[BD] Le OFF en images – Anthropologies imaginaires

Des aliens survolent tranquillement la Voie Lactée en quête de divertissement lorsqu’un beat déjanté parvient à leurs oreilles.

Que trouveront-ils sur Terre?

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Merci à Gabriel Dharmoo pour sa brillante performance qui fut un fameux coup d’envoi pour le OFF 2016. Je joins ici un extrait vidéo de son spectacle pour comprendre un peu plus ce qui se passe dans les images au-dessus !

À suivre…

[Entrevue] Grand Morne

Entrevue : Grand Morne

Je me suis dis que pour Envol & Macadam, ça vaudrait la peine de faire une petite entrevue avec un band local. J’ai donc décidé de me gâter : Grand Morne étant, à mon avis (avec Millimétrik) l’un des efforts musicaux les plus intéressants de la Vielle Capitale, je me suis entretenu avec Max, le bassiste du groupe. Voyons ce que ça donne :

crédit photo : Jay Kearney
crédit photo : Jay Kearney

O : D’abord salut Max de Grand Morne, merci d’avoir accepté de piquer une jasette avec moi. Je voudrais pas paraître vieux jeu mais je vais devoir te poser des questions bien bien banales pour commencer. Faut dire que c’est pas comme si y’avait quelque part sur le net quelque chose comme une « biographie » de votre groupe … la seule chose que vous semblez dire de Grand Morne c’est qu’il s’agit d’un band, et je cite : « INALTÉRABLE ÉNIGMATIQUE POUILLEUX VOLATILE [&] HEAVY ». Je ne peux que vous donner raison sur « énigmatique » et « heavy », mais je me doute bien que cette description n’est pas à prendre trop au sérieux ou du moins, qu’elle ne résume pas le tout de l’affaire. Bref, je me permet un peu de voyeurisme pour vous demander : d’où ça sort Grand Morne ? De quoi c’est parti ? C’est quoi l’histoire (tous les bands en ont une non?) derrière votre musique ?

Max : L’histoire de Grand Morne est relativement simple, nous sommes trois boys de la région de l’amiante ayant fréquenté le même établissement scolaire. Bien des années plus tard notre passion pour la musique heavy nous a réunis et voici le résultat. Faut dire que nous avons eu un groupe avant qui se rapprochait plus d’un [groupe] punk garage francophone. Nous avons roulé notre bosse pendant quelques années et ensuite nous avons simplement splitté. Michel à décidé de partir son band Les Indiens et nous trois avons continué sous le nom de Grand Morne en accentuant le côté heavy. Je dois souligner que le Grand Morne en soi est un montagne située dans la région de l’amiante, un des rares vestiges des fonds océaniques existant il y a plus de 500 millions d’années. Les couches de laves basaltiques formant le Grand Morne sont plus qu’une simple « symbologie » pour nous.

O : Parlant de votre musique, celle-ci tient résolument du « stoner ». Ça ne serait pas lui rendre justice cependant que de s’en tenir à ce seul qualificatif. J’ai été surpris à l’écoute de votre album éponyme de retrouver des sonorités thrash, doom, death et même prog. J’imagine que pour jouer dans un registre aussi varié il faut être pas pire mélomanes ?

M: Je dois t’avouer que je trouverais fort déplaisant d’être confiné au stigma du « stoner » métal. Nous sommes fans de tout sorte de musique heavy en général et je crois important de ne pas se limiter aux contraintes d’un genre en particulier. Il n’y a rien de mal bien sûr à vouloir jouer dans un registre précis, mais je ne crois pas que c’est le cas avec Grand Morne. L’important est que les compos nous plaisent en premier lieu. Donc, aucun problème de notre part de juxtaposer un riff thrash à un plan Doom, à condition bien sûr que ça colle et que l’ensemble nous donne le goût de nous arracher la tête.

crédit photo : Jay Kearney
crédit photo : Jay Kearney

O : Quelles sont vos sources d’inspiration ? Et quel genre de processus créatif se joue derrière votre musique ?

