[SPECTACLE] La Luna (+ Commuovere + Vergogne) dans un lieu secret jeudi 23 février 2017

Il y a une foule de trucs qui se passent à Québec. Y’a des gros spectacles comme Half Moon Run pis Valaire, mais y’a aussi une tonne de petits trucs secrets. Jeudi dernier, je suis allée faire pleurer mon acouphène au rythme de trois groupes qui se sont bien cachés pour l’évènement (je me prend pour une poète).

Vergogne – Photo: Catherine B Photographie

Le duo Vergogne commence la soirée. Drum et guitare, un petit set qui réveille la foule bien compactée dans l’endroit MYSTIQUE. D’ailleurs, je leur souhaite de se faire connaitre un peu plus, j’ai vraiment aimé leur style (pis le fait que ce soit une rad chick au drum). Leur page facebook.

Ensuite au tour de Commuovere. Ils profitent de leur premier spectacle pour sortir leur EP (single). En tout cas, c’est ce que l’événement facebook dit : RELEASE DU EP, PREMIER SHOW, LOL (LOL étant ma partie préférée). Je tiens à mentionner ce que JC, guitariste du groupe, souligne au début de leur set : on note la présence de filles dans chaque groupe de la soirée. C’est beau et important de voir de plus en plus de femmes sur la scène musicale. La féministe en moi est bien contente. En tout les cas, on nous promet un set de 12 minutes de musique méchante, et c’était très méchant.

Finalement, La Luna, band de screamo/Loud/ELITE de Toronto (je base encore mes informations sur ce que Facebook dit, je suis un peu déçue qu’il n’y ait pas de LOL). Ça brassait en masse, juste assez pour la grosseur de la place, t’avais pas vraiment le choix de te faire brasser finalement. Un band qui, clairement, n’est pas stressé par la foule qui  »mush » à six pouces d’eux, joue avec intensité et nous fait même l’honneur d’une rappel.

 

[ENTREVUE] Hollerado + LOS au cercle

Mercredi soir dernier, avant que toute la province gèle sur place (joke de météo), j’ai été voir Hollerado (ottawa) et LOS au cercle (PUNCH LINE, j’ai volé la surprise avec le titre).
Vous savez à quel point j’aime faire des articles ou des entrevues. Probablement pas, en

Hollerado au Cercle 14 décembre 2016
crédit photos: Catherine B photographie

fait, vous devez même pas savoir je suis qui. Mais bon, j’aime pas vraiment ça. Mais des fois, j’ai une bulle au cerveau ou quelqu’un d’autre en a une (merci Jean-Daniel), pis je suis assez folle pour la pousser jusqu’au bout. Merci à Jacques qui nous laisse faire à peu près ce qu’on veut.

Anyways…. pour en venir au fait, j’ai rencontré Menno, chanteur d’Hollerado, et Ken de Los, pour une entrevue vidéo SUPER PERTINENTE (et de qualité visuelle assez médiocre). Ben sec, pas de présentation et un accent aussi bon que la qualité visuelle.

J’ai aussi fais ce que je sais le mieux faire, prendre des photos du spectacle, que vous pouvez voir juste en bas. Accessoirement, c’était vraiment une belle soirée, on s’éclate avec Hollerado.

[SPECTACLE] Gab Paquet nous invite à Santa Barbara

Écoutez mon vieux, j’ai pris un billet pour santa barbara, alors en route!

On a acheté nos billets d’avion, on a enfilé nos plus belles chemises et robes de soie, on est allé se poudrer le nez dans la salle de bain une dernière fois avant le commencement du party le plus pailleté de l’automne. Vol direct pour Santa Barbara, il fera chaud, il fera beau, la piscine sera chlorée et les sacoches pleines de cachets. C’est le lancement tant attendu du nouvel album de la légende à moustache Gab Paquet.

