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Spectacle : Lisa LeBlanc, Théâtre le Petit-Champlain, 27 septembre 2014

Lisa LeBlancDire que les gens de Québec avaient hâte au retour de Lisa LeBlanc pourrait être considéré comme un euphémisme. Voyez-vous, c’est dans un Petit-Champlain à guichets fermés et rempli à craquer que la grande Acadienne est venue livrer ses chansons, dont quelques-unes de son nouveau maxi à paraître le 4 novembre prochain (Highways, Heartaches and Time Well Wasted).

Emmanuel Éthier (qui a réalisé le maxi à paraître) s’est d’ailleurs joint au groupe composé de Maxime Gosselin (batterie), Jean-Philippe Hébert (guitare) et LeBlanc. Ce spectacle allait être lourd sur les cordes, on a pu s’en rendre compte dès l’introduction, toute en western spaghetti, qui nous a menés à une J’pas un cowboy survoltée. MotelCerveau Ramolli et un tas d’autres chansons de son excellent premier album se sont succédés.

Lisa LeBlancBon. Évidemment, un bon nombre de personnes étaient là pour entendre Aujourd’hui, ma vie c’est de la marde, et LeBlanc n’était pas là pour les décevoir, même s’il y avait beaucoup de dérision dans le ton de l’auteure-compositrice-interprète. Radiohead a Creep, Lisa a Marde.

Si la première partie du show avait tout pour plaire aux fans de la première heure, la deuxième, de son côté, avait de quoi capter l’attention des curieux, comme moi, qui ont hâte d’entendre le maxi.

C’est donc avec ravissement qu’on a donc entendu LeBlanc chanter Gold Diggin’ Hoedown. Oh boy. Highways, Heartaches and Time Well Wasted ne sera pas un album propre! On avait déjà eu la chance d’entendre la magnifique You Look Like Trouble (But I Guess I Do Too), qui commence en douceur pour se terminer dans un chaos infernal, mais contrôlé. Pensez Cerveau Ramolli, puissance 10. Comme pour le prouver, LeBlanc enchaîne avec un classique de… Mötorhead, Ace of Spades, qui a tout à fait l’air à sa place même si elle a été jouée avec aucun ménagement.

270914-222517Pour le premier rappel, après une plus que vraie Y fait chaud (en hostie), LeBlanc a sorti une autre nouvelle pièce, Race Track, qui bénéficie d’une énergie semblable aux deux autres présentées précédemment. J’aimerais vous rappeler qu’on est en fin de spectacle (ou en rappel) et que Lisa LeBlanc nous présente ses nouvelles chansons, bien après que ses classiques en devenir soient joués! Faut avoir confiance en titi dans son matériel pour faire ça. D’ailleurs, le plaisir qu’avait LeBlanc à jouer ces pièces était contagieux, ça dansait et ça headbangait à qui mieux-mieux dans un Petit-Champlain toujours aussi bondé.

Pour le deuxième rappel, LeBlanc en avait une autre, en franglais, juste pour nous : God Knows (qu’y fera pas beau). Jouée seule à la guitare, ce morceau donne le motton. D’ailleurs, Lisa était elle-même plutôt émue. Elle a décidé de jeter le programme de la soirée aux poubelles et de nous interpréter quelques reprises, dont une version touchante de Le monde a bien changé (1755), et, pour terminer, une interprétation juste et sympathique Dreams, de Fleetwood Mac.

Wow. Quelle belle façon de « boucler » une tournée! Montréalais, il reste encore un spectacle le 30 septembre au Lion d’Or. Vous ne voudrez absolument pas manquer ça.

 

Les DeuxluxesLes Deuxluxes

C’était la deuxième fois que j’avais la chance de voir les Deuxluxes appliquer leur Traitement deuxluxe devant une foule et bien que pour moi, l’effet de surprise avait fait place à des attentes élevées, ce n’était pas le cas du public présent qui a tout de suite été charmé par le rock n’ roll sale et bluesé d’Étienne Barry et Anna Frances Meyer.

