[ENTREVUE] Hollerado + LOS au cercle

Mercredi soir dernier, avant que toute la province gèle sur place (joke de météo), j’ai été voir Hollerado (ottawa) et LOS au cercle (PUNCH LINE, j’ai volé la surprise avec le titre).
Vous savez à quel point j’aime faire des articles ou des entrevues. Probablement pas, en

Hollerado au Cercle 14 décembre 2016
crédit photos: Catherine B photographie

fait, vous devez même pas savoir je suis qui. Mais bon, j’aime pas vraiment ça. Mais des fois, j’ai une bulle au cerveau ou quelqu’un d’autre en a une (merci Jean-Daniel), pis je suis assez folle pour la pousser jusqu’au bout. Merci à Jacques qui nous laisse faire à peu près ce qu’on veut.

Anyways…. pour en venir au fait, j’ai rencontré Menno, chanteur d’Hollerado, et Ken de Los, pour une entrevue vidéo SUPER PERTINENTE (et de qualité visuelle assez médiocre). Ben sec, pas de présentation et un accent aussi bon que la qualité visuelle.

J’ai aussi fais ce que je sais le mieux faire, prendre des photos du spectacle, que vous pouvez voir juste en bas. Accessoirement, c’était vraiment une belle soirée, on s’éclate avec Hollerado.

[SPECTACLE] LES ÉVADÉS ET LE LANCEMENT DE LEUR PREMIER ALBUM

Ce mercredi soir avait lieu le lancement d’une des parutions m’ayant jeté par terre dans les derniers temps, le premier disque du quintet de Québec baptisé les Évadés. Parlant de baptême, c’était la première fois que je les voyais live et ça m’a encore une fois jeté par terre, sauf que cette fois j’avais un filet, armé des multiples écoutes de leur plus récent album pour me préparer à leur assaut. Ils ont commencé le spectacle pas mal pile à l’heure, montrant d’une autre manière qu’ils sont assez tight avec les temps, et ce, tout en douceur. On dit « Ils », mais il y a deux filles dans le groupe, respectivement aux violon et violoncelle, Marie-Christine Roy et Marie-Pier Gagné. Il y a aussi trois gars, soit Mathieu Rancourt à la contrebasse et parfois basse électrique, Alain Fillion à la guitare électrique, qui étaient tous deux dans le groupe dès ses tous débuts avec la violoniste, avant que Olivier Bussières aux percussions ne vienne également compléter le quintet au moment de l’ajout de la violoncelliste.

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Marie-Pier Roy et Mathieu Rancourt (Les Évadés) (Crédit: Nathalie Picard)

 À ma connaissance c’est avec le titre « Marée basse » qu’ils ont donné le coup d’envoi, donnant l’impression qu’ils ne se livreraient pas, comme la tradition le veut souvent lors d’un lancement, de faire l’album intégralement d’un couvert à l’autre.  Ils ont ensuite interprété les deux premières pièces de l’album, « Compte à rebours » et « Arizona » et de s’adresser au public pour la première fois du concert entre ces deux titres, où la foule a d’ailleurs donné la première d’une longue suite d’acclamations fort nourries. Leur musique est généralement faite de magnifiques mélodies et de transitions assez abruptes mais déployées avec une précision chirurgicale et si sur disque, c’est davantage les mélodies qui nous marquent, sur scène, c’est définitivement les nombreux changements dramatiques et les montées en intensité qui tiennent le spectateur en haleine. La pièce « Résistance » qui enchaînait en donnait encore un bon exemple, en plus d’être le théâtre de solos fort intéressants, notamment pour le violon et les percussions, interprétés pas mal comme sur l’album. La concentration des musiciens, de mise vue la complexité de leur musique, est restée impressionnante tout au long du concert, et ce malgré quelques petits problèmes techniques seulement aperçus et qui n’ont à peur près rien enlevé à nos oreilles. Leur présence scénique était relativement sobre mais tout de même divertissante et surtout très sentie, ce qui avec l’écoute pas mal respectueuse de la part du public, créait une belle chimie, rarement aperçue dans le Cercle où ça discute souvent allègrement pendant les concerts.