Gab Paquet

Je me mêle à la foule, fébrile dans un décor paradisiaque. Tableaux rococos, lumière tamisée, bouquets de fleurs qui sentent bon le plastique et banderoles aux couleurs du soleil couchant. De petites tables et nappes de dentelles ont été installées partout dans la grande salle pour le plus grand bonheur de nos fessiers délicats: une belle attention pour remplir l’espace multi de Méduse où faire le piquet est trop souvent le comportement de rigueur. Je parviens à me faufiler vers le plancher de danse pour m’assurer une place dans le feu de l’action quand la voix suave du narrateur Miguel Moran annonce l’arrivée imminente de l’homme.

C’est ainsi que Gab Paquet apparaît sur scène tout de blanc vêtu, tel un Jésus Christ ressuscité passé dans la laveuse à grand coups d’eau de Javel. Le coup d’envoi est donné avec l’excellent hymne national de ton coeur, j’ai nommé la pièce titre Santa Barbara. On connaît déjà très bien les choubidoubidou et les yabadabadou que l’on reprend tous ensemble avec l’entrain de fans conquis mais la grande surprise du morceau est l’ajout de ce son suave salivé de saxophone sexy. On l’avait adoré sur Relations sexuelles 2 et on le retrouve à Santa Barbara dans tout son éclat cuivré. Oh, joie.

Céline Dion pour aller se rhabiller puisque Gab la bat définitivement au temps alloué à se changer en coulisses. Et quelle garde-robe! Cette chemise en plumes de paon n’est-elle pas des plus élégantes ? Notre chanteur de charme est un coquet, il ne sors jamais sans son séchoir à cheveux. Il a les outils, il a le style, rien que le meilleur pour pomponner sa crinière de babine.

J’ai rencontré la femme en moi
Elle est venue nue dans mon rêve pour un clin d’œil timide du bout des lèvres

Ce qui est beau dans les concerts du crooner de Québec, c’est que son public se fait charmer à tout coup que l’on soit homme, femme, indécis, républicain ou athée. Après tout, qui donc refuserait de porter au cou un collier de diamant ? Et de finir la soirée en beauté dans une partouze avec nuls autres que Ginette Reno, Hank Williams et Nana Mouskouri? La vie est belle tant que l’on n’invite aucun voyou.

Gab Paquet

De chemises en pantalons de cuir en passant par la robe de chambre, Gab Paquet se donne tout entier à son public -pubique comme dirait Anne-Marie Losique-. Ça danse, ça chante et ça se déhanche. La foule est une mer houleuse qui embarque le chanteur sur son radeau de mains baladeuses. Elle recrache sur la scène un corps suitant de sueur salée et Barbara devient le nom de proue d’un fabuleux paquebot qui nous embarque dans la nouba. Son intimité est de la couleur du corail.

Après la première partie du spectacle consacrée entièrement à Santa Barbara, ce serait une hérésie de se priver des hits de Sélection Continentale. On s’est bien réchauffés en Californie et pour le reste de la fête on retrouve les très dansants Casio pad et moustache, Consommations, Soucoupes Volantes et Papa, maman, bébé, amour pour ne nommer que ceux-là. Partout autours de moi, je vois des minois souriants.

Ce fut un beau lancement très réussi.

Merci à notre précieuse Llamaryon pour les photos !

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[ALBUM] Fitzcarraldo – Le Charme

On va se le dire tout de suite, j’ai été charmée. Oui, oui, merci, c’est mon meilleur jeu de mot à vie, cessez vos applaudissements, vous me faites rougir.

Non, sérieusement, c’est un petit bijou que les garçons du Charme nous offrent cet automne. Après les quelques tergiversations musicales de ces dernières années, la formation de Québec accouche d’un excellent premier album qui se sert des projets précédents comme d’un terrain solide à l’épanouissement de leur musique. Récit de mon histoire d’amour avec une oeuvre toute en contrastes, en nerfs et en douceur.

Le rideau s’ouvre sur une ligne de guitare toute simple qui compose la mélodie directrice du premier morceau: Rêve de feu pour les jeunes humiliés. Le pizzicato du guitariste Sébastien Delorme est hyper-efficace, insidieux, il nous berce doucement l’oreille avant de nous surprendre avec de puissantes envolées mélodiques. J’ai l’impression d’être dans le wagon du Monstre, j’ai le même thrill qu’au moment où le manège monte lentement la première pente et t’entends les tac tac tac tac tac avant d’être grimpé jusqu’en haut.

