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[ENTREVUE] Rosie Valland, cette charmante autodidacte !

Rosie Valland, Crédit photo: Izabelle Dallaire
Rosie Valland, Crédit photo: Izabelle Dallaire

Le 14 novembre dernier, j’ai eu la chance de m’entretenir avec la charmante Rosie Valland quelques heures avant qu’elle fasse la première partie d’Ariane Moffatt pour discuter de sa musique. On s’installe dans les marches du Cégep de Trois-Rivières pour se mettre à notre aise et les discussions débutent tout naturellement alors qu’elle vient de finir sa bouchée de souper.

Il faut dire que, depuis toujours, tout s’est fait naturellement et au bon rythme pour Rosie Valland. Elle a appris la musique de façon autodidacte puisqu’elle a toujours fait de la musique par passion. Ce n’est qu’en s’inscrivant à l’École nationale de la chanson de Granby, dans sa ville natale, qu’elle comprend qu’elle peut réellement faire de sa passion un métier.

« Tout a vraiment commencé en 2011 à l’École où j’ai su que je pouvais en faire un métier. Je me suis inscrite naïvement en me disant que j’allais essayer et après on verra. Là, j’avais du plaisir et j’ai vu qu’il y avait des possibilités, sachant bien que ce ne serait pas juste facile » dit-elle.

Bien qu’elle mentionne que l’École lui a apporté surtout des rencontres importantes dans son cheminement, elle reconnait que ça a été un point tournant dans sa carrière. Elle y a, entre autres, rencontré des gens qui sont devenus de très bons amis aujourd’hui, telles que Joanie Michaud et Anaïs Constantin.

C’est toutefois dans le contexte du Festival international de la chanson de Granby qu’elle a fait une rencontre inattendue.

«  Jessie Mac Cormack faisait partie du spectacle avec Mélanie Boulay. Après le spectacle, il est venu me voir et il m’a dit Allo je m’appelle Jesse »

C’est ainsi que le destin a fait se rencontrer ses deux êtres, qui, depuis, collaborent étroitement ensemble pour leurs projets. Aujourd’hui, Jesse réalise, arrange ses chansons, en plus d’être musicien pour Rosie Valland. Il l’accompagne aussi en sur scène.

Récemment découverte par le grand public, je lui ai demandé si elle trouvait que les choses allaient trop vite ?

« J’ai l’impression que tout va comme ça doit, mais j’ai besoin de me donner des petits objectifs pour me confirmer que c’est la bonne chose», m’a-t-elle répondu.

Depuis la sortie de son premier album, Partir avant, dont nous en avons fait la critique ICI, Rosie Valland a fait plusieurs premières parties pour des artistes québécois bien ancrés dans le milieu tels Alex Nevsky, Chloé Lacasse, Louis-Jean Cormier, Les sœurs Boulay et, bien sûr, Ariane Moffatt.

 « J’essaie de ne pas trop y penser », poursuit-elle. « Le défi face à moi-même est de faire quelque chose qui est outre-frontières. J’ai envie que, quand tu écoutes, tu ne focus pas sur le fait que c’est en français. Ce qui me fait le plus triper, c’est quand des anglophones me disent qu’ils ne comprennent rien à ce que je dis, mais qu’ils adorent ce que je fais… j’ai l’impression d’avoir réussi ! »

Après ces quelques minutes de discussion, force est de constater que Rosie Valland est une jeune artiste bien ancrée dans sa passion, très réaliste dans tout ce qu’elle entreprend tout en se laissant le droit de rêver et de se donner des petites victoires.

Elle sera en spectacle le vendredi 27 novembre au bar Le Zénob de Trois-Rivières et nous y serons pour couvrir le spectacle.

Voici les photos d’Izabelle Dallaire

 

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Région : Québec Spectacles

[SPECTACLE] Rosie Valland, Le Pantoum, 24 septembre 2015

Rosie Valland – Photo : Sébastien Ouellet

Rosie Valland - Photo : Jacques Boivin
Rosie Valland – Photo : Jacques Boivin

Il y avait une belle petite foule alors que le Pantoum ouvrait ses portes exceptionnellement un jeudi soir pour le spectacle de lancement de Rosie Valland. Un prof y avait même convié ses élèves pour leur apprendre à faire une critique de spectacle (j’aurais donc dû suivre ce cours, moi!). Beau petit public, donc, venu se faire charmer par une auteure-compositrice-interprète qui vient de lancer son premier album, Partir avant, qu’on a beaucoup aimé ici.

Comme j’avais raté sa prestation au Show de la rentrée, j’avais hâte de la voir défendre cet album sur scène. Mes camarades montréalais m’ont dit tellement de bien sur cette jeune femme, j’étais impatient de voir ce qu’elle avait dans le ventre.

Rosie Valland - Photo : Sébastien Ouellet
Rosie Valland – Photo : Sébastien Ouellet

C’est entourée de trois excellents musiciens que Rosie monte timidement sur scène pour nous interpréter ses chansons. Dès le départ, on sent que ça va rocker beaucoup plus que sur l’album. Dès qu’elle met les mains sur sa guitare, la jeune femme timide gagne en assurance. Rosie regarde constamment le public qui le lui rend bien en écoutant religieusement. Les interactions avec le public sont rares (« Si vous voulez en savoir plus, je vous dis tout dans mes chansons! »). On avait été prévenus : Rosie se concentre sur l’essentiel.

