[SPECTACLE] Nuits FEQ (Loud Lary Ajust + Eman x Vlooper + ToastDawg), 14/11/2015, Impérial Bell

Loud Lary Ajust

Photos : Jacques Boivin

Nuits FEQ, Impérial Bell, 14 novembre 2015Passé un certain âge, la jeune génération semble perplexe quand on lui annonce, tout souriant, qu’on écoute du rap (ou du hip-hop, même affaire!). Il esquisse un sourire, pis toi tu vois ça et tu t’emballes : le cours d’histoire peut commencer. En vain : à la minute que tu namedroppes Grandmaster Flash, les kids décrochent. Loin de moi l’idée de me qualifier de puriste, mais j’aime bien savoir quelle route a été parcourue pour justifier que ma destination soit la plus populaire en 2015. C’est une fatalité : l’rap, c’est une musique de jeunes POUR les jeunes, point barre. Tout ça pour dire que je suis allé voir Loud Lary Ajust à l’Impérial Bell dans le cadre des NuitsFEQ.

Pendant qu’une odeur de post-puberté envahissait la salle et que le paysage qui se dressait devant moi devenait, lentement mais surement, un forêt de capuches su’a tête, ce cher Toast Dawg est monté sur la scène avec Monk.e pour commencer ce spectacle ‘drette à l’heure (une première, dans mon cas. Bravo!). En fait, le set de Toast Dawg était, dans mon cas, un livre d’histoire du « rapqueb » qui s’ouvrait devant moi. Une magnifique clash générationnel, avec des MCs de qualité qui se succédaient. Le fait que le public continuait d’entrer ou de vaquer à ses inutiles occupations me dérangeait, mais « Feeling Light » d’Egypto et Waahli m’a fait décrocher. Les MCs multipliaient les efforts afin de faire embarquer un public qui m’apparaissait irrespectueux. Les rappers louangeaient le légendaire producteur en se succédant sur diverses pièces des deux volumes de Brazivillain ainsi que quelques tracks plus personnelles (s/o à Ken’lo pour sa reprise de Sugar Hill Gang). Ce jeune public s’est fait entendre lorsque Yes McCan a interprété « Moi pis mes Homies », et à la venue de Koriass, qui conclut ce set en lion avec un « Sorry » très énergique.

Nuits FEQ, Impérial Bell, 14 novembre 2015

Koriass ayant rendu la crowd hype (et quelques chants de « Olé » trés clichés), Eman est apparu, masque sur le visage, pour son set qui m’a déçu, dans l’ensemble. Pourtant, Eman et Vlooper sont une des forces tranquilles du rapquébécois : des productions soignées, soulful qu’Eman, un des meilleurs MCs bars-for-bars au Québec (son meilleur verse à vie est sur « Miracle Vivant », qu’il a fait), ride sans problème, avec une certaine désinvolture (presque). Mais ce duo manque de « charisme de scène » (ca existe tu, ça ), ce qui fait que je n’étais pas 100% dans leur performance. L’ajout de ModLee, pendant deux chansons, fut la bienvenue pour un « Back to Me » très senti. Eman s’est amusé avec ce jeune public assoiffé de meme en commençant un « Hotline Bling » qu’il a coupé court assez rapidement, sourire aux lèvres.

Nuits FEQ, Impérial Bell, 14 novembre 2015La foule devenait plus compacte : signe métaphorique pour moi de laisser la place à cette belle jeunesse qui voulait vénérer leur « rapqueb gods » : Loud Lary Ajust. C’est d’en haut, le sourire en coin que j’observais cette foule se dépêcher sur les nombreux hits de A-Justice, l’architecte du succès de LLA. L’énergie étais au rendez-vous : Loudmouth et Lary Kidd (et son dadbod) sautaient et s’appropriaient efficacement la scène de l’Impérial devant un public conquis d’avance. Leur performance puait l’assurance jusqu’au second étage : ils avaient la certitude que tout ce beau monde se sont déplacés pour eux et eux seulement.  Les beats de A-Justice étais mis en grande valeur grâce à la batterie et la guitare (Elliot Maginot, by the way) afin que le tout soit à un autre niveau : celui de l’excellence. « Gruau » fut indécent (dans le bon sens du terme) et j’ai particulièrement apprécié l’implication d’A-Justice dans le spectacle, qui rendait le tout plus vivant et qui le valorisait comme membre du groupe à part entière (J’pas sûr, j’pense j’aime ben’ Ajust…). Loudmouth (qui as pris du galon au niveau charisme) et Lary Kidd n’ont pas pris leur public pour acquis et ont donné l’impression de tout donner pour le dernier tour de piste de leur Blue Volvo, tout en offrant deux nouvelles chansons de leur prochain projet, au passage.