Et si j’attends La fin du monde,

Qu’on m’assassine,

Qu’on pose une bombe!

Mon passage préféré commence à deux minutes, c’est le peak de la piste, un solo des mieux ficelés, emmené par une guitare rugissante posée sur une batterie fucking solide. Ça monte, ça monte,  puis ça tombe tout d’un coup: on revient à la petite mélodie initiale puis la bass line reprend le flambeau et ça remonte lentement, encore, comme un amant infatigable. Portés par la voix aérienne de Maximilien Nolet, on savoure une délicieuse montagne russe d’intensité. Le rêve se termine et t’as envie de le repartir pour en revivre l’énergie.

Dum dum dum dum duuum…

– La basse de David Philibert

Le chant des sirènes est plus tranquille. Les instruments habillent la prose de Nolet et lui laissent toute la place pour se faire valoir jusqu’au solo instrumental de la fin. C’est une danse jouée entre les cordes; si on écoute bien, on entends la guitare et la basse se répondre et se lancer alternativement des phrases musicales, toujours guidés par le drum impeccable de Daniel Hains-Côté. Belle harmonie de groupe. Puis la voix se retire et, un peu à la manière du premier morceau, la montée est lente vers une fabuleuse explosion instrumentale. Miam!

La force de Fitzcarraldo c’est le mouture de ses ambiances sonores. L’album au complet baigne dans un grand bain de sons en tonalité mineure, en tonalité triste pour parler autrement. C’est un choix artistique que j’approuve par goût personnel mais encore plus lorsque je porte attention aux textes du chanteur. On ressent une certaine angoisse exprimée au-travers de sa prose qui me rejoint particulièrement, rendue vivante par l’utilisation d’images littéraires évocatrices. Ici, un extrait de Rubicon qui peint un paysage d’enfance tachée, de désillusion devant la pauvre réalité du monde. La nihiliste en moi est repue.

Je veux toucher toute la beauté du monde
Les deux pieds dans la fange du réel
Je veux croire en la magie du monde
Dans le noir du noir de ses prunelles

On reconnaît ici que les contrastes ne sont pas présents que dans la construction musicale, ils rehaussent aussi les textes, pour le plus grand plaisir des âme littéraires.

Puis arrive la track qu’on boit comme un espresso, shooter de caféine, codéine, adrénaline: Faux pas nous réveille de la lente lourdeur dans laquelle nous a plongé Rubicon.  Ça fesse et ça fait du bien. Coup de fouet après la première moitié de l’album qui est, malgré plusieurs écarts de conduite, somme toute plutôt atmosphérique. C’est aussi la piste la plus courte, trois minutes vingt-neuf parmi des tounes qui durent cinq minutes et demi en moyenne, c’est la longueur dont on a besoin pour apprécier toute la complexité des parties instrumentales. On est donc repartis sur une cavalcade épique de drum high sur le speed accompagné de la complainte grinçante de Delorme.

Le trip se poursuit avec Refus Global. La guitare tricote, tricote des mélodies, mais attention, elles n’ont pas la douceur de l’écharpe donnée en cadeau par votre grand-tante à Noel. Elles ont plutôt le mordant d’un piège-à-ours caché dans les feuilles qui gâche votre shooting photo automnal. OUCH.

Les deux premières minutes nous ré-embarquenta70 dans
un manège d’up and downs doux et agressifs dont Le Charme possède le secret. À ce stade-ci, on pourrait même dire que ça ressemble à leur signature. Ça pète ou ça caresse à coup drum à pétard à mèche. C’est simple, on croirait que Nosferatu lui-même s’est invité au studio du Pantoum pour y glisser sa petite touche personnelle.

La douce L’outre-mer (pour Marie Uguay) nous éloigne de la rive sans bouée de sauvetage et nous recrache sur la grève sans trop de séquelles.