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Marie-Christine Roy (Les Évadés) et son erhu (Crédit: Nathalie Picard)

 Comme si le set n’avait pas encore assez son petit côté magique, la violoniste a troqué son instrument de prédilection pour un erhu, un violon traditionnel chinois à deux cordes, l’instant de deux morceaux, interprétés coup sur coup comme sur l’album, soit « Altiplano » et  « Les ponts qui tombent ». De retour avec un violon, mais se fiant plutôt cette fois sur la guitare et le violoncelle pour transposer la mélodie de la reprise de Bronislau Kaper, « Invitation », suivie comme sur l’album de la plus groovy « Place d’armes », qui ajoute de la variété au set. Parlant de variété, les deux suivantes en étaient de bons exemples, les mêmes que sur leur album Les Évadés, à commencer par « La dernière marche », une de leurs premières compositions, qui est dans la lignée de Bar Kokhba, très fortement basée sur les cordes acoustiques de l’axe contrebasse-violoncelle-violon. La reprise de « Soledad » d’Astor Piazzola, plus mélancolique, apportait un petit creux dans la dynamique musicale de la soirée, mais un creux tout à fait justifié pour remonter l’intensité d’un cran pour la fin du set. La composition qui est probablement la plus intense de l’album et du set, c’était « Embuscade », qui rappelle Secret Chiefs 3, un groupe proche de John Zorn aussi et qui ajoute une dimension métal à un hybride jazz-classique-world.

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Alain Fillion et Olivier Bussières (Les Évadés) (Crédit: Nathalie Picard)

 Après une ovation fort chaleureuse de l’assistance, ils ont quitté la scène un moment pour revenir assez rapidement conclure ce concert en beauté, comme c’est le cas de l’album, en interprétant son dernier morceau, leur adaptation de la composition  « Caravan », qu’on connaît surtout pour avoir été popularisée dans les années 30 par Duke Ellington, et qui n’a pas pris une ride depuis. D’autres moments musicaux envoûtants se sont enchaînés pour conclure cette soirée mémorable à bien des égards. Assister en direct aux échanges intenses qui peuplent leur nouveau disque a permis de confirmer qu’il s’agit d’une oeuvre aboutie, de la part de musiciens matures et talentueux dont la complicité est évidente.  Si tous les musiciens impressionnent, c’est probablement le violon qui vient le plus prendre l’auditeur pour l’emporter, alors que l’instrument domine les structures mélodiques des pièces et devient souvent le centre d’échanges menés à deux, tantôt avec la guitare et tantôt avec le violoncelle, ce qui donne de superbes résultats.

Le groupe est à surveiller, car on n’a probablement pas fini d’entendre parler de leurs prouesses. Surveillez d’abord ecoutedonc.ca parce que vous risquez de voir passer une entrevue sous peu, qui sera agrémentée d’une BD d’Arielle Galarneau, dont vous avez pu voir passer les retours dessinés sur les concerts d’Anatole et de Robbob, entre autres. En attendant, régalez-vous de leur disque homonyme dont on venait de glisser un mot la semaine dernière.

[FAUX CULTS ET BEEF BOYS AU KNOCK OUT]

Lundi soir, les groupes Faux Cults et Beef Boys, tous deux originaires de Peterborough en Ontario, sont venus exécuter deux courts sets qui valaient définitivement le déplacement. L’ambiance était chillax au Knock Out, d’autant plus qu’on y servait des réglisses noires et du soda à la fraise.

Faux Cults

Faux Cults

Le quatuor a foulé les planches un peu après 18h00. Il s’est empressé de jouer son punk-surf-garage-ensoleillé-fuzzy-à-souhait devant un modeste public attentif.  Les chansons étaient brèves, mais intenses et on ne se doutait pas que les musiciens débarquaient tout juste d’un trajet Halifax-Québec.  Désinvolte, agressive et imparfaite assumée, la musique des Faux Cults ne répondait à aucune règle et dégageait une sensation de voyage improvisé. D’ailleurs, la chanson Suitcase, tirée de leur album Caviar paru en octobre passé, rappelait les sonorités des Beach Boys. Il faut toutefois noter que le beau tone que produisait la basse Fender Mustang de Charlotte pardonnait le jeu parfois inégal du batteur. Prestation honnête, bon moment.

