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[SPECTACLE] TIKEN JAH FAKOLY À LA TAVERNE DE ST-CASIMIR, 7 MAI 2016

500 fans et curieux/curieuses sont venus voir Tiken Jah Fakoly, faisant ainsi en sorte que la Taverne de Saint-Casimir affiche complet. Des gens de l’Ontario et même de la Gaspésie sont venus voir l’artiste d’origine ivoirienne et sa bande, après avoir accueilli en première partie le chanteur Pomerlo (voir l’article ici). Tel un guide, Tiken Jah Fakoly arrive avec son habit traditionnel et son bâton. Ne pensez toutefois pas qu’il a l’intention d’offrir une prestation statique… Ledit bâton n’est là qu’au début et sert à accentuer l’intro solennelle marquée par un éclairage d’abord sobre et par des sons d’oiseaux.

Une partie des chansons du spectacle étaient issues de son album « Racine », qui reprend des classiques du répertoire reggae. Outre le fameux « Get up Stand up » de Bob Marley dont la finale sur scène devient électrique, Fakoly et ses comparses offrent un medley comprenant notamment « Police and Thieves » de Junior Murvin, « Brigadier Sabari » d’Alpha Blondy et « One Step Fowrads » de Max Romeo. Ce bouquet de pièces est l’occasion pour Fakoly, suintant l’effort au point de s’essuyer la face, d’expliquer les liens entre la musique reggae et africaine, symboles pour lui de liberté.

Les pièces issues de la discographie du chanteur d’origine ivoirienne ont toutefois une belle place sur scène. Les cinq musiciens et les deux choristes accompagnant Fakoly rendent parfaite la rencontre entre musique ouest-africaine et reggae jamaïcain. Seul léger bémol :  l’absence d’instruments à cuivre, remplacé par les sons du clavier de Dave Kynner. Toutefois, la présence de Kenner permet de donner un aspect dub ou électro sur certaines pièces. Sur « Dernier Appel » et sur « Kafouyé », les notes du clavier et celles de la guitare électrique de Vi Avelino font émerger un effet psychédélique intéressant.

Julie Broue et Wonda Wendy, les deux choristes, apportent une forme de puissance et une énergie aux chansons proposées. Andra Kouyaté emmène la touche traditionnelle de la musique africaine avec son n’goni, une guitare traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest ayant dans son cas deux manches. Ras Jumbo, le bassiste, se fait souvent discret en jouant de côté, mais ça ne veut pas dire que le son de la basse passe complètement inaperçu, heureusement !

L’engagement politique manifestée par Fakoly et ses collègues marque également l’événement, au grand plaisir des admirateurs et admiratrices. Avec le « Prix du Paradis », l’auteur-compositeur-interprète dédie la chanson à divers mouvements sociaux du Congo ou du Burkina Faso ainsi qu’à la jeunesse. Dans cette chanson, la foule scande en cœur « l’abolition de l’esclavage ». Lorsque Kouyaté lève son poing, les gens sur place font de même. La pièce « Les Martyrs » est l’occasion de rendre hommage aux disparus qui se sont battus pour la justice sociale.

Tiken Jah Fakoly et ses musiciens maîtrisent complètement l’art du spectacle. Malgré une mise en scène très professionnelle et travaillée (éclairage éteint entre deux pièces, remplacement rapide des instruments pour des percussions à la fin du spectacle, capacité de jouer avec les genres musicaux de manière fluide), l’ambiance était quand même festive et conviviale, sans être pompeuse. Fakoly, qui s’est déjà produit devant des foules d’au moins 50 000 spectateurs, s’est montré très généreux et a tout donné. La preuve, dès le milieu du spectacle : sa voix chaude et grave commençait à être éraillée un tout petit peu.

C’est une chance que la Taverne de St-Casimir nous ait offert, à moi et à notre photographe Adrien, l’occasion de voir en chair et en os un incontournable de la chanson francophone qu’est Tiken Jah Fakoly. Nous espérons que les souvenirs évoqués en mots et en images vous aient donné le goût de suivre un artiste de haut calibre qui est loin de se reposer sur ses lauriers !