M : Notre processus est assez typique je crois. Nous trois face à face dans notre petit local suintant à s’acharner avec des gros riffs sales. La bonne vieille méthode quoi ! Pour ce qui est de nos influences, je crois qu’elles sont assez variées, mais nous ne pouvons passer l’occasion de mentionner nos héros québécois VOIVOD et aussi les MELVINS qui est sans doute le groupe donc nous pouvons nous entendre le mieux comme étant un influence. Leur excentricité et le «je m’en foutisme » qui se dégage de leur imposante discographie est plus qu’inspirant pour nous.

O : Parlant de votre premier disque, vous avez sorti celui-ci en 2013 et fait paraître une nouvelle pièce sur votre bandcamp en avril 2014. J’ai cru comprendre en parcourant votre page facebook que vous travaillez sur un second album. C’est pour bientôt ?

M : En fait nous travaillons présentement sur un EP qui va paraître avant l’album. D’une durée de plus de 20 minutes, ce mini-album servira d’appetizer à l’album qui devrait paraître fin 2016. Nous travaillons présentement avec Ralp Malenfant qui a fait en autre l’excellent album de nos potes de Sandveiss. Nous avons aussi en tête de partager un split avec le groupe de Québec Crackgate. Bref, il y a plusieurs projets dans l’air pour l’instant, mais une chose certaine est que le EP va paraître dans les prochains mois. Sinon, nous allons continuer l’aspect visuel du band avec nos projections live, mais aussi avec un clip qui devrait paraître en parallèle avec la sortie de l’album.

O : À quoi on peut s’attendre de ce deuxième Opus ?

M : L’album sera sans aucun doute plus varié, nous voulons explorer des composantes que nous n’avions pas vraiment touchées jusqu’à maintenant. Sans changer la dynamique de Grand Morne, nous avons juste poussé nos idées à un autre niveau. Il y aura aussi quelques guests sur l’album dont au moins un qui saura prendre plusieurs par surprise. Malheureusement, je ne vais pas spoiler le punch mais chose certaine, nous sommes tous excités à l’idée de travailler avec d’autres musiciens qui ne sont pas nécessairement encrés dans le milieu métal. Je crois que c’est important pour nous de ne pas se limiter et d’explorer et ainsi inviter des amis à collaborer avec nous.

O : Vous vous produisez de temps à autre sur les scènes de Québec : vous avez participé aux Nuits Psychélédiques et au Festival Off et vous vous produirez ce week-end à l’occasion d’Envol & Macadam (sauf erreur, c’est votre deuxième fois à E&M). Avez-vous l’ambition de faire sortir Grand Morne de la Vielle Capitale prochainement ?

M : Avec les contraintes de la vie, c’est tough de réaliser tout ce qu’on voudrait, mais OUI nous avons bien l’intention de sortir de Québec. Avec la venue de l’album, cela va nous botter le cul à aller casser les oreilles au gens des autres régions.

Crédit photo : Jay Kearney
Crédit photo : Jay Kearney

O : Difficile de ne pas avoir l’impression que le groupe à un gros « UNDERGROUND » d’étampé dans le front (pour autant qu’un band puisse avoir un front … pardonnez les figures de style ratées). Y’a-t-il quelque chose comme une appartenance au milieu underground ? Comment percevez-vous ce milieu à Québec ? Y a-t-il encore, selon vous, quelque chose comme de la musique underground, avec les nouveaux moyens de diffusion notamment ? Est-ce que c’est important que Grand Morne demeure, à un certain point, un band underground ?

