Catégories
Spectacles

[SPECTACLE] Dear Criminals + Chapelier Fou, l’Anti, 3 septembre 2015

2015-09-03-23
Frannie et Charles de Dear Criminals – Photo: Jacques Boivin
ChapelierFou_Anti_3sept2015_3
Chapelier Fou – Photo : Alice Beaubien

Chapelier Fou

Le Chapelier Fou se donnait déjà sur scène lorsque je suis arrivée sur place. Même si l’on parle plus souvent de Louis Warynski comme étant ce fameux Chapelier, puisqu’il compose la musique qu’on entendait hier, il faut dire qu’il était accompagné de trois autres excellents musiciens. De fait, la musique de Warynski nécessite des interprètes capables de varier leur palette musicale, puisqu’on a pu entendre plus de 6 instruments (violons, violoncelle, clarinette et j’en passe) en live, sans compter les claviers, synthétiseurs et
samples.
En outre, le mélange d’influences est tellement dense qu’il crée son propre univers, dans lequel on reconnaît parfois quelques styles comme le tango ou la musique orientale. Le résultat : un genre de dream-electro embrumé (j’invente les termes ici). La référence à Alice au pays des merveilles est plus que justifiée, puisqu’en écoutant leur musique on tombe vraiment dans le type d’atmosphère véhiculée par la nouvelle de Lewis Carroll. C’est mystérieusement enchanteur et inquiétant à la fois, comme une fête foraine abandonnée.

Les amateurs de Bonobo ou de Shigeto pourraient apprécier, bien que la musique du Chapelier Fou se prête beaucoup moins à l’ambiance lounge de par sa saturation. De fait, une certaine répétition acharnée rapproche les compos du Chapelier du minimalisme, mais ses arrangements musicaux sont une complexe superposition, donnant un résultat dense qu’il faut bien écouter pour apprécier. Pour ma part, le grand flot d’informations musicales répétées ne m’a pas particulièrement charmée, mais certains passages m’ont tout de même marquée, surtout lorsqu’apparaissait la clarinette. Finalement, pour les deux dernières pièces, le groupe originaire de France s’est installé dans le milieu de la salle pour nous jouer ça acoustique. Ce fut mon moment préféré, autant pour la performance que pour l’écoute incroyable de la salle.

ChapelierFou_Anti_3sept2015_9

 

Dear Criminals

2015-09-03-21
Photo: Jacques Boivin

Je dois avouer d’emblée que Dear Criminals est un groupe que j’appréciais déjà avant de les écouter hier soir. Leur spectacle a été à la hauteur de mes attentes, et ce fut visiblement le cas pour le reste du public. Bien que peu nombreux, les gens dans la salle se sont balancés puis ont même dansé au son langoureux de l’électro-folk du groupe. Ils ont aussi applaudi avec enthousiasme entre les pièces. Et pour cause !

Dès la première pièce jouée, Crave, Dear Criminals a su nous plonger dans leur monde torturé, chargé émotivement. On note rapidement que leur musique est axée sur la mélodie, contrairement à celle du Chapelier Fou où l’on sentait l’importance du rythme. Ce qui ressort généralement, dans la musique du trio, c’est le mélange des voix particulières de Frannie et de Charles. Pour ma part, j’apprécie la tension qui se dégage de leur musique et de leur univers, qui est créée avec un choix judicieux dans les arrangements et un son épuré. Si je devais encore inventer des termes, je dirais que leur musique évoque l’atmosphère d’un break-up sex. Intense, belle et tragique à la fois.

Malgré cette obscurité dans les thèmes musicaux, qui sont bien véhiculés par leur musique, les trois musiciens ont sympathisé avec le public, ce qui était permis par l’ambiance intime de l’Anti ce soir-là. Vers la fin du spectacle, pendant Slowdisco, on a senti que Dear Criminals avait trouvé leur beat et ils nous ont livré une finale percutante. Le rappel, quant à lui, a parsemé le public de rires et d’admiration, puisque le groupe a repris Baby one more time de Britney Spears, une chose que je n’avais pas entendue depuis des lustres !

Catégories
Entrevues

[ENTREVUE] Chapelier Fou – 1ère partie des Dear Criminals le 3 septembre à L’Anti

Chapelier Fou
Image extraite de fmeat.org

Dans le monde du Chapelier Fou le sampling est maître et l’harmonie entre orchestration et électronique est merveilleusement touchante. La première partie des Dear Criminals ce jeudi 3 septembre risque d’en surprendre plus d’un. Rencontre avec un artiste considéré comme émergent depuis quinze ans.

