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Critique : Philippe B – « Ornithologie, la nuit »

L’auteur-compositeur-interprète-réalisateur Philippe B nous avait déjà gâtés il y a quelques années avec son superbe Les variations fantômes, truffé d’échantillonnages de musique classique et d’une pas pire lourdeur sur le plan du drame. Pour Ornithologie, la nuit, le nouvel opus qu’il propose aujourd’hui, l’artiste a eu envie de faire les choses un peu plus simplement, tant sur le plan musical que sur le propos.

Philippe BPhilippe B a façonné Ornithologie, la nuit comme une fiction autobiographique où l’auditeur suit un personnage (appelons-le Philippe B) la nuit pendant un an, de l’automne à l’été. Le résultat : 14 petites histoires nocturnes, 14 petites anecdotes racontées un peu à la manière de Woody Allen, 14 chansons douces, mais remplies d’émotions.

Sur le plan de la musique, rien à dire. Philippe B s’est surpassé. Les oreilles de l’auditeur apprécieront tant la simplicité de la mélodie et des arrangements que leur sincérité et les émotions suscitées. Cependant, cette musique ne prend tout son sens que lorsqu’elle est accompagnée des paroles savamment écrites par Bergeron. Par exemple, la musique de Calorifère est mélancolique, mais les paroles qui l’accompagnent sont carrément tristes.

Philippe B a voulu qu’on écoute cet album comme on observe les oiseaux, et ça paraît. Si, au départ, on a du mal à bien saisir l’animal, on s’attache toutefois au personnage qui évolue au fil de l’album. On le voit passer de la tristesse du Biscuit chinois à la lumière de Nous irons jusqu’au soleil, jusqu’à la fausse libération (succédée d’un emprisonnement) dans Lucioles.

Ornithologie, la nuit est un bel album, une oeuvre complète qui demande de l’attention pour être appréciée à sa juste valeur. On s’assied, on écoute et on savoure l’histoire qui se déroule entre nos deux oreilles. Oeuvre artistique complète. Travail de maître artisan.

À écouter la tête et le coeur ouverts.

Philippe B – « Ornithologie, la nuit » (Bonsound)
8/10