[FEQ] Compte rendu, 12 juillet 2017

Une fois n’est pas coutume, nous sommes allés voir une légende, mercredi soir. Et un chanteur de charme sur sa montée. Et un rockeur qui a fait claquer quelques dentiers. Et des joyeux drilles qui mélangent le jazz et le hip-hop.

Laurence Castera – Scène Fibe

Laurence Castera – Photo : Jacques Boivin

Bonne nouvelle pour Laurence Castera, le soleil allait être de la partie! Il n’aura fallu que quelques notes du Beauceron et de ses trois musiciens pour que le public prenne d’assaut la petite scène Fibe. Des curieux, des fans aussi, quelques jeunes, d’autres moins jeunes, une crowd qui avait l’oreille attentive, et une pop-rock à la fois mélancolique et atmosphérique. Si certains peuvent reprocher à Castera un certain manque d’originalité (le genre se prête peu aux grandes expérimentations, après tout), l’exécution, elle, est parfaite. Une voix magnifique, des mélodies accrocheuses, un bassiste qui vole presque le show avec son jeu très groovy, une interaction authentique avec le public; si on se fie à la réaction des spectateurs, la route s’annonce très belle pour Laurence! (Jacques Boivin)

Francis Faubert – Scène Hydro-Québec

Francis Faubert – Photo : Jacques Boivin

Je sais pas ce qui a été le plus étrange hier. Julie Payette comme gouverneur général du Canada ou Francis Faubert en ouverture pour Michel Louvain. C’est devant un parterre disons, attentif, que le rocker de Montebello a lancé Volcan, chanson loud, tant au niveau du son que des mots. Mais bon joueur, l’ancien vainqueur des Francouvertes a su trouver une vibe plus douce pour ne pas trop brusquer son auditoire, tout en restant fidèle à son rock garage. En plus de se donner des allures de guitar hero, le type sait écrire. « Toujours pris entre la rage et l’écorche », dit-il à sa Moman. Flanqué de son loyal Mat Vézio au drum, Faubert avait, oui, l’air d’un chien dans un jeu de quilles. Mais du chien, c’est ce qui faut quand on prétend faire du rock. Chapeau. (Christian St-Pierre)

Leif Vollebekk – Scène Loto-Québec

Leif Vollebekk – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

Devant un Parc de la Francophonie rempli, Leif Vollebekk est venu présenter son dernier album Twin Solitudes. Visiblement surpris de voir l’ampleur de la foule, Vollebekk a livré la marchandise et a fait planer plus d’un spectateur. Un contraste marqué entre ce spectacle et celui du Cercle en avril dernier : la foule semblait être plus réceptive et respectueuse. Dans un décor minimaliste, Leif Vollebekk a alterné entre la guitare et le Moog pour faire Into The Ether, All Night Sedans, Michigan, puis Telluride, Vancouver Time et Elegy. Sans nul doute, une découverte pour plus d’un festivalier. (Marie-Ève Duchesne)

Gab Paquet – Scène Hydro-Québec

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

On va régler une affaire en partant. Gab Paquet, je suis fan. Mais le défi était de taille. Comment ouvrir pour une légende de laquelle on se réclame, sans paraître en faire la caricature? Surtout lorsque le public présent en très grand nombre (la plus grosse foule cette année et par un mile) est farouchement fidèle à son idole depuis 60 ans. Mais la fougue, la générosité, l’humour et, oui, le charme de Paquet ont saisi les spectateurs qui n’ont pas tout de suite compris ce qui était en train de leur arriver. À mi-chemin, le crooner ´80 a entonné Casio, pad et moustache et il s’est passé quelque chose. Les gens ont réalisé le savant mélange de sérieux et d’auto-dérision et tous ont été conquis. Papa, maman, bébé, amour a terminé le travail et tous ces gens assis se sont levés pour danser. Mention très honorable à la Gab Nation qui s’était massée pour appuyer leur héros du pad qui était tout feu tout flamme et qui a, comme à son habitude, donné tout ce qu’il a de meilleur. (Christian St-Pierre)

