Le festival OFF de Québec dévoile la programmation de sa 14e édition

À l’occasion du dévoilement de leur programmation, les organisateurs du OFF de Québec ont choisi cette année de troquer les vinyles du Knock-Out contre les fûts bien remplis de la Barberie. C’était leur façon de souligner un nouveau partenariat qui prendra notamment la forme d’une bière co-brassée par le festival et la microbrasserie de Saint-Roch.

En sirotant une bière, donc, médias, artistes et autres invités ont pu découvrir hier midi avec nous les autres surprises que nous réserveront le OFF, festival qui se tiendra du 5 au 8 juillet prochain dans la ville de Québec.

 

Un éventail d’artistes locaux et émergents

En marge du Festival d’Été de Québec, cet événement regroupe chaque année une multitude d’artistes émergents – dont au moins 50% qui résident dans la Vieille Capitale – et de projets qui se démarquent par leur originalité. Cette année ne fait pas exception.

Brève apparition de Beat SEXÜ pour mettre l’ambiance lors du dévoilement. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Parmi les artistes locaux, on peut souligner autant la présence de groupes relativement récents comme VICTIME ou encore les déstabilisants Martyrs de Marde, que celle d’acteurs plus établis tels que Beat SEXÜ, officiellement le «porte-étendard à paillettes de la scène locale», et Julien Déry (Mauves), qui présente un projet solo sous le nom de Notre père.

 

Ouverture sur le monde et rencontres improbables

Dans l’ensemble, la programmation de cette année se démarque par deux grandes caractéristiques, nous explique Sophie Bernier. La première serait «L’ouverture sur le monde, mais tout en restant local», mentionne la directrice à la programmation.

Sophie Bernier, directrice à la programmation, festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

«Il y a beaucoup d’artistes de la programmation cette année qui sont influencés par la musique africaine», explique-t-elle. C’est apparemment le cas de DJ Diaspora, qu’on pourra entendre le premier soir au complexe Méduse, ainsi que de Poirier, qui lui assurera le spectacle de clôture au même endroit.

Ensemble Afrovibes, dévoilement du festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Nous l’a d’ailleurs confirmé l’Ensemble Afrovibes, qui était présent sur place lors du dévoilement pour mettre un peu de soleil, de ukulele et de congas dans notre journée de pluie. «On a d’autres groupes locaux aussi qui amènent aussi des instruments provenant d’ailleurs, ajoute Sophie Bernier. Sans être tendance world, il y a de ça.»

D’autre part, la diversité – qui ne manque jamais d’impressionner au OFF – prendrait cette année une dimension nouvelle: «On y va toujours dans la mixité des genres, mais encore plus», commence la directrice à la programmation. En effet, offrant plus que des styles musicaux variés, la quatorzième édition du OFF crée des rencontres improbables:

Rencontre du classique contemporain et du rock avec le quatuor américain par Dvořák (prononcer Vorjak pour avoir l’air de savoir de quoi tu parles) à la sauce de Yonatan Gat; rencontre du jazz expérimental tourmenté de FET.NAT et du rock psychédélique de Wizaard avec le public «soft» du Parvis de l’Église Saint-Jean Baptiste; rencontre de la musique avec d’autres formes d’art autant dans l’impro multi que dans certains spectacles multimédias comme le Gala de lutte avec Gouroux. Il y en aura donc pour tous les goûts (même pour les goûts roux).

 

Change de sauce!

Comment les organisateurs du OFF sont-ils parvenus à de tels mariages ? «On va carrément prendre des choses qui ne vont pas ensemble pour les mettre ensemble, explique Sophie Bernier. On va à l’extérieur de la musique, en fait : la lutte, les arts visuels, etc., ce ne sont pas des choses qui vont nécessairement avec la musique et on les met ensemble. »

De quoi assurer un cocktail éclaté et explosif, certain de nous sortir de notre zone de confort. Le slogan de cette année, change de sauce !, fait justement référence à ce désir d’amener les spectateurs à dépasser leurs habitudes musicales pour découvrir de nouvelles choses (comme quand ton ami te fait réaliser que dans le fond c’est bon le fromage et le nutella ensemble).

Guillaume Sirois, directeur général, festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Un festival enraciné dans la communauté locale

En somme, après 14 années de découvertes musicales, le festival OFF parvient encore à surprendre et à offrir une programmation qui dépasse les attentes. Le tout dans une formule qui reste plus qu’accessible : pour 10$, on peut obtenir une passe donnant accès aux 40 spectacles de l’événement qui s’étendent dans cinq lieux différents.