De mon côté, j’ai pu apprécier combien le couple s’était amélioré en un peu moins de six mois. Faut se comprendre, ici : la bombe, c’est Meyer, qui danse, chante, joue de la guitare comme si c’était sa dernière prestation. Une vraie rockeuse. Mais les bombes, ça n’explose pas tant que la mèche n’est pas allumée. Là-dessus, le jeu précis de Barry à la guitare et à la batterie provoque tout ce qu’il faut d’étincelles pour permettre à sa complice d’occuper l’espace scénique et envouter les fans.

Mise à jour : Shit! J’ai oublié de vous parler de la belle complicité qui existait entre Lisa LeBlanc et les Deuxluxes, qui ont partagé la scène à trois reprises au cours de la soirée. Moments fort agréables!

 

Programme – Lisa LeBlanc, 27 septembre 2014
Théâtre Petit-Champlain

  1. Intro – J’pas un cowboy
  2. Motel
  3. Cerveau ramolli
  4. Du duvet dans les poches
  5. Lignes d’Hydro
  6. Kraft Dinner
  7. Câlisse-moi là
  8. Downtown
  9. Chanson d’une rouspéteuse
  10. Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde
  11. Gold Diggin’ Hoedown
  12. You Look Like Trouble (But I Guess I Do Too)
  13. Ace of Spades (reprise de Motörhead)
  14. (1er rappel) Y fait chaud
  15. (1er rappel) Race Track
  16. (2e rappel) God Knows Y fera pas beau
  17. (2e rappel) Le monde a bien changé (reprise de 1755)
  18. (2e rappel) La danse de Mardi Gras (traditionnel cajun)
  19. (2e rappel) Dreams (reprise de Fleetwood Mac)

 

Photos

(Crédit photo : ecoutedonc.ca – Jacques Boivin)

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Critique : Lisa LeBlanc « Lisa LeBlanc »

Lisa LeBlanc
Lisa LeBlanc
(Bonsound)
26 mars 2012

Bon, vous avez sûrement été témoins du buzz autour de la jeune auteure-compositrice-interprète acadienne. Vous avez probablement entendu son gros hit, Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde. Pis, est-ce que ça vous a convaincu d’acheter l’album? Le cas échéant, bravo, vous avez fait un bon choix. Sinon, rassurez-vous : au-delà du buzz, il reste beaucoup de talent, des bonnes chansons et un brillant avenir.

Cerveau ramolli ouvre l’album avec une énergie assez incroyable. Le rythme est rapide, les guitares de Louis-Jean Cormier (en break de Karkwa) se marient merveilleusement bien au Banjo de LeBlanc, les paroles vont droit au but (ça… c’est le cas tout au long de l’album!), franchement, on a droit à du folk qui rocke!

Ça se poursuit avec Du duvet dans les poches et Motel, deux pièces sales, poussiéreuses… du folk de grange (pour faire un parallèle avec le rock de garage) tout à fait honnête. En fait, les trois premières pièces du disque me rappellent une autre artiste du même genre (quoiqu’aux accents plus country), qui avait accolé l’étiquette « trash » à ses compétitions (voir TREMBLAY, Mara). On y retrouve la même urgence de s’exprimer, de faire des vagues.

Petite pause avec Juste parce que j’peux et Câlisse-moi là. Cette dernière a un côté blues écorché vif qui fait mal. Intense, mais sincère.

Après un bref retour aux chansons plus rythmées, on ressent enfin, avec Lignes d’Hydro, l’influence de Cormier. Ses riffs sortent tout droit d’une pièce de Karkwa, la mélodie et le rythme ne sembleront pas inconnus aux fans du groupe. N’empêche, il s’agit, avec Cerveau ramolli, de ma pièce préférée de l’album.

Le reste de l’album est beaucoup plus tranquille on y retrouve les rares longueurs. En quelque part, c’est bien que celles-ci se trouvent à la fin… Notons toutefois Kraft Dinner. Quelle belle idée, cette chanson. « Au pire, on rira ensemble, on mangera du Kraft Dinner, c’est tout c’qu’on a d’besoin. » Et l’album se termine en beauté, avec Aujourd’hui…

Franchement, pour le premier album d’une jeune femme de 21 ans, on en ressort agréablement surpris. C’est bon, c’est intelligent malgré le vocabulaire parfois un peu déroutant, et c’est intemporel. Vous allez encore écouter ce disque quand vous serez vieux. 😉

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