[FEQ] Compte rendu, 16 juillet 2017

Pour cette grande finale, nous nous sommes gâtés, même si ça voulait dire être à la même place que tout le monde en allant voir Muse. Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas rempli notre mandat avec d’excellents artistes d’ici… et d’ailleurs!

Lesbo Vrouven – Scène Fibe

Lesbo Vrouven – Photo : Jacques Boivin

Y a-t-il une meilleure façon de commencer la dernière journée du FEQ que sous le soleil, avec le trio dance-punk le plus déjanté de Québec? Sam Murdock, Hugo Lebel et Jean-Christophe Bédard Rubin ont montré leur savoir-faire à une foule très familiale (ça change des bars) et plutôt limouloise (on reconnaissait pas mal de visages) venue pour danser et faire la fête. Le trio a présenté de nombreuses pièces de Griff Piff entrecoupées d’interventions souvent désopilantes de Murdock, qui disait à la blague qu’il devait remplir une heure de show avec une demi-heure de musique. Une petite bombe d’énergie qui a su nous mettre en appétit pour le reste de la soirée. (Jacques Boivin)

Liana – Scène Hydro-Québec

Liana – Photo : Jacques Boivin

C’est en offrant une version explosive de « Crazy in love » de Beyonce que cette jeune chanteuse de Québec a su charmer les quatre juges de La Voix. C’est donc dans cette continuité que la jeune artiste entreprend sa carrière solo en offrant un mini-album en mars 2017. Ses chansons pop à très forte saveur R&B créent une atmosphère feutrée pimentée d’une voix puissante et très affirmée, le tout rappelant la vibe d’Alicia Keys. Bref, un matériel très radiophonique qui a tout ce qui faut pour plaire à un large public. (Christian St-Pierre)

Beyries – Scène Loto-Québec

Beyries – Photo : Jacques Boivin

J’avais écouté l’album Landing et j’étais de base une fan de l’artiste. En arrivant sur place, celle qui mettait la table pour le spectacle spécial de Belle et Bum m’a complétement subjuguée. Dès les premières minutes de sa prestation, Beyries a montré ce dont elle est capable. Elle avait de l’énergie à revendre avec ses musiciens, entre autres Joseph Marchand et Alex McMahon. Sa choriste, Judith Little-Daudelin, a aussi été de la partie pour la chanson J’aurai cent ans, originalement faite avec Louis-Jean Cormier. Elle a réussi à faire revivre l’album hors de son format et à fort probablement gagné de nouveaux fans. (Marie-Eve Duchesne)

Julian Taylor Band – Scène Hydro-Québec

Julian Taylor Band – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

Bien à propos pour une soirée estivale, la musique de Julian Taylor a toutes les qualités chaleureuses du soul. Avec une voix d’un autre temps rappelant Sam Cooke, Al Green ou Smokey Robinson, l’Ontarien, flanqué d’une solide formation offre un matériel pop qui groove et qui flirte avec le funk mais, surtout avec la soul, brass et orgue B-3 en appui. Y a des moments où ça rock davantage, le tout pour laisser une excellente impression en cette soirée de clôture sur la scène Hydro (Christian St-Pierre)

Mondo Cozmo – Scène Bell

Mondo Cozmo – Photo : Jacques Boivin

Louis Bellavance avait pris un gros risque en programmant la formation du charismatique Josh Ostrander, qui n’a même pas d’album complet à son actif (il sera lancé le 4 août prochain). De l’indie rock à saveur pop très accessible sans tomber dans le mièvre, une reprise enthousiaste de Bittersweet Symphony, une présence scénique assumée, même sur l’énorme scène Bell, on comprend pourquoi le public a bien accueilli la formation. Ces gars-là sont à surveiller! (Jacques Boivin)