Trois de ces cinq endroits – le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste, le Fou-Bar et le Sacrilège – sont d’ailleurs en accès libre. Les spectacles du complexe Méduse sont disponibles «à la pièce» au prix de 5$ par soir. Les brunchs musicaux, qui auront lieu à la Barberie, coûtent eux aussi 5$ chacun. L’idée, comme nous l’a expliqué Sophie Bernier, c’est de favoriser la rencontre de la musique émergente et d’un public – souvent plus jeune – qui n’a pas toujours les moyens de se payer ce genre de spectacles.

Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Plus qu’un simple festival, le OFF souhaite donc vraisemblablement s’impliquer dans la communauté locale. C’est aussi ce qui aurait poussé le directeur général Guillaume Sirois à s’associer à la microbrasserie locale la Barberie pour fournir la bière lors de cet événement :«Le OFF c’est un festival qui est vraiment enraciné dans son milieu. On est un festival qui essaye d’être un élément positif dans notre communauté, donc ça allait un peu de soi qu’on finisse par travailler toujours de plus en plus avec des fournisseurs les plus locaux possible», explique-t-il.

 

Ce qu’il faut savoir

On ne vous a nommé que quelques noms. Afin de connaître la programmation complète et les autres surprises qu’elle réserve, vous pouvez consulter la page web du festival OFF de Québec. Il est aussi possible de commencer à découvrir le OFF 2017 en musique grâce à une compilation qu’ils ont concoctée en collaboration avec l’équipe de CHYZ.

Si vous êtes déjà convaincus, vous pouvez acheter vos passes pour le Festival OFF soit en ligne, soit dans l’un des points de vente suivants (qui offrent chacun une petite surprise de leur cru en prime) : le Knock-Out, Érico chocolaterie, le Bonnet d’Âne et le Deux22.

 

 

 

[SPECTACLES] Fet.Nat, CRABE, La Fête, Les Avalés, Renard Blanc. (2016). Introduction à la Métacritique. Pantoum, Québec.

Pour pouvoir se mettre à l’œuvre et manier « effectivement »,
c’est-à-dire se « perdre »
dans le monde d’outils,
le Soi-même doit
nécessairement s’oublier

– Heidegger

La critique de spectacles est un art dépassé. Vulgaire guerre de clics pour faire plaisir à deux ou trois artistes indépendants un peu mauvais mais pas trop.

Vous comprendrez évidemment que je suis allé voir des spectacles, section VIP, et que j’ai osé dépasser la critique musicale contemporaine. J’ai osé la métacritique, soit la critique de l’expérience, de l’affectivité et de l’intériorité.. Une critique osant l’oubli de ses référents culturels et de soi. Surtout l’oubli de l’être. Faisant ainsi mon grand post-critique, je me suis oublié. Et j’ai oublié les concerts que j’ai vu. Voici donc une récapitulative romancée de mon expérience interne, question de dépasser un peu mes contemporains. Question d’être à l’avant-garde.

Cette aventure s’étale sur deux spectacles. À l’un j’étais ivre, et au second, j’étais musicien. Dans les deux cas, une situation non-recommandable pour bien faire son travail de journaliste culturel impartial. Oups.

crabe
mtl no wave depuis 1988

Le 25 mars, au Pantoum, j’ai vu CRABE.

Je les aime beaucoup, ils sont bons, ils sont gentils, ils ont une Space Station de DigitechMertin et Gabriel sont énergiques, hilarants et généralement très appréciés par le public, sauf peut être les quelques parents qui comprennent un peu moins. L’expérience CBRAE est complète, et on retourne dehors fumer une cigarette avec la conviction qu’on doit manger plus de légumes.

Mais sérieusement j’étais vraiment très nerveux, peu attentif et j’écoutais d’une oreille en vomissant de l’autre. Les pièces, tirées principalement de leur album Anti-Vague, se succèdent dans un vent d’extase étrange. Ils invitent même l’ami PL chanter le hit Nouveau Document sur scène. Gros fun, gros stress, mais pourquoi es tu nerveux comme ça Simon? Est-ce ton énervement naturel, ou se passe t’il quelque chose de plus?

à suivre….