Avec Rêve de feu pour les jeunes humiliés, Faux pas et Refus global, la pièce titre Fitzcarraldo boucle le top quatre de mes meilleurs chansons sur l’album. Le morceau réunit tous les éléments musicaux chéris par le groupe et dispersés à différentes sauces durant tout l’album : lignes de bass-guitar très bien choisies, dissonances à la Bauhaus dans In the flat field, alternances extrêmes de dynamiques. Musicalement complexe et abouti, avec une très belle harmonie entre les membres, c’est un album qui mérite d’être réécouté plusieurs fois afin d’en apprécier les subtilités.

Bravo également à Mélina Kerhoas pour la superbe illustration de pochette et à Guillaume Leaim pour l’élégance du graphisme final.

Méchant bon album. Bonne écoute!

[NOUVELLE] Le festival Envol et Macadam annonce enfin sa programmation complète

Pour sa 21e édition, Envol et Macadam avait déjà annoncé ses têtes d’affiche, soit Bad Religion, The Saintes Catherines, SNFU, Me First And The Gimme Gimmes, Mad Caddies et D-Unity.

Les Hôtesses d'Hilaire - Photo : Jacques Boivin
Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Jacques Boivin

Fidèle à sa mission, le festival offre encore une fois cette année une programmation à saveur émergente. En effet, on y retrouve plusieurs formations auxquelles on peut coller cette étiquette. C’est entre autres avec Ryms, Castle, Los, While Paris Sleeps, The Home Team, Dany Laj and The Looks, Les Trimpes, Québec Redneck Bluegrass Project et Les Hôtesses d’Hilaire que les festivaliers satisferont leurs oreilles fines.

Les amateurs de musique électronique seront comblés cette année avec l’ajout du volet électro. Présenté par UNDERTEK, plus d’une quinzaine d’artistes se succèderont pour faire danser les festivaliers. On comptera entre autres sur Sean CollierJohnny Trika, Bruno B, Banging Mark, Charles Poulin, DJ Petite et Nic B.

Plusieurs autres groupes locaux s’ajoutent aussi à la programmation : APES, GÄZ, Dead Poets, Still Insane, One Flight Down, Unknown Colour, Twiced On Tuesday, Crackgate, Soothsayer et plusieurs autres.

Godendard - Photo : Josée Painchaud (collaboration spéciale)
Godendard – Photo : Josée Painchaud (collaboration spéciale)

Quant au volet PLANETROX qui revient pour une 6e année consécutive, les festivaliers pourront découvrir des groupes provenant de 10 différents pays (Canada, États-Unis, Mexique, France, Royaume-Uni, Allemagne, Chine, Indonésie, Japon et République Tchèque). Les groupes de chez nous ayant remportés les auditions en mai dernier à l’Anti seront aussi de la partie : 3 Headed Giant, Godendard, Clearwood et Oneiric.

Plusieurs autres spectacles seront présentés dans diverses salles de la ville de Québec : Le Complexe Méduse, l’Anti, Le Cercle, La Source de la Martinière, le Scanner et le Knock-Out ; des salles reconnues pour encourager les groupes émergents.

Enfin, on y retrouvera plusieurs Food trucks et comptoirs pour satisfaire la faim des festivaliers : La Shop, Équilibre Traiteur, Noctem Artisans Brasseurs, la Bécane à Bouffe, Le Gourmet Acadien et Les Glutineries seront présents !

Avec sa programmation, le festival Envol et Macadam apporte encore une fois « son soutien aux groupes de musique émergents tout en continuant d’innover afin d’offrir à la relève d’ici et d’ailleurs l’opportunité de prendre part à un événement qui attire annuellement des milliers de mélomanes avertis et de nombreux professionnels de l’industrie dans un cadre urbain et distinctif » (Envol et Macadam).

En plus, l’organisation annonce d’autres surprises !

C’est donc un rendez-vous du 8 au 10 septembre prochain !


Passeport régulier : 50$ (taxes et frais inclus)
Accès complet à tous les spectacles, sur tous les sites, du 8 au 10 septembre.

