[SPECTACLE] VioleTT Pi, Rock & Pabst, 10 novembre 2016

Les Rock & Pabst, «une initiative lorettaine», animent depuis quelques années la vie étudiante du Cégep Sainte-Foy. C’est en général l’occasion de découvrir des groupes locaux ou émergeants dans une ambiance pour le moins festive. Jeudi dernier, les organisateurs faisaient un légère entorse à la règle en présentant un groupe déjà assez bien établi parmi la relève à Québec : VioleTT Pi.

Seul nom sur l’affiche, le groupe a attiré une bonne quantité de spectateurs, de sorte que le café Wazo était bien rempli. La soirée s’annonçait mouvementée et assez bien arrosée, à voir aussi l’achalandage au bar (qui vend maintenant autre chose que de la Pabst !) dès le début de la soirée. Les musiciens, dans leurs meilleurs accoutrements, ont pu commencer à jouer vers 20h45. On a d’autant plus pu apprécier leur musique que le réglage du son était réussi, ce qui faisait parfois défaut dans les Rock & Pabst précédents.

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VioleTT Pi / Crédit photo: Gabriel Potvin Caissy

Comment décrire la musique de VioleTT Pi ? C’est vraiment un défi. C’est avant tout un punk-rock franco éclectique, avec un côté fête foraine déjantée. Les musiciens y mêlent parfois des mélodies à saveur électro, tandis que le chanteur à la voix pour le moins versatile fait tantôt des vocalises suraiguës, tantôt du rap ou du scream assez expérimental. Le tout, assez dissonant, déborde d’énergie en raison de l’intensité et de la précision des musiciens.

Le public des Rock & Pabst, qu’on connaît aussi pour son intensité, n’a pas mis trop longtemps avant de sauter partout, transformant le parterre presque en entier en moshpit festif. Plusieurs spectateurs connaissaient les paroles des chansons du groupe, les chantaient avec lui. On a eu autant droit à des pièces de Ev, leur plus ancien album, qu’aux nouvelles chansons de Manifeste contre la peur, paru à la fin d’avril.

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VioleTT Pi / Crédit photo: Gabriel Potvin Caissy

VioleTT Pi n’est pas resté de glace devant l’admiration et l’intensité de ses spectateurs. À la fin du spectacle, alors que le public en demandait encore, les musiciens sont montés une deuxième fois sur scène pour jouer Petit singe robot, un classique de leur répertoire. Selon certaines sources informées, le groupe ne fait pas systématiquement des rappels. Il faut croire que si la foule du Rock & Pabst a été charmée par VioleTT Pi, elle a aussi quelque chose de charmant pour les groupes au son desquels elle vibre.

Crédit photo: Gabriel Potvin Caissy

Un nouveau vidéoclip pour Clay and Friends

Clay and Friends, qu’ecoutedonc.ca a découvert au Rock & Pabst, ont sorti un vidéoclip pour leur pièce intitulée Don’t Need le 11 avril dernier.

«Appuyée par une réalisation dynamique, la chanson Don’t Need dévoile la direction soulhop plus assumée de la formation, qui se permet également une incursion reggae», indique le groupe.

Tourné en Ukraine, ce clip produit par Chantale suit une trame narrative intéressante et qui va à l’essentiel. On retrouve dans la musique de Clay and Friends l’enthousiasme et le groove qu’on leur connaît. La pièce est accompagnée par la performance de Mounia Zahzam et de Simon Fournier. On a même droit à une chorégraphie de danse contemporaine qui ne laisse pas de glace.

Clay and Friends en spectacle :
28 avril à McGill, Montréal
4 mai au Bleury, Montréal
6 mai au ArtGang, Montréal

[SPECTACLE] Rock & Pabst, Skanja + Clay and Friends, 23 avril

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Crédit photo: M. Flynn

Jeudi dernier avait lieu la dernière édition du Rock & Pabst de l’année scolaire (ceux qui ne connaîtraient pas peuvent lire mon dernier article à ce sujet). Pour finir en beauté, ils sont sortis des sentiers battus pour nous présenter une soirée reggae et hip-hop avec Skanja, un groupe du Cégep Sainte-Foy, ainsi que Clay and Friends, un groupe de Montréal. Compte-rendu d’une soirée que j’ai pu rassembler entre mes (plus que nombreux) services de bière.

