[FESTIVAL OFF] Compte rendu, 5 juillet 2017

Hier soir marquait le début des festivités musicales annuelles à Québec. En onze jours, plus de 200 groupes monteront sur scène un peu partout en ville dans le cadre du OFF, du FEQ et des Signaux de Nuit (SDN).

La formation Laclé a ouvert la soirée à la Méduse avec une proposition bien à eux. Guy Bernier nous a présenté des mélodies sorties tout droit de l’Inde du Nord avec son sitar. Il était accompagné de Christian Paré aux tablas et autres percussions et le tout était produit et traité en temps réel par Carl Bastien, équipé d’un clavier, d’une basse et divers outils électroniques pour modifier les sons. Ce fut un bonheur immense d’entendre ces sonorités orientales! Le travail de Carl Bastien a permis à cette musique millénaire de se moderniser en y insérant des couches d’électronique à-travers le jeu des instrumentistes. Les deux musiciens, tous deux virtuoses de leur instrument, s’adonnaient à des échanges mélodiques et rythmiques de haute voltige. La prestation fut très appréciée du public, plusieurs en ont profité pour fermer les yeux et se laisser emporter par ces mélodies orientales. Nous sommes restés dans un état de bien-être profond après ce fabuleux ensemble.

Nous nous sommes ensuite déplacés vers la salle MultiLe Gros kick nous attendait pour nous secouer un peu après cette méditation commune. Ce projet est en fait une initiative du OFF, qui voulait avoir un ensemble percussif dans sa programmation et a pour ce faire, donné carte blanche à Bea Box (Joannie Labelle) pour créer un spectacle unique dans le cadre du festival. C’est donc accompagnée par deux batteurs et une trompettiste/chanteuse que Joannie Labelle nous a présenté ses compositions dans le genre industriel et percussif (c’est le moins qu’on puisse dire). La chanteuse utilisait elle-même une station d’instruments de percussions divers, tout en chantant et en gérant ses trames sonores préenregistrées. Le tout était agrémenté de projections éclatées sur un écran derrière le groupe. Un spectacle qui a bien démontré l’aspect d’ouverture et d’expérimentation du Festival OFF.

Un des artistes que j’attendais le plus au festival OFF est certainement Gramofaune. Le projet électro-acoustique de Gabriel Gagné ne cesse de m’impressionner dans sa recherche du rythme, de mélodies et de couleurs sonores. Muni d’un attirail impressionnant, il manie tous les sons et bandes sonores en temps réels, ce qui pourrait qualifier son art de performatif tellement il s’y investit. Il était lui aussi accompagné de projections dynamiques derrière lui, qui imageaient très bien sa musique et ses ambiances. Semblant un peu nerveux de présenter son projet dans un festival important, il est tout de même resté en contrôle de ses moyens, malgré quelques accrocs mineurs. Ses mouvements lors de sa performance étaient très énergiques et obnubilants. Le spectateur ne savait presque plus où donner de leurs sens avec les projections, la musique, les mains agiles de Gabriel Gagné ou bien encore sa tignasse brune se secouant de tous bords tous côtés. Cette musique a été très bien accueillie par un public qui semblait déjà bien le connaître.

Beat Sexü, quant à eux, font maintenant partie de la culture de fête de Québec. Avec son esthétique franchement «Pantoumesque», les paillettes et les chansons maintenant connues du public, tous les ingrédients étaient là pour passer une très belle fin de soirée avec la formation. Munis d’un décor tout en paillettes, ils nous ont présenté plusieurs chansons pour faire bouger (dont quelques nouvelles, yé!), avant d’enchaîner plusieurs titres de leur album de reprises de chansons d’artistes de la relève de Québec. L’énergique quatuor a su faire danser les quelques survivants de la soirée jusqu’à une ultime danse sur la très connue Papa, Maman, Bébé, Amour (Gab Paquet était présent ce soir-là, mais il venait tout juste de partir… snif snif) où le tout le monde a trashé le dance floor.

Cette soirée a donné le coup d’envoi aux prochains jours de festivités et de musique.

À vos scènes,

Prêts?

Écoutez!

Badminton (par Jacques Boivin)

Pour une fois que je pouvais avoir un petit avant-goût du OFF, je me suis gâté avec Badminton, le projet d’Alex Fortin. Rien de trop compliqué, du folk à l’américaine livré avec une grande émotion, sans artifices. Un vieux micro, une guitare trois quarts, un peu de reverb, une ou deux reprises (dont une bien sentie de Tears for Fears) pis une bouille fort sympathique. Prestation bien accueillie par les spectateurs présents… et par ma pinte de cidre!

Santé!

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[spectacle] Gramofaune au sous-sol du Cercle

Le 30 novembre dernier, j’ai bravé ma grosse grippe d’homme pour me rendre au sous-sol du Cercle où se tenait une soirée électro avec deux efforts musicaux naissants : Nerdish et Gramofaune. Cette même grippe m’aura empêché d’assister à la prestation de Nerdish, alors je me contenterai de livrer mes impressions quant à Gramofaune :

Ce que fait Gramofaune s’inscrit dans la lignée de ces quelques groupes de musique électronique qui ont, à travers les années, refusé de faire dans la facilité : Boards of Canada, Bonobo ou même Ratatat. On retrouve en effet le même côté « analogique » dans la musique de Gramofaune. Le numérique n’y occupe une place que très accessoire et le montage d’extraits sonores tirés d’on-ne-sait-trop-où est à l’honneur. L’essentiel de la prestation ne se situe toutefois pas au seul niveau sonore : des projections de courtes séquences visuelles accompagnent les morceaux et rehaussent vivement l’intérêt de la prestation live. Tout ici est « joué » : toutes les séquences, tant audio que visuelles, sont déclenchées par le musicien, rendant le spectacle unique et intriguant. Habile, la composition des morceaux s’inspire de la musique classique ou électro-acoustique et les différentes pièces, tout en offrant une agréable continuité, s’enchaînent de façon fluide sans se répéter.

La prestation aurait certes bénéficié d’une meilleure salle (d’une scène, d’un éclairage et d’une sonorisation plus puissante, entre autres choses), mais a été vivement appréciée par le public. On a hâte de voir Gramofaune se produire en de meilleures circonstances.