Passeport VIP : 100$ (taxes et frais inclus)
Accès complet à tous les spectacles, sur tous les sites, du 8 au 10 septembre
+ Espace privilégié, entrée spéciale sans attente, consommations et repas spéciaux sur place.

Pour ceux qui se sont déjà procuré leur passeport lors de la prévente spéciale et qui aimeraient profiter de l’événement en formule VIP, une mise à niveau de votre passeport est possible au coût de 55$.

Les passeports et les différents billets sont en vente sur lepointdevente.com, à la boutique Exo (260, rue Saint-Joseph Est, Québec) et sur le site web d’Envol et Macadam en tout temps.

[SPECTACLE] Guillaume Beauregard, 2/12/2015, Le Cercle

Soir de novembre grisaillant, pluviasseux, morose qui te ruine pas pire un moral.

Par paresse typique du 418, j’arrive au show alors qu’il est déjà commencé, mais j’ai tout de même le temps d’attraper une couple de chansons de J.-P. Lagacé (Soulbreaker). Sérieusement, le gars « en a d’dans ». Ça prend quand même un sacré guts en 2015 pour susciter l’intérêt d’une foule avec rien d’autre que son plectre, son gosier puis son harmonica. On est quand même sur la scène du Cercle en milieu de semaine juste avant Guillaume Beauregard, pas à la P’tite Grenouille un vendredi soir devant un public titubant. La foule 25-35 ans, ni dense ni clairsemée, se montre plutôt réceptive au folk-punk du compositeur-interprète-philosophe issu de Ayer’s Cliff, qui est d’ailleurs le nom d’une de ses ballades. Il ne réinvente pas la roue en termes de genre, mais sa présence et son interprétation dans la langue de Shakespeare est généreuse et bien sentie.
Il se produira en février dans le cadre d’un spectacle dont les profits seront versés aux réfugiés syriens (détails à suivre).

https://www.facebook.com/soulbreakerqc/

 

Comme il l’a fait dimanche dernier au GAMIQ (il était nommé dans la catégorie « album pop de l’année de l’année » mais n’est monté sur scène que pour collecter les deux Lucien dédiés à ses amis de Tire le Coyote, alors absents), Guillaume Beauregard a encore dévoilé son petit côté pince-sans-rire – en montrant toutefois ses dents à quelques reprises. Bien assis sur son tabouret et devant une foule étonnamment silencieuse, il raconte, entre chaque ballade, sa transition entre les Vulgaires Machins et sa carrière solo, et ce, dans un langage plutôt coloré.

« Tu te pars pas un projet solo comme tu pars sur la brosse. »

Difficile de départager le vrai du faux, mais ça ne fait rien; la foule embarque dans son histoire et devient rapidement complice. Son récit est le fil conducteur entre ses ballades intelligentes, toutes issues de son premier album, D’étoiles, de pluie et de cendres.

La soirée est fluide, sans temps mort, sans malaise, sans anicroche. Le groupe ne se prévaut d’aucun effet lumineux ou visuel pour accompagner sa pop mélodieuse; il n’y a même pas de drum – le guitariste tape du pied sur son étui de guitare amplifié. Un trio de musiciens doués, des harmonies vocales réussies, une foule attentive, une ambiance relax, de bons fous rires; voici la recette gagnante pour une soirée délicieuse qui finit par nous faire oublier la tristesse de novembre.

GB_Cercle
Guillaume Beauregard a cappella au Cercle

 

http://guillaumebeauregard.tumblr.com/
https://www.facebook.com/Guillaume-Beauregard-562659037196084/?fref=ts

MISE À JOUR

On a quelques photos du show du lendemain à la Salle Pauline-Julien de Trois-Rivières, gracieuseté de notre photographe Izabelle Dallaire :

[Spectacle] Milanku + C H R I S T + Cyanide Eyes

Un line-up québécois, 3 ambiances très cohérentes, le spectacle post-rock de samedi dernier au scanner s’annonçait excellent. Effectivement Noise Insn’t noise ne s’est pas trompé en bookant le même soir Cyanide Eyes, C H R I S T et Milanku.

