[SPECTACLE] Jettison Horses et The Fleshtones, L’Anti Bar & Spectacles, 20 mai 2016

Êtes-vous étonnés d’apprendre que les Fleshtones ont célébré leurs 40 ans d’histoire ce mois-ci, d’autant plus qu’ils ne se sont jamais séparés? C’est effectivement en 1976 que la formation s’est produite pour une première fois au célèbre et défunt CBGB à Manhattan. Comme je les avais manqués à leur dernière venue à Québec dans le cadre des Nuits psychédéliques de Québec l’an dernier, et puisqu’on m’avait abondamment vanté leurs mérites, je me sens donc particulièrement chanceuse et choyée d’avoir pu me reprendre avant de mourir. Ou avant qu’eux meurent. Bref.

Si vous les avez ratés jeudi soir à L’Anti Bar & Spectacles, je suis réellement et sincèrement navrée pour vous. Inutile de dire que vous avez manqué toute qu’une prestation, comme en témoignent les éloquentes photos de l’ultra talentueuse Marion Desjardins. (Je vous laisser quelques instants pour aller pleurer en petite boule dans un coin tout en vous jugeant pour votre absence.)

0505JettisonHorsesJe vais d’abord glisser un petit mot sur la jeune formation de Québec, les Jettison Horses, qui ont ouvert le bal de belle façon avec leur rock franco/anglo plutôt déjanté, tantôt progressif, tantôt funk, malgré un public très peu dense et plutôt timide. En fin de soirée, les derniers à sortir ont eu le plaisir de se voir offrir leur démo d’un rose pétant dont chaque exemplaire, fait main, est unique.

http://jettisonhorses.com/

Je passerai outre le fait que la salle est demeurée un peu trop clairsemée à mon goût pour ne me concentrer que sur les Fleshtones, leur show et les amateurs de rock garage et de rock ‘n’ roll qui ont pris la peine de se déplacer pour cette occasion plutôt rarissime. Étais-je la seule à ne pas être tout à fait prête à me faire « garocher » autant d’énergie au visage un jeudi soir? Les fringants messieurs aux souliers pointus et aux tempes grisonnantes – mais dont l’attitude, avouons-le, les rajeunit de quelques décennies – ont fait une entrée remarquée par la porte de derrière en offrant, avant de monter sur scène, des poignées de main à monsieur madame Tout-le-monde. Leur familiarité et leur proximité avec leurs fans m’ont d’ailleurs franchement fascinée tout au long de la soirée, sans oublier, bien entendu, leur talent brut pour le rock dansant, leurs chorégraphies, leurs acrobaties et leurs coups de pied. Visiblement, le quatuor est plus qu’un simple groupe de musique : c’est carrément une famille. On comprend aussi, à les voir aller, que travail rime carrément avec plaisir.

3325TheFleshtonesLeur joie de vivre contagieuse s’est répandue comme une traînée de poudre, et la foule, qui avait l’espace plus que suffisant pour le faire, a pu s’adonner à tous les pas de danse possibles et imaginables, encouragée par le charismatique Zaremba. Il y avait une incroyable vibe d’amour à L’Anti, et ça a fait rudement du bien au moral.

Comme des photos valent mille mots, je me tais immédiatement pour laisser le soin à celles-ci d’opérer leur magie.

P.S. Voici quelques-unes des pièces que nous avons pu entendre :

Bigger and Better (Beachhead)
Going Back to School (Take a Good Look!)
Feels Good to Feel (Take a Good Look!)
Let’s Go! (Laboratory of Sound)
Gotta Get Away (chanson des Rolling Stones)
Love My Lover (nouvelle chanson, 2016)
Dominique Laboubée
I Surrender!
Remember the Ramones
(Wheel of Talent)

I Was a Teenage Zombie
Pretty Pretty Pretty
(Beachhead)
Veo la Luz (Wheel of Talent)

 

[SPECTACLE] Moustaches, paillettes et rock n’ roll avec les Marinellis

Le dernier article que j’ai publié grâce à Écoutedonc.ca avait pour sujet le contemplatif spectacle de Rosie Valland dans cet antre de la contreculture que représente le Zénob de Troi-Rivières. L’ambiance générale s’annonçait fort différente pour le prochain spectacle, puisque je me rendais à l’Embuscade pour aller voir les Marinellis, groupe de Montréal qui fait de plus en plus jaser.

