré. Peut-être entendrez-vous parler d’eux éventuellement !

 

Pascale Picard – Site Belle Gueule

Crédit Photo: Michel Tremblay
Pascale Picard aux chemins d’écriture – Crédit Photo: Michel Tremblay

Habituée à jouer avec un groupe, c’est seule à la guitare que Pascale Picard a joué ses pièces devant un public très nombreux, et ce pour plus d’une heure ! Elle a d’ailleurs relevé ce défi avec brio, présentant ses chansons les plus connues, quelques chansons de son répertoire traduites en français et même quelques reprises, entre autres de chansons de NOFX. Le public était vraisemblablement heureux de sa performance, chantant en chœur avec elle et écoutant ses interventions entre ses pièces. Elle a évoqué l’époque où elle jouait dans les bars pour se faire connaître ; visiblement, cette expérience lui a fourni plusieurs atouts pour entertainer la foule et donnait à sa performance des airs de soirée aux Voûtes de Napoléon. En outre, on voyait que, devant un public attentif et présent pour elle, ce qui change de l’époque des bars, Pascale Picard était dans son élément. Très à l’aise, à la bonne franquette, elle discutait avec l’audience. Elle a aussi fait monter sur scène plusieurs autres participants des chemins d’écriture pour l’accompagner, dont Samuele, qui a même joué une de ses compositions.

 

Dany Placard – Scène Hydro-Québec

Crédit Photo: Michel Pinault
Crédit Photo: Michel Pinault

Je ne pensais pas assister au spectacle de Dany Placard, qui ne commençait que trente minutes avant Antoine Corriveau et Salomé Leclerc. Or, j’ai eu le temps d’entendre les premières pièces et j’ai été agréablement surprise, une fois de plus. De fait, je n’avais pas trop accroché sur ses chansons acoustiques que j’avais précédemment écoutées, mais sa formation en groupe, avec d’autres musiciens talentueux, rajoutait une ambiance plus rock et plus enthousiaste. À quelques reprises, ils se sont tournés vers le batteur pour jouer tous face à face, jammant visiblement avec plaisir, pour le plaisir aussi des oreilles du public. Comme à Pascale Picard, les spectateurs (moins nombreux cependant) écoutaient attentivement l’artiste, qui semble avoir beaucoup d’admirateurs. J’ai apprécié son rock aux teintes country, ses chansons punchées et accrocheuses.

 

Antoine Corriveau et Salomé Leclerc (en plateau double) – Salle Bord de l’Eau

Antoine Corriveau -FCTadoussac 2015  photo Michel Pinault Connaissant très peu ces deux artistes, j’ai été impressionnée par leur grand talent. Antoine Corriveau est monté sur scène en premier, devant une salle assez remplie. J’ai été touchée par la mélancolie de ses chansons, qui n’en étaient pas moins fortes et frappantes. Antoine Corriveau a quelque chose de Louis-Jean Cormier et de Jean Leloup, en plus d’avoir sa teinte personnelle. Sa musique m’évoquait une marche inévitable et sinistre vers le vide. Sa voix rocailleuse et sa guitare qui grésillaient ont rajouté un aspect grinçant à ses pièces, ce qui concordait avec des textes souvent maussades. Il faut aussi saluer le talent de ses deux musiciens ainsi que le travail de David Simard au son. En terminant, Corriveau s’est montré très reconnaissant d’être là, lui qui avait participé il y a cinq ans aux ateliers d’écriture du festival.

Salomé Leclerc FCTadoussac 2015 photo Michel PinaultAprès une courte pause, Salomé Leclerc est montée sur scène. Peut-être a-t-elle moins de fans, ou peut-être était-ce l’heure avancée (il était déjà 1h du matin !), mais une partie de la salle s’est vidée lors de sa prestation. Le public restant a pu écouter sa musique, dans la même vibe que celle d’Antoine Corriveau mais avec des accents électro-pop entre autres soulignés par des sons de synthétiseurs. Elle a joué plusieurs pièces de 27 fois l’aurore, paru en septembre dernier. J’ai été surtout impressionnée par son timbre de voix, qui avait quelque chose de très rock, de cassant, malgré une certaine douceur.

 

Après le spectacle, je me suis dirigée une dernière fois vers le Site Belle Gueule pour voir la fin de la prestation de Clay and Friends, qui avaient aussi joué en journée sur la Promenade près du fleuve. Encore une fois, ils ont su installer une ambiance survoltée, à laquelle je n’ai pourtant pas vraiment participé étant donné mon manque de sommeil accumulé et devenu apparent. En conclusion, le Festival de la chanson de Tadoussac m’a permis de découvrir beaucoup d’artistes d’ici et d’ailleurs en plus de me faire apprécier quelques groupes déjà connus. L’expérience festivalière en tant que telle est aussi, à Tadoussac, à prendre en compte. Je n’aurais rien changé à cette expérience, sauf peut-être pour y ajouter quelques heures de sommeil supplémentaires. C’est un festival accessible (en mode Découvertes, surtout, passeport que je vous conseille et que je trouve déjà amplement suffisant et abordable), plaisant et riche musicalement, en plus de se situer dans une ville qui m’a toujours charmée : Tadoussac. Je vous le conseille pour l’an prochain, peut-être que nous nous y croiserons!

Les gars de Clay and Friends qui profitent de Tadoussac Crédit Photo : Michel Tremblay
Les gars de Clay and Friends qui profitent de Tadoussac
Crédit Photo : Michel Tremblay

 

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Festival de la chanson de Tadoussac 2015 – Jour 1

Festival de la chanson de Tadoussac 2015 – Jour 2