La soirée a commencé avec Skanja, majoritairement, si ce n’est entièrement, constitué de cégépiens. Ils nous ont servi un reggae surprenant, qui sortait un peu des sentiers battus. On a donc eu droit à des passes plus rock et même à du ska. Je dois avouer que j’ai été très surprise par la voix des chanteurs et des choristes, dans laquelle, avec la musique, on retrouvait en français tous les accents typiques du reggae. Avec une formation plus que complète (un chanteur, une chanteuse, deux guitares, une basse, une batterie, un saxophone et tant d’autres choses), ils en ont mis plein la vue à la salle. Un groupe à surveiller, assurément!

Mais parlons de la salle. Quelle salle, d’ailleurs ! Pour ceux qui n’auraient jamais expérimenté le phénomène Rock & Pabst, vous auriez de la difficulté à vous figurer l’énergie avec laquelle le public y danse, y sourit, y chante. C’était particulièrement le cas jeudi dernier, et il me semble qu’on peut aussi mettre cela sur le compte de l’énergie des deux groupes.

Clay and Friends, qui suivait, a d’ailleurs repris de plus belle avec leur hip-hop traditionnel qui restait dans la même «vibe» que le groupe précédent. Tirant souvent vers le soul et parfois même vers le funk, leur musique a rapidement fait se trémousser l’entièreté de la salle (et même nous, derrière le bar). Première rencontre avec du vrai hip-hop depuis longtemps, dans mon cas. Et j’ai été agréablement surprise par la musique autant que par l’attitude du groupe, qui donnait de l’amour à la pelletée à leur public du Café Wazo. Mention d’honneur au chanteur qui rappait avec une vitesse extrême et au beatbox qui était tout à fait réussi.

Malheureusement, toute bonne chose a une fin. La première fin fut celle de la bière. Ça n’a pas trop paru (oui ça a paru), mais on a dû pédaler pas mal derrière le bar pour fournir tout ce beau monde : c’est qu’ils étaient nombreux à venir célébrer cette dernière édition de l’année ! Après trois «refill» de frigo, on a même dû (grand Dieu) vendre autre chose que de la Pabst, une première ! Pour vous dire à quel point on était dans le besoin ! Et puis malheureusement le spectacle qui voulait se poursuivre a dû se terminer quand les lumières ont été allumées pour nous signifier qu’on avait dépassé l’heure. Facile, dans une ambiance pareille !

On va donc croiser les doigts très forts pour que l’an prochain accueille de nouveaux Rock & Pabsts, auxquels je vous encourage fortement à aller. Cégépien ou non, cela reste une expérience inoubliable, autant pour les groupes que pour le public.

Crédit photo galerie: Marie-Chloé Nolin

[SPECTACLE] Le Havre + Medora, Rock & Pabst, Cégep de Sainte-Foy, 2 avril 2015

rock pabstC’est dans le cadre des soirées Rock & Pabst, tradition qui ne date pas de plus de deux ans au cégep de Sainte-Foy, que j’ai eu la chance jeudi soir dernier, entre deux services de bière, d’assister au spectacle mettant en scène le Havre et Medora.

Le projet des Rock & Pabsts en soi mérite d’abord une introduction. Mis sur pied par Jérôme Charrette-Pépin, sympathique musicien lunatique que vous avez probablement déjà croisé dans le Vieux, le Rock & Pabst consiste en une idée fort simple : écouter un bon spectacle de rock en buvant de la (moins) bonne pabst. Sous ses airs naïfs, le projet a cependant permis à plusieurs groupes du cégep de se faire connaître par la population étudiante ainsi qu’à différents groupes émergents du Québec de rejoindre un public moins accessible pour eux.

