Les photos de l’année 2017

Avant de nous sauver pour la période des Fêtes, on voulait vous présenter quelques jolis moments croqués par notre équipe de photographes et triés sur le volet par l’ensemble d’ecoutedonc.ca. Vous les verrez ci-dessous.

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IDALG (Bourse Rideau)

IDALG – Photo : Nicolas Padovani

Gab Paquet (Phoque OFF)

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Daniel Bélanger (Grand Théâtre de Québec)

Daniel Bélanger – Photo : Jay Kearney

Fan de Gab Paquet (Festival d’été de Québec)

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Floes (Festival d’été de Québec)

Floes – Photo : Jacques Boivin

Mutant Monster (Envol et Macadam)

Mutant Monster – Photo : Jacques Boivin

Prieur & Landry (Ligue Rock VI – Le Cercle)

Prieur & Landry – Photo : Jacques Boivin

Mauves (Festival d’été de Québec)

Photo : Marion Desjardins

Saratoga (Le Cercle)

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

Pierre Lapointe (Grand Théâtre de Québec)

Pierre Lapointe – Photo : Jacques Boivin

L’Orchestre d’hommes-orchestres (Festival d’été de Québec)

Photo : Marion Desjardins

Les Hôtesses d’Hilaire (Festival de la chanson de Tadoussac)

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Ludvig Germain Auclair

Patrick Watson (Royal de l’Île d’Orléans)

Photo : Marion Desjardins

Klô Pelgag (Festival d’été de Québec)

Desjardins, on l’aime-tu – Photo : Jacques Boivin

Antoine Corriveau (Théâtre Petit-Champlain)

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Les Hôtesses d’Hilaire (Ligue Rock VI – Le Cercle)

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Marion Desjardins

Leif Vollebekk (Le Cercle)

Leif Vollebekk – Photo : Marion Desjardins

Deerhof (L’Anti Bar et spectacles)

Photo : Marion Desjardins

Gab Paquet (Festival d’été de Québec)

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Lydia Képinski (Festival d’été de Québec)

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Alaclair Ensemble (Festival de la chanson de Tadoussac)

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Anatole (Le Cercle)

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Preoccupations (Le Cercle)

Preoccupations – Photo : Marion Desjardins

Fred Fortin (Festival d’été de Québec)

Fred Fortin – Photo : Marion Desjardins

Mauves (Le Cercle)

Mauves – Photo : Nicolas Padovani

Gab Paquet (Festivoix de Trois-Rivières)

Gab Paquet – Photo : Adrien Le Toux

fetedonc.ca (avec Jacques Boivin et Gab Paquet)

Gab Paquet – Photo : Adrien Le Toux

Antoine Corriveau (Le Festif!)

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Gab Paquet (Saint-Roch Expérience)

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Lydia Képinski (Mile Ex End Musique Montréal)

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Heat (Bourse Rideau)

Heat – Photo : Marion Desjardins

Antoine Corriveau (Bourse Rideau)

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Les Hay Babies (Royal de l’Île d’Orléans)

Fanfare à Tadoussac

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Pomme et Hein Cooper (L’Anti Bar et spectacles)

Pomme & Hein Cooper – Photo : Marion Desjardins

Martha Wainwright (Salle Anaïs-Allard-Rousseau)

Martha Wainwright
Salle Anais Allard Rousseau, Trois-rivières
Crédit Photo:Yoan Beaudet

Lydia Képinski (Le Cercle – fetedonc.ca)

Lydia Képinski – Photo : Catherine B Photographie

 

Lesbo Vrouven (Festival d’été de Québec)

Lesbo Vrouven – Photo : Jacques Boivin

Guttermouth (Envol et Macadam)

Guttermouth – Photo : Jacques Boivin

Rouge Pompier (Shop du Trou du Diable)

Rouge Pompier – Photo : Adrien Le Toux

Samuele (Bourse Rideau)

Samuele – Photo : Jacques Boivin

Chocolat (Festival d’été de Québec)

Chocolat – Photo : Jacques Boivin

Stéphane Lafleur (Festival d’été de Québec)

Desjardins, on l’aime-tu – Photo : Jacques Boivin

Hugo LeMalt (avec Gab Paquet – Espace Parvis)

Gab Paquet – Photo : Ulysse Boivin

Men I Trust (Le Cercle)

Men I Trust. Photo : Nicolas Padovani.

Daran (Le Cercle)

Daran. Photo : Nicolas Padovani

Keith Kouna (Impérial Bell)

Keith Kouna – Photo : Jacques Boivin

Vurro (Le Festif!)

Vurro – Photo : Jacques Boivin

Medora (Sous-sol du Cercle)

Medora. Photo : Nicolas Padovani.

Les Goules (Festival d’été de Québec)

Les Goules – Photo : Jacques Boivin

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CONCOURS : Aidez-nous à choisir LA photo de l’année 2017 d’ecoutedonc.ca! Dites-nous dans le formulaire suivant quelle est votre photo préférée. Nous ferons tirer un sac à surprises parmi tous les participants. Vous avez jusqu’au 1er janvier 2018, 23 h 59!

Sur scène – prestations de l’année 2017

C’est bien beau, écouter des disques dans le confort de son foyer, mais y’a encore rien qui bat le fait d’avoir l’artiste te montrer son oeuvre en personne. Surtout, y’a rien qui bat le fait de voir l’oeuvre évoluer au fil des prestations (surtout dans notre cas, au nombre de concerts qu’on va voir dans une année…).

On a arrêté de compter depuis longtemps. On sait qu’à la gang, on doit approcher les 500! Et cette année, on en a eu pour notre argent! Voici donc les prestations préférées de 2017 des membres de l’équipe d’ecoutedonc.ca. On y a aussi mis quelques événements complets, parce qu’ils étaient bons du début à la fin.

En ordre alphabétique, toujours.

Anatole

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Jacques Boivin (4 novembre, Le Bal du Lézard et Le Scanner Bistro) : C’était la fin d’un cycle et le début d’un nouveau. Nous avons assisté à la mort du prophète squelettique Anatole pour le voir se réincarner quelques heures plus tard en Anatole nouveau, mais toujours aussi décadent. Les nouvelles chansons sont folles. Et si vous n’étiez pas là, vous avez manqué certaines chansons qui ne seront plus JAMAIS rejouées (les majuscules sont du groupe).

Anderson .Paak & The Free Nationals

Anderson .Paak – Photo : Renaud Philippe/FEQ

Gabriel Tremblay (FEQ – Scène Bell, 7 juillet) : La ville de Québec est tombée en amour avec lui ce soir-là. Ce n’est pas étonnant que sa performance a eu plus d’échos que celle de la tête d’affiche Kendrick Lamar. Dead Obies, Anderson.Paak et Kendrick Lamar le même soir? Je ne pouvais pas manquer. Performance honnête de DeadO mais la foule salivait déjà pour Duckworth. Anderson est une révélation dans le monde du hip/hop R&B et son style bien à lui en fait un artiste exceptionnel. C’est une bête de scène, rien de moins! Je vous mets au défi de rapper des «verses» en jouant de la batterie comme il le fait, on s’en reparle!

Antoine Corriveau

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Caroline Filion (Festivoix-Le Zénob, 7 juillet) : Cette fois là, la proximité avec l’artiste m’intimidait tellement. J’étais presque gênée de connaître toutes les paroles de ses chansons. Un beau moment sombre, vrai et empreint de beauté.

Karina Tardif (Festivoix-Le Zénob, 7 juillet) : parce que j’étais littéralement dans sa face et j’ai vécu à fond chaque émotion de chaque chanson pendant ce spectacle au Zénob dans le cadre du Festivoix de Trois-Rivières

Jacques Boivin (20 juillet, Le Festif-Chapelle des Petites-Franciscaines-de-Marie) : Ceux et celles qui ont décidé de terminer leur première soirée du Festif en douceur ont eu droit à un moment de rêve. Antoine Corriveau et son band dans une chapelle, ça n’arrive pas tous les jours. La sono était excellente et Corriveau était plus Antoine que jamais. Les hydravions de trop, sur le jubé avec Marianne Houle à l’orgue, m’a arraché de nombreuses larmes.

Arcade Fire

Arcade Fire – Photo : Guy Aroch

Gabriel Tremblay (5 septembre, Centre Vidéotron) : Clairement, si ce n’était pas du centre «Vidé»…otron, ce serait possiblement mon spectacle de l’année. À l’époque j’avais adoré Funeral, Neon Bible et The Suburbs; par contre, Reflektor m’avait un peu déçu. Everything Now, leur dernier album, est assez weird mais bon, c’est Arcade Fire. Le spectacle? Incroyable, grandiose, rien de moins. Le concept scène/ring de boxe était super original et le son était nickel. Ils ont joué beaucoup de vieux matériel et ne se sont pas éternisés avec leur dernier opus. Une super belle soirée de fête. FUN!

The Barr Brothers

The Barr Brothers – Photo : Jacques Boivin

Karina Tardif (1er décembre, Music Hall of Williamsburg) : même si c’est tout récent, je pense que je ne reviverai jamais quelque chose d’aussi unique que de voir The Barr brothers a New York.

 

Bellflower

Bellflower. Photo : Nicolas Padovani

Nicolas Padovani (21 octobre, Théâtre Petit-Champlain) : Il y a 8 musiciens sur scène, ils jouent tellement d’instruments en même temps et ça te transporte loin d’ici. Bellflower restera toujours l’expérience musicale à voir mais surtout la plus accessible.

Beyries

Beyries – Photo : Jacques Boivin

Caroline Filion (28 octobre, Église St-James) : Pour l’émotion pure, la complicité, l’authenticité de l’interprétation d’Amelie Beyries. J’ai jamais été autant prise d’émotion que dans ce spectacle là. En même temps, j’y retournerais pas, de peur que ce soit jamais aussi magique que cette soirée là.