On annonçait le spectacle pour 22 heures, ainsi, connaissant bien l’endroit, je me suis pointé à l’Embuscade vers 23 heures, question d’arriver quand même un peu d’avance pour ce show qui, évidemment, ne commencerait que non-loin de minuit. C’est que, vous le savez peut-être déjà si vous résidez à Trois-Rivières, l’Embuscade représente le bar de fin de soirée du jeune trifluvien modèle. Sur sa terrasse en été, se lancent des projets entre trop de verres vides qui, au final, ne verront jamais le jour, et c’est comme ça qu’on l’aime.

De toute façon, étant un peu au fait du groupe de ce soir-là, on ne pouvait s’attendre à rien d’autre qu’une tardive représentation.

Malgré tout, il faut l’avouer, je m’attendais à voir un peu plus de gens se rendre au spectacle des Marinellis en ce déjà lointain 2 décembre. Reste que le mince public, tout comme les musiciens, savait déplacer de l’air.

La bande de Cedric Marinellis (voilà, vous connaissez l’origine du nom de la formation), commence par s’introduire à l’aide de quelques blagues à caractère phallique qui, tout au long du spectacle, se feront les assises de l’unité entre le public et l’excentrique chanteur.

Pieds nus, gros manteau de fourrure et chapeau au large bord nous démontrent que c’est entre autres à l’aide de la performance scénique que les Marinellis viennent se distinguer sans cette mer de garage surf rock que nous offre Internet ces temps-ci. En effet, quand on voit la formation interpréter des pièces de son plus récent opus Île de Rêve, on ne peut s’empêcher de penser à l’excellent groupe The Growlers ou encore aux plus déjantés Black Lips en ce qui a trait à l’attitude générale et la nonchalance de la formation montréalaise.

Reste qu’il est une chose qui surprend le plus avec le Marinellis, et c’est d’ailleurs ce qui les démarque réellement du lot : le chant en français. Effectivement, les voix grinçantes et les duos guitares percussives et éthérées que l’on aime tant entendre dans ce néo-surf rock psychédélique restent davantage exploitées par des artistes en grande partie anglophone. Par contre, Les Marinellis, en plongeant dans le kitsch allégrement et en assumant le passé yé-yé de la pop québécoise en ce qui a trait au chant, parviennent à convaincre l’auditoire qu’il est possible de se laisser aller complètement dans ce type de musique, même dans une langue qui ne semble pas lui être prédestinée.

Parlant de laisser aller, il faut aussi mentionner que c’est probablement le modus operandi que s’est donné Cédric Marinellis lorsqu’il a, bien naturellement, évoqué l’idée de faire la moitié de sa performance vêtu de rien d’autre qu’une culotte à paillettes et d’une proéminente moustache. Armé de ses maracas ou de sa tambourine, il s’est plus d’une fois retrouvé à quatre pattes sur le parterre de l’Embuscade où, de toute évidence, il prêchait à une poignée de convertis, qui, à eux-seuls, parvenaient à faire croire au groupe qu’ils jouaient dans une grande salle comble

Je garde donc un souvenir fort agréable de ce spectacle qui, malgré un manque d’équilibre entre la voix et les instruments, constitue une des bonnes performances scéniques que j’ai pu voir sur la scène émergente cette année.

Joyeux Noël et bonne année à tous!

[SPECTACLE] Machines Géantes, Bronco et WD-40, salle Multi (studio d’essai), 12 juin 2015

C’est dans une salle ou ma présence a probablement fait descendre la moyenne d’âge que j’ai eu le plaisir de goûter à une belle gamme de rock vendredi soir dernier. Le studio d’essai de la salle Multi, ni trop grand ni trop petit, était fort bien choisi pour l’occasion. On pardonne aisément aux organisateurs la pénurie de bière à la fin de la soirée puisque, après tout, c’est le bon rock qui donne soif.
Résumé d’une soirée marquée par l’efficacité, le talent… et la nostalgie.