Peu importe: mes élucubrations de old head qui sombre dans un certain élitisme, je souriais subtilement en regardant une scène vivante et éclectique à souhait, remuer la tête sur de la musique originale et actuelle. L’accessibilité de LLA  permet de faire briller efficacement le « rapqueb ».

Tout ce qui manque, c’est l’respect des médias.

[ENTREVUE] Bribes d’une conversation avec Toast Dawg.

Toast Dawg semble serein. Ça se sent dans sa voix et ce, même au téléphone. Serein avec ses choix et satisfait de la place qu’on lui accorde dans l’échiquier du  »rapqueb ». Sa présence lors du concert de Loud Lary Ajust le 14 novembre prochain n’est pas un hasard et est un signe de son importance dans le paysage musical québécois : la nouvelle garde lui garde encore une place au chaud. Le contraire s’applique-t-il ? Évidemment puisqu’il est  »down avec cette nouvelle génération’ qu’il respecte leur  »grand talent pour créer des images fortes ».  De ses comparses de Loud Lary Ajust, il me dit que  »Gullywood était pratiquement un film »

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Crédit photo : LePigeon

Mais a quoi peut-on s’attendre de Toast Dawg en formule solo ?  »Pas un DJ set » et nous avons qu’a nous fier a la liste d’invité qui l’accompagneront sur scène ! Beaucoup de pièce de ses remix avec des rapper québécois seront en vedette. Ses productions personnelles de Brazivillain II qu’il affirme, sans hésiter, qu’il est  »meilleur que son premier volume »,  »mieux produit, plus d’idées ». J’avais abordé la question avec lui, que ce second album étais plus accessible, à sa grande surprise, mais en admettant (j’interprète peut-être!) que la version  »revisitée » du volume 2 l’était, elle. Sur cette même version, il hésite en disant que  »c’est compliqué » de dire qui a le meilleure verse sur cet album, ne voulais visiblement pas offenser ses camarades.

Mais, comment Toast Dawg a acquis cette place dans la courte histoire du rap québécois ? En étant un des architectes de Deluxxx, un album culte de 2005 qui fêtait en octobre ses 10 ans. Un album dont il est encore  »très fier aujourd’hui ». D’ailleurs, il m’a révélé  »que tous les membres du groupe était d’accord » pour ressortir l’album sous format vinyle. L’intention originale était, bien sûr de le sortir en octobre, mais le tout verra le jour lors du Record Store Day en avril avec, en prime, un vinyle avec toutes les instrumentales. Une excellente nouvelle pour les fans et nostalgiques du défunt groupe. Toast Dawg n’a pas seulement été impliqué avec Atach Tatuq, mais aussi avec le mythique groupe Traumatuges, qui ont été au coeur de cette  »mini-révolution » quant à l’utilisation du joual pour rapper.

Tout ça pour dire que Toast Dawg a, subtilement, fait sa place en tant que figure de proue du rap québécois de par ses productions. Encore aujourd’hui, son influence peut se faire sentir sur de nombreux projets paru ou a paraître (Brown, de Snail Kid, Jam & leur père, Robin Kerr me vient rapidement en tête). Ce samedi 14 novembre, cela sera une sorte de ligne du temps du rap québécois qui se construira devant les yeux du public, où un  »vieux routiers » (c’est affectueux, je vous l’assure) qui a accepté la nouveauté à bras ouverts et a même évolué au-delà de celle-ci pour l’influencer encore aujourd’hui.

Merci, Toast !