 

Charlotte Cardin

Charlotte Cardin – Photo : Jacques Boivin

Karina Tardif (28 juillet, La Grosse Lanterne) : C’est une vraie tigresse sur scène. Je ne pensais jamais qu’elle pouvait avoir une prestance assez forte pour jouer après The Franklin Electric à La grosse lanterne, mais elle m’a fait mentir.

Daniel Bélanger

Daniel Bélanger – Photo : Jacques Boivin

Julien Baby-Cormier (22 juillet – Le Festif!) : J’avais d’immenses craintes suite à la folle prestation de Lisa Leblanc. Comment Daniel Bélanger pourrait avoir l’attention des spectateurs suivant une performance pendant laquelle des ainés ont trashé avec les hippies (sûrement encore sur place après la performance de Xavier Rudd la veille), où des enfants furent aperçus faisant du bodysurfing et où bières et brassières firent leur chemin jusque sur la scène. La réponse est toute simple; un enchainement incroyable de pièces solides qui ont eu comme effet d’apaiser tout le monde et de faire communion avec l’un des plus beaux répertoires québécois. Un grand moment parmi plusieurs du Festif (suffit de penser à Antoine Corriveau à la chapelle ou Philippe B sur le quai).

Jacques Boivin (22 juillet – Le Festif!) : Daniel Bélanger, trois musiciens chevronnés, une grande scène, un public multigénérationnel et un vent frais qui nous donne envie de nous coller. Quelques chansons du fort joli Paloma, mais surtout une grande partie de Rêver mieux et quelques autres classiques. Des magnifiques chansons qu’on connaît par coeur avec un gars mauditement généreux sur les planches. Le genre de moment parfait qu’on veut revivre sans cesse.

Émile Bilodeau

Émile Bilodeau – Photo : Adrien Le Toux

Marie-Eve Duchesne (8 février, Théâtre Petit-Champlain) : Nouveau venu dans la scène québécoise, cet artiste m’avait accroché l’oreille avec son album Rites de passage. Ponctué d’anecdotes et de chansons inédites, le jeune poulain de Grosse Boîte est visiblement à l’aise sur scène. Il captive facilement son public.

fêtedonc.ca

Beat Sexü – Photo : Adrien Le Toux

Marie-Eve Fortier (25 mai, Le Cercle – avec Lydia Képinski, Le Couleur et Beat Sexü) : Sérieusement, on ne serait pas un vrai blogue si on n’était pas un peu chauvins de temps en temps. Définitivement dans mes meilleurs moments de l’année. Cette soirée magique en compagnie de Lydia Képinski (notre belle découverte), Le Couleur (aux rythmes dansants), Beat SEXÜ (le must de toute fête réussie) et Gab Paquet (notre éternel crush) valait bien la perte définitive de tous mes effectifs personnels volés lors de mon propre spectacle bénéfice!

Gab Paquet

Gab Paquet – Photo : Adrien Le Toux

Caroline Filion (30 juin, Le Zénob) : J’ai vraiment décroché de mon quotidien pour crier les paroles dans le Zénob plein. Le fait qu’il n’y a pas de scène au Zénob, ça fait qu’on se sent presque faire partie du spectacle. Bref, c’est toujours un plaisir de le voir.

Nicolas Padovani (13 juillet, Festival d’été de Québec) : Mon premier show complet de Gab Paquet depuis les débuts du Pantoum. Je m’attendais à une hype hors du commun vu qu’il passait avant Michel Louvain, et je dois dire qu’entre le public qui se met debout à la fin pour danser ou les vieilles dames à côté de moi qui avaient le visage outré devant Papa, Maman, Bébé, Amour, j’étais à des années-lumière de la déception.

Jacques Boivin (14 décembre, Le Cercle – avec Miss Sassoeur & Les Sassys) : J’ai vu les deux shows de mes camarades ci-dessus. J’ai aussi vu Gab aux Francos, à Limoilou, dans St-Roch, à Saint-Hyacinthe et au GAMIQ. Époustouflant! Mais jamais autant que la prestation qu’il a donnée dans le cadre de cette mini-tournée de trois soirs juste à temps pour nous mettre dans l’ambiance des Fêtes. Une foule en délire, une énergie incroyable, une interprétation magistrale, des tounes de Noël (dont une version disco assez déjantée de Minuit, Chrétiens), le fabuleux pot-pourri pour finir… Un show dont on va se souvenir longtemps.

Geoffroy

Geoffroy – Photo : Alicia Lemieux

Karina Tardif : je l’ai vu trois fois dans trois contextes différents (scène extérieure, bar, salle de spectacle) et malgré sa timidité il réussi tellement bien à s’adapter et à charmer son public avec sa musique envoûtante.

Grizzly Bear

Grizzly Bear – Photo : Tom Hines

Julien Baby-Cormier (26 novembre, MTelus) : Au risque de ne pas être original, mon #1 se répète pour la transposition sur scène. Grizzly Bear est au sommet de son art et ils délivrent une performance sans artifices ou acrobaties. La musique est extrêmement bien livrée d’une façon plus puissante que sur l’album. Du plaisir de la première à la dernière chanson; la puissante Sun Is in Your Eyes étant ma performance de l’année.

La grosse lanterne

The Franklin Electric – Photo : Jacques Boivin

Caroline Filion : La grosse lanterne, dans son ensemble. L’expérience qu’on vit lorsqu’on est sur le site de La grosse lanterne, c’est un peu hors du commun. On se sent vraiment dans un monde parallèle ou tout le monde est amis, fervents amateurs de musique, et vraiment en vacances.

Gypsy Kumbia Orchestra

Gypsykumbiaorchestra – Photo : Adrien Le Toux

Caroline Filion (7 avril, La Taverne) : Dans la campagne de St-Casimir, fin de l’hiver, début du printemps, c’était l’été. Je me sentais en Argentine, en Espagne, au Mexique, au Brésil, bref, il faisait chaud, on dansait, et on s’amusait. Une expérience incroyable encore une fois.

Les Hôtesses d’Hilaire

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Jacques Boivin

Jacques Boivin (1er décembre, La Taverne – avec Garnotte) : Une soirée de rock psychédélique et un brin engagé, mené avec maestria par un Serge Brideau en forme et des musiciens en pleine maîtrise de leurs moyens. Devant une foule en délire! Une ambiance un brin surréaliste (surtout pour ceux qui ont fini la soirée avec DJ Serge). Et que de bons souvenirs d’un lieu qu’on devrait investir plus souvent.

Jean-Michel Blais

Jean Michel Blais – Photo : Isis Essery

Karina Tardif (5 novembre, Maison de la culture Francis-Brisson) : du piano, eh oui du piano. La douceur de Jean-Michel Blais et l’intelligence de ses compositions dans la magnifique salle de la maison de la culture Francis Brisson font que ce spectacle se retrouve parmi mes tops.

Jerusalem in my Heart

Jerusalem in my Heart – Photo : Jacques Boivin

Marie-Eve Fortier (23 septembre, Le Pantoum – avec Ben Shemie et CHIENVOLER) : Pour le sentiment de vraiment être là où ça s’passe, la musique au XXIe siècle. Une de ces entreprises audacieuses qui font du Pantoum ce qu’il est. Coup de cœur pour CHIENVOLER, la chimère musicale à six têtes.

John K. Samson & The Winter Wheat

John K. Samson – Photo : Leif Norman

Marie-Eve Duchesne (6 avril, Théâtre Fairmount) : Faisant partie du défunt groupe The Weakerthans, Samson a pigé dans ses deux albums solo et ceux du groupe pour offrir aux personnes présentes un spectacle hors du commun et fort en émotions. Il a offert le cycle de chansons au sujet du chat Virtute, appréciée par la foule.

Klô Pelgag

Klô Pelgag – Photo : Jacques Boivin

Gabriel Tremblay (2 mars, Impérial Bell) : Sa démarche artistique unique, la justesse de sa voix, sa naïveté légendaire et son sens de l’humour ultra particulier… Chloé Pelletier-Gagnon est une vraie perle. Les premières parties, gracieuseté d’Emilie & Ogden et Helena Deland, étaient sublimes également! Oui j’avais adoré son premier album L’Alchimie des monstres mais je considère l’oeuvre derrière L’étoile thoracique plus complexe et mieux réalisée. Les animaux «live» m’a presque fait pleurer tellement que c’était doux pour les oreilles. J’avais demandé une paire de billets dans un échange de cadeau à Noël pour démontrer à quel point je voulais y être.

Loud

Loud. Photo: Félix-Antoine Bergeron

Gabriel Tremblay (27 octobre, Salle multi de Méduse) : Préalablement, le show du rappeur d’Ahuntsic n’aurait pas eu des airs d’un lancement étant donné que la sortie du projet était prévue pour la-mi novembre. Au final, nous avons été choyés d’un tel revirement de situation et d’un lancement complètement fou dans une salle-multi bondée d’amateurs de Hip-Hop québécois. Accompagné de son fidèle «beatmaker» Ajust, c’est un LOUD en grande forme qui nous a servis son nouveau matériel. Sept chansons de son nouvel opus figuraient sur sa grille de chansons en plus de l’intégralité de son EP New phone.  Une performance impeccable et des apparitions sur scène du deuxième L de LLA Lary Kidd ainsi que 20some de Dead Obies pour la pièce On my life ont ajouté à la puissance de la prestation.

Les Martyrs de marde

Les Martyrs de Marde – Photo : Marion Desjardins

Nicolas Padovani (au Sous-sol du Cercle) : Ma première rencontre à vie avec ces esprits tourmentés. Autant le dire d’emblée, c’est la claque dans la gueule de l’année. Que ce soit dans la mise en scène extrêmement méticuleuse, l’interaction avec le public ou leur musique mi-expérimentale, mi-prog, mi-métal, c’est un réel plaisir de pouvoir faire les photographier ou faire du catch avec eux sur scène.

Nicolas Padovani (au Festival OFF) : Leur show était plus long et Souffrance m’a donné un quartier d’orange.