 

 

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[SPECTACLE] POMERLO À LA TAVERNE DE ST-CASIMIR, 7 MAI 2016 (PREMIÈRE PARTIE DE TIKEN JAH FAKOLY)

Pomerlo, qui a enregistré son album « Légende personnelle » avec des collaborateurs de Tiken Jah Fakoly, avait l’énorme tâche de réchauffer la foule avant le spectacle du grand maître de reggae africain (voir l’article ici). Le chanteur s’est donné au maximum, bougeant avec aise sur la scène, ayant même failli de s’accrocher dans le fil du micro !

Les chansons proposées incorporent reggae et pop-world, mariage qui semble avoir laissé certaines personnes sur leur faim. On sentait par ailleurs que la foule avait hâte d’accueillir Fakoly. Toutefois, Pomerlo semble avoir ses fans, puisque certaines personnes arrivées à l’avance se demandaient à quelle heure son spectacle commençait. Aussi, après de nombreux efforts et avec la pièce « Dur d’être black » dédié à un ami sénégalais, les gens devant la scène tapaient des mains avec lui.

Ayant été généreux de son énergie, on sentait que la voix s’échappait tranquillement à la fin de sa prestation. Malheureusement, le chanteur de Black-Lake (près de Thetford Mines) n’a pas pu présenter ses talentueux musiciens. Ils ont su apporter, malgré le fait qu’ils n’étaient que trois, de belles couleurs aux pièces comme « Petit Prince » ou « L’Île aux Miles-Îles ».

La première partie offerte par Pomerlo n’a sans doute pas atténué l’attente chez les fans de Tiken Jah Fakoly. Toutefois, l’auteur-compositeur-interprète québécois s’est montré motivé, proposant avec sincérité ses chansons sur sa vision du monde et de son quotidien.

 

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Festival d'été de Québec

Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 10 juillet

(Photos : ecoutedonc.ca, sauf celle de Father John Misty – Crédit : Sébastien Dion, Festival d’été de Québec) 

Comme ça, Queens of the Stone Age, c’était bon? Meilleur show du festival jusqu’à maintenant? Et j’ai manqué ça? Baaaaah, je n’ai pas manqué ce que je voulais absolument voir, c’est tout ce qui compte.

La fatigue commence à s’installer. Le vilain rhume qui m’a magané cette semaine a eu pour effet de saper mes énergies, que je conservais savamment pour être capable de couvrir le festival du début à la fin… surtout que les soirées finissent tard quand on a un coyote dans les parages.

Remarque : j’étais avec un ami (un vrai, qui existe en chair et en os – ça fait changement de Siri), alors je n’ai pas pros beaucoup de notes. Pardonnez-m’en à l’avance!

 

Dead ObiesDead Obies, scène Loto-Québec

Oh, ce que j’avais hâte de faire le voyage à Montréal $ud avec ce groupe de post-rap qui bouscule tout sur son passage depuis la parution de son album! C’est la basse dans le tapis que la bande a ouvert sa prestation, entonnant une Trafic déchaînée qui a fait un grand plaisir aux fans, mais qui a mis mon stabilisateur d’image à rude épreuve.

Les membres du collectif, qui ont le groove solide et le verbe rapide, sont vraiment à l’aise sur scène et balancent leurs chansons avec un enthousiasme contagieux, faisant les cent pas en couvrant la totalité de la scène. Il est juste dommage que la foule, visiblement là pour Cypress Hill, ait été si peu attentive, quoique la pièce Montréal $ud, qui est à mon avis la plus solide de leur répertoire, a réussi à attirer leur attention.

De la grande qualité.

 

Manu MilitariManu militari, scène Loto-Québec

Le rappeur de Québec avait de nombreux fans sur les lieux! Perso, je ne le connaissais pas, mais son rap engagé et un brin enragé vaut le détour. Manu s’est promené dans son répertoire, offrant des pièces des ses vieux albums en plus de tester de nouvelles compositions.

Mon ami, qui n’a absolument rien compris au franglais de Dead Obies, était bien content de pouvoir savourer les paroles du jeune homme.

Découverte intéressante. On va écouter les albums.