Maintenant dirigés par Simon Kearney et son équipe, les Rock & Pabsts ont fait beaucoup de chemin et attirent un public toujours plus nombreux et toujours plus assoiffé. Et jeudi dernier ne faisait pas exception à la règle. En tant que barmaid officielle (eh non, je ne suis pas une buveuse compulsive comme pouvait le sous-entendre le début de cet article), j’ai donc pu, disais-je, assister à un spectacle encore une fois chaleureux, intime, informel et riche musicalement.

Voici donc, chers lecteurs, ce que j’en ai compilé juste pour vous :

Alors que le Havre, un groupe de Montréal, ouvre le bal, la salle se remplit tranquillement. Le spectacle a commencé plus tôt qu’à l’habitude, mais les gens ne tardent pas à arriver. Ils sont accueillis par le rock planant et plutôt psychédélique du premier groupe. Ce qui se démarque : leur tempo très particulier, sophistiqué voire contemporain, ainsi que la teinte mélancolique qui adoucit le rock autrement cassant du Havre. Mais bon, je dis cassant, mais c’est aussi parce qu’ils n’ont pas pu faire le soundcheck avant de commencer, ce qu’ils ont fait avec brio quand même, en même temps que de jouer. Avant-dernière chanson plus lente, un temps de repos avant que le Havre revienne en force pour une dernière pièce plus «groovy», mais tout aussi dissonante.

Après une courte pause, on assiste à l’entrée remasquée de Medora, un groupe local-local, oserais-je dire, puisque ses membres étudient au cégep de Sainte-Foy. Je dis bien «remasquée», et c’est un jeu de mots, parce qu’ils sont arrivés sur scènes accoutrés des figures de nos politiciens préférés. Toujours avec leur aspect visuel plus léché, une lumière simple accrochée au plafond, Medora prend son élan. Ils commencent avec une de leurs chansons tirée de leur dernier maxi intitulé Ressac. Leur son, planant aussi, mais moins hermétique que le Havre, transporte la salle dès la troisième pièce : Fleuve. On dénote la présence de groupies et la joie des habitués de l’évènement, qui voient Medora pour la deuxième fois dans l’enceinte de leur café étudiant. Parfois dansantes, parfois mélancoliques, parfois les deux en même temps (comme dans Permanence), toutes les pièces de Medora se distinguent et se ressemblent à la fois, ce qui a offert un tout ingénieusement harmonisé. L’écoute s’est aussi accompagnée d’un peu d’humour et de danse, l’entrée en scène du groupe donnant le ton à leur spectacle et à leur sortie «à la belle et bum» (c’est ainsi qu’ils la décrivent). Saluant bien haut Normand Brathwaite, ils ont terminé en vitesse (parce qu’au cégep, on ne «niaise» pas avec les heures de fin d’évènements), mais en beauté quand même.

PS : Je vous recommande donc chaudement d’aller faire un tour aux prochains Rock & Pabsts, une tradition qui, j’espère, se poursuivra encore des années ! Pour ce qui était des deux groupes au programme, leur musique est disponible sur leurs Bandcamps respectifs. Le Havre participera au festival anachronik le 2 mai prochain dans la Grand-Ville et nous a annoncé l’arrivée prochaine d’un maxi en fin avril ainsi que d’un projet surprise pour la mi-mai. De leur côté, Medora nous a montré par les quelques nouvelles pièces jouées jeudi soir que leur projet musical sera plus raffiné dans le nouveau maxi sur lequel ils planchent en ce moment. Un son plus sec, des chansons un peu plus dansantes et une vision musicale un peu plus mature nous attendent donc éventuellement. Cependant, d’ici là, je vous conseille l’écoute de Ressac, une expérience aux effluves de mer et qui sait garder l’auditeur en haleine par une cadence qui berce brusquement et doucement comme les vagues. Des concerts sont aussi prévus pour eux en mai, notamment le 29 au Pantoum.