Matt Holubowski

Matt Holubowski – Impérial Bell, 14 avril 2017

Marie-Eve Duchesne (14 avril, Impérial Bell) : Les chansons interprétées par Matt Holubowski m’ont permis de m’évader pendant quelques heures et m’ont émue. Les jeux de lumières utilisés par Matt Holubowski ont imprégné la salle et la musique du chanteur.

 

Medora

Medora. Photo : Nicolas Padovani.

Marie-Eve Fortier (29 novembre, Sous-sol du Cercle) : Le dernier spectacle d’un groupe que je suis depuis ses débuts. Un moment riche en émotions et des adieux retentissants. Décidément, Medora a décidé de s’éteindre au sommet de son art!

Metallica

Metallica – Photo : Sébastien Dion

Nicolas Padovani (14 juillet, FEQ-Scène Bell) : Mes attentes étaient assez neutres vu que je connaissais principalement One après l’avoir joué plusieurs fois sur Guitar Hero 3 et qu’ils commencent à se faire vieux. Et dès les premières notes du dernier album que je n’avais jamais entendu, en passant par quelques morceaux qui me revenaient à la mémoire (Master! résonne encore dans ma tête), j’étais totalement emballé par la performance et l’énergie.

Pierre Lapointe

Pierre Lapointe – Photo : Jacques Boivin

Julien Baby-Cormier (7 décembre, Grand Théâtre de Québec) : Il a trouvé l’équilibre parfait pour livrer ses chansons avec passion. L’ajout de Philippe Chiu au piano donne une dimension impressionnante au spectacle, Lapointe étant plus mobile sur scène tout en donnant l’impression au spectateur qu’il joue dans notre salon. L’inclusion d’un marimba surprend par sa pertinence. Un concert qui nous fait oublier à quel point ce serait génial d’entendre ces nouvelles chansons avec un orchestre complet.

PJ Harvey

PJ Harvey – Photo : Maria Mochnacz

Julien Baby-Cormier (15 avril, Métropolis) : Sur ma « bucket-list » depuis plusieurs années, Polly Jean Harvey n’a sûrement pas déçu ses amateurs. Elle a livré brillamment des morceaux issus principalement des deux derniers albums devant un Métropolis médusé. Larmes et frissons furent au rendez-vous pour cette performance qui n’a fait que confirmer pourquoi elle est considérée comme l’une des grandes.

Safia Nolin

NuitsFEQ – Impérial Bell, 26 mai 2017

Marie-Eve Fortier (26 mai, Impérial Bell – avec De la Reine et Ego Death) : Un beaume pour l’âme que cette soirée où douceur et force s’entremêlaient. Pour le plaisir d’apprécier un spectacle de qualité autant sur le plan de la performance que pour le son et l’éclairage.

Saint-Roch Expérience

Jam session / Talents d’ici – Photo : Jacques Boivin

Marie-Eve Duchesne : Chapeau aux organisateurs et organisatrices de ce festival. Ils ont réussi à proposer des lieux de spectacles inusités, par exemple l’Intermarché St-Roch ou chez Exo avec des saveurs locales. Le clou du spectacle a été sans nul doute le «jam session »- talent d’ici avec Gabrielle Shonk, Tire le Coyote, Caravane et plusieurs autres.

Saratoga

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Jacques Boivin (9 décembre, Le Cercle – avec Maude Audet) : Dire qu’on avait hâte à ce show relève de l’euphémisme. Accompagné d’un quatuor à vent, le duo Saratoga a réussi, une fois de plus, à arrêter le temps, à ralentir nos allures et à nous infuser une bonne dose de bonheur comme lui seul est capable. C’était beau, c’était touchant, c’était vrai. Et en première partie, Maude Audet était un match parfait! Pis est-ce qu’on vous a parlé de l’écoute quasi-religieuse du public?

Le SPOT

Anatole – Photo : Marion Desjardins

Marie-Eve Fortier (16 juin, spectacle d’ouverture avec Perdrix, Bengale et Anatole) : Pour la beauté de cette communauté musicale qui se serre les coudes malgré les intempéries (et je ne parle pas que de la météo)! Un spectacle qui nous aura fait danser sous la pluie. Mais je retiens ce spectacle aussi grâce à Anatole, un des seuls groupes qui m’a littéralement déjà fait me dire : «Je pourrais mourir dès maintenant, et je serais satisfaite de mon existence».

Suuns

Suuns – Photo : Nicolas Padovani

Julien Baby-Cormier (Le Cercle, 9 mars) : Suuns est un groupe sur mesure pour des performances dans l’univers sombre et légèrement industriel du Cercle. Une performance puissante par des musiciens en continuelle ascension. Très hâte d’entendre ce qu’ils ont à nous proposé pour 2018.

 

Leif Vollebekk

Marie-Eve Duchesne (13 avril, Le Cercle) : Présentant son nouvel album Twin Solitudes, Vollebekk avait une foule conquise et qui l’a chaudement applaudie. Beacoup de de profondeur et une grande complicité avec les gens du public.

 

The Who

The Who – Photo : Renaud Philippe/FEQ

Gabriel Tremblay (FEQ – Scène Bell, 13 juillet) : Mon père m’avait donné Tommy en CD quand j’étais peut-être en 5e année du primaire. À L’époque je commençais à m’intéresser au punk/rock et il m’a dit que ce band là en avait influencé plusieurs. Avec les années j’ai compris à quel point The Who était important dans la culture musicale et pas seulement British. Ce n’était même pas une question si j’allais voir le spectacle. Oui j’étais conscient que les gars avaient pris un coup de vieux (surtout Daltrey) mais je ne pouvais pas rater cette occasion et comme quoi, c’était de loin mon spectacle coup de coeur du FEQ 2017. Pete Townsend m’impressionne tellement pour un MONSIEUR de 72 bougies et la prestation (de 2h environ) était complètement folle.

Albums de l’année 2017

Ah, les listes de fin d’année! Ce moment où tout le monde est fâché parce que son artiste préféré n’est pas classé là où il aurait aimé! Comme si la production de ces listes n’était pas un travail subjectif, fait en fonction de ceux qui les rédigent!

Si c’est votre cas, vous aimerez notre façon de faire! Au lieu de vous gosser un gros palmarès qui ressemble plus à un casse-tête qu’à une rétrospective, nous avons opté, encore une fois cette année, de vous présenter les cinq albums préférés de l’année de chacun de nos collaborateurs qui se sont prêtés au jeu.

Cette année, le patron a décidé de brouiller les cartes en mélangeant tous les albums de tout le monde, question de tous les classer par ordre alphabétique. Oui. Il est tata de même.

Et vous, quels sont vos choix d’albums? Y’en a tellement eu de bons, cette année! Dites-nous tout ça en commentaire!

 

Art Contest – Two Songs (Post Echo)

Nicolas Padovani : Je sais plus exactement comment j’ai trouvé ces deux gaillards de Caroline du Sud sur Bandcamp mais j’étais tellement content de les avoir trouvés par hasard sans qu’on me le souffle. Pour les connaisseurs de 4Loko, ça fait penser à La Fête. Pour ceux en mode expert, tu retrouveras une formidable tambouille Battles/Dillinger Escape Plan/Devo.

 

 

Julie Aubé – Joie de vivre (Les disques de la cordonnerie)

Marie-Eve Duchesne : Julie Aubé a sorti un album qui fait plaisir à entendre et qui lui va comme un gant. Il s’agit d’un changement de style par rapport aux Hay Babies, mais Aubé a réussi à mélanger rock, blues et folk avec un soupçon de psychédélique dans un album qui vaut la peine d’être écouté.

 

 

Maude Audet – Comme une odeur de déclin (Grosse Boîte)

Jacques Boivin : En voilà une qui en a pris plusieurs par surprise cet automne avec cet album! Les gens qui connaissaient déjà Maude Audet avaient bien hâte d’entendre le successeur de Nous sommes le feu. Avec Ariane Moffatt à la réalisation, on pouvait s’attendre à quelque chose de solide. Et dès les premières notes de Galloway Road, on est conquis par la guitare et la douce voix mélancoliques d’Audet. Un album somme toute assez différent du précédent sans toutefois perdre quelques vieux repères, comme sur Nos lèvres retournées et Vieille Photo, deux autres solides compositions. Le genre d’album qu’on aime réécouter longtemps!

 

 

Philippe B – La grande nuit vidéo (Bonsound)

Jacques Boivin : Philippe B poursuit son grand voyage avec un bel album qui se veut une suite logique d’Ornithologie, la nuit. Notons l’apport de Laurence Lafond-Beaulne (Milk and Bone), qui vient, avec sa voix d’ange, apporter une touche de mélancolie aérienne aux chansons déjà fort imagées de B. Les textes les plus poétiques de 2017 se trouvent ici.

 

 

Jason Bajada – Loveshit II (Blondie & The Backstabberz) (Audiogram)

Karina Tardif : J’ai commencé à écouter l’album Volcano (2016) cette année alors que l’album Loveshit 2 allait sortir. Je ne pensais pas tomber en amour autant que ça, mais Loveshit 2 est rapidement monté dans mes tops avec ses textes forts et ses mélodies qui ne me sortaient pas de la tête.

 

 

Beyries – Landing (Bonsound)

Caroline Filion : J’ai aussi découvert cet album sur le tard, mais je l’ai assez écouté pour me rattraper. Des belles mélodies, mais surtout des paroles incroyablement touchantes quand on connaît un peu le parcours de l’artiste.

Karina Tardif : parce que ça a été ma découverte coup de cœur de l’année. Elle a déchiré mon cœur et l’a recollé dans le même album.

 

 

Philippe Brach – Le silence des troupeaux (Spectra Musique)

Jacques Boivin : Il nous avait fait peur, le vilain Philippe, avec Troupeaux, un espèce de teaser qui sonnait comme du 2Frères! Mais non, plutôt que de faire dans le folk-pop fédérateur qu’on a entendu des milliers de fois, Brach réussit à se réinventer sur Le silence des troupeaux, une autre oeuvre majeure d’un artiste qui montre déjà qu’il a sa place parmi les grands. C’est beau, c’est intelligent, les arrangements sont tout simplement superbes. Tu voulais des enfants est une chansons aussi belle que difficile. On a été gâtés!