MACHINES GÉANTES

Machines géantes - 150612-02J’avoue bien humblement – et avec regret – que j’ignorais tout de Machines Géantes avant de les voir sur scène. Le trio montréalais, composé de trois rockeurs aguerris, alignent avec une célérité surprenante leurs amplis et autre gear, qui font quelque peu saliver. Et le résultat ne déçoit personne. Les gars nous livrent, avec une énergie brute et dans une abondance de cheveux, un authentique blues rock sale aux sonorités vintage incroyablement efficace relevé d’une délicieuse touche psychédélique. On fait connaissance avec leur album Machines Géantes, notamment les titres T’es rendu où?, Dans un vortex, Tattoo en morceaux, pour n’en nommer que quelques-uns.
Les ceux et celles qui pensent que le rock ne se chante pas en français peuvent aller se recoucher. Le groupe sera de la partie au jeune festival Summer Love à Nédélec, dans la tropicale région de Témiscamingue, les 10 et 11 juillet prochain. Le roadtrip en vaut certainement la chandelle.

Vous pouvez aller vous perdre sur leur Bandcamp : https://machinesgeantes.bandcamp.com/
Vous pouvez également suivre leur pérégrination sur Facebook : https://www.facebook.com/MachinesGeantes

BRONCO

Bronco - 150612-22Tout droit sorti du downtown Limoilou, Bronco prend le relais avec une rapidité déroutante. C’est comme ça que ça opère, des pros. Car bien que la formation soit jeune – octobre 2014 – visiblement, les membres ont tous déjà plusieurs années d’expérience musicale derrière le jacket.
L’excitation monte d’un cran, et la foule continue de gonfler. À peine ai-je le temps de revenir des toilettes et de remplir mon verre que Gabrielle Noël Bégin et ses acolytes ont déjà commencé à faire résonner guitares et tambours. Et s’il y avait eu des mouches, je me serais sans doute étouffée : je n’étais pas réellement prête pour Bronco. En bref, leur rock décoiffe en s’il vous plaît. Le mandat de Bégin n’est pas reposant, mais elle l’accomplit avec brio et passion, tout en bottant solidement des culs. Vous ai-je dit que c’est aussi elle qui compose? Clairement, la fille a la musique tatouée dans les gènes. L’album Hell Racers, composé de cinq pièces minutieusement arrangées, roule probablement en boucle dans plus d’un véhicule depuis vendredi (c’est le cas dans le mien).

On aura la chance de revoir le fougueux quatuor de metal / rock’n’roll fendre le ciel à Limoilou en musique le 20 juin prochain, juste avant Mononc’ Serge. Les amateurs de Black Sabbath, Led Zeppelin, Monster Truck et autres du genre y trouveront assurément leur compte. Préparez-vous!

https://broncoqc.bandcamp.com
https://www.facebook.com/BroncoQc
http://www.broncoqc.com/

P.S. Mention spéciale à Olivier Hubert, tatoueur professionnel, qui a conçu le superbe logo du band figurant notamment sur le T-shirt officiel et la batterie.

WD-40

WD-40 - 150612-50(Collaboration spéciale : Jacques Boivin) Oh, ce que les fans de Québec s’étaient ennuyés d’Alex Jones, de ses complices et de ses chansons d’une poésie trash inégalable! Malgré le fait qu’il y avait au moins trois autres bons spectacles à voir au coeur de la ville, plus d’une centaine de fans ont répondu à l’appel du Mois multi et de Consult’Art et le studio d’essai du complexe Méduse ne manquait pas de gens fin trentaine-début quarantaine motivés et assoiffés.

Après avoir été gonflée à bloc par les prestations de Bronco et de Machines géantes, la foule était prête pour un party endiablé où Jones, Jean-Loup Lebrun et Hugo Lachance ont entremêlé grands classiques, pièces composées dans les années 2000 et petites nouvelles. Le country-rock garage de WD-40 était vraiment apprécié du public, et ce qui devait arriver arriva :

  • Les fans ont improvisé un moshpit qui couvrait la moitié de la petite salle (voir des quadras se rentrer dedans avec entrain, ça fait toujours plaisir, même si ça semble faire moins de bien à l’épaule qu’à l’époque…).
  • Alex Jones, ému par tant d’amour chaleureux, s’est mis en bedaine au milieu du show, au grand plaisir de ses admiratrices.
  • Des petites culottes ont été lancées à Jones, qui n’a pas perdu de temps à se les mettre sur la tête l’espace d’un instant.
  • Le public a bu toute la bière et a même épuisé des réserves d’urgence!
  • Alex Jones chante Pendant que les champs brûlent de Niagara pis les fans connaissent la chanson!

Tout pour le rock, qu’il chantait. Tout le monde est d’accord.

(Photos : Jacques Boivin/ecoutedonc.ca)

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