Une ambiance pesante (et ce n’est pas négatif !) de post-rock était très présente au scanner. Je vous conseille d’aller faire un tour sur le bandcamp des groupes si vous ne les connaissez pas déjà, surtout Milanku, la tête d’affiche.

Show de la rentrée 2015 – Scène rock

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

Lorsque vous optez pour le Grand salon le soir du Show de la rentrée, il faut comprendre que la majorité des spectateurs qui s’y trouvent sont venus spécialement pour manger du rock et ont choisi d’être là. Il faut une certaine dose de courage pour traverser l’agora et emprunter l’escalier pour s’y rendre, compte tenu des nombreux obstacles qui prennent la forme de jeunes universitaires non à jeun. Mais j’y suis parvenue.
Voici mes impressions.

 

THE BABYFACE NELSONS

The Babyface Nelsons - Photo : Marion Desjardins
The Babyface Nelsons – Photo : Marion Desjardins

The Babyface Nelsons – dénomination vraisemblablement inspirée du célèbre assassin et braqueur de banque américain des années 30 – ont entamé leur répertoire devant une foule, avouons-le, quelque peu difficile. Aurait-elle eu besoin d’un peu plus d’amour (ou de haine, peut-être)? Il n’en reste pas moins que le quatuor made in Québec avait plusieurs fans présents et a réussi à faire hocher des têtes au moyen de leur heavy metal qu’ils aiment faire évoluer et dont les sonorités – sans oublier la voix! – peuvent évoquer, par moments, Deftones, Godsmack ou encore Alice in Chains. Guitariste et bassiste ont offert un bon divertissement! Pour ma part, j’ai bien aimé les premiers riffs de Root’s Cello. Lâchez-vous lousses pour aller découvrir leur matériel.

http://thebabyfacenelsons.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/TheBabyfaceNelsons?fref=ts

BRONCO

Bronco - Photo : Marion Desjardins
Bronco – Photo : Marion Desjardins

Ont-ils encore besoin de présentations sur notre blogue? Si vous ne les avez pas vus ou entendus quelque part au cours de la saison estivale, c’est que vous êtes plutôt casanier! Nos chouchous rock de Québec n’ont décidément pas chaumé côté spectacles, et nombreux, encore une fois, étaient ceux et celles qui piaffaient d’impatience dans l’attente des premières notes de l’Explorer de Jean-Francis Gascon. Un show tight (pardonnez mon français) + une Gabrielle Bégin en feu armée de son flacon d’eau bénite et de son tambourin de la muerte + plein de monde qui embarque = envie immédiate de secouer la jambe et de swinger la tête en chantant à tue-tête :
I am invincible
I am a miracle.
Comme l’a justement mentionné la frontwoman, mention spéciale aux techniciens à l’éclairage et au son, qui ont fait un travail remarquable tout au long de la soirée.  Si du nouveau s’en vient pour Bronco, ed.ca sera parmi les premiers à se précipiter aux portes de l’écurie!

https://broncoqc.bandcamp.com/releases
http://www.broncoqc.com/

SANDVEISS

Sandveiss - Photo : Marion Desjardins
Sandveiss – Photo : Marion Desjardins

Comment peut-on apprécier Bronco sans connaître Sandveiss, un autre groupe rock de Québec tout aussi délicieux? En fait, ces deux-là semblent avoir été séparés à la naissance. Bref : excellente idée que de les enchaîner. (Ai-je le droit de rêver à des collabos? ;)) Le petit bijou dévoilé par Sandveiss à l’hiver 2013 – Scream Queen – est, selon plusieurs critiques, d’une rare qualité dans le genre stoner rock au Canada. Allez l’écouter, de grâce, parce que c’est vrai! En plus, les paroles de leurs chansons sont intelligentes et souvent poétiques (ma pref : Green for Gold). Le multi-instrumentiste Luc Bourgeois, au chant et à la guit, trempe dans la musique à la journée longue – il fait entre autres partie du groupe de rock celtique Bodh’aktan – et ça paraît : justesse dans la voix et dans l’exécution, zénitude visible chez les membres du groupe, un son d’ensemble « plus net que ça, tu meurs ». Visiblement, considérant les coups de coude et de cheveux que j’ai reçus, Sandveiss a réussi à « crinquer » la foule à bloc avant l’apparition des Flatliners. Chapeau, les mecs!

