[EP] LOS prend les vagues d’assaut juste à temps pour l’été

La formation de Québec LOS présentait récemment au public le fruit de son travail des dernières années, un court EP intitulé Small Surf qui préfigure un album complet prévu pour l’automne et qui sera intitulé… Big Surf. Le EP, paru de justesse avant la saison chaude, présente une pop-rock estivale qui constituera la parfaite trame sonore de vos séances de relaxation au soleil sur le balcon. Si la musique de LOS délaisse le côté mordant et garage des premiers EP, les mélodies accrocheuses sont encore au rendez-vous pour orner la petite galette et son éventuelle grande sœur.

Les trois pièces ici présentes sont à la fois distinctes et complémentaires, la plus mémorable et accrocheuse à mon goût est celle qui ouvre la parution, « Wooden Matter ». Les deux autres titres, « Baby And I » et « Teenager », sont toutefois des très bonnes cartes de visite pour illustrer les nouvelles sonorités, dont l’ajout le plus distinctif est à mon sens l’ajout de synthétiseurs et de vocaux féminins à l’arrière-plan (Maxine Maillet). La musique de LOS a évolué en une pop rock très léchée, confectionnée avec des multiples effets de guitare (Kenny Turgeon et Jean-Daniel Lajoie) qui viennent se poser sur une basse délicatement groovy (Symon Marcoux) et des rythmes épurés et accrocheurs (Kevin Robitaille).

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LOS (Photo: Pascal Audet)

L’illustration de la pochette, une gracieuseté du bien-aimé graphiste de Québec expatrié à Montréal, Thomas B. Martin, est le parfait complément pour cette parution à l’esthétique léchée, toute en simplicité et pourtant très élaborée, de la musique du quintet.

Vous pourrez découvrir leur musique en concert à Montréal le 5 juillet prochain, au Divan Orange en compagnie de David and the Woods, ainsi qu’au FEQ, le 9 juillet prochain sur les planches de la toute nouvelle Scène Fibe, qui fait la part belle aux talents locaux et-ou émergents. Ils seront également en concert au Sous-Bois de Chicoutimi à la fin juillet, avec une autre formation locale qui devrait publier quelque chose bientôt, La Fête, présentement en studio à Québec.

Le EP Small Surf est en écoute sur leur page Soundcloud et est également disponible pour l’achat sur iTunes. Je crois que pour se procurer ces trois titres physiquement (lire surtout: vinyles!), il faudra attendre la parution de l’album complet, cet automne.

[SPECTACLE] Moustaches, paillettes et rock n’ roll avec les Marinellis

Le dernier article que j’ai publié grâce à Écoutedonc.ca avait pour sujet le contemplatif spectacle de Rosie Valland dans cet antre de la contreculture que représente le Zénob de Troi-Rivières. L’ambiance générale s’annonçait fort différente pour le prochain spectacle, puisque je me rendais à l’Embuscade pour aller voir les Marinellis, groupe de Montréal qui fait de plus en plus jaser.

On annonçait le spectacle pour 22 heures, ainsi, connaissant bien l’endroit, je me suis pointé à l’Embuscade vers 23 heures, question d’arriver quand même un peu d’avance pour ce show qui, évidemment, ne commencerait que non-loin de minuit. C’est que, vous le savez peut-être déjà si vous résidez à Trois-Rivières, l’Embuscade représente le bar de fin de soirée du jeune trifluvien modèle. Sur sa terrasse en été, se lancent des projets entre trop de verres vides qui, au final, ne verront jamais le jour, et c’est comme ça qu’on l’aime.

De toute façon, étant un peu au fait du groupe de ce soir-là, on ne pouvait s’attendre à rien d’autre qu’une tardive représentation.

Malgré tout, il faut l’avouer, je m’attendais à voir un peu plus de gens se rendre au spectacle des Marinellis en ce déjà lointain 2 décembre. Reste que le mince public, tout comme les musiciens, savait déplacer de l’air.

La bande de Cedric Marinellis (voilà, vous connaissez l’origine du nom de la formation), commence par s’introduire à l’aide de quelques blagues à caractère phallique qui, tout au long du spectacle, se feront les assises de l’unité entre le public et l’excentrique chanteur.

Pieds nus, gros manteau de fourrure et chapeau au large bord nous démontrent que c’est entre autres à l’aide de la performance scénique que les Marinellis viennent se distinguer sans cette mer de garage surf rock que nous offre Internet ces temps-ci. En effet, quand on voit la formation interpréter des pièces de son plus récent opus Île de Rêve, on ne peut s’empêcher de penser à l’excellent groupe The Growlers ou encore aux plus déjantés Black Lips en ce qui a trait à l’attitude générale et la nonchalance de la formation montréalaise.

Reste qu’il est une chose qui surprend le plus avec le Marinellis, et c’est d’ailleurs ce qui les démarque réellement du lot : le chant en français. Effectivement, les voix grinçantes et les duos guitares percussives et éthérées que l’on aime tant entendre dans ce néo-surf rock psychédélique restent davantage exploitées par des artistes en grande partie anglophone. Par contre, Les Marinellis, en plongeant dans le kitsch allégrement et en assumant le passé yé-yé de la pop québécoise en ce qui a trait au chant, parviennent à convaincre l’auditoire qu’il est possible de se laisser aller complètement dans ce type de musique, même dans une langue qui ne semble pas lui être prédestinée.

Parlant de laisser aller, il faut aussi mentionner que c’est probablement le modus operandi que s’est donné Cédric Marinellis lorsqu’il a, bien naturellement, évoqué l’idée de faire la moitié de sa performance vêtu de rien d’autre qu’une culotte à paillettes et d’une proéminente moustache. Armé de ses maracas ou de sa tambourine, il s’est plus d’une fois retrouvé à quatre pattes sur le parterre de l’Embuscade où, de toute évidence, il prêchait à une poignée de convertis, qui, à eux-seuls, parvenaient à faire croire au groupe qu’ils jouaient dans une grande salle comble

Je garde donc un souvenir fort agréable de ce spectacle qui, malgré un manque d’équilibre entre la voix et les instruments, constitue une des bonnes performances scéniques que j’ai pu voir sur la scène émergente cette année.

Joyeux Noël et bonne année à tous!