CO/NTRY – Impérial Bell

CO/NTRY – Photo: Marion Desjardins

Le duo CO/NTRY ne fait pas dans la subtilité. Le chanteur et guitariste Beaver Sheppard semblait habillé en pyjama (ou une sorte de tenue hippie, dur à dire) alors que David Whitten s’est présenté en petite culotte noire ornée de brillants. Classe. On se noie rapidement dans les gros rythmes glam et new-wave des années 80 avec des inflexions vocales plutôt propres au monde indie-rock. Si la performance est très divertissante, ça reste de la musique qui n’est pas faite pour tout le monde et malgré un côté irrévérencieux réussi, je ne sais pas quand j’aurai à nouveau envie de revivre une telle expérience. (Julien Baby-Cormier)

Matt Holubowski – Scène Hydro-Québec

Matt Holubowski – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

Il y avait foule pour Matt Holubowksi, le Parc de la Francophonie affichait d’ailleurs complet. Si pour plusieurs Leif Vollebekk a été une découverte, Matt Holubowski, lui, n’a pas besoin de présentation. Les chansons du Prix Espoir FEQ 2017 ont été chaudement applaudies par les fans. Déjà habitué par les tournées pour son album Solitudes, le chanteur s’est permis de faire de plus longues improvisations dans ses chansons. La guitare de Simon Angell et l’ajout de deux violons ont embelli les chansons comme The Folly of the Pretending ou Sweet Surreal qui ont été fort appréciées par la foule. L’énergie d’Holubowski et de sa troupe a su bien protéger les festivaliers du son venant des Plaines. Il a même réservé au public une nouvelle chanson. Au final, c’était un énorme coup de coeur pour moi et les spectateurs présents. (Marie-Ève Duchesne)

BadBadNotGood – Impérial Bell

BadBadNotGood – Photo: Marion Desjardins

Après un passage remarqué aux Signaux de nuit l’an dernier (après le très oubliable concert des Red Hot Chili Peppers) le quatuor de Toronto était de retour en ville pour nous présenter son jazz trempé dans une ambiance rock. Beau coup du FEQ de leur confier la scène de l’Impérial puisqu’ils ont attiré une foule nombreuse et rapidement conquise. Les pièces principalement issues des deux derniers albums III et IV, avaient tendance à être allongées de jams parfois dissonants, mais toujours incroyablement satisfaisants. Les pièces IV, Confessions et Triangle, furent particulièrement jouissives alors que d’autres morceaux tels And That, Too ou Speaking Gently font dans un registre un peu plus subtil tout en mettant en valeur l’incroyable talent de chaque musicien. J’ai eu un gros coup de coeur en général sur les lignes de basse complexes et franchement accrocheuse.

Belle surprise que cette brève, mais entrainante reprise du thème de James Bond en rappel. Les jeunes musiciens ont terminé leur soirée en force avec leur bombe CS60 pendant laquelle ils ont fait accroupir l’ensemble de la foule pour la voir sauter synchro dans un des moments les plus explosifs de la chanson. Une belle façon de passer un mercredi soir. (Julien Baby-Cormier)

Michel Louvain – Scène Hydro-Québec

Michel Louvain – Photo : Jacques Boivin

Je pourrais écrire uniquement son nom et ça suffirait, tellement l’homme est un monument de notre culture collective. Si nous vouons un grand respect, avec raison, à Gilles Vigneault pour être encore aussi électrisant sur scène à un âge vénérable, il faut aussi lever notre chapeau à celui qui est venu fêter 60 ans de carrière hier soir. Six décennies à faire rêver les dames et à faire honneur au meilleur du matériel qui peuple notre imaginaire : Aznavour, Elvis, Trenet, Anka. Tout ça, évidemment, en plus de son propre répertoire, comme les immortelles La dame en bleu, Sylvie (à Quebec sous les remparts!!!) et Buenas Noches Mi Amor qui a tout lancé il y a six décennies. C’est accompagné d’une belle équipe de stars que le maestro a célébré : Patrick et Ludovick Bourgeois, Brigitte Boisjoli, Paul Daraîche, Mario Pelchat et même Roch Voisine avec sa Hélène étaient sur place. Plaisir coupable s’il en est un, c’est un voyage au cœur de mon enfance avec les chansons qui font encore vibrer mes tantes. Une légende nous a fait une cadeau pour son propre anniversaire, merci M. Louvain! (Christian St-Pierre)

 

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[SPECTACLE] Ludovic Alarie + Leif Vollebekk, Le Cercle, 13 avril 2017

C’est devant un Cercle plein que Ludovic Alarie et Leif Vollebekk sont venus présenter leurs plus récents albums.