M : Nous avons partagé le stage autant avec des bands hardcore que death metal et l’idée de scène underground n’est pas vraiment une chose à laquelle nous pensons. Je vais même te dire franchement que l’étiquette underground pour moi est plus un fait inévitable qu’une idéologie à atteindre. Avec le style de musique que nous jouons, mes attentes sont plutôt réalistes envers la portée que peut atteindre Grand Morne. Nous préférons jouer devant une poignée de personnes qui saisiront vraiment notre band que devant des tonnes de gens qui ont aucune idée de quoi faire avec un band heavy instrumental. Cela dit, je ne voudrais jamais nous limiter à un public cible. Le fait d’être un band underground est plus une réalité qu’un but à conserver pour nous. Évidemment, c’est toujours le fun de performer devant de nouvelles personnes et c’est ainsi que nous entrevoyons la chose, un fan de gagné à la fois. De nos jours, ya tellement de bands qu’il est important de ne rien prendre pour acquis. L’important pour nous est de nous donner à 100% live et de se faire du fun. L’idéal reste tout de même de graviter autour d’autres bands appartenant à notre genre.

O : Un mot pour la fin ?

M : J’aimerais te remercier de prendre le temps de faire cet entretient avec nous. Comme nous en avons discuté ensemble, c’est toujours le fun de donner de l’exposure à de plus petit bands de la Vieille Capitale. Sinon, soyez à l’affut car plusieurs projets de Grand Morne devraient voir le jour sous peu. Peace.

O : Merci Max !

Québec, septembre 2015

[FESTIVAL] OFF 2015 – 11 juillet – Parvis de l’Église

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17:00 – Kenlo & VLooper (DJ SET)

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Kenlo & VLooper par llamaryon

En cette belle fin d’après-midi ensoleillée, deux membres de la troupe Alaclair Ensemble ont pris le contrôle des platines du Parvis pour un DJ set de près d’une heure cinquante. Les gars ont eu un plaisir fou à faire tourner des succès de la musique rap québécoise et américaine. S’amusant à jouer avec les styles, passant du rap a quelques extraits pop, les gars ont fait un bon DJ set. Kenlo dansait sur scène par moment, tandis que VLooper s’amusait à mixer le tout. C’était une ambiance festive et familiale (plusieurs membres de la familles des artistes étaient présents). C’était beau de voir des jeunes enfants danser sur la musique rap d’ici et d’ailleurs.

19:00 – Tous Azimuts

Tous Azimuts par llamaryon
Tous Azimuts par llamaryon

Dès 19h00, un annonceur indique que le concert de Tous Azimuts, de Québec, est sur le point de commencer. En arrivant sur scène, le guitariste Clément Desjardins s’exclame : « Il y a une erreur, nous sommes les Foo Fighters« ! Le ton est donné, et les cinq musiciens du groupe ainsi que la chanteuse prennent place pour débuter le concert. La voix de Jordane Labrie est tout simplement magnifique. La troupe est visiblement très heureuse de jouer devant une si belle foule attentive et participative. Les musiciens sautillent et rock la petite scène du parvis en interprétant les nouvelles pièces de l’album Kilomètre Zéro. Le groupe nous a livrer quelques pièces plus mélodieuses, mais aussi de très belles chansons rock. La pièce La Saison Des Armes fut un moment fort de la performance. Plusieurs spectateurs ont chanté avec le groupe. À mi parcours d’une performance de quarante-cinq minutes, Jordane Labrie annonce que la prochaine pièce sera une reprise de Marie-Pierre Arthur. Rien à Faire chantée par la voix de Jordane, c’est magnifique. L’interprétation était juste, un peu plus rock que sur l’album. le public a adoré le moment. Somme toute, ce fut une excellente performance, énergique et joyeuse de la part des six membres sur scène. Le groupe a maintenant au moins un nouveau fan : moi. J’ai été très étonné de voir le talent de ces six chaleureux artistes. J’ai déjà hâte de les revoir.

