[SPECTACLE] Preoccupations, Walrus et Victime, Le Cercle, 30 avril 2017

Le Cercle accueillait dimanche soir dernier trois groupes rock venus pour contribuer à l’apparition de nombreux acouphènes de début de semaine chez le mélomane négligeant. Il y avait d’abord Victime, un trio de Québec mené par la polyvalente Laurence Gauthier-Brown qui vient tout juste de faire paraître un premier EP intitulé Mon VR de rêve. Ils ont tôt fait de nous balancer leurs chansons nerveuses à mi-chemin entre le noise-rock et le punk. La foule déjà nombreuse et attentive a pu apprécier les rythmes ingénieux de Samuel Gougoux à la batterie, qui a souvent capté l’entièreté de mon attention tant ses motifs étaient hallucinants. Le collabo Simon Provencher complète le portrait avec des textures empruntant davantage à l’indie-rock (voir au math-rock) qu’au punk. La similitude entre les différentes inflexions vocales de la chanteuse rend le tout un peu homogène, mais c’est assurément un groupe local dont on réentendra parler.

Walrus, groupe originaire d’Halifax, n’en était pas à sa première visite en sol québécois, étant entre autres un habitué du Pantoum. Pour ma part, je ne savais rien de ce groupe. À l’aube de sortir son premier album complet Family Hangover, il a présenté un rock ingénieux et difficile à décrire. Les structures des chansons sont souvent progressives et éloignées du traditionnel couplet-refrain-couplet. Les influences sont si nombreuses qu’elles s’intègrent parfaitement dans le son du groupe sans que la musique ne sombre dans un pastiche interchangeable. Les mélodies empruntent au folk, mais sont trempées dans une lourdeur psychédélique (merci aux trois guitares électriques), et les nombreux changements de direction amènent l’auditeur à savourer autant de segments aussi savoureux qu’inattendus. Le quintette a donc poursuivi la mission entreprise par Victime plus tôt dans la soirée, tout en faisant assurément le plein de nouveaux fans.

Preoccupations (anciennement Viet Cong) revenait en ville après une première performance sous leur nouveau nom au show de la rentrée de l’université en septembre dernier. Il jouait cette fois dans une salle parfaite pour leur musique hypnotique et légèrement claustrophobique. Ils ont d’abord puisé une pièce de leur premier EP, Select Your Drone, un morceau en deux temps d’abord porté par un rythme calme et répétitif, puis soudainement entrainé dans un délire psychédélique jouissif. Très bonne façon de démarrer ce bref concert qui, de la première à la dernière minute, verra le groupe performer huit chansons en une heure, et ce, sans rappel. Chaque musicien faisait preuve d’un investissement total dans la musique. À mon avis, le chanteur Matt Flegel a possiblement donné sa meilleure performance à Québec, alors que le reste du groupe jouait comme si leur vie en dépendait. Le batteur Mike Wallace maîtrise ses baguettes avec précision et puissance, et la cohésion entre son jeu et le reste des membres frôle la perfection. De rares nouvelles pièces telles Zodiac et Stimulation ont très bien fonctionné. Il est assez curieux que le groupe n’ait pas visité davantage le disque éponyme sorti en septembre dernier, lui préférant plutôt les pièces parues sur l’album précédent Viet Cong. Il faut dire que Continental Shelf ou autre March of Progress sont absolument fabuleuses en spectacle. Près du tiers du spectacle était réservé aux monstrueuses Memory et Death, cette dernière toujours servie en épilogue. Ces deux morceaux d’une dizaine de minutes permettent à Preoccupations de s’assurer que personne ne reprendra son souffle avant la fin de ce sprint. Le genre de visite qu’on ne peut se permettre de refuser à Québec.

 

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Les suggestions de Marie-Michelle, 6 au 9 avril 2017.

Plusieurs événements à ne pas manquer ont lieu en avril. En effet, c’est grâce à un week-end bien rempli que je vous présente les suggestions de concerts de la semaine:

Jeudi 6 avril 2017

Les Nuits Psychédéliques de Québec- Chapitre IV – Le Rêve Lucide -The Blaze Velluto Collection (Lancement de Weatherman)/Walrus/19h30/ 10$ à la porte et en pré-vente au Knock-Out ou sur le site de lepointdevente.com)/ Salle Multi de Méduse, 591 Rue de Saint-Vallier Est, Québec. 