https://sandveiss.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/Sandveiss?fref=ts

THE FLATLINERS

The Flatliners - Photo : Marion Desjardins
The Flatliners – Photo : Marion Desjardins

Méchant clash dans le genre et l’ambiance suivant l’arrivée de la (plus si tant jeune que ça / soudain coup de vieux) formation de punk-ska ontarienne sous une pluie de cris et d’applaudissements. Mon Dieu! Dans quel monde vivais-je quand ils lançaient leur premier album il y a plus de dix ans de cela? Je ne saurais dire… et encore moins expliquer le phénoménal processus de densification de la foule à ce moment-là (\notetoself : le changement dans le ratio hommes-femmes peut-il s’expliquer par la plutôt belle gueule de Cresswell? /notetoself).

Enchaînement de fosses, de bodysurfers à n’en plus finir, de chorales… difficile, d’ailleurs, de se départir du refrain de Carry the Banner!

Live through, live strong
Carry on and on and on

Les gars se sont tellement donnés que la foule éméchée a décidé de déplacer la barrière de sûreté, et un admirateur a réussi à se faufiler sur scène pour voler la vedette au chanteur avant de se faire traîner de force vers la sortie. Bref, ambiance complètement survoltée et même quelque peu surréaliste, dans le genre digne des plus célèbres films de prom américains du genre American Pie. Les fans ont été plus que servis!

http://www.theflatliners.com/

[ALBUM] Oromocto Diamond – « Opononi »

Oromocto Diamond - Opononi (P572)
Oromocto Diamond – Opononi
(P572)

C’est ici, à Québec, que le duo Oromocto Diamond a enregistré son quatrième album en carrière. Depuis 2013, au studio D’Auteuil, le duo planche sur cet opus. Formé de Sam Murdock et Jean-Sébatien Grondin, l’album paraît sous (l’excellente) étiquette de disque P572, fondée par Murdock lui-même.  C’est quoi Oromocto Diamond? C’est de la musique punk rock très agressive, mais tellement agréable à l’écoute que tu n’as qu’une seule envie : danser! Il y a par contre une mise en garde. Cet album s’adresse à un auditoire qui aime découvrir et expérimenter. Il y a eu bons coups, comme il y en a des moins bon. L’album se dévoile et s’acquiert avec les écoutes.

Maintenant, qu’en est-il? Parlons au départ de ma réaction lorsque j’ai reçu l’album. Les titres des 10 différentes pièces (qui totalisent près d’une demi-heure) sont plutôt mystérieux. Il y a une fixation pour la lettre O qui règne. L’écoute débute donc avec la pièce titre. Le son plutôt brutal et agressif s’enclenche dès les premières secondes. C’est très mélodique, malgré la brutalité des instruments. Les harmonies vocales de Jane Ehrhardt, chanteuse de Québec, restent en tête. Le fameux « Opononi », crié par Sam Murdock est totalement dans l’esprit du groupe. Nous ressentons un peu l’influence des Zoobombs, leur complice depuis quelques années. Juste au moment où nous embarquons à fond dans le rythme, la pièce se termine. Ce sera comme ça tout au long de l’écoute, et c’est une des forces de l’album. Le rythme est d’une rapidité monstre, autant à l’intérieur des pièces que dans l’alternance des chansons. Nous avons l’impression d’être dans un concert très énergique.

Nous continuons avec Osoyoos, une pièce entièrement instrumentale. Les textures et ambiances sont très belles, et ce, pour toutes les pièces. L’ambiance est très mystérieuse, le suspense est à son comble. Les deux musiciens maitrisent si bien leurs instruments. La batterie de Jean-Sébastien Grondin est magnifique, et que dire de la basse de Sam Murdock.

