[La Grosse Lanterne] Samedi 8 août 2015

La foule pendant Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
La foule pendant Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
Bernhari (crédit photo : Marion Desjardins)
Bernhari (crédit photo : Marion Desjardins)

Béthanie : pas de chance de tomber là par hasard. Ceux qui s’y sont rendus voulaient vraiment y être et ça paraissait dans l’écoute et la bonne humeur générale. La Grosse Lanterne récidivait donc pour une deuxième édition relevée. C’est devant quelques curieux que Gabrielle Papillon a amorcé la journée avec son folk intime.

Il y avait déjà un peu plus de monde pour Bernhari. Il a livré avec son excellent groupe une performance étincelante, et ce malgré la foule assise (qui semblait somme toute apprécier). Un coup de coeur arrivé tôt dans la journée;une de ces fois où on maudit le format « courte prestation » des festivals!

Face-T (crédit photo : Marion Desjardins)
Face-T (crédit photo : Marion Desjardins)

J’ai entendu le reggae de Face-T au loin, profitant d’un moment pour visiter le site. Tu sais que tu es dans un festival spécial quand tu peux aller acheter ta viande fraiche dans un petit stand local (ou des pops super granos (et délicieux)) et la faire cuire sur des BBQ mis à la disposition de tous. Les gens semblaient aussi apprécier la présence de deux food-trucks qui servaient de la bonne bouffe en plus d’ajouter du cachet à l’évènement. Pour ma part, gros coup de coeur pour tous ces petits à côté!

Dear Denizen (crédit photo : Marion Desjardins)
Dear Denizen (crédit photo : Marion Desjardins)

Retour vers le devant de la scène pour découvrir Dear Denizen. Le chanteur, Chris Ngabonziza, très charismatique a offert une excellente performance pendant le plus chaud moment de la journée. Les enfants dansaient déjà lorsqu’il a exhorté la foule de se lever et bouger sur les rythmes rock et groovés de leurs entrainantes chansons. Très bon moment.

Ponctuation
Ponctuation (crédit photo : Marion Desjardins)

Ponctuation a également tout donné devant une foule emportée par les riffs accrocheurs du trio. On était déjà vendu à leur cause, ils n’ont pas déçu. Après, Heat est arrivé avec son rock un peu paresseux. Ça tuait un peu le mood établi par les groupes précédents alors après quelques chansons, nous sommes allés tester le BBQ.

Milk & Bone
Milk & Bone (crédit photo : Marion Desjardins)

Ensuite la pop rêveuse de Milk and Bone a été la première a attirer une plus grande foule. Je trouve que le format à deux claviers montre rapidement ses limites, mais à voir la qualité de l’écoute des spectateurs, on peut dire que les deux filles ont déjà une base de fan solide. La reprise de « Death with dignity » de Sufjan Stevens était très réussie.

Heat (crédit photo : Marion Desjardins)
Heat (crédit photo : Marion Desjardins)
Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)

Je n’ai jamais su apprécier le hip-hop; impossible d’expliquer pourquoi. Pourtant Koriass a réussi à me mettre sur le cul avec une performance énergique, tantôt drôle, tantôt émouvante. Beaucoup de subtilité dans un style qui en manque parfois (mon avis de non-initié ici… je sais). Phil Roy et Safia Nolin ont tous deux fait un caméo dans son spectacle. Il a aussi rendu hommage à Sean Price décédé plus tôt dans la journée. Il est très impressionant à voir rapper. Wow!

Karim Ouellet (crédit photo : Marion Desjardins)
Karim Ouellet (crédit photo : Marion Desjardins)

Karim Ouellet avait pour sa part une impressionnante cohorte d’admirateurs. Il n’avait aucune difficulté à faire chanter les spectateurs (surtout -trices). Son style désinvolte et sympathique est contagieux. Judidieux ajout à la programmation. « Marie-Jo » en finale, d’abord seul à la guitare, puis accompagné de son orchestre (les 2 gars de Mister Valaire offrent une dimension ultra-festive à sa musique) fut un des très beaux moments de cette journée. Beaucoup de monde se démenait dans la foule pendant Loud Lary Ajust. J’avais déjà eu ma (bonne) dose de hip-hop pour la journée, alors on s’est reposé en attendant Malajube.