[SPECTACLE] Galaxie, Koriass et Loco Locass pour la rentrée universitaire de l’UQTR

Crédit photo: Dany Janvier
Crédit: Dany Janvier

Ce mercredi 9 septembre, j’ai assisté à un spectacle à grand déploiement à l’Université du Québec à Trois-Rivières, là d’où j’ai diplômé il y a près de trois ans. Une université avec une dizaine de milliers d’étudiants qui offre un spectacle de cette envergure, j’avoue que je suis jalouse du temps où moi j’y étudiais. Les choses ont bien évolué depuis, car, en effet, c’était seulement la deuxième édition du spectacle à l’extérieur des murs de l’université. Je ne sais pas si les étudiants, et même la population qui a accès à un spectacle comme ça pour 30$, sont conscients de la chance qu’ils ont d’avoir Galaxie, Koriass et ses invités (Karim Ouellet, Loud Lary Ajust et Misteur Valaire) et Loco Locass pour la rentrée universitaire. Bien qu’il y avait le groupe Lendemain de veille à la Chasse-Galerie, le bar universitaire, et Toast Dawg au 1012, la discothèque, j’étais plus intéressé par la programmation extérieure.

Galaxie - Crédit : Dany Janvier
Galaxie – Crédit : Dany Janvier

Ça commençait fort avec Galaxie. Olivier Langevin et sa gang sont des êtres très sympathiques et charismatiques. S’amusant avec la mascotte, et la foule aussi bien sûr, ils ont fait lever, vers la fin, les derniers spectateurs qui étaient restés assis sur l’herbe. Le rock intense de Galaxie, c’est indéclassable et c’était assurément une idée géniale de débuter la soirée ainsi. Surtout avec le ciel qui s’est dégagé pour laisser place à un beau rose orangé. C’était magnifique comme moment.

Quand Koriass est arrivé, tout le monde s’est mis à s’avancer près de la clôture et à chanter

Crédit : Dany Janvier
Koriass et invités – Crédit : Dany Janvier

les paroles. Il a le don de rassembler les gens et de créer un lien avec la foule. Il ne faut pas passer sous silence la qualité de ses musiciens, donc deux gars de Misteur Valaire faisaient partie, et surtout de Bobby One, son acolyte qui est d’une justesse et d’une intensité parfaite. Cela vient vraiment ajouter à la qualité des textes et des beats de Koriass. Quand Karim Ouellet est arrivé sur scène, c’était ce qu’on pensait être le point culminant du spectacle, mais c’est quand les gars de Loud Lary Ajust sont entrés sur la chanson Automne que la foule s’est réellement mise à sauter et à « virer su’l top », pour reprendre les paroles d’Alaclair Ensemble. Quand tu penses avoir tout vu, il y a les gars de Misteur Valaire qui viennent faire leur chanson Ave Mucho. Et ce n’est pas tout; Loud Lary Ajust sont revenu juste pour faire leur chanson XOXO tirée de l’album Blue Volvo. Tu sais que tu as passé une belle soirée quand Koriass fait son show, quand Loud Lary Ajust, Karim Ouellet et Misteur Valaire s’y joignent pour trois chansons chacun. J’avoue que ce 1 h 30 de spectacle a été un moment très fort de ma soirée.

Biz de Loco Locass - Crédit: Dany Janvier
Biz de Loco Locass – Crédit: Dany Janvier

Après tout cela, c’est facile de faire lever la foule quand Loco Locass embarque sur scène. Les gars ont été solides et l’UQTR leur rappelait des bons souvenirs, surtout à Biz, qui a étudié ici à la maîtrise en Loisir, culture et tourisme. D’ailleurs, les étudiants de ce programme, qui semblaient très nombreux, ont été bien heureux d’entendre cela, pour ceux qui ne le savaient pas déjà. L’un de mes moments préférés a été de regarder les étudiants qui ont été invités à monter sur scène pour danser avec Loco Locass, chose que j’ai fais il y a quelques années au Festivoix de Trois-Rivières. Cela me rappelait de bons souvenirs. Juste avant la fameuse chanson Libérez-nous des libéraux, je suis allé me chercher une poutine Général Tao du food-truck du Buck Traiteur. Assez pour me remplir et pour continuer la soirée au 1012 avec Toast Dawg le temps d’entendre quelques pièces et de me promener dans le corridor pour entendre le groupe Lendemain de veille au bar universitaire, puisqu’il était impossible d’y entrer, vu la quantité de gens présents.