Ludovic Alarie faisait office de première partie pour Leif Vollebekk. Il nous a présenté son deuxième album, L’Appartement.

Il était accompagné d’une guitare et d’Adèle Trottier-Rivard au choeur. La complicité entre les deux artistes étaient palpables, et Alarie a réchauffé la foule avec son univers chaleureux qui lui est propre. Une reprise est venue agrémenter le répertoire du jeune auteur-compositeur-interprète.

Leif Vollebekk est entré sur scène sous une salve d’applaudissements. Ce sont deux musiciens qui l’accompagnaient à la guitare et à la batterie. Il a commencé avec Vancouver Time. La foule, attentive pour Vollebekk, était conquise.

Tantôt sur son synthétiseur Moog, tantôt sur une guitare acoustique ou électrique, Leif Vollebekk était à son aise sur scène. Son album Twin Solitude, que j’adore depuis sa sortie, a réussi à bien se transmettre sur scène. Des pièces comme All Night Sedans ou encore Elegy ont laissé place à l’inventivité et le talent de l’auteur-compositeur montréalais. On pouvait voir la complicité entre Vollebekk et ses musiciens sur scène. Une reprise de Jeff Buckley a aussi reçue des applaudissements nourris du public.

Ayant trois albums à son actif, Vollebekk en a profité pour jouer plusieurs chansons de ses derniers albums, comme Off the Main Drag, Photographer Friend. Une complicité était présente lorsque le chanteur s’adressait à la foule, ce qui est toujours apprécié lors d’un concert en salle.

En somme, Leif Vollebekk et sa première partie, Ludovic Alarie, ont réussi à charmer le public du Cercle. J’ai très hâte de revoir à Québec les deux artistes lors de leurs prochains spectacles qui, je suis certaine, feront plaisir à plusieurs.

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[Album] Leif Vollebekk – «Twin Solitude »

Après quatre ans d’absence, le chanteur Leif Vollebekk revient avec son tout nouveau disque, Twin Solitude, paru le 24 février sur Secret City Records. 

Les deux solitudes sont les deux phases distinctes au disque. Dans la première, Vollebekk est seulement accompagné par un piano et quelques instruments, tandis que dans la deuxième, la guitare l’accompagne et fait penser aux mélodies d’un Nick Drake ou de Jeff Buckley.

L’album commence avec Vancouver Time, une pièce où le piano et la voix de l’auteur-compositeur-interprète montréalais sont mis de l’avant. L’ambiance du disque est feutrée et l’est tout autant sur All Night Sedans, qui tranche avec les paroles concernant une rupture amoureuse. Elegy, son premier extrait sorti en octobre, est une des belles réussites de l’album. La voix singulière de Leif Vollebekk est à son meilleur avec le piano et la batterie minimale qui l’accompagne.

Leif Vollebekk est accompagné par le duo Chargaux aux cordes, de Olivier Fairfield (Timber Timbre) à la batterie. Shahzad Ismaily (Marc Ribot’s Ceramic Dog et Secret Chiefs 3) est à la basse pour plusieurs chansons de l’album. Ses musiciens sont, avec Vollebekk, à la base du succès de cette nouveauté.

Quant à elles, Into the Ether et Big Sky Country rappellent les contemporains qui ont inspiré Vollebekk, mais rapidement, on voit qu’il est dans une case à part et qu’il en a fait du chemin depuis Inland, son premier album.

La deuxième phase du disque débute avec Michigan, une pièce folk qui se transpose bien dans l’univers de l’auteur-compositeur-interprète.

Pour finir l’album, Leif Vollebekk et son groupe de musiciens sont accompagnés par Sarah Pagé (The Barr Brothers) à la harpe sur la pièce Rest. Comment fait-on pour savoir si la chanson est réussie? Lorsque la chair de poule te prend et qu’elle te remue dès le début. On est touché en plein cœur. Elle nous laisse sur un nuage, qu’on doit à l’album qui vient de finir.

Dans sa totalité, cette nouvelle offre musicale est la plus achevée, et la musique de Vollebekk gagne à être connue. L’album s’écoute tout aussi bien dans son entièreté ou en morceaux ça et là, mais ce type d’écoute vous fera perdre quelques bijoux musicaux.