20:15 – Médora

Médora par llamaryon
Médora par llamaryon

Avec un test de son qui s’est étiré, les quatre gars de Médora ont débuté la performance. Avec quelques problèmes de son, le groupe s’en est quand même bien tiré. La plupart des pièces sont de nouvelles chansons du prochain album. Quelques pièces du EP Ressac ont été jouées. Malheureusement pour le groupe, il y a quelque chose d’inégal dans cette performance. Alternant du rock lourd a certaines pièces trop calme, voir poétique, nous nous y perdons. Vincent Dufour, le chanteur et guitariste, à une présence sur scène qui est indescriptible. Ça vient déteindre avec la performance du reste du groupe qui est plutôt calme et plus introvertie.  Les pièces se finissent abruptement et les suivantes débutent sans attendre. Un solide jam rock nous est lancé vers la fin du spectacle qui vient nous assommer d’une bonne dose de rock. On enchaine avec Polar, une pièce attendue du public. C’est là que je constate le talent du groupe. Ils doivent se concentrer sur les pièces rock qui sont vraiment mieux réussi que les plus douces et poétiques. La performance se termine avec Nature, une belle chanson rock. L’averse débute dès la fin du concert et force le déplacement du dernier groupe au bar La Ninkasis à 23h00

Je quitte les lieux avec un énorme sourire avec de nouveaux groupes que je vais suivre sans faute dans les prochaines années. Merci au Festival OFF de nous offrir de la si bonne musique dans un si beau lieu qu’est le Parvis de l’Église Saint-Jean Baptiste.

Crédit Photo : llamaryon

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[ENTREVUE] La performance du lancement du OFF: « Une expérience de vie »

Capture écran de la video de répétition – Crédit – courtoisie Le Pantoum

Une heure de musique classique contemporaine pour lancer le Festival OFF de 2015, c’est le projet audacieux des programmateurs et de la collaboration des trois formations suivantes: EP4 (percussionnistes de Québec), l’ensemble Lunatik (musique contemporaine inspirée de musique du XXe siècle) et le Pantoum, à la salle Multi du Méduse, à 20 h ce soir.

« C’est une expérience de vie (…) faut arriver au show avec la conviction qu’on va vivre quelque chose de spécial» assure Patrick Giguère, directeur artistique de l’ensemble Lunatik ; c’est organique, intense et accessible, résumerons-nous face à l’enthousiasme de la description des musiciens.

C’est lors d’une collaboration hommage pour l’anniversaire des 40 ans de l’œuvre In C de Terry Riley (œuvre pionnière de la musique minimaliste) que les trois formations ont vraiment créé des liens. La collaboration était un projet latent, le festival OFF savait qu’ils voulaient le faire et leur ont proposé de le réaliser pour l’ouverture, avec un grand enthousiasme vu l’originalité du projet, racontent les fondateurs du Pantoum Jean-Michel Letendre-Veilleux et Jean-Étienne Colin Marcoux.

Les compositeurs, Terry Riley et Steeve Reich (compositeur américain et l’un des nombreux amis de Philip Glass), appartiennent au courant musical du « downtown new-yorkais », précise Patrick. C’est une musique intellectuelle englobant le conceptualisme, le minimalisme, l’improvisation, l’art rock, etc., des années 70. Elle était davantage jouée dans les bars ou petites salles de spectacle contrairement à l’Uptown Newyorkais, plus élitiste.

La pièce Music for 18 musicians, c’est un set d’une heure de musique classique contemporaine. Elle est composée de quatorze parties : deux mouvements pulsatifs (au début et à la fin) et douze sections. Une section, c’est comme un couplet ou un refrain: elles sont bien identifiables, car elles développent chacune un accord, expliquent les musiciens. Ce qui en fait une œuvre très répétitive inspirée de l’improvisation, mais aussi bien structurée. D’où l’intérêt d’avoir de bons percussionnistes, comme EP4, car cela « nécessite un jeu d’ensemble très bien exécuté », explique Jean-Étienne. L’une des membres de la formation, Maxine Maillet, fait d’ailleurs partie du groupe BEAT SEXÜ du Pantoum.