Le Français explique que c’est à partir d’échantillonnages (ou samplings) du conte d’Alice aux pays des merveilles, notamment de phrases du Chapelier Fou «qui revenaient un peu comme des interludes », que ses amis ont commencé à signer sur ses pochettes le nom de l’étrange personnage. L’artiste ajoute «c’est un livre qui m’a vraiment marqué, j’étais dans des expériences assez psychédéliques et ça correspondait bien à ça. Le chapelier a une espèce de folie tout à fait logique et résonnée et à la fois très poétique et rigoureuse».

Quand on lui demande quel est son processus créatif, il répond simplement « j’ai toujours fait de la musique pour comprendre la musique que j’écoutais ». Ainsi, pour mieux apprécier l’univers psychédélique et poétique d’artistes comme Bonobo, Dj Shadow ou Portishead, il s’est mis derrière la table.

Comme le raffinement d’une table de thé, avec le cliquetis d’une cuillère qui remue le sucre dans une tasse, si vous permettez la métaphore, l’artiste pars de petites choses. Un son, un objet sonore, un traitement qu’il va ensuite développer et interroger comme une personne qu’il respecte et qu’il confronte parfois : « je veux toucher à tout, expérimenter, toucher à l’inouï, mais après ça veut pas dire que ma musique n’est pas accessible, mais elle est pourtant expérimentale » précise le Chapelier.

Riche musicalement en studio, mais en live?
Être accompagné de trois musiciens «est une véritable révolution», explique l’artiste, musiciens qu’il considère comme des «personnes parfaites». Marqué par des précédentes tournées solos stressantes au quatre coins du monde, on sent une certaine libération ou confiance de jouer en quatuor: « j’axe moins sur le fait de faire des boucles, c’est plus axé sur le ressenti en temps réel. Il y a un peu d’improvisation alors qu’avant il fallait que je prépare mes shows », lâche le musicien.

Il est très excité de revenir au Québec, où il avait joué par le passé au Festival de Musique Émergente en 2010 et au Festival International de Jazz de Montréal en 2012. Il garde de très bon souvenirs: « C’était un concert merveilleux, j’avais joué avec Pierre Lapointe. L’ambiance était incroyable, j’y suis resté pendant une semaine, c’était hyper agréable. »

Il jouera avec en première partie des Dear Criminals ce soir au Divan Orange avant de venir chez nous à L’Anti le 3 septembre. Il fera deux sets au Café Bar L’Abstracto du FME les 5 et 6 septembre en formule 5 à 7.

Ah oui aussi, il passe le bonjour à sa maman.

 

Deltas (sorti en France en septembre 2014 et chez nous le 28 août dernier):

Live FME 2010

Dates québécoises
1er Septembre – Montreal (CA) – Divan Orange avec Ropoporose et Dear Criminals
3 Septembre – Québec – L’Anti (251, rue Dorchester) – 13 $ à la porte – 1ere partie de Dear Criminals
05 Septembre – Nouyn Nouranda (CA) – FME
06 Septembre – Nouyn Nouranda (CA) – FME

Catégories
Nouvelles Spectacles

[À voir] Dear Criminals + Le Chapelier Fou, L’Anti, 3 septembre 2015

Pour ceux qui en auraient encore douté, l’Anti bar et spectacles n’offre pas uniquement des concerts rock. La soirée du 3 septembre prochain (jeudi) en est un bel exemple. Au menu : de l’électro-folk romantique et de l’électro qui cherche à faire sauter les barrières du style.

Photo: Marilou Nadeau Photographe | Collage: Marin Blanc
Photo: Marilou Nadeau Photographe | Collage: Marin Blanc

Dear Criminals, c’est Frannie Holder, Vincent Legault (Random Recipe) et Charles Lavoie (b.e.t.a.l.o.v.e.r.s). Les voix à la fois tendres et torturées de Frannie et de Charles se marient parfaitement au son des arrangements musicaux de Vincent et de leurs instruments. En live, on leur connaît une énergie particulière, qui nous fait vivre à cent à l’heure les émotions fortes qu’ils expriment dans leurs chansons. Ils ne sont rien de moins que mon coup de cœur de la Liste de noël de Poulet Neige. Leur performance dans une salle comme l’Anti promet.

 

 

chapelier_fou_2
Crédit: Delphine Ghosarossian

Venu directement de Metz en France, Louis Warynski alias Le Chapelier Fou débarque avec sa musique plus que particulière. C’est un curieux mélange entre le classique, qu’il a étudié au conservatoire pendant de nombreuses années, l’électro, sa passion, ainsi que diverses influences musicales, qu’il cherche à confondre jusqu’à les rendre insécables.

L’adéquation de ces deux groupes s’annonce parfaite avec leurs sonorités semblables et leurs univers éclatés. On a bien hâte de les voir, en espérant vous y croiser !

 

Qui : Dear Criminals + Le Chapelier Fou

Quoi : De la bonne musique

Où : L’Anti Bar & Spectacles (251 Dorchester)

Quand : 3 septembre (Portes 20h / Spectacle 21h)

Combien : 13$ aux portes