Loud Lary Ajust (crédit photo : Marion Desjardins)
Loud Lary Ajust (crédit photo : Marion Desjardins)
Malajube (crédit photo : Marion Desjardins)
Malajube (crédit photo : Marion Desjardins)

Les visages ont changé quelque peu au-devant de la scène entre les deux groupes, mais la performance du quatuor était décidément fort attendue. Les gens autour pariaient sur la première chanson de la soirée (c’est finalement Casse-Cou qui aura été choisie par le groupe), scandaient le nom du groupe et s’agitaient. On a aussi entendu le magique: « Julien Mineau, tu es mon chum pis tu le sais pas! » La foule à l’avant a embarqué à pieds joints dans cette performance fort bien ficelée. Plusieurs classiques furent joués tout au loin du spectacle parmi lesquels se sont faufilés 2 nouvelles chansons (Suzanne aux yeux noirs et Mélotrope), deux pièces prometteuses à la fois complexes, lentes et lourdes qu’il faudra réentendre pour se faire une véritable idée. Après l’énergique Robot sexy, Julien Mineau de s’écrier: « C’est du sport Malajube ». On approuve. Critobald en clôture de programme a été comme d’habitude un exemple de la puissance sonore du groupe et de l’apport de tout un chacun. Puis, le groupe est revenu sous les acclamations pour une version absolument époustouflante et épique d’ursuline. La quantité de commentaires élogieux sur Malajube en sortant de la Grosse Lanterne prouvait bien que tout le monde venait de passer un excellent moment. Vivement le prochain disque!

La grosseur de la foule (malgré la qualité) n’était probablement pas à la hauteur des attentes des organisateurs, mais j’espère te revoir Grosse Lanterne parce que tu es un festival différent avec une âme et visiblement mené par des gens passionnés.

[FESTIVAL] La Grosse lanterne, 2e édition

TourneeÉcoutedonc.ca profitera de la présence de Jacques à Gaspé, mais il y aura aussi les jeunes cools et branchés qui se feront bouffer par les mouches à La Grosse Lanterne ce samedi 8 août. Ce sera une première expérience pour nous et sur papier le festival a tout pour plaire. Expérience nature, camping, concerts, bonne bouffe avec une pléiade de groupes et de DJs qui jouent de midi à (passé) minuit. C’est somme toute assez intime (on pourrait accueillir jusqu’à 3000 personnes semble-t’il) et en plus, c’est proche de plusieurs villes; les organisateurs ayant établi leurs pénates à Béthanie, proche de Sherbrooke, Drummondville et Granby et pas si loin de Montréal et Québec.

Vendredi, sa commence tranquillement avec une soirée de courts métrages et la projection de l’excellent documentaire Montage of a heck, sur la courte vie de Kurt Cobain. Ce sera suivi de DJ sets.

Nous arriverons le samedi. Ça débute à midi avec Gabrielle Papillon (ce sera une première pour ma part) et elle sera suivie d’une incroyable et éclectique brochette d’artistes: Bernhari, Face-T, Dear Denizen, Ponctuation, Heat, Milk & Bone, Koriass, Karim Ouellet, Loud Lary Ajust qui se succèderont sur scène sous un chaud soleil; la météo semblant vouloir coopérer pas à peu prêt!! Ça se termine par le retour sur scène de Malajube après 3 ans d’absence. Si on se fie aux entrevues données cette semaine par les membres du groupe, ce sera un spectacle assez unique, avec un setlist mélangeant les pièces que les membres du groupe préfèrent jouer en concert avec quelques nouvelles chansons un peu grunge (selon Julien Mineau) et assez complexes (selon Francis Mineau). Les vidéoclips du Jus de Citron et du Blizzard avez été tous deux tournés dans le bois d’ailleurs… un présage?

Existe-t’il un mot pour décrire à quel point on a hâte?