Ben l’oncle soul – Scène Hydro-Québec

Ben l’oncle soul – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

La 50e édition du FEQ a connu une fin « crème glacée » sur la scène Hydro-Québec. Sucrée, crémeuse et réconfortante, la pop soul de Ben l’Oncle Soul était toute désignée pour un dimanche soir de juillet. Se la jouant Marvin Gaye par moments, un peu Bob Marley ou Usher par d’autres, c’est beaucoup de sensualité et de chaleur qui se dégagent de la prestation du chanteur français et ça donne envie de danser coller avec sa blonde en buvant du vin. Pendant que ça rockait sur les Plaines, ça groovait tranquille en ville et c’était parfait ainsi. Celui qui s’est fait connaître par une version de « Seven nation army » qui a fait le buzz sur YouTube a toutes les qualités pour prétendre perpétuer le grande tradition venue des années ’60. Un bien bon dessert pour cet autre banquet musical réussi à Place d’Youville. (Christian St-Pierre)

Muse – Scène Bell

Muse : Photo : Jacques Boivin

Question de bien réaliser notre mandat, j’ai manqué tous les gros shows du Festival d’été (sauf Metallica, mais ça compte pas, j’étais là en tant que papa, pas en tant que blogueur). Je me suis dit que cette fois, j’allais me gâter. Et quoi de mieux qu’un groupe qui en met tout le temps plein la vue pour terminer ce 50e Festival d’été de Québec?

Même si, visuellement, le concert de Muse allait être beaucoup plus sobre que ce à quoi il nous a habitués (festival oblige), la troupe de Matt Bellamy nous a gâtés… si on oublie la durée de la prestation (une heure trente, soit un programme de festival). Bellamy, déjà passablement énergique en temps normal, en a rajouté une couche, pendant que le bassiste Chris Wolstenholme et le batteur Dominic Howard battaient le rythme. L’avantage d’un programme aussi court? On coupe dans le gras (ce qui veut dire moins de pièces de Drones, à mon plus grand plaisir), on joue les bombes (Hysteria dès la troisième chanson… on appelle ça ne pas perdre de temps!) et on s’amuse comme des fous. Bellamy a même profité de Starlight pour aller prendre un petit bain de foule, donner des câlins et signer des albums!

Muse : Photo : Jacques Boivin

Seuls gros effets visuels à part les cubes derrière le groupe? Des ballons et des confettis, lancés pendant les dernières chansons du programme principal.

Au rappel, le groupe a sorti les canons : Uprising et la toujours excellente Knights of Cydonia.

Belle finale pour un beau festival! (Jacques Boivin)

On vous présente notre bilan mardi. On a besoin de quelques heures de sommeil aujourd’hui!

[SPECTACLE] Ligue Rock VI (Les Breastfeeders, Lesbo Vrouven, Deux Pouilles en Cavale) Le Cercle, 25 février 2017

Les Breastfeeders – Photo : Nicolas Padovani
Deux pouilles en cavale – Photo : Nicolas Padovani

Les amateurs de décibels étaient conviés à une programmation très relevée pour cette deuxième soirée de la Ligue Rock VI présentée au Cercle. Vers 21 h 30 , le trio (!!) Deux Pouilles en Cavale se sont armés de leurs instruments et ont balancé à la foule leurs brûlots rock en pleine figure. Présentant un rock champ gauche à mille lieues du rock fédérateur qui fait courir les foules sur les Plaines, ils ont enchainé les pièces souvent brèves, mais comptant parfois autant d’idées qu’une vieille chanson prog. La comparaison s’arrête là; les deux chanteurs, Nicolas Gosselin (aussi à la guitare) et Pascal Rousseau (aussi à la batterie), s’échangent le travail au micro, enchaînant aussi de nombreux passages instrumentaux. Les paroles trempent dans l’absurde, mais la performance est rodée au quart de tour. Ça garroche au possible, et c’est une des propositions les plus originales que j’ai vues sur la scène rock québécoise. Le trio sort constamment l’auditeur de sa zone de confort et l’empêche de deviner la mélodie de refrain, qui souvent ne vient jamais.

L’originalité était également au rendez-vous avec Lesbo Vrouven, le groupe du héros local Sam Murdock qui est arrivé sur scène solidement enrhumé; ou était-ce une bronchitomononi? Bref on lui avait conseillé des suppositoires qu’il n’avait pas trouvés… il y avait seulement des Fisherman’s Friend au dépanneur, et Sam n’était pas trop certain de comment les utiliser.  Il a annoncé d’emblée que ce serait peut-être le meilleur ou le pire show de Lesbo Vrouven à vie.