Après avoir reçu Debbie Tebbs, Dead Obies, Radio Radio et Misteur Valaire l’an dernier et Galaxie, Koriass, Loud Lary Ajust, Karim Ouellet, Misteur Valaire, Loco Locass, Toast Dawg et Lendemain de veille cette année, à quoi on peut s’attendre pour l’an prochain?

[FESTIVAL] FME 2015 : LA soirée tant attendue ! (jour 3)

Rosie Valland au Marché

Le ventre bien plein grâce à la poutine du Morasse de la veille, je me suis levée tôt, considérant l’heure du coucher, pour aller voir Rosie Valland au Marché public. Accompagnée par Jesse Mac Cormack, elle a fait quelques chansons, toutes très douces, avec sa guitare électrique. J’avais vaguement écouté ses chansons avant et j’avais beaucoup aimé son style à la Salomé Leclerc. Un mélange de douceur et d’intensité qui se portait bien à l’ambiance en ce samedi matin. C’est quand même unique de pouvoir acheter tes carottes et de la confiture maison en écoutant Rosie Valland au marché !

 

Joseph
Joseph Edgar en studio

Avoir Joseph Edgra pour nous en prestation à la radio du CFME à 12h, j’avoue, ça a été un très beau moment de mon festival. Il nous a fait deux chansons, dont une nouvelle, qui est excellente (pour voir la prestation, c’est ICI), accompagnée de son contrebassiste. On l’a même revu en prestation lors du souper pour les pros du FME.. . il était partout.

À défaut de pouvoir aller au 5 à 7 de Saratoga, je les ai reçus pour une entrevue et une prestation. Ces deux-là sont un énorme coup de cœur pour moi depuis qu’ils ont sorti leur EP. Ils représentent l’amour pur et la simplicité du bonheur.

Saratoga
Saratoga en prestation

Après avoir reçu un « pop-up » via l’application du FME, on s’est dirigé vers la prestation de Hein Cooper. Une superbe prestation au gros soleil, entre deux murs d’édifices et devant un espace rempli à craquer.

Je n’avais aucunement l’intention d’aller voir Sandveiss parce que, dans les plans initiaux, j’allais à la soirée hip-hop, mais, après m’être fait recommander le spectacle, je suis allé y faire un tour, le temps de deux ou trois chansons. Ils sont vraiment solides. Leur performance est d’une justesse et d’une intensité remarquable. Une belle découverte pour moi.

Le meilleur m’attendait parce que le transport du FME s’est transformé en genre de Taxi payant avec des questions et des bâtons lumineux pour décorer la vannette. Possiblement la meilleure idée que ces bénévoles ont eue. Un gros bravo pour l’initiative qui a marqué tout le monde.

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Loud Lary AJust

La soirée que j’attendais depuis longtemps a commencé, pour moi, avec Toast Dawg. On a eu droit à une prestation de Yes Mccan des Dead Obies vers la fin. Quelle belle surprise. Comme à chaque fois que je vais voir un spectacle de Loud Lary Ajust (3 ou 4 cette année), j’ai toujours beaucoup d’attentes, mais ces gars-là ne m’ont jamais déçu. Jamais. Lary Kid, qui fini en bedaine, c’est un classique, et se faire renverser des tonnes de bières dessus parce que tout le monde saute, crie et danse, ça aussi ça fait partie du « deal » quand tu vas voir LLA.

J’ai terminé ma soirée au Cabaret de la dernière chance avec Marie-Pierre Arthur. La salle et la scène étaient visiblement trop petites pour cette grande artiste et ses musiciens. Cette fille-là, elle est charmante et attachante, mais c’est aussi une grande musicienne, une rockeuse et une amoureuse de la pop de années 1980, ce qui donne quelque chose d’unique. À la sortie du dernier album, j’avoue être tombé sous le charme immédiatement et j’étais bien heureuse de la voir, enfin, en spectacle.

Complètement claquée, je ne me suis pas pointé à la soirée électro, malheureusement. Je vous laisse sur les belles paroles de Mathieu Larochelle, de l’émission de radio Les deux Mathieu presque parfa’ qui a dit que « Le FME, c’est aussi apprendre à faire le deuil de tout ce que tu rattes ». Amen