Par blocs de trois heures, les vingt musiciens (le nombre n’est pas fixe d’après la volonté du compositeur Steeve Reich) ont pu répéter gratuitement dans des locaux de l’Université Laval pour mener ce projet à bien.

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Glenda Gould

21 h – salle studio d’essai

C’est un projet qui s’inspire également de pièces de musique classique, d’un registre plus traditionnel, en les interprétant avec des synthétiseurs. Le nom Matthieu Pelgag vous dit certainement quelque chose puisque c’est le frère de la chanteuse Klô Pelgag, qui le présentera avec Sylvain Deschamps (VioleTT Pi).

http://glendagould.com/enregistrements-sonores/

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Sarahjane Johnston

17h30 Sacrilège

Soundcloud

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Blue Light Burlesque

23h Salle Multi

youtube

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L’event FB

 

 

 

[FESTIVAL] Programmation du Festival OFF de Québec

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Photo : Marion Desjardins

C’est au Knock-Out que la programmation du Festival OFF de Québec nous a été dévoilée ce matin. En entrée, on a eu droit à deux pièces de la charmante Sarahjane Johnston, qui s’occupera du spectacle d’ouverture le mercredi 8 juillet prochain. Puis le directeur général, Guillaume Sirois, et la directrice de la programmation, Sophie Bernier, nous ont révélé quelques détails croustillants sur la prog et le festival en tant que tel.

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Tous azimuts. Crédit photo : ecoutedonc.ca

Toujours en accord avec la mission qu’ils se sont donnée il y a quelques années, les membres du festival nous offrent cette année une programmation à 50% locale locale. C’est-à-dire que la moitié des artistes présentés viennent non seulement de notre province, mais aussi de notre belle ville où, comme ils l’ont mentionné, on sent de plus en plus d’effervescence dans le milieu musical. C’est ainsi que performeront Nimbes, Medora et Tous Azimuts, qui font partie de ce que Mme Bernier a appelé la «jeunesse d’or» d’ici, ainsi que de nombreux autres.

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

Autre chose, ne vous inquiétez pas si vous ne connaissez pas beaucoup de noms cette année, c’est prévu ! L’équipe du OFF au aussi voulu que la moitié des spectacles soient des «premières fois», en accord avec le slogan de 2015 : «C’est toujours la première fois!». Différents artistes n’ayant jamais mis les pieds à Labeaumeville pourront donc venir nous émerveiller les oreilles. Pour ne donner que quelques noms, seront de passage Paupière, Fonkyson, Felix Dyotte et She Serpent. Et de ce que Mme Bernier en a dit, il y en aura pour tous les goûts: du disco funk au shoegaze en passant, oui, par la musique classique contemporaine.

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

Cette dernière est d’ailleurs le fruit d’un projet qui titillait l’équipe du OFF depuis longtemps. Le public de ce festival étant pour la plupart des mélomanes, ils ont voulu aller chercher la richesse musicale du classique et se rapprocher de la faculté de musique de l’Université Laval. Résultat : en guise de spectacle d’ouverture du soir, on nous présentera Music for 18 musicians de Steve Reich, suivi d’un spectacle de Burlesque (oui oui) !

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

Bref, beaucoup de bonne musique est au rendez-vous; vous pourrez le constater par vous-même ici, sur le site du festival. Il faut aussi savoir que ce festival, en plus de présenter de nombreux futurs grands talents – vous seriez surpris de voir quels étaient les artistes présentés il y a de cela quelques années, à leurs débuts, et qui sont maintenant assez établis – met de l’avant l’expérience en soi. Plus de 40 spectacles en 4 jours, du 8 au 11 juillet, c’est de l’intensité !

Pour bien terminer la présentation, SYZZORS, un groupe de Montréal, a fait son agace et nous a laissé l’eau à la bouche après leur unique chanson, qui groovait déjà pas mal. Chose certaine, je ne manquerai pas leur show. En espérant donc vous croiser là-bas, à l’une des différentes scènes du festival, en train d’apprécier de la bonne musique, une bonne bière ou une bonne sieste entre deux spectacles(recommandée par l’équipe pour une meilleure expérience) !

