[SPECTACLE] Lesbo Vrouven au Pantoum pour le lancement de GRIFFF PIFFF!

Chroniques d’une jeunesse en quête de sens

La scène se passe dans un lieu sombre et surpeuplé.

La bass est trop forte et le plancher pue la bière cheap.

Simon Provencher est couché sur un fauteuil de cuir entre une gérante d’artistes blasée et un étudiant en sociologie qui parle trop fort.

Eh boy, je viens de me faire réveiller de ma petite sieste sur un des divans du Pantoum. J’étais bien entre les taches de bières et les vieilles effluves salées de grilled cheese. Comme quoi même si on a un beau système de DELs tout neuf on est pas foutu de laver ses meubles ici. Mais bon les diodes glitchent un peu, Lesbo Vrouven font du bruit, j’ai mal à la tête et il y a une tension sexuelle palpable entre moi et l’oreiller qui veut désespérément mon retour. Je décide de me rendormir un peu mais il y a trop de bruit et l’oreiller commence à être vraiment humide à cause de mes frenchs passionnés. D’ailleurs parlons en, embrasser avec la langue c’est un peu désagréable. Qu’est-ce que je suis supposé faire avec, brasser un peu dans ta bouche ou juste la déposer là? Arielle, je peux avoir ton opinion là dessus s’il-te-plaît?

arielle

« T’sais, Simon, c’est pas si important de frencher quand tu sais faire des bonnes crêpes le matin. »

Je me demande ce que Jacques en pense aussi. Parlant de sensualité, je me dois de remercier Claudia et Gab de m’avoir donné un séduisant pullover de tigre. Je me suis senti comme un nouveau riche extravagant pour toute la soirée c’était génial. Peut-être qu’avec ça je réussirai un jour à cruiser avec succès au Pantoum.. parce qu’à date c’est vraiment plus ridicule qu’autre chose. Aidez-moi s’il vous plaît je me sens vraiment seul.

Amicalement, Simon Provencher.

PS: Si quelqu’un(e) est intéressé(e) par un jeune musicien/chroniqueur culturel avec une hygiène moyenne et une forte tendance à l’autodestruction, contactez Tel-Jeunes au 1-800-263-2266.

Fade-out dramatique.

Fade-in devant la scène illuminée, on retrouve la seconde protagoniste, Arielle Galarneau qui shake de la tête avec le reste du publique déchaîné.

Monologue intérieur.

Ouais, le nouvel éclairage du Pantoum est bien, mais ça me rappelle dangereusement ma dernière crise d’épilepsie. Une chance qu’y’a une couple de gars cutes que je peux regarder discrètement pour me changer les idées.

Elle boit une gorgée de son Bordeaux à dix-sept dollar qu’elle a acheté au Bonichoix pour avoir l’air moins pauvre.

Ouais, le vin commence à fesser un peu, j’espère que je vais pas dégueuler sur le plancher comme la dernière fois.

Elle boit une autre gorgée avant de poser sa coupe sur le stage qui shake frénétiquement sous les sauts de puce de Sam Murdock.

Ouais, finalement le monde du Pantoum savent pas trop comment trasher comme du monde. J’vais leur montrer.

Le lendemain.

Ouais, j’ai un torticoli, j’ai mal à tête, j’ai perdu ma carte de bus pis le chat a pissé sur le tapis. C’était une belle soirée.

lesbo-vrouven

Merci à Émilie Tremblay pour la photo de cellulaire!

[Spectacle] Les Martyrs de Marde au sous-sol du Cercle, 27 juillet.

Parfois, dans la vie, tu te sens comme de la marde. Le reste du temps, tu feels correct ou ben t’es content parce qu’il fait beau et que tu sue pas trop des pieds. Cette dernière soirée du 27 juillet, j’avais le sourire dans la face en descendant la rue St-Joseph mais y’a pas duré longtemps. Ça a commencé à dégouliner sur les côtés au moment où j’entendis les premières fausses notes des Martyrs de Marde. DZWiNG DZWiNG!

Les gars qui nous ont donnés le Charme, Sébastien Delorme à la guitare et Daniel Hains-Côté à la batterie, se sont alliés à Mathieu Bédard au gueulage et Guillaume Leaim au clavier pour accoucher de ce bébé difforme et braillard que sont les Martyrs… Bébé qui, je crois, a manqué un peu d’oxygène à la naissance, watch out la DPJ.

Et que le show commence dans le noir -pour une fois que l’éclairage boboche du sous-sol contribue à l’ambiance-. Le groupe ouvre sur une passe instrumentale qui mise sur la distortion. La guitare agonise et pleure et supplie qu’on l’achève, le drum fait un peu ce qu’il veut, s’enfarge dans les rythmes, manque un coup, se rattrape deux temps plus tard en accéléré et le clavier rempli tout l’espace qui reste de ses ambiances noises tordues. Ces gars-là rident le dragon du chaos comme je l’ai rarement vu.

DANS UN MONDE DE SCHIZOPHRÈNE, FAUT ALLER PLUS LOIN QUE JUSTE FAIRE LA SPLIT.
JUSTE UN P’TIT PEU PLUS LOIN.

Mais c’est au moment où Mathieu Bédard ouvre la bouche que tu te poses de sérieuses questions. Coudonc, j’suis tu rentrée à Robert-Giffard sans m’en rendre compte, moi ?

On assiste à un factice de psychose, bad-trip sociétal, dégueulis de verbes, prose amère et convulsions. Quelqu’un de sain ne garde pas sa merde en dedans, mais aux âmes sensibles je conseille quand même une shot de venlafaxine.

les martyrs de marde.XS