 

 

La Bronze – Les corps infinis (Kartel Musik)

Caroline Filion : Belle surprise pour moi. Un album coloré, plus doux que je l’aurais imaginé, mais vraiment intéressant. De la belle musique électronique entraînante et planante à la fois.

 

 

Casual Rites – Casual Rites

Valérie Vinet : En novembre dernier, Casual Rites a sorti un album bien ficelé d’une grande intensité. Leur premier opus est toutefois difficile à définir; entre le blues, le folk et le rock, l’ADN musical du groupe tire son origine de différentes époques. Casual Rites est du calibre d’Alabama Shakes, de Kings of Leon et de My Morning Jacket. Parfois planantes, parfois mordantes, les mélodies sont accrocheuses et on se surprend à fredonner les hook en boucle. Empreinte d’émotion mais toujours en contrôle, la voix chaude et assumée du chanteur Phil Matte parvient rapidement à séduire l’auditeur. Casual Rites est définitivement un groupe à surveiller dans les prochaines années.

 

 

Daphni – Fabric Live93 (Fabric Records)

Nicolas Padovani : Daphni, c’est Caribou mais sans paroles. Tu trouveras 27 morceaux organisés comme un seul bloc d’1h15 sans pause. Ça comprend percussions, samples, synthés, le tout soit ensemble, soit séparé. C’est dansant, hypnotique, énergisant et You Can Be A Star doit être la chanson la plus motivationnelle que j’ai entendue cette année.

 

 

La famille Ouellete – Deluxe (St-Laurent Records)

Caroline Filion : J’ai vu la finale des Francouvertes, j’ai écouté les chansons sorties en boucle, et j’avais dont hâte que l’album sorte. Une belle surprise. Des pièces qui déménagent autant que d’autres qui sont plus planantes. Je l’écoute encore en boucle.

 

 

FKJ – French Kiwi Juice (Roche Musique)

Gabriel Tremblay : Parfaitement fruité, ce jus de kiwi Français est sans aucun doute ma découverte de l’année.

Le décrire proprement est une tâche ardue alors disons simplement qu’il est un multi-instrumentiste hors-pair. Une pièce de FKJ est principalement basé d’un de ses «beats» auquel il ajoute et enregistre automatiquement un passage instrumental, que ce soit une ligne de basse, un solo de saxophone ou une mélodie au piano. Son album se veut une réunion de ses pièces enregistrées au fil des ans. La voix sublime de June, qui l’accompagne à quelques reprises ajoute une belle dimension spirituelle à la musique de Vincent Fenton.

 

 

Fleet Foxes – Crack-Up (Nonesuch)

Gabriel Tremblay : Certes, la formation folk de Seattle n’a définitivement plus besoin de présentation. Après une disette de 6 ans, la plupart des fans avaient perdu espoir d’entendre un nouvel album. Au plaisir de tous, la bande à Robin Peckhold revenait au printemps passé avec Crack-up. La barre était haute après Helplessness Blues et ce dernier disque est une réussite sur toute la ligne. On retrouve une texture particulière et des compositions folk-rock beaucoup plus longues que par le passé. Même si la populaire third of may est déjà anthologique, mon titre favoris est la sentimentale If You Need To,  Keep Time On Me.

 

 

François Jalbert et Jérôme Beaulieu – This is a Real Place (Multiple Chord Music)

Marie-Eve Duchesne : Un duo jazz que j’avais adoré dès les premiers instants de cet album. François Jalbert et Jérôme Beaulieu sont en contrôle de leur instrument respectif et une belle chimie entre les deux musiciens opèrent. Le piano et la guitare se mélangent et me surprennent à chaque détour musical par leur richesse et leur profondeur. À mettre sous le sapin pour les amateurs de jazz et de musique instrumentale.

 

 

The Franklin Electric – Blue Ceilings (Indica)

Caroline Filion : C’est suite au Festivoix que j’ai eu envie d’écouter l’album, et je m’en veux de ne pas l’avoir écouté avant. Aussi bon que le premier, il est rempli de belles découvertes, surtout la chanson So Far, que j’ai excessivement écouté.

 

 

Geoffroy – Coastline (Bonsound)

Caroline Filion : Pas le choix de le mettre dans mon top 5. Mes voyages en voiture n’auraient pas été les mêmes sans cette trame sonore.

Karina Tardif : parce que cet album a été mon « boyfriend » de l’année; il m’a accompagné partout et je ne me suis pas tanné encore.

 

 

Grizzly Bear – Painted Ruins (Grizzly Bear/RCA)

Julien Baby-Cormier : Un disque d’une richesse effarante. Section rythmique hallucinante; c’est le genre de disque qui donne toujours plus au fil des écoutes même s’il est moins immédiat que certains albums précédents. Un des meilleurs crus des dernières années.

 

 

Jay-Jay Johanson – Bury the Hatchet (29 Music)

Gabriel Tremblay : Jay-Jay Johanson roule peut-être sa bosse depuis la fin des années 90, il est encore un secret relativement bien gardé pour les mélomanes Nord-Américains. Avec un son bien à lui qui mélange l’électronique, le trip-hop et le jazz, le suédois a su me conquérir dès les premières écoutes de son album Opium sorti en 2015. Pour sa nouveauté Bury the hachet, il s’offre/nous offre une version intimiste où le piano est omniprésent. les fans du projet solo de Damon Albarn seront conquis par celui de Johanson. Considéré comme un crooner, son style unique transcende les époques et nous fait passer par toutes sortes d’émotions. Même si l’album s’écoute bien de bout en long, la pièce éponyme est particulièrement exquise!

 

 

Keith Kouna – Bonsoir Shérif (Duprince)

Jacques Boivin : Keith Kouna est de retour, le couteau entre les dents! Le vilain garnement a concocté une belle collection de chansons engagées et entraînantes à souhait. Y’a là de nombreuses chansons qui vont faire partie du répertoire classique kounesque pour les années à venir : Shérif, Vaches, Poupée, Pays, Marie ne sont quelques exemples des solides compositions de cet album qui donne envie de lâcher son fou!

 

 

Pierre Lapointe – La science du coeur (Audiogram)

Julien Baby-Cormier : Déjà tenu en haute estime dans ma liste d’albums 2017, ma présence récente à son spectacle n’a fait que confirmer que ce disque est un des meilleurs de l’auteur-compositeur bien aimé. Il a fait un travail de concision très efficace, soutenu par une production riche et aucunement pompeuse. C’est un 30 minutes bien ficellé, sans superflu, à écouter du début à la fin.

 

 

Catherine Leduc – Un bras de distance avec le soleil (Grosse Boîte)

Jacques Boivin : On l’avait déjà constaté avec Rookie et Un bras de distance avec le soleil le confirme : Catherine Leduc mitonne des airs mélancoliques sur lesquels on s’envole avec le plus grand des plaisirs. Pas étonnant que les chansons de Leduc aient meublé tant de jours pluvieux! Leduc réussit ici à créer, en toute simplicité, des atmosphères idéales pour ses textes, qui sont mieux maîtrisés que jamais. C’est pas parce que c’est un peu froid que ça ne peut pas être magnifique…

 

 

Loud – Une année record (Joy Ride Records)

Gabriel Tremblay : Dans ma hiérarchie du rap Québécois, LOUD est l’héritier au trône du royaume où Koriass est roi. «Le cerveau» et premier «L» de l’ex-opération Loud Lary Ajust est un maître lyricale, rien de moins. Son «flow» frôle la perfection et les «beats» d’Ajust sont tellement variés.

Pour le plaisir de nos oreilles. Une superbe entrée en matière et un album solo qui répond aux attentes. Il nous offre une belle variété de sons comme sur Devenir immortel avec la guitare espagnole. L’envie de «groover» est difficile à retenir grâce au tempo reggaeton de Toute les femmes savent danser. Que dire de TTTTT, ma pièce préférée qui reprend un  «sample» de la pièce No lie du band New-Yorkais Wet. Une galette qu’on ne lasse pas d’entendre et de réentendre.

 

 

Medora – Ï

Nicolas Padovani : Il y a un point commun entre tous les albums que je cite ici ; ils incorporent tous un voyage et il est difficile de séparer ces morceaux de leur album. Le i tréma n’est pas une exception : on va dans le Maine, on dort dans un Ikea, on monte dans le Concorde. C’est rempli d’exaltation et de poésie et c’est de loin l’album que j’attendais le plus cette année, comme une obsession lamentable, ou pas.

 

 

Mogwai – Every Country’s Sun (Temporary Residence)

Julien Baby-Cormier : Les vétérans post-rock de Glagow font depuis leur début une musique précise, souvent lourde et très cinématographique. Ce dernier cru est l’un des meilleurs de la formation qui y fait pas mal la synthèse de tout ce qu’il a réussi de mieux en carrière sur un seul album. Que dire de la magnifique pochette ?…

 

 

Peter Peter – Noir Eden (Audiogram)

Karina Tardif : parce que j’aime sa douce « love pop », sa voix et sa mélancolie. Chaque pièce a été au moins une fois dans mon top 5 des chansons de la semaine au courant de l’année.

 

 

Paupière – À jamais privé de réponses (Lisbon Lux)

Karina Tardif : Il n’y a pas grand chose qui m’a plus donner envie de me lever et d’affirmer qui je suis que cet album de Paupière.

 

 

Dany Placard – Full Face (Simone Records)

Jacques Boivin : Placard est de retour, et cette fois, il délaisse le folk des derniers albums pour plonger à pieds joints dans un rock assez intemporel. Full Face est un album assez sombre, personnel, qui nous montre que Placard n’a rien perdu de son côté sensible et humain, même s’il aimerait parfois mettre son full face pour ne plus rien entendre. La chanson-titre est tout simplement grandiose, mais l’album est rempli d’autres moments magiques, comme la ballade Mon amour était plus fort que ce qu’on voit dans les vues ou les plutôt nirvaniennes Vince et Notre maison (qui sonne vraiment tout droit sortie des années 1990). Un grand album d’un grand gaillard.