TourneePS : Si vous êtes intéressés à entendre encore parler un peu du OFF, Jacques et Mathieu de notre équipe aborderont le sujet plus en profondeur dans une balado qui devrait sortir d’ici la semaine prochaine.

 

[ENTREVUE] BEAT SEXÜ

C’est dans un café du quartier St-Roch que nous avons rencontré Jean-Étienne Collin Marcoux, batteur et chanteur du collectif Beat Sexü. Ce groupe, issu du studio de Québec Le Pantoum, connait un début d’année 2015 plutôt impressionnant! Enchainant concerts, prestation aux Francouvertes et un nouvel album en préparation, Beat Sexü est sur une lignée impressionnantes et est un fier défenseur de la scène local de la Capitale-Nationale.

C’est sur les ondes de CHYZ 94,3 que Jean-Étienne Collin Marcoux a dévoilé quelques bribes d’information sur le nouveau projet du groupe : Open House Qc. Cet album, issu d’une campagne de sociofinancement, a pour but ultime d’aider la carrière d’une dizaine d’artistes de Québec.

Nous nous sommes donc présenté dans ce café dans le but de levé le voile sur ce super projet et pour en connaître d’avantage sur les projets futurs du collectif. C’est avec enthousiasme que Jean-Étienne a répondu à nos questions. En voici un bref résumé de cette entrevue captivante de près d’une heure.

Comment est née Beat Sexü ?

Crédit photo : Antoine Bordeleau
Crédit photo : Antoine Bordeleau

C’est dans un contexte de rénovation du Pantoum qu’est né ce qui s’appellera plus tard Beat Sexü. Le but était de faire de la musique dansante qui se glisserait bien dans une liste de lecture au cours d’une soirée. C’est à la fin 2013 que Jean-Étienne Collin Marcoux, directeur technique de l’événement, bouclait la programmation du show de la rentrée 2014 de l’Université Laval. Il manquait un groupe, c’est là qu’il a décidé de mettre Beat Sexü sur l’affiche. Le seul problème était qu’il n’y avait aucune composition. Techniquement, le collectif n’était même pas créée. Il contacta ses amis du pantoum, soient Maxine MailletSymon Marcoux et Jean-Michel Letendre-Veilleux, et en trois jours ils ont crée le collectif que nous connaissions aujourd’hui. En moins de 72 heures, ils ont composé les cinq pièces de l’EP et ils ont pratiqué quelques reprises.

Quelles sont les inspirations de Beat Sexü ?

Les inspirations de Beat Sexü divergent selon les membres. Certains citent le mythique disco de Giorgio Moroder, d’autres préfèrent l’électro de RATATAT. Le house et le disco sont des styles musicaux qui ont littéralement allumé les membres du collectif lors des trois jours de créations du EP. Notre invité, Jean-Étienne Collin Marcoux, préfère s’inspirer du groupe canadien Death From Above 1979. C’est d’ailleurs de là qu’est venue l’idée d’un batteur qui chante. On voit que le collectif a des goûts musicaux très divergents, et c’est ce qui fait la beauté de Beat Sexü. Jean-Etienne rajoute même que «Depuis notre passage aux Francouvertes, on se fait comparer à Indochine ou même à Malajube».

Quelles ont été les réponses du public et du milieu concernant votre premier EP ?

Beat Sexü - Première fois EP
Beat Sexü – Première fois EP

«La réception a été super!», dit-il. «En effet, on a été très surpris de figuré dans les palmarès de CHYZ, CISM et dans diverses radios des maritimes». Depuis le lancement du EP, Jean-Etienne a délaissé un peu plus son projet X-RAY Zebras pour Beat Sexü. Il met plus d’énergie sur ce projet, car le Pantoum et leurs divers concerts ont réellement propulsé le groupe. Il est en très heureux d’ailleurs, mais reste surpris, car malgré que la musique du collectif soit plutôt accessible, il ne croyait pas, au départ, que ce projet embryonnaire se rendent si loin.