[FESTIVOIX DE TROIS-RIVIÈRES] Compte-rendu du 2 juillet 2015

C’était soir de pleine lune hier soir à Trois-Rivières. Le Festivoix en a donc profité pour offrir une programmation solide à ses festivaliers avec un doublé composé de Fanny Bloom en ouverture et de Pierre Lapointe en clôture. Située tout près de l’eau, la scène Loto-Québec a été prise d’assaut par deux artistes de grand talent qui ont offert aux Trifluviens une soirée haute en couleur.

Photo : Mario Groleau
Photo : Mario Groleau

20h25 : Fanny Bloom

Moins d’un an après la parution de son deuxième album solo Pan, Fanny Bloom s’amène sur scène avec deux musiciens. Philippe Bilodeau s’active à la guitare et Stéphane Leclair enflamme sa batterie avant l’entrée en scène de la chanteuse. Dès les premières notes, nous pouvons apercevoir que le concert sera beaucoup plus rock que l’album. Fanny et sa bande ont un plaisir fou à offrir de longs interludes musicaux avant chaque pièce. C’est très intéressant et ça vient donner une seconde vie à chacune des pièces. La grande majorité du spectacle, d’une durée de 50 minutes, fut consacré à son deuxième opus. Quelques pièces de son premier album, Apprentie guerrière, furent entendues. Ces dernières sont un peu plus mélancoliques et moins appropriées avec le nouveau son de la chanteuse. La façon de les jouer en concert, avec beaucoup plus de batterie et de guitare, vient rehausser le rythme et fait passer un bon moment aux quelques milliers de spectateurs présents. Le parterre debout était à moitié rempli pour la prestation de la chanteuse. Les diverses sections assises étaient complètes depuis l’ouverture des portes.

Photo : Marc-Antoine Berthiaume
Photo : Marc-Antoine Berthiaume

Le clavier étant son instrument de prédilection, Fanny Bloom le quitte rarement. Par contre, elle le maitrise d’une main de maitre. Elle adore sautiller et danser derrière son instrument et s’amuse à modifier les notes de ses pièces pour les rendre un peu plus rythmées. En milieu de performance, elle lance son prochain simple Évidemment version remix par Claude Bégin, qu’elle qualifie de « dieu de la beauté en personne ». Une excellente chanson qui fait en sorte que l’ancienne chanteuse de La Patère Rose se dandine un peu plus sur scène, la forçant même à quitter son clavier pour danser sur le devant de la scène. Un très beau moment qui a lancé les festivités pour plusieurs spectateurs. Les chansons un peu plus connues des radios commerciales, qu’elle a remercié de leur soutien, s’enchainent. Le ver d’oreille par excellence Danse suit et le parterre s’amuse avec Fanny. Il y a une sorte de communion hors du commun et les Trifluviens ont montré leurs meilleurs move à la chanteuse.

En fin de piste, la magnifique blonde annonce aux spectateurs à quel point elle adore Trois-Rivières. Elle lance alors la chanson officielle du festivoix 2015 et son plus gros hit du moment : Piscine. « Festivoix! Groove ton move pour moi! », clame-t-elle avec ardeur. La chanteuse est aux anges, tous les spectateurs et les musiciens sont heureux. Elle passe un bon moment.

Avant de quitter, Fanny Bloom et ses deux acolytes remercient les Trifluviens présents en grand nombre ainsi que l’organisation du Festivoix. Pierre Lapointe est prévu dans vingt minutes et elle doit quitter. Elle conclut avec la magnifique pièce Sammy Sammy. Cette pièce prend tout son sens en spectacle. Quelques minutes plus tard, le trio quitte la scène principale du festival sous un tonnerre d’applaudissements. Quelle magnifique performance!

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Photo : Mario Groleau

21h35 : Pierre Lapointe

C’est seulement vingt minutes plus tard que le très chic Pierre Lapointe, tout de rose vêtu, prend d’assaut la scène avec ses quatre musiciens. Avant la musique, un petit discours de bienvenue et une présentation de son univers PUNKT. Il débute ensuite, assis devant son piano, la pièce H20. Le parterre est maintenant bien rempli. Sans arrêter, il enchaine avec la magnifique pièce Des Maux Sur Tout. Le célèbre chanteur quitte ensuite son piano pour s’approcher de la foule sur le devant de la scène. Il lance, sans avertir, une des chansons les plus attendues de la soirée : Le columbarium. Il parait bien, très officiel avec son micro seulement. Les pièces sont jouées avec brio, sans aucun écart de conduite. La voix de Pierre Lapointe est sans accroc. Il adore montrer aux habitants de Trois-Rivières ses divers pas de danse. Il utilise tout l’espace disponible et il s’amuse. Il enchaine avec Nus Devant Moi. La grande majorité des pièces de la soirée seront consacrées à l’album PUNKT.