 

 

Sampha – Process (Young Turks Recordings)

Gabriel Tremblay : D’une beauté hors du commun, la musique de Sampha est une introspection intime au piano nuancée d’électronique. Apaisant et relaxant, le titre phare «No one knows me like the piano» est une balade complètement touchante. Singulier dans ses arrangements musicaux et dans son écriture, la qualité de sa voix est tout aussi remarquable. La pièce «Plastic 100ºC» est particulièrement impressionnante de par la complexité du rythme. Il a la facilité à s’approprier plusieurs styles comme le R&B Soul de Timmy’s prayer ou le funk sur Kora Sings. Une sacré belle découverte qu’est cet anglais de 29 ans.

 

 

St. Vincent – MASSEDUCTION (Loma Vista)

Julien Baby-Cormier : Celui-là, c’est moins pour la pochette que pour la qualité constante de ses chansons qu’il a attiré mon admiration. Si ce n’est pas le meilleur disque qu’Annie Clark ait pu nous offrir, ça reste un disque très intéressant, un tantinet plus propre, très mélodique, mais parfois un peu forcé dans son côté (trop?) assumé.

 

 

Laura Sauvage – « The Beautiful » (Simone Records)

Jacques Boivin : Oh qu’il semble loin le temps où Vivianne Roy chantait de la pop de grange avec Les Hay Babies! Depuis qu’elle a lancé son projet solo et pris le nom de Laura Sauvage, l’auteure-compositrice-interprète acadienne a pris un virage rock aux accents vintage qui semble avoir influencé plusieurs personnes autour d’elle (qu’on pense au dernier album des Hay Babies ou à celui de Placard qui a visiblement été inspiré). Sur « The Beautiful », Laura Sauvage donne toute une leçon de rock tout en ne se contentant pas d’une seule de ses facettes. Ça grafigne tout doucement, et c’est comme ça qu’on aime ça!

 

 

Gabrielle Shonk – Gabrielle Shonk (Universal)

Marie-Eve Duchesne : Je l’ai connue grâce à la chanson Habit qui avait beaucoup tourné sur Spotify et sur Youtube. Dès le premier extrait, je savais que j’avais affaire à une fille de talent. Elle a captivé mon oreille dès le début. La voix chaude de l’auteure-compositrice-interprète m’a beaucoup plu et ressort du lot d’auteur-compositeur-interprète. J’ai très hâte de la voir en concert au Grand Théâtre de Québec.

 

 

Spoon – Hot Thoughts (Matador)

Valérie Vinet : Comme on dit ; Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces. Spoon, formé en 1993 par le chanteur et guitariste Britt Daniel, est un groupe qui a du milage et qui n’a visiblement pas perdu sa créativité foisonnante et son ardeur. Dès les premières notes de clavier de la pièce titre, on est intrigué et on sait qu’on aura droit à plusieurs surprises. Rock, electro, et parfois psychédélique, l’effort est étoffé et surprenant, quoiqu’un peu inégal à certains moments.

 

 

Chris Stapleton – From a Room: Volume 1 (Mercury)

Valérie Vinet : Véritable institution à Nashville depuis la sortie de Traveller il y a deux ans, Chris Stapleton a présenté From A Room : Volume 1 au mois de mai dernier. Enregistré dans la Room A du légendaire studio RCA à Nashville, l’album minimaliste (9 pistes, 30 minutes) a su me conquérir dès la première écoute. La voix de Stapleton, puissante, rauque qui sent le whisky, m’a dressé le poils des bras à plusieurs reprises. Alliant le Blues, le Rock et le Folk, Stapleton ravive la mélancolie du Country traditionnel et la porte au goût du jour.

 

 

Superpoze – For We The Living (Combien Mille Records)

Nicolas Padovani : Quand l’électro française est un peu plus subtile qu’un Petit Biscuit, on a For We The Living. Une oeuvre contemplative, élégante et mélancolique, exactement à l’image des 8 vidéos réalisées pour chacun des morceaux que je recommande de voir absolument. Ce n’est pas loin de Nils Frahm et il a eu un remix du montréalais CRi dans son édition limitée. C’est oui.

 

 

Tire le coyote – Désherbage (La Tribu)

Jacques Boivin : Oh que je l’attendais, celui-là! Notre folkster préféré à Québec, toujours entouré de ses fidèles complices, a invité Simon Pedneault et Vincent Gagnon à participer à l’album et le résultat est tout simplement magnifique. Le piano de Gagnon permet à Benoit Pinette d’exploiter une nouvelle facette de son folk aussi américain que québécois, de se la jouer parfois un peu Dylan années 2000 ou de nous balancer des ballades sublimes comme cette Le ciel est back-order, une chanson qui donne le mouton. De son côté, Pedneault vient s’ajouter au fidèle Shampouing à la guitare, et le résultat est résolument plus rock, comme on peut l’entendre sur Fifille, qui déménage juste assez pour nous faire hocher rageusement de la tête tout en ayant sa place sur l’album aux côtés des moments plus doux. Big.

Marie-Ève Duchesne : Décidément, Benoît Pinette a réussi à faire un meilleur album que son précédent, Panorama. Il a mis ses émotions à nu et les a magnifiés pour mon plus grand bonheur. Les paroles de cet album sont magnifiques, autant que la musique.

 

 

Mat Vezio – Avant la mort des fleurs cueillies (Simone Records)

Jacques Boivin : On le connaissait bien auparavant pour son jeu de batterie, mais on a appris cette année que Mat Vezio est un méchant bon auteur-compositeur-interprète. Des textes profonds et intelligents, des mélodies simples, mais efficaces, et une réalisation d’Antoine Corriveau qui a contribué, avec de nombreux musiciens aussi talentueux les uns que les autres, à transformer le deep folk de Vezio en pop de chambre qui n’a rien à enlever aux Belle and Sebastian de ce monde. Une des perles cachées de 2017.

 

 

Leif Vollebekk – Twin Solitude (Secret City Records)

Marie-Eve Duchesne : J’attendais avec impatience ce que Vollebekk allait nous offrir en termes musicaux et il ne m’a pas du tout déçue. L’auteur-compositeur-interprète navigue dans la mélancolie, sans pour autant être larmoyant. Hautement personnel, ce sont les arrangements et les paroles qui m’ont surprise.

Valérie Vinet : Ultra-sensible, intime et soulfoul à souhait, Twin Solitude se retrouvera sans doute parmi les meilleurs albums de 2017. Comme Pink Moon de Nick Drake, le troisième album de Vollebekk est un murmure qui nous invite à l’introspection. La douce simplicité des arrangements est efficace et nous rappelle que less is more. Par ailleurs, la chaleur du Wurlitzer et du Rhodes Fender a un petit quelque chose de vintage qui nous rend susceptible d’être en proie à la nostalgie sans sombrer dans la tristesse. Album parfait pour rouler sur la 20.

 

 

The War on Drugs – A Deeper Understanding (Atlantic)

Valérie Vinet : Cet automne, le quatrième album de The War On Drugs a tourné régulièrement chez moi. Romantique, intuitif et plus lumineux que Lost In the Dream paru en 2014, A Deeper Understanding propose une atmosphère dorée grâce à une série de synthés aux tonalités pesantes. Entre le confort et la possibilité de changement, la voix diaphane de Granduciel s’imbrique parfaitement à l’intérieure des longues mélodies texturées de l’album. Gros coup de coeur qui a l’effet d’une bonne soupe au poulet sur l’âme.

 

 

Wolf Parade – Cry Cry Cry (Wolf Parade/Universal)

Julien Baby-Cormier : Un groupe qui revient d’une pause de 8 ans (après un disque correct) est souvent attendu avec une certaine crainte pour ses admirateurs. Dans ce cas précis, même si leur popularité est stable et que les critiques parfois bonnes, souvent dithyrambiques, ne se traduisent pas nécessairement pas une vague de popularité, le mélomane qui s’en donnera la peine découvrira un nouveau disque très accrocheur, qui sans rien réinventer permet de confirmer l’efficacité du tandem Boeckner/Krug.

 

ZGTO – A Piece of the Geto (Ghostly International)

Nicolas Padovani : Une collaboration entre le rappeur ZelooperZ (un ami à Danny Brown) et le producteur électronique Shigeto. Tous deux venant de Detroit, le disque mélange hip-hop et électro minimaliste façon Massive Attack. Je reste toujours captivé par les multiples voix du rappeur qui le rendent à la fois méconnaissable et impressionnant au fil des morceaux.

 

Saratoga (+ Maude Audet) – Le Cercle, 9 décembre 2017

L’amour. Y’a pas beaucoup de mots de cinq lettres plus forts que celui-là. Et y’a pas grand chose qui représente mieux ce mot que le couple Chantal Archambault/Michel-Olivier Gasse, du duo Saratoga. Le duo, qui en est aux dernières dates de la tournée Fleur, était de retour à Québec (presque un an après son passage au Théâtre du Petit-Champlain).

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Nous avons été gâtés. Saratoga a fait le voyage à Québec avec le quatuor à vents et le dispositif d’éclairage (sobre, mais diablement efficace) qui avaient accompagné le groupe à son spectacle de Coup de coeur francophone à Montréal. On allait donc entendre les chansons de Fleur comme on les entend dans le confort de son salon avec, en prime, la complicité palpable de nos deux tourtereaux.