En parlant du Pantoum, quels sont les projets futurs ? Spectacles ? Albums ?

«Nous continuons notre vision de la promotion de la scène locale de Québec avec nos deux concerts par mois. Dans les prochains mois, nous allons tenter de pousser beaucoup plus loin notre division de booking de concerts.» En effet, le Pantoum, ayant une capacité de 120 personnes, permet une belle visibilité aux groupes émergents de la scène locale, tout en attirant de belles tête d’affiche d’ici et d’ailleurs. La mission est claire : aider les groupes locaux et augmenter leur basin d’admirateurs. Il y a aussi un côté d’affaire dans le concept du Pantoum. En effet, en programmant différents groupes un même soir, il aide les artistes à tisser des liens entre eux dans le but de, plus tard, pouvoir faire des concerts ensemble ou même se faire signer sur la même étiquette de disque.

Parlez-moi du projet Open House Qc.

Le projet Open House Qc est né des diverses reprises que le groupe fait en concert. «C’est aussi dans la même idéologie que le Pantoum», ajoute-t-il. Le but est simple, c’est de faire un hommage à la scène locale de Québec tout en augmentant sa visibilité. Comment y arriver? En reprenant des chansons de divers artistes de la scène locale, parfois avec ces artistes, mais avec une touche Sexü. Les membres du collectif assurent la réalisation de l’album. Beat Sexü espère ainsi attirer les admirateurs d’un artiste en particulier et lui faire découvrir d’autres groupes sur un même disque. Ce disque sera-t-il dans le même esprit que le EP du collectif? «Certainement! Ce sera flyé! Nous avons une très longue liste d’artistes. Nous voulons, une fois sur disque, que la liste des invités soit stupidement longue! Nous avons même contacté un quatuor à corde de l’Université Laval pour refaire quelques pièces.» Ce disque sera le fruit de près de deux ans de travail. À ce jour, près de dix pièces sont enregistrées, sans être remisées. Il y aura du rock, de la pop et du disco.

Pouvons-nous espérés avoir quelques noms d’artistes qui figureront sur l’album?

«Je ne peux pas en dire beaucoup, car de nombreux détails ne sont pas réglés, mais je peux vous dire que des pièces de Les Indiens, Mauves, Ponctuation et Gab Paquet se retrouveront sur l’album». L’album devrait avoir aux alentours de 12 pièces. On nous dit aussi que certaines pièces seront reprises par d’autres artistes que sur la version originale. De plus, si vous avez déjà vu les Sexü en concert, certaines reprises ont déjà été testées devant public et au Festival OFF l’an dernier.

Confession de Jean-Etienne : Il devrait même, si rien ne change, avoir une pièce de Beat Sexü sur l’album, remixée par nul autre que Millimétrik.

Vous avez choisi le sociofinancement, pourquoi? 

«L’objectif du sociofinancement est de faire en sorte que les coûts de production soient nuls, ou du moins payer la production des copies physiques.» Le but, de ce que Jean-Etienne nous a raconté, est de donner les copies physiques aux artistes pour qu’ils les vendent dans leurs propres concerts et cela leur permettrait de financer divers projets. «Tu sais, 10$ de merch de plus dans un soir, ça peut rentabiliser une partie de l’essence, car oui, certains concerts sont loin d’être payant pour certains artistes.» Par contre, tels que mentionné dans leur campagne, lancé la semaine dernière sur Indiegogo, le projet aura lieu, peut importe les sous amassés. Le but est d’aussi de pouvoir rendre gratuit le projet sur les plateformes numériques.  Par contre, laissez-moi vous dire que les contreparties offertes par le groupe lors de la campagne de financement sont très cool et originales!