Lien vers l’événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1846419052307249/

La quatrième édition des Nuits Psychédéliques de Québec s’apprête à faire pas mal de bruit en fin de semaine prochaine. Bon à savoir, il est possible de se procurer un laissez-passer pour les trois soirs au coût de 33,04$, sur le site de lepointdevente.com. En ouverture, la formation psych-rock Walrus, originaire de Halifax, suivie du lancement de l’album Weatherman de The Blaze Velluto Collection (Erotique PQ, Call me Poupée, Silk Arrows, Ponctuation et Paul Michelo) lequel regroupe des pièces enregistrées entre 2008 et 2016, qui comprend également plusieurs collaborations à découvrir!

Vendredi 7 avril 2017

Les Nuits Psychédéliques de Québec – Chapitre IV – L’Acide Test –
Double date with death/DEAF/Alex Calder/Le Vaisseau d’Or/The Highest Order/Crabe/19h30/20$ à la porte et 15$ en pré-vente au Knock-Out ou sur le site de lepointdevente.com/ Salle Multi de Méduse, 591 Rue de Saint-Vallier Est, Québec. 

Lien vers l’événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1846419052307249/

La seconde soirée des Nuits Psychédéliques se veut somme toute très montréalaise dans l’ensemble. On part le bal avec le duo weird punk francophone Crabe, dont l’énergie est résolument contagieuse. À ne pas manquer non plus, le country/ psych-rock des Torontois.e.s The Highest Order, l’excellent psych-pop de Le Vaisseau d’Or, Alex Calder, DEAF ainsi que Double date with death.

Appalaches/ CHRIST/23h00/10$ à la porte/Scanner Bistro, 291 rue Saint-Vallier Est, Québec.

Le collectif Noise isn’t Noise et Broken Chords présentent une soirée de post-rock/drone/ambient avec CHRIST, ainsi que la formation montréalaise Appalaches, laquelle nous présente son plus récent opus, Cycles.

Lien vers l’événement Facebook: https://www.facebook.com/events/297542173994108/

Samedi 8 avril 2017

Pick a Piper/Yoo Doo Right/20h00/10$ à la porte /BYOB/Le Pantoum, 76 rue Saint-Vallier Ouest, Québec.

Lien vers l’événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1799813033676211/

Le Pantoum présente le musicien électro/psych/pop Brad Weber connu sous le nom de Pick A Piper, lequel a sorti l’album Distance un peu plus tôt cette année, lequel est influencé par les voyages de l’artiste. Par ailleurs, c’est le quatuor rock indie/psych montréalais Yoo Doo Right qui a le mandat de fouler la scène du Pantoum pour l’ouverture du spectacle.

Les Nuits Psychédéliques de Québec – Chapitre IV – La cérémonie – WTCHS/
The Mighty Megalodon/ Dopethrone /Strange Broue/ Mhedved/19h30/20$ à la porte et 15$ en pré-vente au Knock-Out ou sur le site de lepointdevente.com)/ Salle Multi de Méduse, 591 Rue de Saint-Vallier Est, Québec. 

Lien vers l’événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1846419052307249/

En guise de clôture, les Nuits Psychédéliques proposent une soirée thématique assez sombre, où les participant.e.s arborant une toge ou une cape noire se verront remettre une consommation gratuite. Le programmation ravira les fans de musique lourde (stoner, doom metal, hardcore, crust punk, sludge etc.) À noter, le passage du trio DIY stoner metal/crust Dopethrone et le formation WTCHS. Afin de préserver la nature spéciale de la soirée, les appareils photo ainsi que les téléphones cellulaires seront interdits à l’intérieur de la salle.

LES NUITS PSYCHÉDÉLIQUES DE QUÉBEC annoncent leur programmation

Les organisateurs des Nuits Psychédéliques ont annoncé la programmation de leur événement, qui aura lieu du 6 au 8 avril prochain au Complexe Méduse à Québec. 

C’est la soirée thématique « Le Rêve Lucide » qui part le bal le jeudi 6 avril. On pourra apprécier Walrus et The Blaze Velluto Collection, qui en profite pour lancer Weatherman. Une autre soirée, « L’Acide Test », est proposée le 7 avril prochain dès 20 h avec les groupes Double Date with Death, DEAF, Le Vaisseau d’Or. Alex Calder, Crabe et The Highest Order seront aussi de la partie.

Le 8 avril, c’est une soirée « La Cérémonie » où vont se produire les groupes Strange Broue, Dopethrone, The Mighty Megalodon, WTCHS et MHEDVED.

Une consommation sera offerte à ceux portant une toge ou une cape noire.

Les billets sont en vente sur lepointdevente.com.

[SPECTACLE] Lancement de Le Charme (+ Walrus et Fuudge), le Pantoum, 14 octobre 2016

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées au Pantoum hier soir à l’occasion du lancement de Le Charme. Fuudge était au rendez-vous pour mettre de l’ambiance et Walrus, de passage à Québec, s’est ajouté au programme. Compte-rendu d’une soirée qui aurait mérité le titre de nuit psychédélique.