J’aimerais vous dire que mes attentes étaient stratosphériques, mais ce n’est pas le cas. Quand on va voir Saratoga, c’est comme si on allait voir deux vieux amis qu’on est juste trop heureux de retrouver. Et Chantal et Gasse avaient de nombreux amis samedi soir! De nombreux amis venus entendre leurs histoires tirées du quotidien (le leur, celui de gens qu’ils ont croisé et d’autres, sortis tout droit de leur tête). Des histoires pas toujours drôles racontées avec tendresse.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Bien sûr, le couple a « brisé la glace » (c’est leur jeu de mot poche, pas le mien) avec Brise-glace, la chanson qui ouvre si bien Fleur. Dès les premières notes de guitare et de contrebasse, tout le monde se tait, ouvre grand les yeux et tend l’oreille bien fort. On sait qu’on va passer un doux moment. Nouveau record : j’ai les yeux humides seulement 30 secondes après le début de la prestation, dès que les vents se font entendre.

Parce que oui, y’a ça : les mélodies de Saratoga font pleurer. De belles larmes de bonheur, du sel qui goûte bon. Ajoutez-y le timbre si riche et particulier des bois qui se mettent de la partie, et c’est avec un sourire béat que vous allez pleurer! Je me tourne vers ma copine. Zut, elle n’est pas là, je l’ai envoyée prendre les photos de la soirée!

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Autre nouveau record : Gasse fait des commentaires sur la boucane après seulement une chanson! Les habitués le savent, c’est en train de devenir un running gag, la machine à boucane du Cercle est reconnue pour se faire envahissante (c’est beau, mais ça peut devenir un brin étouffant sur scène).

D’autres chansons profitent du traitement royal du quatuor à vents : Je t’attends dehors a l’air sortie tout droit de la bande sonore d’un film d’amour qui se passe l’hiver, en campagne. On n’est pas du monde, déjà si belle dans sa mélancolie, se voit donner des ailes, transportée par un vent venu des bois d’à côté. Pour vrai! La voix douce et tristounette de Chantal et celle d’un Gasse en parfaite symbiose s’allient parfaitement aux couleurs chaudes soufflées par ce quatuor à vent tout en subtilité. Ce sont encore les bois qui vont marquer la lenteur dans Danser lent. Même si cette pièce est fort sympa lorsque jouée uniquement par le duo, on va vous avouer bien candidement qu’avec les clarinettes et compagnie, elle est tout simplement parfaite. Si on hochait gentiment la tête pendant les couplets, celle-ci devenait langoureuse sous les invitations à danser lent.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Lent. Un autre mot qui définit bien Saratoga. Avec à peine un album et un EP, le duo réussit aisément à meubler près d’une heure et demie qui passe drôlement vite (et quelques gros morceaux ont été laissés de côté depuis leur dernier passage, notamment Madame Rosa et Noëla). Chantal et Gasse n’hésitent pas à prendre leur temps pour mettre leurs pièces en contexte. Les anecdotes parfois loufoques, souvent tendres, se dévorent même si certains, comme moi, les ont entendues pour la plupart un bon nombre de fois. C’est peut-être leur entrain dans leur récit, les regards aussi complices que la première fois qu’ils l’ont raconté, le ton posé de Gasse, qui parle lentement, mais avec autorité… c’est sûrement tout ça.

Après la « chanson de menstru SPM » (toujours aussi drôle Reste donc couchée, une chanson de Chantal que Gasse s’est appropriée) et cette reprise d’une chanson du répertoire hawaïen qui avait autrefois été adaptée et reprise par un certain Michel Louvain (Douce Leilani), ainsi que quelques autres chansons du répertoire saratoguesque, la soirée s’est terminée tout en douceur (pouvait-il en être autrement) avec Saratoga et Fleur.

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

Oui, on l’avoue, on est très fan de la simplicité de la formule duo de Saratoga. Seulement, il faut le reconnaître, les instruments à vent et le dispositif scénique (quelques lampes chinoises sur lesquelles on envoyait de jolies projections) ont ajouté une touche de magie à ce couple déjà capable de tirer un tas de lapins de son chapeau! Tout ça sans alourdir le spectacle, sans jamais sentir, ne serait-ce que l’espace d’une seconde, que c’était trop. C’est comme si on était dans SARATOGA : THE DIRECTOR’S CUT! On vivait un moment spécial. Un moment que Saratoga a eu la gentillesse de venir partager avec les gens de Québec.

C’est le fan qui parle : Merci Chantal. Merci Gasse.

 

Maude Audet

Maude Audet – Photo : Marie-Laure Tremblay

En première partie, Maude Audet a fait l’inverse : plutôt que d’être accompagnée de son groupe, Maude était toute seule. Nous avons donc eu droit à des versions toutes nues des magnifiques chansons de Comme une odeur de déclin paru cet automne. Vous savez ce qu’on dit, une bonne chanson, c’est une chanson qu’on aime autant toute habillée que dans son plus simple appareil, et les chansons de Maude tombent dans cette catégorie. Les mélodies peuvent très bien s’appuyer sur la guitare et la voix douce de l’auteure-compositrice-interprète, qui profite elle aussi de ses interventions pour bien présenter ses chansons à un public qui écoutait bien sagement.

Leo, une lettre adressée à Leonard Cohen, a semblé toucher une corde particulièrement sensible chez les spectateurs. C’était le genre de douce mélancolie qu’on était allé chercher, samedi.

C’est le cas de le dire : tout était parfait!

 

Photos : Marie-Laure Tremblay (sauf quelques-unes par Jacques Boivin)

 

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Pierre Lapointe – Grand Théâtre de Québec, 7 décembre 2017

Mon intérêt pour l’oeuvre de Pierre Lapointe s’était un peu fragilisé depuis l’exceptionnel Seul au piano sorti en 2011. Inconsciemment, sa participation à La Voix m’a probablement refroidi. Ce purisme DIY est injustifiable en ces temps modernes, les artistes devant maintenant ajouter des cordes à leurs arcs pour gagner décemment leur vie. Ridicule aussi quand on sait qu’un artiste comme Pierre Lapointe ne se laissera pas influencer par des visées purement commerciales. Tout ça, c’était avant La science du coeur, ce merveilleux nouvel opus débordant de beauté; sans aucun doute mon favori de la cuvée québécoise 2017. Il restait à savoir comment cet album majoritairement orchestral allait se transposer en formule trio. N’ayant rien lu sur ce nouveau spectacle, ma première surprise (et crainte) fut la présence d’un somptueux marimba. Pierre Lapointe nous servirait vraiment ses nouvelles chansons foisonnantes avec une formule marimba/piano?

Dès les premières notes de la mélancolique Qu’il est honteux d’être humain, on constate que Philip Chiu au piano et João Catalão au marimba sont loin d’être les premiers venus. Si Pierre Lapointe est un pianiste fort compétent à mes oreilles, chaque réappropriation des chansons par le pianiste Chiu ajoute une touche de virtuosité absolument époustouflante. Ça permet à Lapointe de se concentrer sur le chant et à ce niveau-là c’est aussi une pleine réussite. La justesse et l’émotion furent au rendez-vous tout au long du spectacle, le trio recevant des applaudissements nourris à plusieurs occasions. Le marimba dans tout ça est une judicieuse addition, Catalão dosant savamment ses interventions. Son instrument peut aussi bien soutenir subtilement la section rythmique des chansons que prendre les devants mélodiques. C’est aussi fascinant de le voir manier quatre baguettes avec autant d’aisance. Les deux instruments se sont complétés à merveille, parfois de façon fort surprenante. On pense entre autres à la fabuleuse Alphabet plus intéressante encore que sur l’album. Il y a aussi Sais-tu vraiment qui tu es qui même dénuée de ses riches arrangements ne perd rien de sa force et de sa richesse mélodique. Pierre Lapointe a aussi présenté quelques pièces en mode solo piano dont Le retour d’un amour, Nos Joies répétitives et l’épilogue classique Deux par deux rassemblés. Gros coups de coeur pour Zoplicone et Mon prince charmant, deux pièces spécialement efficaces en formule concert. Je ne les écouterai plus de la même façon. Les débuts de tournée présentent parfois quelques défis supplémentaires. Il a ainsi fallu deux tentatives ratées pour que Lapointe réussisse à nous offrir Naoshima, hymne à une intrigante île-musée japonaise portant l’empreinte de Tadao Ando, un architecte et artiste de renom. Lapointe amusé et en confiance n’a pas semblé ébranlé un seul instant par ces faux départs. L’expérience on suppose!

Pierre Lapointe – Photo : Jacques Boivin

Le casse-tête horrible avec lequel doit jongler Pierre Lapointe pour le choix des pièces prouve aussi à quel point sa discographie est riche. Lorsqu’un artiste peut se permettre de laisser de côté Le Colombarium, Qu’en est-il de la chance?, ou Au bar des suicidés (3 exemples parmi tant d’autres), tout en réussissant à construire un spectacle aussi efficace que celui auquel j’ai assisté jeudi soir, c’est qu’il y a une profondeur exceptionnelle à sa discographie. J’ai particulièrement apprécié le nouveau matériel, ce qui représente un tour de force en soi. Ce n’est pas tous les artistes qui peuvent se targuer d’avoir une telle facilité à capter l’attention d’une foule avec du matériel si récent. Lapointe fut probablement aidé par la pertinence et la qualité de sa nouvelle proposition.

Un concert avec Pierre Lapointe, c’est aussi de délicieuses interventions entre les chansons. Il nous a ainsi annoncé que Je déteste ma vie était le climax du « ça va pas ben ». Il a aussi raconté le processus complexe derrière de la création de la nouvelle pièce Une lettre avec Daniel Bélanger, une de ses idoles de jeunesse. Vous irez voir le spectacle pour avoir les détails croustillants. D’ailleurs, acceptez son invitation à rester à la fin du concert pour l’échange avec le public. Après avoir délivré un vibrant témoignage sur l’importance de soutenir la musique d’ici, il a répondu avec passion aux questions des membres du public; un autre généreux moment. Les éclairages chauds entourent les musiciens et contribuent à ajouter une touche d’intimité à cette performance.

