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[FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC] Compte rendu, jour 4

Après le déluge de la veille, le soleil est revenu chatouiller les festivaliers qui avaient beaucoup à se mettre sous la dent ce dimanche. Non, nous ne sommes pas allés voir la prestation d’à peine trois quarts d’heure d’Iggy Azalea. Où que nous étions, les membres de l’équipe ecoutedonc.ca en ont eu plus que pour leur argent. On résume :

Héra Ménard

Héra Ménard - photo : ecoutedonc.ca
Héra Ménard – photo : ecoutedonc.ca

(par Jacques Boivin) C’est Héra elle-même qui a approché Arnaud Cordier pour jouer au FEQ. Celui-ci lui a offert une belle case, celle du midi, et la jeune auteure-compositrice-interprète de Saint-Lambert-de-Lauzon a sauté sur l’occasion. Les fans s’étaient donné le mot, il y avait beaucoup de monde, et la prestation a attiré de nombreux curieux. Le country-folk d’Héra est simple, mais incroyablement efficace. On la compare parfois aux soeurs Boulay, ce qui, quand on s’attarde aux textes, n’est vraiment pas fou, mais quand on entend Héra chanter, la voix nous rappelle une autre Boulay qui n’a aucun lien de parenté avec les deux premières. Je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué, plusieurs curieux ont lancé le même commentaire. Les gens ont beaucoup apprécié si on se fie au tonnerre d’applaudissements à la fin de la prestation. Ça tombe bien, nous aussi. Héra retourne en studio bientôt, on vous en reparle!

♥♥♥♥

Les Deuxluxes

Les Deuxluxes - Photo : ecoutedonc.ca
Les Deuxluxes – Photo : ecoutedonc.ca

(par Jacques Boivin) C’est le troisième traitement deuxluxe pour votre pas très humble serviteur, mais celui-ci était un peu spécial. Il faisait beau, la robe d’Anna Frances Meyer brillait, et Étienne Barry trippait sur la qualité du son (la scène de la place d’Youville est parfaite pour le petit côté rockabilly vintage du groupe). De nombreux curieux ne savaient pas à quoi s’attendre… ILS EN ONT EU PLEIN LA GUEULE! Les Deuxluxes, c’est l’énergie des White Stripes et l’attitude de Shovels & Rope réunis. C’est le duo qui nous rocke tellement fort qu’on vibre de tout partout. Et c’est aussi de jolis cadeaux, comme cette reprise de la chanson des Dabsters, J’en ai assez.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu les Deuxluxes sur scène, alors j’ai été un peu surpris de voir arriver, en plein milieu de la prestation, un batteur s’est joint au duo. Étienne s’est levé et tout à coup, son jeu de guitare (qui est déjà solide même quand il bat la mesure en même temps) s’est déchaîné. La suite s’est déroulée si rapidement, du moins, c’est l’impression qu’on avait, que tout le monde a été pris par surprise quand le duo nous a annoncé qu’il était temps de jouer une dernière chanson!

De loin la meilleure prestation de ce duo qui m’a toujours impressionné. Anna Frances et Étienne seront au Knock-Out en 5 à 7 cet après-midi si ça vous intéresse. À votre place, j’irais leur serrer la pince.

♥♥♥♥♥

Betty Bonifassi

Betty Bonifassi : Photo - Marion Desjardins
Betty Bonifassi : Photo – Marion Desjardins

(par Jacques Boivin) Une chance qu’elle nous a dit qu’elle n’était pas particulièrement en forme, notre Betty, parce que franchement, on ne l’aurait jamais remarqué. Venue nous interpréter, avec un band de feu et un choeur en folie, les belles chansons de son album solo qui rend hommage à ces esclaves qui ont construit l’Amérique, Bonifassi s’est montrée généreuse et vachement enjouée. La communion avec la foule présente (le parterre était plein) était évidente. Ça dansait, ça chantait, ça tapait dans les mains, ça souriait de bon coeur, sur scène comme dans le public. Même sa berceuse, qui apparemment endort mieux qu’une Ativan (paroles de Betty), n’a pas réussi à calmer les ardeurs des spectateurs. De toute façon, c’était suivi d’une pièce trop enjouée, trop soul, trop funky, trop rock pour dormir.

Pour faire un mauvais jeu de mot digne des titres de nos quotidiens : DÉCHAÎNÉE

Merci, bonsoir.

♥♥♥♥♥

Ponctuation

Ponctuation - Photo : Sébastien Dion
Ponctuation – Photo : Sébastien Dion

(par Julien Baby-Cormier) Le groupe de Québec avait comme mission de réchauffer la salle pour cette soirée rock haute en couleur à l’Impérial. Mission accomplie et ce dès les premières notes. Les chansons accrocheuses du nouvellement trio sont tous de petits brûlots efficaces. Les chansons au son garage du nouveau disque se mélange à merveille avec le matériel plus rock’n roll de leur premier album 27 club. Le nombre de têtes suivant la mélodie et les sourires aux visages des festivaliers n’ont que prouvé la pertinence de ce groupe qui mériterait encore plus d’attention. La table était mise pour une belle soirée.