 Walrus

Walrus Crédit: Alice Chiche
Walrus
Crédit: Alice Chiche

C’est Walrus qui a fait résonner les premières notes de la soirée, aux alentours de 21h45. Originaire d’Halifax, le groupe était en tournée depuis trois semaines et terminait son périple au Pantoum. Dès les premières volutes de leur musique rock digne de l’époque de Woodstock, l’atmosphère psychédélique s’est installée doucement. À la manière de groupes comme Jefferson Airplane, ils nous ont fait voyager et retrouver le sens originel du terme planant, utilisé de nos jours à toutes les sauces. Il est intéressant de souligner la force des contrastes que le groupe savait faire ressortir en jouant tantôt avec une lenteur savoureuse et tantôt avec une vitesse enivrante.

 Fuudge

Fuudge Crédit: Alice Chiche
Fuudge
Crédit: Alice Chiche

Vers 22h50, Fuudge prend place et nous balance son rock psychédélique aux couleurs variées qui s’accompagne tantôt de voix en harmonie, tantôt de la performance vocale (cris, grognements, chant) du chanteur principal. Si le groupe de Montréal cherche à être original en augmentant le nombre de u dans son nom – paraît que c’est la seule façon de se différencier des dizaines d’autres groupes portant le nom de Fudge et qu’ils pensent à s’ajouter un troisième u – leur musique elle aussi se distingue et se compare à peu d’autres. On peut seulement dire que si la musique de Walrus peut s’apparenter à un trip de champignons magiques, celle de Fuudge peut se comparer à une ligne de coke ou deux, plus trash, plus brusque, uptempo et contenant une bonne dose de maîtrise technique et d’énergie.

Le Charme

Si l’on voulait pousser l’analogie encore plus loin, il faudrait aller jusqu’à dire que Le Charme, qui a présenté son disque aux alentours de minuit, nous a fait entrer dans le monde des héroïnomanes. Nous plongeant parfois dans des atmosphères intenses pendant lesquelles les musiciens exploraient les sonorités et les dissonances de leurs instruments (big up au batteur qui s’est montré particulièrement habile à ce jeu), ils nous surprenaient à d’autres moments par un rock stoner sur les bords, accompagné par les cris du guitariste ou la voix vaporeuse du chanteur. Et si Walrus était doué pour les contrastes de vitesse, ce sont ici les contrastes de dynamique qui étaient marquants.

Signé avec le Pantoum, Le Charme a présenté la soirée d’hier comme marquant le jour 1 d’une ère nouvelle pour le groupe. En quelque sorte au début de leur parcours musical, on les a sentis peut-être un peu dispersés au début du set, jusqu’à ce qu’ils gagent en assurance pour nous lancer au visage leur dernière pièce, jouée avec intensité et plus d’aisance. Ils ont été applaudis chaudement par le public à la fin de leur spectacle et on est tous rentrés chez nous ivres de psychédélisme (et ivres aussi, pour certains), les mauvais effets en moins.

Le Charme Crédit: Alice Chiche
Le Charme
Crédit: Alice Chiche

Chronique de la porte #2:

J’aimerais bien écrire un commentaire mais je n’ai pas pu voir le spectacle. Non pas parce que j’étais prisonnier de la porte, mais bien parce qu’il se trouvait, gravé dans mes rétines, le spectre obsédant d’un spectacle pornographique non désiré.

J’explique: j’ai fait la connaissance, via mon ami Vincent, d’un dénommé Ashraf. Et j’ai pris la mauvaise habitude de l’ajouter à toutes mes conversations de groupe sur Facebook. Ce vilain personnage a lui aussi une mauvaise habitude, celle d’envoyer de la pornographie à ses destinataires à des moments inopportuns et de les insulter dans un anglais somme toute vacillant.

Vendredi était une de ces journées où je m’amusais à le «niaiser» sur l’internet avec l’aide d’une complice. Un sain plaisir de la modernité selon moi, du moins jusqu’à ce que notre ami indien tombe étrangement amoureux de la dite complice et nous envoie des preuves vidéos de ses rituels masturbatoires.

Ainsi, j’ai fait la porte au Pantoum, blessé dans mon intimité, imperméable à l’art, mais néanmoins impressionné d’avoir pu faire partie des rites tactiles d’un étranger à l’autre bout du monde. Mes oreilles se sont régalées, moi aussi en fait parce que les grilled-cheeses d’Alice étaient savoureux, mais mes yeux ne pensaient qu’à Ashraf.