J’ai vu plusieurs très bons spectacles de Pierre Lapointe, mais celui-là vaut particulièrement le détour. Une réussite sur toute la ligne. On attend la suite avec impatience (il semble qu’il ait déjà deux autres albums en attente). Allez-y!

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Les Hôtesses d’Hilaire (+Garnotte) – La Taverne de St-Casimir, 2 décembre 2017

À l’occasion du spectacle des Hôtesses d’Hilaire et de Garnotte ayant lieu à la Taverne de Saint-Casimir samedi dernier, une délégation d’ecoutedonc.ca Québec a œuvré en territoire contesté (meilleure chance la prochaine fois, délégation de Mauricie). Tandis que Marie-Ève Fortier (chaperon) et Jacques Boivin (photographe) découvraient le lieu pour la première fois, notre nouvelle recrue Gabriel Tremblay y faisait ses premières armes. Compte-rendu d’une soirée on ne peut plus festive.

À l’occasion du spectacle des Hôtesses d’Hilaire et de Garnotte ayant lieu à la Taverne de St-Casimir samedi dernier, une délégation d’ecoutedonc.ca Québec a œuvré en territoire contesté (meilleure chance la prochaine fois, délégation de Mauricie). Tandis que Marie-Ève Fortier (chaperon) et Jacques Boivin (photographe) découvraient le lieu pour la première fois, notre nouvelle recrue Gabriel Tremblay y faisait ses premières armes. Compte-rendu d’une soirée on ne peut plus festive.

PS : Mention honorifique à Madeleine Aubin, chauffeuse attitrée de la délégation ecoutedonc.ca Québec et presque gagnante du concours de limbo.

Garnotte

Garnotte / Photo: Jacques Boivin

Quelle belle découverte que fut Garnotte, ouvrant le bal pour Les Hôtesses d’Hilaire samedi dernier à l’intime Taverne de St-Casimir. À son 2e hiver d’existence, la formation montréalaise nous a agréablement surpris par leur rock progressif variant une multitude de mélodies différentes tout au long de leur prestation. Timide en début de perfo, les gars se sont dégênés à la 3e pièce et on peut clairement entendre des influences du groupe folk The Sheepdogs dans leur musique.

Le leader du groupe David Bourbonnais y va de quelques interventions toujours très drôles et pertinentes pendant le set mentionnant entre autres le fait qu’il a brisé une de ses cordes de guitare au même moment que son batteur (Dominic Matthews) a perdu une baguette. Langoureux par moments, heavy à d’autres occasions, les contrastes de style sont intéressants et les ambiances créées par le claviériste Félix Rioux font voyager le public. Une finale presque country garnie de sifflements a même transformé la taverne en saloon western. La table était mise pour les Hôtesses, et ce de belle façon par les «busboy» de Garnotte.

 

Les Hôtesses d’Hilaire

Arborant une splendide robe aux motifs fleuris, Serge Brideau le chaman acadien nous a offert une multitude de claques dans le visage! Non loin de déplaire au public, Les Hôtesses d’Hilaire ont donné tout un spectacle. Misant sur une ambiance groovy, mais toujours aussi psychédélique, Léandre Bourgeois au clavier, Michel Vienneau à la basse, Mico Roy à la guitare et Maxence Cormier alias le «jeune» nous en ont donné pour notre argent.

De son côté, Serge a complètement converti la Taverne de par son franc-parler et ses critiques sociales, notamment sur Fais faillite et C’est Glen qui l’a dit. Sur cette dernière, le déhanchement du Néo-Brunswickois combiné à la complainte anti-technologique fut une expérience audiovisuelle incroyable. Nous avons également eu droit à une sacrée belle tranche de vie sur Eastbound and Down, qui parle de la naissance de Mico. Dans un 18e roue en plein highway. Brideau a même joué au prof de yoga sur J’me souviens des p’tits bouttes, méditant assis en indien pendant la déroute de ses musiciens. Après plus de deux heures de démence, on pourrait penser que les gars n’ont plus de gaz… Eh bien détrompez-vous. Qu’on tape du pied, qu’on danse ou qu’on se rentre dedans, personne ne peut rester indifférent à la musique des Hôtesses.

 

Comment le spectacle s’est terminé? La légende raconte qu’il ne s’est jamais achevé. Non, sérieusement, la finale se voulait un super jam de 15-20 minutes où les musiciens ont lâché leur fou pendant que Brideau, admiratif, les écoutait en notre compagnie. La cerise sur le sundae déjà all dressed, un DJ set de Serge jusqu’au petit matin qui nous a fait danser comme s’il n’y avait pas de lendemain et pourtant… il y en avait en bel et bien un. Au final, un baptême des Hôtesses plus que concluant pour ma part et une première à la taverne pour Jacques et Marie-Ève. On s’en souviendra longtemps.

En écoute : Gone Dogs – « The Road Ahead »

Gone Dogs
The Road Ahead

Le premier album complet de la formation Gone DogsThe road Ahead, sera lancé ce vendredi et nous avons la chance de vous en faire profiter quelques jours à l’avance!

Avec Gone Dogs, on est dans un pur et sans détour proposé par le quintette formé d’Alexandre Larocque (voix, orgue), d’Alexandre Michaud (guitares), de Vincent Joseph (guitares, voix), de Joseph-Antoine Clavet (basse) et de Dominic Ogden (batterie). Le groupe a également fait appel à quelques collaborateurs de haut calibre, notamment Oscar Soutu (Anonymus) et Ariane Shirley Coutu (Wild Call, Shirley Rock).

Douze chansons remplies d’énergie brute, qui donnent le goût de hocher la tête rageusement ou de rouler à 120 sur la 73 vers la Beauce!

Écoutez l’album sur ecoutedonc.ca jusqu’à sa sortie vendredi!

La période d’écoute est terminée, mais l’album est disponible sur Bandcamp :

EX EYE / Colin Stetson / Sheenah Ko – Le Cercle, 29 novembre 2017

Sheenah Ko – Photo : Linus Ouellet

La soirée a commencé exactement comme je l’avais imaginée, avec les sonorités éthérées de Sheenah Ko, artiste aux talents multiples mais notamment assignée aux claviers au sein du groupe montréalais The Besnard Lakes, que la présence d’une danseuse contemporaine de grand talent, sa collaboratrice Brittney Canda, venait compléter élégamment. J’ai cependant rapidement été remis à ma place quand les sonorités méditatives et hypnotisantes de synth qui ont ouvert la performance ont été complétées par des rythmes dansants assez soutenus, expliquant du coup la présence d’une co-performeuse s’occupant de la mise en mouvement des compositions électro pop assumées de Ko. Cette dernière aurait bien pu se faire voler la vedette, tant sa collaboratrice offrait une performance intense et sentie, mais la solidité de ses compositions et l’effet de surprise quant à sa teneur électro lui ont permis de mériter elle aussi son lot de louanges. Elle qui a pourtant avoué en cours de performance ne s’être mise que récemment à l’élaboration de sonorités dansantes de cet acabit, suite à l’achat d’un synthétiseur «Prophet» qui serait tellement plaisant à utiliser qu’il lui aurait donné envie de partir ce projet. Parfois plus minimalistes et parfois plus maximalistes, ses créations témoignaient tout à la fois d’une minutie et d’une énergie bien transposée dans la performance.

Ex Eye – Photo : Scott Irvine

Le groupe suivant nous proposait un degré de délicatesse inversement proportionnel, mais tout autant de moments de grâce. Disons que le « match » qu’on nous proposait pariait sur notre ouverture d’esprit, et c’était un pari gagné d’avance avec les artistes au menu. Ex Eye est venu présenter pour la première fois à Québec le matériel contenu sur leur premier album, paru plus tôt cette année chez Relapse. Mise à part une brève introduction et quelques moments de transition, l’essentiel du concert était constitué de l’album qui était de plus présenté grosso modo dans le même ordre une fois transposé sur scène. Les prouesses des différents membres du groupe sont à couper le souffle, surtout celles de Colin Stetson aux saxophones respirés circulairement et Greg Fox à la torture frénétique de peaux et de cymbales, ce dont on se rend compte assez rapidement si on n’était pas déjà au courant. Xenolith; The Anvil, la pièce qui ouvre l’album et qui a ouvert le concert, c’est le genre de truc qui te jette la gueule à terre pour ne la plus pouvoir recoller ensuite, l’intensité des sonorités agencées semblant à la fois sortie des enfers et descendue du ciel. Alors que celle-ci se termine après quatre minutes bien senties, la suivante, Opposition/Perihelion; The Coil, en propose plutôt douze, et ses moments plus calmes sont rarement plus calmes, alors que ses moments plus intenses sont pas mal plus intenses. Disons que si on était là pour prendre le thé, on était pas sortis du bois. La métronomie sadique du batteur Greg Fox était encore plus impressionnante à voir dans une plus petite salle, comparativement au Colisée de Victoriaville où j’avais eu la chance de les voir ce printemps dans le cadre du FIMAV, avant le lancement de l’album. Colin Stetson, un habitué du Cercle, fait toujours plaisir à voir aller, tant son degré de virtuosité semble souvent inhumain. Quant au guitariste Toby Summerfield et au claviériste Shahzad Ismaily, ils ont offert une performance aussi sentie, partageant parfois la vedette avec l’un ou l’autre des virtuoses mentionnés précédemment, avec des duos intenses placés en transition entre certaines pièces.

Somme toute, la soirée restera probablement dans le coeur et dans les oreilles des gens réunis sur place, qui ont eu droit à une forte quoique relativement courte dose de musique plutôt intense et novatrice, qui méritait qu’on se farcisse les décibels produits par l’énergique quatuor. C’était, en plus des deux demoiselles qui se sont occupées de la première partie, de la visite rare comme on aimerait en voir passer plus souvent!