Mon agacement à la première écoute de l’album avait fait place à l’émerveillement. Les musiciens sont tight. Les arrangements sont magnifiquement rock. Les guitares, omniprésentes, enveloppent la voix parfois tendre, parfois un brin rauque, de Valland. Une chanson comme Nucléaire, déjà plutôt envoûtante sur disque, prend son envol sur la scène. Ce qui ne nous empêche pas d’apprécier les moments plus subtils, comme sur St-Denis, cette chanson résolument folk-pop sur laquelle personne n’a pu empêcher de se déhancher (en douceur).

Rosie Valland - Photo : Sébastien Ouellet
Photo : Sébastien Ouellet

Après une Olympe à la finale rock, riche en guitares, Rosie Valland nous termine ça avec une Finalement qui vient nous rappeler pourquoi on aime tant ce petit brin de femme. Capable d’allier subtilité et intensité, de rocker tout en finesse, de jouer avec les mots…

Après ce spectacle, il ne faisait aucun doute dans mon esprit que Rosie Valland a déjà trouvé sa place bien à elle dans notre univers. Un joli petit jardin qu’elle pourra cultiver longtemps. Très longtemps. Pour notre plus grand bonheur.

(Photos : Sébastien Ouellet et Jacques Boivin)

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Albums

[ALBUM] Rosie Valland – « Partir avant »

Après un premier maxi qui a fait tourner quelques têtes, voici le premier album, fort attendu, de la jeune auteure-compositrice-interprète Rosie Valland, Partir avant. Une très belle carte de visite folk nuancée aux accents atmosphériques qui s’écoute sans trop de mal du début à la fin, si ce n’est de cette impression constante qu’on a déjà entendu cette musique quelque part.

Album de rupture, un brin mélancolique, résolument atmosphérique, Partir avant a toutes les caractéristiques d’un album longuement mûri, peaufiné, travaillé. Accompagnée de Jesse MacCormack et de Jean-Philippe Levac (Pandaléon), Valland nous sert une collection de neuf chansons folk-rock sages, mais pas trop, qui lui ressemblent.

On a toujours peur quand on écoute un premier album, surtout quand il est fort attendu comme celui-ci. On a peur de se retrouver avec des chansons un peu naïves, un peu trop premier degré, remplies de rimes faciles et de jeux de mots primaires. Valland évite ces écueils : les textes sont beaux et touchants, le vocabulaire est riche, Valland chante ses émotions comme elle nous parle, et nous, ben nous restons là, suspendus à ses lèvres.

En musique, le power trio composé de MacCormack, Levac et Valland a réussi à envelopper ces textes avec de fort jolies musiques. Comme on l’a dit, c’est très atmosphérique, souvent très feutré, mais on n’a pas peur de sortir les sonorités plus rugueuses et intenses au besoin. Ce ne sont pas des chansons qu’on risque d’entendre très souvent à la radio (bien que Olympe et St-Denis ont un petit côté pop piqué des vers), mais ça, c’est surtout la faute des diffuseurs.

Seul hic, et dans mon cas, il est assez gros : dès les premières notes d’Oublier, on a une grosse impression de déjà entendu. Voilà, Rosie Valland a un timbre de voix qui ressemble beaucoup à une autre auteure-compositrice-interprète qui fait dans le folk-rock (Salomé Leclerc, pour ne pas la nommer). Ajoutons à cette (belle) voix un univers musical qui ressemble un brin à celui de Leclerc, et nous voilà un brin agacés. J’imagine que cet agacement sera moins grand chez ceux qui connaissent moins bien le répertoire de Salomé. J’imagine aussi qu’au fil des écoutes, cet agacement laissera sa place au plaisir d’écouter de bonnes chansons. Est-ce le fruit du hasard? Quand on lui demande de nous parler de ses influences, Valland parle plutôt de Cat Power, de Feist et de James Blake. Des influences que nous reconnaissons dans ces chansons, certes, mais pas aussi clairement.

Est-ce suffisant pour bouder son plaisir? Naaaah. Partir avant est un très, très chouette album qui, à notre avis, n’a qu’un vilain défaut. Combien d’artistes auraient rêvé pouvoir lancer leur carrière avec un tel album? Combien d’artistes ont des chansons qui frappent droit au coeur comme Finalement ou Nucléaire? Il y en a plein qui n’y arriveront pas, même en s’essayant pendant des années et des années.

Sur ce plan, Partir avant est une réussite. Rosie Valland est lancée et rien ne pourra l’arrêter. À 23 ans, elle livre déjà des chansons magnifiques, émouvantes, parfois un brin troublantes, qui parlent autant au coeur qu’à la tête. Une écoute est de mise.

Rosie Valland sera au Pantoum le 24 septembre prochain. Détails : https://www.facebook.com/events/878489625571511/