 

Beef Boys

Beef Boys

Véritable claque dans le visage, les Beef Boys ont proposé un mini-concert simple, mais Ô combien efficace!  Ça tirait vers le surf-punk, vers le grunge, parfois vers le rock n’roll; on ne pouvait nier la richesse mélodique de leurs chansons. Appuyée par la puissance vocale du frontman Germ Sperman et du son de sa Jazz Master, on sentait la musique plus imposante, plus maîtrisée. Prestation très énergique, ça traversait les tripes. Leur premier EP, Banana Eyes sorti en 2014, vaut vraiment qu’on s’y attarde. La chanson  Dead Ramones (CBGB’s USA) est d’ailleurs une excellente façon de découvrir ce groupe très prometteur.

 

Photos : Marion Desjardins/ Llamaryon

[SPECTACLE] Alvvays au Cercle, une ellipse estivale

La venue du groupe Torontois nommé au prix Polaris 2015, qui a fait la couverture du magazine Exclaim l’hiver passé (décembre-janvier) était bien attendu à Québec. Pour un mercredi soir, la salle était remplie au trois quarts, le sympathique indie-rock surf d’Alvvays, nous a rappelé le temps nos bons moments estivaux.

Tranquillement le groupe s’installe et entonne une chanson inédite à leur album, Your type, avec un rythme accrocheur et dynamique qui nous emporte rapidement. Les sourires se dressent quand se suivent ensuite l’une après l’autre Adult Diversion et Next of Kin, des pièces fortes de leur album éponyme. La jolie Molly Rankin nous raconte entre les chansons quelques drôles anecdotes de leur voyage ou encore questionne le public « Qu’est-il arrivé à la place avec les dinosaures (Le Madrid)? ». Leur sympathie nous touche, leur coolitude est impressionnante, c’est ce qui fait la symbiose du groupe on dirait. Ils ne sont pas stressés, ils sont contents d’être là, leur musique est solide dans leurs harmonies, sans bémol. On danse, on sourit de façon béate, on est si bien, on partirait bien avec eux sur leur voilier ou dans leur Westfalia.

À titre personnel, c’est ce genre de show que j’aime au Cercle: un groupe en pleine émergence avec de bonnes critiques, pas prétentieux; une salle pleine, mais pas trop, attentive et en liesse. #LècheCul

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MARDEENMardeen - Credit photo: Catherine Bélanger-Filiatrault

Bandcamp

Le groupe pop-rock d’Halifax a assuré une bonne prestation. Les rythmes étaient entrainants, avec une bonne mélodie. Note spéciale pour la batterie qui donnait vraiment le ton. Le groupe était dynamique notamment avec les petits sautillements du chanteur. Ce dernier avec sa chevelure rousse remarquable assurait le charisme du groupe.

De ce fait, à partir d’aujourd’hui j’instaure le concept du hair-label, c’est-à-dire que si t’as la coupe, t’as le groupe. La fatigue de mi-session universitaire ça fait dire des drôleries.

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LOS

Bandcamp

Los - Credit photo: Catherine Bélanger-FiliatraultLe sexy groupe de Québec, comme le qualifiait mon collègue Sébastien Cheveux-Doux a vraiment du potentiel. Leur musique est solide avec de multiples influences de rock britannique, surf, garage, rock. C’est une belle équipe qui veut réussir, ils ont du soutien (on à hâte de vous montrer les photos backstages en fin de semaine! réalisées par Catherine Bélanger). Bref, ils ont tout… sauf l’enthousiasme / dynamisme sur scène. Du coup, le public est mou pis c’est moyen. Sautez, faites des blagues, lancer des trucs en plastiques dans le public, quelque chose quoi!

On espère qu’ils nous démontreront le contraire 10 décembre au même endroit et on est curieux d’entendre leur premier album au début de l’année 2016, selon leurs annonces de la veille.