Bon, ça sentait trop la marijuana sur le site du Pigeonnier. Comme vous le savez, je n’ai absolument rien contre, bien au contraire, mais là, j’étais en fonction et ça ne pouvait qu’empirer avec Cypress Hill. Qu’est-ce qu’on fait quand on veut prendre un bon break de fumée secondaire de pot? On va voir du reggae!

 

IMG_1349Tiken Jah Fakoly, scène Hydro-Québec

Déjà une légende du reggae alors qu’il est âgé d’à peine 45 ans, on pouvait s’attendre à ce que la place d’Youville soit bondée, et c’était le cas. Dès l’entrée en scène du chanteur, accompagné d’un nombre assez impressionnant de musiciens et de choristes, les festivaliers massés un peu partout (à l’avant, à l’arrière, sur les côtés et sur St-Jean) se sont mis à chanter et à danser.

Mélangeant la revendication et la danse, Fakoly ne s’est pas gêné pour demander à la foule présente de chanter avec lui pour l’Afrique, ce que la foule a fait sans hésitation. Belle communion entre  l’artiste, plus grand que nature, et son public.

Malheureusement, nous n’avons pas vu la prestation complète car nous nous sommes dépêchés d’aller à l’Impérial dès que nous avons appris qu’il y avait de la place pour voir le folkster fantaisiste Father John Misty. Pour une fois que les astres étaient alignés et que j’avais une chance de voir Tillman en personne…

 

Father John MistyFather John Misty, Impérial de Québec

Quand nous sommes arrivés, Josh Tillman jouait déjà depuis une bonne demi-heure et avait déjà charmé les nombreuses personnes présentes pour l’écouter. On n’entendait d’ailleurs que lui et sa guitare. L’écoute était religieuse, on n’arrêtait d’écouter que pour rire un petit instant.

Father John Misty a interprété de nombreuses pièces de son album Fear Fun, dont la toujours jolie Funtimes in Babylon. Il a profité du contexte très intimiste (seul à la guitare) pour interpréter de nouvelles chansons, qui devraient figurer sur son prochain album.

Mon ami était content. Lui qui m’avait proposé d’aller voir du hip-hop constatait qu’il préférait cet espèce de version génétiquement modifiée de Cat Stevens (en plus drôle).

Moi aussi, j’étais content. Après plusieurs rendez-vous ratés, j’avais enfin la chance d’entendre ce troubadour des temps modernes. Je ne sais pas si ça valait la peine de manquer Queens of the Stone Age pour le voir, mais personnellement, je ne regrette pas. Un homme si fin, si drôle, tout en demeurant si simple, dans un contexte si intimiste, je suis comblé. Et je n’ai même pas vu tout le spectacle. Imaginez!

 

Tire le coyoteTire le coyote, Le petit Impérial

Pour sa première prestation d’une série de trois, Benoit Pinette a invité l’auteur-compositeur-interprète Éric Goulet (solo, Les chiens, Possession simple) à venir chanter avec lui dans une formule americana acoustique. Trois guitares, une lap-steel/une pedal-steel/un banjo, une contrebasse et une batterie. C’était magique.

Tire le coyote n’a pas perdu de temps : c’est avec Jésus qu’il a commencé sa prestation. Vous essaierez, vous, de prendre des photos, la larme à l’oeil, tout en récitant « parfois l’amour est comme un dépotoir, une montagne de merde qui pue en ciboire », vous autres! Ne voulant pas être en reste, Goulet suit immédiatement avec Comme un cave, pièce d’une autre époque où il était un moins gentil garçon.

Éric GouletLes deux auteurs-compositeurs-interprètes se sont ainsi échangé les pièces de leurs répertoires respectifs, toujours dans le plaisir et dans la bonne humeur, Pinette offrant une version un peu bluegrass de Confetti, Goulet calmant un peu Le trou de ma guitare. Évidemment, Tire le coyote a repris une toune de Neil Young tandis qu’Éric Goulet s’est amusé avec du Bob Dylan.

Fin de soirée magnifique pour une soirée particulièrement chaude.

Le coyote est de retour au même endroit ce soir et demain, avec d’autres invités spéciaux. On va très probablement retourner y faire un tour!