♥♥♥♥

Metz

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Metz – Photo : Sébastien Dion

(par Julien Baby-Cormier) Changement de ton drastique. Metz navigue en eaux troubles dans une marée noire de grunge-hardcore. Peu de subtilité ici; la pédale est enfoncée dans le plancher et on ne freine jamais. Le trio a littéralement garroché  le matériel de ses deux premiers disques aux visages des festivaliers (certains incrédules devant tant de bruit). Ça aura quand même pris 5-6 chansons avant qu’un mosh pit ne se crée. À partir de ce moment, le parterre ne fut que chocs et sueur entre des êtres humains endiablés par la musique des Torontois. Metz détonnait un peu dans cette soirée plutôt rock, mais ils ont aussi fait la preuve par dix qu’un batteur peut être humain et jouer avoir l’énergie du désespoir, même si sa vie n’en dépend pas. Acouphènes garantis pour ceux qui auront laissé leurs bouchons à la maison.

♥♥♥♥

Vincent Vallières

Vincent Vallières - Photo : Philippe Ruel
Vincent Vallières – Photo : Philippe Ruel

(par Alice Beaubien) Le Pigeonnier plein, Vincent Vallières a enchaîné ses chansons avec aisance, passant du style chanson française à des tonalités plus rock. Le public était bien réceptif, il n’hésitait pas à taper dans ses mains. Beau moment sur Lily, ou des téléphones et briquets se sont mis à danser dans les mains. Pour une première scène extérieure, c’était bien réussi

♥♥♥♥

JJ Grey & Mofro

JJ Grey & Mofro - Photo : Francis Gagnon
JJ Grey & Mofro – Photo : Francis Gagnon

(par Jacques Boivin) Vraiment, je ne savais pas à quoi m’attendre de ce band. Y’avait bien nos amis de Whisky Legs qui nous avaient chaleureusement recommandé d’être là et le groupe a joué plusieurs fois à Bonnaroo (si les organisateurs de ce festival les invitent régulièrement, il doit bien y avoir une raison), mais sinon, rien. Aucune attente, mais beaucoup d’espoir.

Débarquent ce JJ Grey et son groupe de musiciens talentueux et chevronnés qui, pendant 90 minutes bien tassées, ont abasourdi la foule à coups de solos enlevants (à la guitare, à la basse, à l’orgue, à la trompette, à l’harmonica… PARTOUT) et de southern rock bien senti. L’hospitalité du Sud sous forme de partitions musicales. JJ Grey mélange joyeusement le rock, le blues, le soul, le funk et le country et ce métissage savoureux a bien plu aux nombreux spectateurs présents. Non, la place d’Youville n’était pas pleine à craquer, mais à l’avant, envahi par des hordes de touristes qui connaissaient bien le groupe et qui étaient plus que motivés, on était serrés serrés. Ça ne nous a pas empêché de danser nos vies.

On a été un brin surpris par l’absence de rappel, mais bon, on a regardé nos montres : JJ Grey avait dépassé la marque des 23 heures. On se reprendra la prochaine fois. Parce que si on se fie à Grey, qui semblait sincèrement touché par l’accueil réservé par ses milliers de nouveaux fans, il y aura une prochaine fois. Parions qu’on sera encore au rendez-vous.

♥♥♥♥♥

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[ALBUM] Metz – « II »

 

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Metz II (Subpop)

Metz, trio torontois signé sur la prestigieuse maison de disque Subpop fait suite à son premier disque éponyme sorti fin 2012 et acclamé par la presse spécialisée. Avec cette deuxième offrande, simplement intitulé II, il semble évident que la brique n’est pas tombée loin de l’arbre. Le groupe aborde l’album de façon brutale et le termine 30 minutes plus tard sans n’avoir jamais baissé la cadence. Si on compare souvent le groupe aux Melvins ou à Nirvana époque Bleach, il va sans dire qu’on pense plutôt aux incarnations plus lourdes de ces groupes; aucune chanson ne s’approchant ici du format ballade.

Nous avons droit à un mélange de rock, de punk et de hardcore savamment orchestré par les guitares saturées et abrasives du chanteur Alex Edkins. Il chante avec colère la vision de son monde torturé. Sans être particulièrement revendicateur, il pousse parfois l’auditeur à la réflexion, entre autres sur la chanson I.O.U. qui parle de la médication donnée aux enfants hyperactifs. À l’écoute de l’album, il est dur de passer sous silence l’apport majeur du batteur Hayden Menzies qui joue comme un déchainé et qui réussit souvent à nous sortir des sentiers habituellement empruntés par la musique punk. Petit bémol au niveau de la basse de Chris Slorach qui gagnerait à être plus présente, à défaut d’être inventive.

On retient surtout la puissance de II. Le groupe a développé entre les deux albums son sens mélodique ce qui bonifie ce que l’on pouvait entendre sur l’offrande précédente. La piste Spit You Out est un excellent exemple de chanson à la fois accrocheuse et corrosive. Pour ceux qui mettront la main sur la version vinyle, le côté B est particulièrement réussi avec l’enchainement des trois dernières pièces Wait In Line, Eyes Peeled et Kicking a Can of Worms qui est la seule pièce se rapprochant d’un moment « calme ». Les guillemets étant ici essentiels.

Le groupe une excellente réputation en ce qui a trait à la performance en concert. Il sera d’ailleurs possible de le constater par nous-mêmes alors que Metz sera au programme d’une soirée punk/rock/garage le 12 juillet à l’Impérial dans le cadre du FEQ. Ils défendront les pièces de cette bombe en bonne compagnie puisque c’est le groupe de Québec Ponctuation (qui présentera également son excellent deuxième disque) et les Black Lips qui partageront la scène. Cette future agression pour nos tympans est assurément un des bons coups du festival.