Lesbo Vrouven – Photo : Nicolas Padovani

Si musicalement c’est légèrement plus traditionnel que Deux Pouilles – et encore – la performance était absolument déjantée. Lesbo Vrouven offre une proposition efficace musicalement et très dansante, et les interventions hilarantes de Sam Murdock confèrent à l’ensemble de la performance un divertissement pur. Ils ont semble-t-il dû changer leur setlist et enlever la reprise du Temps des cathédrales en raison de l’impossibilité d’atteindre les notes hautes (exemple en prime). Nous avons plutôt eu droit à Chase is Better than the Catch de Motorhead (ça aurait pu être autre chose aussi, je ne connais rien au groupe de Lemmy Kilmister). Sam a aussi grimpé au balcon et demandé à deux musiciens des Pouilles en cavale de jammer sur un des morceaux. Fallait voir leur expression interloquée pour comprendre que tout ça n’avait pas été planifié. Le groupe a terminé cette première partie d’anthologie en jouant la première pièce du nouvel album Griff Pifff, l’entrainante Coloris. Impossible de dire si c’était leur meilleur ou leur pire, mais ça donne le goût d’y retourner pour vérifier! Rarement avait-on vu deux groupes mettre aussi bien la table pour le plat de résistance de la soirée : Les Breastfeeders.

Les Breastfeeders – Photo : Nicolas Padovani

Dès les premières secondes de J’pourrais pas vivre avec toi, on a compris qu’on aurait droit à une prestation frénétique et sans répit. Puisque le groupe n’a rien de nouveau à défendre, nous avons eu droit à un florilège de grosses chansons provenant de leur trois solides albums. Les gens se sont déhanchés frénétiquement au son de ces pièces, dont 400 milles, Viens avec moi et Ne perds pas la tête. Fidèle à son habitude, Johnny Maldoror, incarné à merveille par l’acteur Martin Dubreuil, a martyrisé sans relâche sa tambourine, faisant même du bodysurfing en tandem avec une disquaire bien connue dans la ville. Il est super intéressant aussi de voir Luc Brien, d’ailleurs au sommet de sa forme vocale contrairement à Murdoch, échanger le micro avec la rafraîchissante Suzie McLelove. Deux voix complètement différentes qui nous permettent de passer d’un son garage-rétro à des textures plus sixties. On espère que les commentaires du chanteur sur de futures pièces s’avèreront vrais; pour l’instant, les noms des pièces en chantier mentionnés par Brien semblaient improvisés. Ils ont bien entendu terminé le programme principal par l’incroyable Ça Ira, qui a encouragé la foule des premières rangées à y aller de feux d’artifice houblonnés. Si tout le monde était solide, il faut mentionner le super travail de Ryan Battistuzzi venu à pied levé remplacer le guitariste précédent. S’il est plus connu pour son travail de réalisateur, il connaissait très bien les pièces du groupe et a fait, tout au long de la soirée, un magnifique travail de guitare soliste. Le groupe est revenu pour un court rappel afin de boucler cette soirée rock frôlant la perfection.

Prochain rendez-vous de la Ligue Rock VI samedi prochain avec la légende Michel Pagliaro, Francis Faubert et Floating Widget.

[SPECTACLE] Lesbo Vrouven au Pantoum pour le lancement de GRIFFF PIFFF!

Chroniques d’une jeunesse en quête de sens

La scène se passe dans un lieu sombre et surpeuplé.

La bass est trop forte et le plancher pue la bière cheap.

Simon Provencher est couché sur un fauteuil de cuir entre une gérante d’artistes blasée et un étudiant en sociologie qui parle trop fort.