Ouroboros enchaîne à un rythme fou. Les distorsions sont très présentes, voire agaçantes. C’est une des pièces avec le plus de paroles de l’album. En effet, plusieurs pièces sont en grandes parties instrumentales, ce qui, à la longue, peut ennuyer certaines personnes. Après plus de trois minutes, je suis plutôt heureux de passer à la prochaine piste, car trop, c’est comme pas assez. La distorsion est en train de me rendre fou. Comble de malheur, la quatrième pièce est pratiquement pareille à la précédente, mais en plus agressive.

Crédit Photo : llamaryon / www.ecoutedonc.ca
Sam Murdock lors du lancement au Pantoum en avril 2015. Crédit Photo : llamaryon / www.ecoutedonc.ca

Nous sommes maintenant arrivés à mi-chemin. Déjà, nous avons de très bonnes chansons rythmées et punk à souhait. Par contre, il y a des ratés. Que nous réserve la suite? Une super pièce intitulée Orocto Planction. Le rythme s’est calmé un peu et Sam Murdock reprend son micro en main. Je dois admettre que j’adore l’entendre chanter. Parfois, lorsqu’il s’enflamme, j’ai l’impression d’entendre un petit peu de Jack White. Les pièces avec voix sont très plaisantes pour la plupart. L’ambiance électro qui est incluse dans la cinquième pièce est très intéressante… on en aurait pris plus! Nous sautons de plein fouet dans l’ambiance des Zoobombs avec Osamu. D’ailleurs, deux membres du groupe de Tokyo se sont joint au duo pour cette pièce. Don et Matta Matsuo sont présent. L’univers asiatique est très dominant sur l’album, principalement sur cette sixième pièce. En entrevue et dans le livret de l’album (qui est magnifique soit dit en passant), les membres du groupe en font mention à plusieurs reprises. Ils ne s’en cachent pas. Paraîtrait même que le titre de l’album serait relié à Tokyo.

Le reste de l’album est plutôt anodin et redondant. C’est d’ailleurs le point le plus négatif de cet effort. C’est trop long (malgré que l’album ne dure que trente minutes). Les pièces se ressemblent beaucoup pour la plupart et ça devient lassant. Un EP aurait probablement été de meilleure convenance. Par contre, je ne peux que saluer l’univers du groupe. La mise en marché est magnifique, la pochette aussi. Nous sentons vraiment, pour reprendre les mots de Rox Arcand (du Knock-Out et de CKRL), que l’album est fait pour être écouté en concert. L’énergie contagieuse de cet album doit tellement bien se transmettre dans une salle de concert. D’ailleurs, une de nos collaboratrices est allée au lancement de leur album au Pantoum. Un compte-rendu et des photos suivront sous peu.

[ALBUM] Harfang – Flood

Harfang EP Avril
Harfang Flood

Une voix vaporeuse, une atmosphère musicale onirique qui rappelle un peu celle de Bears of legend, Harfang est l’une des perles de la scène de Québec de cet hiver. Ainsi, il assure une continuité dans leur style, sans prendre de gros risque au niveau musical. C’est tellement harmonieux qu’on a l’impression d’écouter une seule pièce. La voix de Samuel Wagner y est mise plus en avant contrairement à Harfang EP  qui avait plus de guitares, de batterie et de rythme.

On s’embarque facilement dans une rêverie brumeuse avec l’introduction minimaliste de Canopée construite avec une simple amplification de guitare. Les premiers accords de Lesson Learned (qui n’a rien à voir avec Matt and Kim ) avec de légères amplifications, nous font monter les larmes aux yeux et pincer le cœur. La batterie et les voix volatiles nous perdent par la suite dans notre mélancolie. On se revivifie un peu avec un changement de rythme sur Set Sail, la pièce suivante. Toute une ballade au fil de l’eau en somme.

Le bémol c’est qu’on casse notre rêverie en plein milieu, à la fin du titre UFO, avec un «ça va bien là, les gars tout de suite», à camoufler s’il vous plaît?

Vous pouvez écouter l’EP sur le Bandcamp du groupe et venir assister à leur lancement vendredi prochain, le 24 avril au Cercle avec les Men I Trust en première partie.