Simon Provencher

[SPECTACLE] WTCHS, Albatros & Walrus, 20/11/2015, Le Pantoum

De par ma tradition de commentaires climatiques, je me dois de vous dire qu’il a fait chaud en novembre cette année. Le mois festif a enfilé sa veste de polar grise, encore un peu humide, même si elle a passé la nuit sur le calorifère. Au moins, il ne vente pas beaucoup; quand il y a trop de vent, les fenêtres calfeutrées DIY du Pantoum implosent vers l’intérieur dans un fracas hallucinant qui nous gâche un refrain.
Je suis d’ailleurs arrivé plus tôt qu’à mon habitude. Je suis en effet confiné au vestiaire et je dois donc commencer ma soirée à l’heure matinale de 19h30. Emmêlé dans les manteaux mouillés par une humidité ambiante, jonglant avec les gants, les mitaines et les coupons numérotés. Je continue, vaillant bénévole, dévoué à ma scène locale, alors que la salle se remplit en haut de ma tête.
Les bands mangent une soupe maison coriace, préparée avec amour. On discute, ils sont gentils. On parle du dernier passage de Walrus, et de WTCHS, tous deux ayant jadis joué avec mon ancien groupe, Nimbes. On me parle de Long, Long, Long, du dernier album d’Each Other. On reprend le temps perdu dans la longue route canadienne. Albatros tentent tant bien que mal de crever un ballon avec un fusil à ventouses. Ils doivent partir. Le spectacle va commencer.
Walrus
Je les écoute au travers du plancher de faux bois, réverbérés dans les hauts plafonds du studio. Ces échos que j’entends plaisent à merveille au rock psychédélique de Walrus. Ressortissants des vintages 13th Floor Elevators, des modernes Tame Impala et Pond et tout autre fou psychédélique, le groupe a sans aucun doute donné une performance exemplaire. J’entends, au travers des lattes et du préfini, des échos, des phases, des guitares s’emmêlant autour de batteries motoriques, peut être un peu plus post-punk qu’à mon souvenir, mais c’est tant mieux. Un succès retentissant dans les poutres du Pantoum.
Cigarette_DS
Pause cigarette.
Les gens courent dans les escaliers et s’étendent las sur le trottoir devant l’immeuble. J’accompagne une amie rapidement, et on parle un peu trop longtemps pour que je puisse qualifier mon bénévolat de compétent. Cigarettes à la bouche, la fumée envahit Saint-Vallier au dessus des fumeurs cools du Nouvo Saint-Roch. Albatros commence.
Albatros
Je redescends avertir les fumeurs oisifs. La salle semble bien remplie, je monte pour quelques chansons. Je suis encore impressionné par les vents qui soufflent l’emo / post-hardcore de la troupe. Utilisés en grande pompe, en mélodies directes, une fraîcheur agréable. Alexandre Landry, en plus de sa voix, manie une guitare au manche d’aluminium, une ECG, peut-être. Je devrais lui demander. On danse, on saute. C’est la fête, mais je dois redescendre. J’ai mangé un grilled cheese à l’hummus et bu une autre bière. Peut-être en trop. On verra.
WTCHS
La soirée des «peut-être» se termine tristement, avec la sortie tranquille, aux heures tardives, de plusieurs spectateurs. Il me semble ne pas avoir vu WTCHS passer. Je n’ai pas pu monter, et je n’ai entendu qu’à moitié leur habituel tonnerre fracassant qui me plaît tant. Les commentaires positifs ont pourtant envahi mes oreilles, et les gens sortaient, prenaient leurs manteaux et allaient se coucher le sourire aux lèvres. La prochaine fois, je veux danser dans la salle. Comme Marion Desjardins, qui a pris de magnifiques photos, encore une fois!

[FESTIVAL] OFF 2015 – 9 juillet – Méduse

Fred Woods

Ce qu’on a dit sur l’écoute dans le Festival OFF est bien fondé : si une chose est commune à tous les spectacles auxquels on a assisté à date, tous genres confondus, c’est l’écoute exceptionnelle du public qui, visiblement, s’y connaît en matière de musique. En outre, on peut ajouter que la qualité du son était au rendez-vous dans le complexe Méduse. Tout ceci a contribué à la magie du jeudi soir, dont on vous a fait un rapide compte-rendu.