Eh boy, je viens de me faire réveiller de ma petite sieste sur un des divans du Pantoum. J’étais bien entre les taches de bières et les vieilles effluves salées de grilled cheese. Comme quoi même si on a un beau système de DELs tout neuf on est pas foutu de laver ses meubles ici. Mais bon les diodes glitchent un peu, Lesbo Vrouven font du bruit, j’ai mal à la tête et il y a une tension sexuelle palpable entre moi et l’oreiller qui veut désespérément mon retour. Je décide de me rendormir un peu mais il y a trop de bruit et l’oreiller commence à être vraiment humide à cause de mes frenchs passionnés. D’ailleurs parlons en, embrasser avec la langue c’est un peu désagréable. Qu’est-ce que je suis supposé faire avec, brasser un peu dans ta bouche ou juste la déposer là? Arielle, je peux avoir ton opinion là dessus s’il-te-plaît?

arielle

« T’sais, Simon, c’est pas si important de frencher quand tu sais faire des bonnes crêpes le matin. »

Je me demande ce que Jacques en pense aussi. Parlant de sensualité, je me dois de remercier Claudia et Gab de m’avoir donné un séduisant pullover de tigre. Je me suis senti comme un nouveau riche extravagant pour toute la soirée c’était génial. Peut-être qu’avec ça je réussirai un jour à cruiser avec succès au Pantoum.. parce qu’à date c’est vraiment plus ridicule qu’autre chose. Aidez-moi s’il vous plaît je me sens vraiment seul.

Amicalement, Simon Provencher.

PS: Si quelqu’un(e) est intéressé(e) par un jeune musicien/chroniqueur culturel avec une hygiène moyenne et une forte tendance à l’autodestruction, contactez Tel-Jeunes au 1-800-263-2266.

Fade-out dramatique.

Fade-in devant la scène illuminée, on retrouve la seconde protagoniste, Arielle Galarneau qui shake de la tête avec le reste du publique déchaîné.

Monologue intérieur.

Ouais, le nouvel éclairage du Pantoum est bien, mais ça me rappelle dangereusement ma dernière crise d’épilepsie. Une chance qu’y’a une couple de gars cutes que je peux regarder discrètement pour me changer les idées.

Elle boit une gorgée de son Bordeaux à dix-sept dollar qu’elle a acheté au Bonichoix pour avoir l’air moins pauvre.

Ouais, le vin commence à fesser un peu, j’espère que je vais pas dégueuler sur le plancher comme la dernière fois.

Elle boit une autre gorgée avant de poser sa coupe sur le stage qui shake frénétiquement sous les sauts de puce de Sam Murdock.

Ouais, finalement le monde du Pantoum savent pas trop comment trasher comme du monde. J’vais leur montrer.

Le lendemain.

Ouais, j’ai un torticoli, j’ai mal à tête, j’ai perdu ma carte de bus pis le chat a pissé sur le tapis. C’était une belle soirée.

lesbo-vrouven

Merci à Émilie Tremblay pour la photo de cellulaire!

Quoi ? Tu n’as pas d’party de Noël ? Laisse le Bunker d’Auteuil t’arranger ça !

Plein de choses peuvent vous empêcher de vivre, cette année, un bon vieux « party d’bureau » : vous êtes travailleurs autonomes, vous n’avez pas de travail, vous détestez vos collègues de travail, vous avez voté Libéral dans la grande région de Québec, etc. Mais, comme d’habitude, la maison de disque indépendante le Bunker d’Auteuil a pensé à vous !

20151219_Bal_w500Le 19 décembre prochain au non moins célèbre Bal du Lézard, six artistes se succéderont et ce, entre 21h et 23h, afin de vous permettre de rendre hommage à bébé Jésus à grand coup de rock bien de chez vous (je suis pas de Québec, moi) : Jeanphillip, ce fougueux jeune homme qui a repris le flambeau afin que la tradition se continue, invite Shampouing (un des instigateurs de l’évènement), Laratoureuse, Lesbo Vrouven, David Cimon et Pannetone.

Gageons que l’ambiance sera hautement féerique à l’intérieur de ce Bal du Lézard revampé.

Ah, j’oubliais : le tout est gratis. Pas d’excuse : virez Limoilou à l’envers !