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[SPECTACLE] Modern Primitive ressuscité pour une soirée à l’Anti avec Hopital

Le soir de l’halloween, les mélomanes s’étaient donné rendez-vous à l’Anti pour une soirée pas mal spéciale. Organisée autour de la fête de Joey Proteau, la célébration réunissait deux bands de Québec. Modern Primitive, band où on retrouvait Joey avant qu’il consacre son temps et sa créativité à son projet plus intimiste Ego Death,  était disparu de la carte depuis belle lurette. Lorsqu’ils ont envoyé l’invitation à Hopital, ces derniers n’ont pas trop eu le choix d’accepter de participer à cette soirée unique pour les mélomanes nostalgiques.

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HOPITAL (Crédit: Nathalie Picard)

C’est sans tambour ni trompette que le duo Hopital, formé d’Adam Bergeron à la guitare et Mathieu Labrecque à la batterie (ex-Pechblende), a balancé les premières notes du concert, après avoir tout simplement souhaité joyeux halloween à l’assistance, commençant sur les chapeaux de roue. Adam s’était déguisé pour l’occasion en Joey, avec de belles chaussures, des jeans aux bas roulés, un t-shirt blanc, des cheveux longs et un bonnet noir. Les compos qu’on pourrait qualifier de math-grunge-progressive (?) sont entièrement instrumentales, énergiques et bourrées de changements frénétiques et de rythmiques syncopés. Malgré les revirements abrupts du rythme, la guitare et la batterie restent scotchés l’un à l’autre et arpentent frénétiquement les dédales du rock. L’environnement sonore est plutôt dépouillé, quelques effets superposés qui varient à quelques occasions mais restent souvent tous enfoncés pour laisser au jeu de guitare le soin de changer les sonorités, alors que le rythme de la batterie, lui, change presque constamment, tout en procurant un effet de répétition agréablement hypnotisant. Le tout est à la fois sportif et enjoué, unique et fascinant, mais le set s’est interrompu un peu trop abruptement. Bon on leur pardonne, c’est lundi, il se fait déjà tard et il reste le clou du spectacle, le comeback de Modern Primitive, qui s’installait déjà sur scène rapidement après les dernières notes pour garder la dynamique de la soirée le plus intact possible pendant l’entracte. Hopital ça a rocké pas mal en tous cas, qu’on prenne ce gif pour preuve.

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MODERN PRIMITIVE (Crédit: Nathalie Picard)
MODERN PRIMITIVE (Crédit: Nathalie Picard)

 Le retour sur scène de la formation que je qualifierais assez librement de dream grunge – le groupe préfère slacker rock – était quelque chose que je ne voulais pas manquer, car je me souvenais que le groupe avait de belles qualités qui lui avaient procuré un certain succès à l’époque avant qu’ils ne se disjoignent. Le guitariste-chanteur Joey Proteau a probablement eu envie de revivre des vieux souvenirs et convié ses partenaires d’antan à la rejoindre sur scène l’instant d’une soirée, ou plus, qui sait. Parmi ces partenaires, on retrouve JD Lajoie à la guitare (LOS), Charles Allard-Poulin à la batterie et Simon Blanchet à la basse, et ils semblaient bien contents de retrouver ce répertoire délaissé depuis quelques années l’instant d’un concert malgré tout sans prétention, après seulement deux pratiques pour rafraîchir la mémoire des musiciens. La chimie opère encore, des beats pas mal intéressants se succèdent et des guitares fuzzées viennent s’y empiler. La soirée m’a rappelé le band avait quand même quelques sacrés hits pendant sa courte existance, quand un de ceux-là se fait entendre, «Frequencies», qu’on retrouvait sur le split 7″ avec Drogue, une autre formation bien aimée de Québec disparue depuis et qui partageait son batteur avec Modern Primitive. Soudainement j’ai hâte d’entendre «Divorce» et «Halloween Curse», la pièce qui a peut-être donné en partie l’idée d’un concert à l’halloween, en plus bien sûr de l’anniversaire qui tombait à point encore cette année.

img_9842Lorsque je quittais, ils entamaient apparemment un hommage à Weezer et n’avaient pas encore joué «Divorce», ma préférée. Je ne sais pas s’ils l’ont fait pendant le concert ou après mon départ, mais bon, malgré quelques petits bémols, la soirée a été fort agréable. Le retour sur scène de Modern Primitive, groupe surtout actif en 2012  mais qui a eu un beau succès momentané allant jusqu’à jouer à SXSW, aurait facilement pu attirer plus qu’une cinquantaine de personnes si il ne s’était pas déroulé un lundi soir, en même temps que l’halloween. Espérons que le groupe tente le coup à nouveau un jour.

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[SPECTACLE] Orbite#1, Nuits Psychédéliques, Le Pantoum, 7 octobre 2016

Dans le cadre de la série ORBITE des Nuits psychédéliques, le Pantoum a accueilli hier soir une faune assez différente de celle qu’on y trouve à l’habitude. Surtout vêtus de noir, grandes barbes et cheveux longs, ils (et elles, mais sans les barbes) étaient venus apprécier l’intensité des trois groupes à l’affiche : Metacognition, Hopital et Grand Morne.