 

21h – KPLR par Marie-Ève Fortier

Il y avait peu de gens lorsque KPLR a commencé à jouer. Toutefois, la salle s’est remplie tout au long du spectacle. Le groupe, que je ne connaissais pas, m’a agréablement surprise ; j’ai apprécié le mélange d’une distorsion bien maîtrisée, des effets de pédales intéressants et des mélodies claires à la voix, le tout accompagné souvent d’harmonies vocales. En répétant et en travaillant de longs segments instrumentaux, KPLR sait installer une ambiance et exploiter à son plein potentiel des motifs simples. Résultat : de longues pièces psychédéliques, rock, mais contrebalancées par une certaine douceur énigmatique.

 

22h – Fred Woods par Marie-Ève Fortier

L’ambiance du Studio d’essai était à l’introspection pendant le spectacle de Fred Woods. Les premières rangées étaient assises pour mieux se laisser porter par la musique down-tempo et intimiste. Bien que le rendu soit électro, un peu à la Milk & Bone mais avec une voix d’homme, le batteur jouait d’une vraie (partie de) batterie et le claviériste venait parfois ajouter quelques notes de saz. Fred Woods aussi, quant à lui, faisait vibrer ses cordes vocales et guitaresques. De bons musiciens qui, avec une bonne précision, rendaient un électro simple, envoûtant, de qualité.

 

23h – Les Passagers par Marie-Ève Fortier

Vous les avez peut-être déjà entendus, notamment parce que leur EP était sur la Liste de Noël de Poulet Neige. Pour ma part, j’avais assez hâte de les vois en live. Leur son indie-pop avec reflets des années 80 était au rendez-vous, bien que les nouvelles chansons qu’ils ont jouées (en primeur!) se distanciaient quelque peu de ce style. C’est pour le mieux, à mon avis, puisque le nouveau mélange, plus personnel au groupe, est réussi. Les cinq musiciens ont offert au public de belles constructions musicales qui ne manquaient pas de synthétiseurs. On a même eu droit à une sublime reprise du Blues du businessman. Encore une fois, la foule éparse était attentive, mais peut-être un peu trop immobile à mon goût pour une musique entraînante et rapide comme celle des Passagers.

 

Paul Michelo0h – Paul Michelo par Marie-Ève Fortier

Que dire de Paul Michelo, sinon que c’était un gros party sur scène ? Les gens se déhanchaient, sautaient, chantaient avec le chanteur. Même les plus réservés avaient tous un sourire au bout des lèvres. C’est que Paul Michelo est un vrai personnage : avec ses lunettes fumées, sa perruque, ses leggings dorés et ses cinq musiciens au style vestimentaire trouvé quelque part dans le garde-robe d’Elvis, Michelo ne pouvait qu’impressionner le public. Bien que la vocation du groupe semble être d’amuser la foule avec des paroles comme «c’est pas ma faute si t’es pas beau» ou encore avec des mises en scène lubriques exposant le torse musclé du chanteur, il faut noter que les musiciens avaient du talent et que les constructions musicales, de styles variés allant du classic rock aux chansons de club med, étaient riches. J’ai particulièrement aimé les solos endiablés de flûte traversière de la claviériste. Après des adieux en grande pompe, et tous un peu pompettes, le groupe et les spectateurs ont quitté pour se diriger vers le spectacle de Walrus.

 

1h – Walrus par Marion Desjardins

On m’avait beaucoup parlé de Walrus avant même qu’on annonce leur participation au festival et leur prestation était très attendue par certains. Originaire d’Halifax, le groupe nous emporte avec eux dans un trip psychédélique planant sur le bord de l’océan Atlantique. Ils ont réussi à conquérir le public dès la première pièce, les gens à l’avant dansaient, d’autres plus tranquilles écoutaient mélancoliquement. On se laissait emporter ailleurs par cette voix angélique mixée à des rythmes très entraînants . Sans doute une belle découverte pour plusieurs, ce fut pour ma part une de mes prestations préférées au OFF jusqu’à maintenant.

 

2h – Oromocto Diamond par Marion Desjardins

On n’en est pas à notre premier spectacle d’Oromocto Diamond mais hier c’était tout de même un peu différent des autres fois. Plus de folie, plus d’alcool (il était tout de même rendu 2h du matin et on avait quelques autres spectacles derrière la cravate !) et surtout, c’était l’anniversaire du très connu Sam Murdock. Pluie de liquide, blagues, énergie se mêlaient aux pièces  expérimentales qui en faisaient bouger plus d’un. La soirée était encore très jeune, notons que dans le hall d’entrée Beat Sexü était en Dj Set et avait donné un avant-goût d’une soirée qui allait s’éterniser jusqu’aux petites heures ! De mon côté le métier de photographe m’attendait afin de rendre disponibles les images de la journée. Je serais bien restée pour la fête mais je suis restée sage, une autre belle soirée nous attends !

Crédit Photo: Llamaryon

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