Comment se porte la scène locale de Québec en musique selon vous ?

«La scène locale (notez bien: ville de Québec) se porte bien, mais elle pourrait aller mieux. Si nous comparons avec Montréal, nous sommes beaucoup plus soudés, il y a moins de cliques. Par contre, il est faux de se dire que tout va bien, l’AgitÉe ferme quand même ses portes en juin.» Jean-Etienne se dit qu’avec le contexte économique et social du moment, c’est normal que le divertissement soit les premières dépenses coupées par le public. Il croit, par contre, que la scène locale doit se préparer à rebondir prochainement. «Avec toutes les coupures dans les festivals, ils n’auront pas le choix de se tourner vers la scène locale. Un cachet de 1000$, pour un groupe local, c’est équivalent à un cachet de 15 000$ pour un artiste de l’Angleterre par exemple. Les musiciens font le même salaire dans les deux cas. Avec les compressions, les festivals vont se tourner vers nous pour sauver de l’argent et nous devons être prêts et solides».

Comment se sont déroulé vos Francouvertes ?

«Ç’a bien été. On savait que notre style plus disco ne plairait pas beaucoup aux côtés très folk des Francouvertes. C’est correct, nous étions préparés. Nous ne sommes pas allez assez loin dans le concept, comme l’à fait Anatole. Un juge nous a dit que notre performance n’était pas assez Sexü». Malgré le revers des Francouvertes, Jean-Etienne est très satisfait de l’expérience , même s’il regrette un peu de ne pas avoir osé un peu plus. Par contre, cette expérience a permis de pratiquer les pièces et de consolider certaines pièces du projet Open House QC et de leur prochain album. Ils ont mis beaucoup de temps sur la préparation, et ça, ce n’est pas perdu.

Que retenez-vous de cette expérience?

Le groupe retient beaucoup de l’expérience, malgré le fait qu’il ne se soit pas classé dans les finalistes. «Le feedback des juges était très constructif. Nous allons aussi améliorer certains aspects de notre performance sur scène. Nous devons assumer davantage le concept de Beat Sexü!». La visibilité et les contacts ne sont pas à négliger. Le groupe, grâce aux Francouvertes, s’est retrouvé sur plusieurs sites web ou blogues. Les retombés ne sont peut-être pas visibles sur le moment, mais elles viendront lors des prochaines sorties d’albums ou des prochains concerts.

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On vous associe souvent au Guerres d’l’amour, comment est votre relation avec le groupe ? Comment était le concert la semaine dernière ?

«Nous avons fait un concert cet automne au Cercle avec eux. C’est pour ça qu’on se fait identifier à eux souvent. Nous sommes deux groupes bien différents, mais qui se complètent bien. Nous avons fait, à la base, de beaux contacts humains, c’est pour ça que ça clique encore et que nous continuons de faire des concerts avec eux! Il n’y a aucune compétition entre nous». Jean-Etienne affirme quand même qu’il y voit une belle opportunité pour les deux groupes de peut-être élargir ce partenariat pour faire un EP commun et peut-être même une tournée. Qui sait?

D’autres projets en vue ? Des concerts ?

«Nous avons quelques festivals de booker cet été au Québec et dans les maritimes. Nous sommes très excités de participer au Cabaret Du Festif dans quelques semaines, nous nous y préparons activement. Nous travaillons sur l’album Open House QC en parallèle avec notre propose album, qui devrait voir le jour prochainement.»

Beat Sexü est présentement en processus de création pour leur projet Open House QC. L’album est prévu pour nombre 2015 et un gros spectacle de lancement sera organisé, dans l’esprit funky des Sexü! En ce qui concerne le sociofinancement, les membres du groupe ont besoin de votre aide juste ici. En ce qui a trait à leur studio Le Pantoum, ils ont quelques beaux spectacles de prévus dans les prochains mois. Tous les détails sur leur page Facebook.