 

lafete
let’s go mange le ton hot dog

Le problème avec La Fête c’est que c’est moi à la guitare. Je vous parlerai donc de mon expérience. L’intériorité pi toute, on en jasait tantôt! Comme j’ai dit, évidemment j’étais sur le gros nerf, le projet est nouveau, c’est le troisième spectacle à notre actif. Je me fais confiance, blindé devant un mur d’ampli et une petite station spatiale de pédales. J’ai un haut-parleur qui lâche juste avant le show mais bon, ça sert à quoi. c’est une question rhétorique. ça sert à rien les hauts-parleurs, on les arrange simplement sur scène pour faire beau.

Le son est cool, j’ai du plaisir, je ne suis pas saoul. Il y a tout de même un moment dans le spectacle où j’ose attraper une bière entre mes dents pour la caler adroitement, mais bon, c’est pour le show biz. Ça et puis déposer doucement un ampli dans la foule et grimper nonchalamment sur la grosse caisse. show biz. Jean-Michel Letendre-Veilleux fait aussi dans l’intensité aux basses fréquences alors qu’Antoine Provencher danse beaucoup derrière les micros et les guitares et que Samuel Gougoux danse un peu derrière sa batterie.

J’ai fini la soirée au Jos Dion beaucoup trop tard et j’ai dormi sur un des divans du Pantoum avec mon manteau comme couverture. Mais avant ça j’ai vu Fet.Nat. woo.

 

fetnat
plus gros oeuf du monde: 2,59kg poulet moyen: 2,63kg

On ramasse notre matériel, on fait de la place. Ils s’installent. Séquenceur, deux caisses claires, attirail impressionnant de pédales d’effets, slogans cartonnés, DL4. La transe se prépare, la foule, maintenant compacte, survoltée, se prépare à boire les mots de JFNo.

Chanteur, ex-mascotte, homme à tout faire. Il en fait beaucoup déjà, mais il n’est pas seul. Les rythmes d’Olivier Fairfield (Timber Timbre, Last Ex, La Mort à La Mode, J’envoie) sont déjantés, irréguliers, mais toujours fondamentalement groovys et dynamiques. Sérieusement un des meilleurs percussionnistes que j’aie eu le plaisir de voir jouer. Il en manque deux, la section mélodique du lot. Linsey Wellman (Kobo Town, Craig Pedersen Quartet) s’inspire des grands du no-wave et du free jazz et nous donne un exercice de respiration continue constant. Inébranlable. Composant en contrepoint avec les guitares aiguisées, haletantes et les échantillonnages de Pierre-Luc Clément (J’envoie). 

La foule se déchaîne, je reçois des coups de poing. Fin de la soirée.
Ils étaient là pour lancer Please Stop Saying it’s So Beautiful

 

Je vous le dis : il faut encore porter en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez encore un chaos en vous

– NIETZsCHE

4loko
le chaos.

Bon, c’est ici que ça dégénère par contre. Je suis allé voir quelque chose il y a quelques semaines. C’était Renard Blanc et Les Avalés. Je sais pas ce qui s’est passé. En ce moment, j’ai un café, on est le matin, j’écoute l’excellent nouvel album de Frankie Cosmos et j’essaie de me souvenir du spectacle. Ça ne fonctionne pas du tout. C’était le 4 mars. Maudit.

 

Les Avalés lançaient Jean-Denis Vol.1, l’album le plus sous-apprécié de l’année.
Assumons à 100% la métacritique et lisons ensemble des extraits de mes notes de la soirée. Êtes-vous prêts?

le truc c'est que Renard Blanc utilisent la même guitare que William de feu-Nimbes. ouf la pertinence.
le truc c’est que Renard Blanc utilisent la même guitare que William de feu-Nimbes. ouf la pertinence.

C’était bon Renard Blanc, je m’en souviens un peu. Et Empire Onirique est franchement excellent.

Suite des citations!

ça commence à se corser on dirait. Tout ce que je sais c'est que j'aimais bien les basslines. Je pense que la chanson parlait de sexualité aussi.
ça commence à se corser on dirait. Tout ce que je sais c’est que j’aimais bien les basslines. Je pense que la chanson parlait de sexualité aussi. Et ça sonnait comme du Neu!? Pas mal, je suis capable de sortir des référents culturels quand même
j'abandonne. merci de m'avoir lu. je vous aime.
j’abandonne. merci de m’avoir lu. je vous aime.

illustrations botchées par Simon Provencher.
à venir:
Métacritique de la Raison Pure
Métacritique des Tubes