Le claviériste et pianiste Denis Faucher prend place pour un magnifique duo de la pièce Barbara. Les jeux de lumière et la mimique de Lapointe font en sorte que la pièce est sombre et agressive. Pierre Lapointe est droit, sans aucun mouvement, devant son pianiste. L’interprétation est juste et magnifique. La lumière blanche jaillit à répétition pour aveugler le spectateur. Un grand moment de cette soirée chargé d’émotion.

Pierre Lapointe en profite ensuite pour à son tour interpréter une pièce au piano. Cette fois-ci, il veut jouer solo. Il entame donc Nos Joies Répétitives et le public est des plus attentif. Il le qualifie même de « docile ». C’est ce qui est beau avec un artiste comme Pierre Lapointe. Il peut à la fois nous faire danser jusqu’à épuisement, mais aussi nous émouvoir comme jamais. Ce magnifique amalgame vient chambouler le spectateur pendant une heure et demie. C’est la preuve que Lapointe est un de nos grands chanteurs.

Photo : Marc-Antoine Berthiaume
Photo : Marc-Antoine Berthiaume

Ses quatre musiciens, soient Denis Faucher au piano, Amélie Mandeville à la basse, Francis Mineau (oui oui! Francis de Malajube!) ainsi que Félix Dyotte à la guitare viennent rejoindre le chanteur pour un « gang bang de tendresse ». En gros, c’est un moment acoustique sur le devant de la scène. Trois pièces seront jouées devant une foule des plus attentives. Très peu de blabla et de blagues en formule festival. On réserve ça pour les concerts en salle. En festival, on enchaine. Pour débuter la formule acoustique, Tel Un Seul Homme, tiré de son album éponyme. Ensuite, La sexualité et L’étrange Route Des Amoureux viennent clore le gang bang de tendresse. Les cris de loup des spectateurs durant La Sexualité font vibrer le parterre du Festivoix. Par contre, cette chanson sans Random Recipe, c’est beaucoup moins agréable.

Le concert se poursuit avec de nombreux hits tels que Qu’est-en-t-il de la chance?, Plus vite que ton corps et Ministères. Avant de quitter la scène, Pierre Lapointe annonce qu’il n’y aura pas de rappel. Par contre, il pourrait céder et en faire un s’il reçoit quelques morceaux de vêtement sur scène de la part d’admirateurs et admiratrices. Il enchaine tout de suite avec la magnifique pièce Au Bar Des Suicidés. La foule est en délire et ose même se lever pour danser et applaudir le chanteur. Le solo de guitare de fou de Félix Dyotte était sublime et Pierre Lapointe est des plus heureux. Ses musiciens et lui quittent la scène. Reviendront-ils?

Eh oui, un rappel aura lieu, car de nombreux morceaux de vêtement, dont nous tairons la nature, furent lancés sur scène. Nous quittons les lieux dès les premières notes de Deux Par Deux Rassemblés. Ce fut un magnifique concert par un grand artiste d’ici. Il a de la classe et du talent ce Pierre Lapointe. L’univers PUNKT, autant par ses pièces, ses artistes et ses lumières est un essentiel à voir en concert.

Vous n’étiez pas à Trois-Rivières le 2 juillet et voulez revoir ces artistes en concert?

Fanny Bloom sera de passage au Festif! de Baie Saint-Paul du 23 au 26 juillet 2015.

En ce qui concerne Pierre Lapointe, il sera en spectacle gratuit le 9 juillet prochain à Ste-Foy!

Notre couverture du Festivoix se poursuit ce soir alors que Jacques assistera aux prestations de Bernard Adamus et Zachary Richard.

Photos : Mario Groleau et Marc-Antoine Berthiaume / Festivoix