Metacognition

C’est Metacognition qui a commencé le spectacle vers 21h30 avec ce qu’on pourrait qualifier d’une expérience sonore. Son de guitare déformé par les multiples distorsions, sons synthétiques réglés à la console, tout n’était que son et le peu de notes qu’on a entendu évoquaient les sifflements de machine plus que des instruments quelconques. Le résultat : du noise qui rappelle la musique contemporaine des années 1945 (musique concrète et bruitisme). À la fin de la performance, le public a chaudement applaudi les musiciens.

Hopital

Hopital nous a ensuite présenté son rock uptempo au rythme complexe et changeant. L’atmosphère harmonique, créée à l’aide une guitare électrique et de samples, était constante et plutôt répétitive, ce qui se rapprochait d’un effet de transe. Le public écoutait, attentif, et plusieurs hochaient la tête. Il faut saluer l’intensité du duo (batteur et guitariste), qui m’a rappelé la verve de Yonatan Gat lorsque je les avais vus au Festival OFF 2015.

Grand Morne

Finalement, aux alentours de 23h, Grand Morne prend place sur scène. Les gens se pressent sur le parterre pour voir le groupe, qui lançait hier soir son dernier album : Recifer. Ils nous ont balancé à la figure leur stoner prog. Qu’est-ce que c’est ? Des instruments électriques qui jouent des airs machiavéliques dans le registre très grave et avec beaucoup de distorsion sur un beat qui oscille entre le très lent et le très rapide. Une musique pour hocher de la tête et avoir l’air méchant. Si certains ont trouvé que le groupe était quelque peu répétitif dans sa musique, d’autres y ont trouvé un aspect coloré et poétique.

Chronique du vestiaire #1: les sons fatigués des crottes de nez

Simon Provencher, un habitué/bénévole du Pantoum ainsi qu’un rédacteur chevronné, se permet d’envahir mes articles pantoumesques pour y mettre sa touche de folie.

J’ai un défaut, un seul: je me fouille encore dans le nez. J’ai essayé souvent d’arrêter, sans succès. Je le fais sur un disque de Fet.Nat, je le fais en prenant vos manteaux, je le fais en tentant de séduire les quelques filles présentes au Pantoum, je le fais en écoutant Absolutely Free et je le fais en vous redonnant votre manteau. J’entends en sourdine le bruit assourdissant du premier groupe alors que le vestiaire entame un vinyle de Wild Domestic. Je vais aux toilettes… drôle d’odeur quand je vais en chercher une bonne croquante, peut être que je ne me suis pas assez lavé les mains. Marie-Ève me dit que ça ne la dérange pas… elle n’a pas de manteau. Je monte voir Hôpital. Je trouve ça excellent et je fouille à outrance.

Si vous avez eu la malchance de vouloir découvrir de la nouvelle musique vendredi soir, de sortir de chez vous pour vous baigner dans la culture avec un grand C, vous avez été en contact avec mes muqueuses, avec mes crottes de nez, avec un grand C.

Amoureusement,
Simon « sécrétion » Provencher

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[SPECTACLE] Crosss + Buck Gooter + Hôpital, 20 mai 2015

Mercredi, je ne te le cacherai pas, les collaborateurs de ce beau blogue qu’est ecoutedonc.ca on s’est fait une date. J’avais envoyé un espion au Bar-Coop L’agitéE pour me tenir au courant du développement du spectacle. Vers 22 heures, on me dit que le band est sur scène.

Sébastien et moi arrivons au bientôt « Feu-AgitéE », je suis déjà toute mêlée! Ça ne semble pas être Hôpital qui débute,  mais bien Buck Gooter. Je ne les connaissais pas avant la semaine dernière. En effet, je les avais contactés pour m’assurer qu’ils étaient d’accord avec la prise de photos pendant leur prestation. Fait divers : ils ne semblaient pas être au courant qu’ils seraient à Québec mercredi! Pour le bonheur de tous, c’est rentré dans l’ordre et on a pu profiter de leur présence.

Buck Gooter

J’ai un peu de difficulté à m’exprimer sur le style musical. Leur image de tournée m’avait complètement fourvoyée : deux hommes dans les lilas ça semblait doux. Je suis arrivée, le micro avait complètement disparu dans une bouche, pendant qu’un homme avec des rastas s’amusait dans la foule à la guitare. Terry et Billy de Buck Gooter ont pas mal gagné mon coeur avec leur assurance mélangée à une arrogance scénique et leur musique assez singulière.

Hôpital et Crosss

Par la suite j’ai été très étonnée par la force de la rythmique d’Hôpital, avec l’excellent Mathieu à la batterie. Crosss termine le bal; j’en avais beaucoup entendu parler suite à leur passage aux Nuits psychédéliques de Québec. J’ai été plus que satisfaite. La soirée semblait encore jeune pour plusieurs, quant à moi, je me suis gardé des forces pour vendredi : Absolutely Free, Corridor et leur lancement d’album, ainsi que Mauves au Pantoum : une de nos recommandation spectacle pour cette fin de semaine.

Photos: Marion Desjardins/Llamaryon pour ecoutedonc.ca

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