Medora, Sous-Sol du Cercle, 29 novembre 2017

C’est dans une atmosphère de nostalgie et d’exaltation que Medora a livré son dernier souffle mercredi dernier, au Sous-Sol du cercle. Depuis quatre ans, le groupe a évolué dans le milieu de la scène locale, influençant le milieu et étant influencé par lui. Après deux maxis et un album à leur actif, Charles Côté, Vincent Dufour, Aubert Gendron et Guillaume Gariépy prennent maintenant de nouveaux chemins. La fin laissant place au renouveau, les quatre musiciens ont choisi de terminer cette aventure en beauté, en compagnie de leurs proches et de leurs plus grands fans.

C’est dans une atmosphère de nostalgie et d’exaltation que Medora a livré son dernier souffle mercredi dernier, au Sous-Sol du cercle. Depuis quatre ans, le groupe a évolué dans le milieu de la scène locale, influençant le milieu et étant influencé par lui. Après deux maxis et un album à leur actif, Charles Côté, Vincent Dufour, Aubert Gendron et Guillaume Gariépy prennent maintenant de nouveaux chemins. La fin laissant place au renouveau, les quatre musiciens ont choisi de terminer cette aventure en beauté, en compagnie de leurs proches et de leurs plus grands fans.

Se retrouva donc au Sous-Sol du Cercle une gamme variée de visages : amis de longue date, proches, acteurs de la scène locale, etc. Ils donnaient à l’événement une atmosphère intime et chaleureuse. Puis ce fut le temps, nous vînmes nous masser devant l’espace réservé au groupe. Pas de scène, au Sous-Sol du Cercle. Et ce soir-là, la limite entre eux et nous était floue. L’énergie se communiquait du groupe aux spectateurs, le corps se balançant tous tandis que les musiciens déballaient leurs pièces avec intensité.

Si le groupe jouait ses pièces pour la dernière fois, il a fait le choix de ne pas faire les choses à moitié. Le setlist reprenait essentiellement les pièces de Ï, paru en août dernier, entrecoupées de plusieurs titres précédents. On eut le plaisir de reconnaître des pièces entendues souvent, telles que Nature ou Sillage, mais aussi de réentendre des titres dépoussiérés exprès pour nos oreilles nostalgiques. C’est ainsi que Fleuve a été ressuscitée momentanément, après deux ans de non-existence. Même Simon Provencher est sorti du placard de Medora (où le groupe avait rangé le mot «Old» qui précédait son nom) le temps d’une chanson.

 

Si le contexte rendait le groupe tout aussi émotif que le public, cela n’a fait que contribuer à la beauté intense de l’événement. Nombreuses sont les pièces qui ont constitué des points forts de la soirée. On peut notamment mentionner Les tracas dans les cellules de la tête, Permanence ou encore Tsunami, sur laquelle le public a fait le cadeau d’un dernier mosh pit au groupe.

 

Acclamé par les spectateurs, les quatre musiciens sont ensuite revenus sur scène pour fini le tout sur une reprise de Talent, d’Avec Pas d’Casque. Personnellement, ce n’est que le plaisir d’assister à ce spectacle fulgurant qui m’a empêchée de verser une larme à ce moment-là.

C’était beau, et je me remémorais tous les spectacles auxquels j’ai assisté, depuis le premier Rock & Pabst d’Old Medora en 2014 jusqu’à cette dernière performance. En quatre ans, ecoutedonc.ca et moi-même avons couvert le groupe au Cercle autant qu’au complexe Méduse, au Café Tam-Tam autant qu’au festival OFF, au District Saint-Joseph autant qu’au Pantoum. Des dizaines d’articles et une entrevue plus tard, quelle belle évolution avons-nous pu constater!

Or, trêve de sentimentalité : la fin de Medora, c’est une étape qui est franchie dans la vie de ces quatre musiciens qu’on espère fortement voir évoluer encore longtemps dans de nouveaux projets. Et comme le disait le chanteur, même si le groupe est mort, la musique, elle, vivra toujours.

 

Petit message du photographe :

En plus des photos de la soirée, je me suis permis de rajouter ci-dessous des clichés du premier spectacle de Medora au Rock N’ Pabst en 2014, gracieuseté de mon frère.
Voilà.

3 ans plus tard.

 

 

CHOCOLAT (+Mauves + Cobrateens), Le Pantoum, 26 novembre 2017

Déjà en regardant la programmation, on savait que ça allait être quelque chose : CHOCOLAT, Mauves, Cobrateens. Une soirée rock en perspective. Plusieurs ont d’ailleurs répondu à l’appel samedi dernier et c’est devant un Pantoum plein à craquer que Mauves a lancé le bal.

Déjà en regardant la programmation, on savait que ça allait être quelque chose : Chocolat, Mauves, Cobrateens. Une soirée rock en perspective. Plusieurs ont d’ailleurs répondu à l’appel samedi dernier et c’est devant un Pantoum plein à craquer que Mauves a lancé le bal.

 

Mauves 

Mauves. Photo : Nicolas Padovani

Si la musique de Mauves a un côté tantôt plus dansant, tantôt plus planant, les quatre musiciens nous ont rappelé d’emblée l’essence fondamentalement rock de leur musique. Sous le jeu d’éclairages particulièrement élaboré de Kevin Savard et avec la drive de Jean-Etienne Collin Marcoux – qui remplaçait Charles Blondeau à la batterie, le groupe a commencé une J’ai tout essayé intense pour la terminer en envolée instrumentale quasi cathartique. C’était juste la première toune, ça ?

 

Eh oui, et les autres titres ont défilé avec le même aplomb, et ce pour le plus grand plaisir des spectateurs. Il faut dire que les gars de Mauves se démarquent chacun à leur façon en matière de présence sur scène. Samedi dernier, les deux guitaristes/chanteurs Alexandre Martel et Julien Déry ainsi que Cédric Martel, qui assurait le groove à la basse, nous l’ont encore rappelé.

 

Le set, qui était particulièrement équilibré, comportait des titres à dominante plus bluesé, comme Eh Fille, qui venaient contraster avec le rock soleil de Longtemps ou encore les complaintes planantes de Manège. Le tout s’est terminé avec XXIe – personnellement ma pièce préférée du moment – histoire de bien nous faire danser.

 

Cobrateens

Cobrateens. Photo : Nicolas Padovani

Le trio québécois Cobrateens a tôt fait de changer l’atmosphère musicale du Pantoum avec son punk rock bien garage. «14 tounes, 20 minutes» et de l’énergie à revendre ! La recette parfaite pour faire brasser la foule, qui s’est rapidement exécutée (je ne sais pas pourquoi, il y avait un noyau d’éléments perturbateurs qui semblaient tous appartenir à un petit blogue de la Ville de Québec, mais lequel ?).

 

Et on a sauté, sauté, sous les cris et les exclamations de Roxann Arcand, qui donnait une bonne leçon à ses tambours pendant que le guitariste et le bassiste s’en donnaient aussi à cœur joie. Rien de mieux qu’un bon vieux punk de la première vague pour nous survolter.

 

Chocolat 

Chocolat. Photo : Nicolas Padovani

S’en suivait le clou du spectacle. Pour nos lecteurs, Chocolat n’a même plus besoin de présentation. Les spectateurs se sont massés à l’avant de la scène pour accueillir ce groupe au rock solide et élaboré qu’ils semblaient déjà bien connaître. Pas étonnant que le groupe ait remporté, le lendemain, le Lucien de l’album rock de l’année au GAMIQ 2017.

 

À travers le chaos extatique de leur prestation, pendant laquelle on ne parvenait pas à tenir en place bien longtemps, on peut souligner l’énergie que Golden Age a donné aux spectateurs ou encore l’accalmie qu’ont causées des pièces telles que Fantôme – parce que tsé, parfois il faut juste s’arrêter de sauter et écouter avec fascination. Le groupe, comme le public, s’est montré enjoué et généreux, terminant son spectacle avec un jam retentissant suivi d’un long rappel de trois titres.

 

Bref, samedi dernier, les planètes étaient alignées et pointaient directement dans les murs du Pantoum. Des moments comme celui-là, on savait qu’ils étaient rares et précieux : c’était Noël à l’avance et le Pantoum nous offrait notre gros bonbon de l’année. Même les deux brasseurs de la micro Les Grands Bois de Saint-Casimir étaient de la partie avec une surprise maltée – de quoi célébrer cet événement grandiose. On en a profité jusqu’au bout pour en ressortir lessivés, mais heureux. Un bon vrai spectacle de rock, à saveur indépendante.

 

Chronique du vestiaire

Par Simon Provencher

Échos du premier vestiaire. L’arrivée se fait calmement, au compte-goutte même. Surprenant pour un spectacle qui promet d’être plein. Et il le sera. Les câbles croulent sous le poids des manteaux mouillés. Je me sers une sage portion de chili végétarien et de cornbread. Après le passage des musiciens évidemment. On en avait visiblement prévu trop. On s’attendait à ce qu’Emmanuel Éthier dévore tout sur son passage mais il est trop lendemain de veille. Christophe taponne un peu le violon, quelqu’un joue du piano dans le studio toute la soirée.

 

Je vais voir un peu Mauves et Cobrateens quand j’ai le temps. Je me demande quel band sent le moins bon et je conclus que peu importe l’odeur de Cobrateens ça peut pas battre l’haleine de Julien de Mauves. Je monte pour « Ah ouin » et pour les premières notes de la dernière pièce. Jimmy mentionne que c’est la dernière pièce. Pas de temps à perdre, je grimpe sur les épaules d’un ami et je m’adonne à un rapide crowdsurf vers l’arrière de la salle. Route express vers le vestiaire avant la cohue.

 

Si les gens arrivent calmement, ils veulent tous repartir en même temps les maudits. Les renforts arrivent au moment où le chaos éclate. Laurence attrape habilement les numéros, Émilie part à la recherche des manteaux perdus, je me prends une petite cuillère de chili et je finis ma bière. Sciences Nouvelles de Duchess Says joue dans le tapis. La tension est palpable. J’ai trop mis de piments broyés. Je vais aux toilettes jusqu’à ce que le calme revienne, dans mes mouvements gastriques comme dans le vestiaire.