[ENTREVUE] Galaxie

C’est quelques heures avant leur spectacle complet à l’Impérial Bell qu’Olivier Langevin, chef de file du groupe Galaxie, nous a accueillis à bras ouverts entre deux tests de son pour répondre à nos questions. Leur plus récent opus, Zulu, est un succès critique et populaire de 2015 au Québec. Il s’est même mérité une note de 90% sur notre site web!

Galaxie Zulu (La meute)
Galaxie
Zulu (La meute)

En parlant de ce succès critique et populaire de Zulu, Olivier Langevin est comblé. Il est tellement content que le public ait apprécié cette oeuvre dans laquelle il a mis, avec ces collègues, beaucoup d’efforts. Un succès fort est aussi synonyme de plusieurs concerts. C’est un aspect qu’Olivier Langevin ne néglige pas. Premièrement, monétairement, les concerts sont un bon moyen de soutenir les groupes. Ensuite, il y a la proximité des fans et la réaction de ces derniers aux compositions du groupe. Finalement, il affirme être un gars de studio avant tout, mais il faut bien équilibrer le tout. Seulement du studio, c’est négatif pour un artiste. Il faut aussi faire des concerts, et que le tout s’équilibre. Il est donc très heureux d’être sur la route avec ses comparses de Galaxie en 2015.

Nous avons ensuite abordé le sujet de la pause entre les deux albums (Tigre et Diesel, leur précédent opus est paru en 2011). Olivier Langevin affirme que cette pause a été bénéfique pour que tous puissent se concentrer sur des projets parallèles. Il était, par contre, très clair pour tous les membres que Galaxie n’était pas fini. Ils attendaient le bon moment, et, en 2014, après quelques riffs de guitare ici et là, le moment était excellent. La machine est donc repartie, et Zulu est né, à notre plus grand bonheur.

Maintenant, qu’est-ce qui a influencé l’album? Un peu de tout, mais surtout du blues rock de style africain. En effet, Olivier Langevin, guitariste de la formation, écoutait beaucoup la musique du musicien malien Ali Farka lors de la création de l’album. Il dit ne pas être un énorme fan, mais que les rythmes du chanteur lui ont vraiment inspiré quelque chose. C’est de là que la sonorité africaine est tirée. L’Afrique n’a pas été le seul genre musical dans les oreilles du guitariste. En plus de Farka, l’inspiration est venue de groupe tel que Avi Buffalo, St.Vincent et Ty Segall. Ce dernier a particulièrement été influent lors du processus créatif.

Pourquoi le blues? La réponse est simple selon Langevin. Tous les artistes rock sont, inévitablement, un jour au l’autre, inspirés par le blues traditionnel. Certains groupes seront touchés par ce genre sans le savoir, mais les racines du rock viennent du blues. Il ne faut pas renier ses racines, et c’est dans cette optique que Galaxie a travaillé sur Zulu.

Galaxie Tigre et Diesel (la meute)
Galaxie
Tigre et Diesel (la meute)

Après avoir fait le tour du dernier opus, nous avons fait un retour en arrière, en 2011. Il y à quatre ans, le groupe était sur la scène du prestigieux prix Polaris. L’album Tigre et Diesel a été finaliste du prix Polaris, et Olivier Langevin en est très fier. Lorsqu’il a appris la nouvelle, il était choyé et enchanté. Par contre, il nous parle beaucoup plus du concert en soi. Il a de très bons souvenirs de cette soirée de concerts à Toronto. Il a adoré prendre part au concert et considère le prix Polaris comme étant un «un très beau concours». Être sur la même scène qu’Arcade Fire et Timber Tibre, c’est difficile à oublier. Malgré le fait que The Suburbs ait remporté le prestigieux prix, Galaxie est conscient que la visibilité de l’événement a été profitable pour eux. Au Canada anglais, à Montréal et dans les médias, le groupe a acquis une renommée incroyable et une belle visibilité. Par contre, en région, le prix étant moins connu, Galaxie n’a pas ressenti un grand engouement.

Étant à quelques heures du spectacle, et finissant un test de son incroyablement fort (et oui, j’avais oublié mes bouchons), nous avons discuté de Galaxie sur scène. Le guitariste décrit la performance du groupe comme étant «torride et dynamique». Il y a des lasers, des effets scéniques et des musiciens incroyablement motivés et contents de performer devant leurs fans.

Qu’est-ce qui s’en vient pour Galaxie post-Zulu? Des concerts, c’est certain. Le groupe a encore un calendrier de spectacles bien garni, avec beaucoup de surprises encore non dévoilées. Il n’y a pas d’album de Galaxie de prévu pour le moment afin de faire suite à Zulu. Étant très évasif sur le sujet, le principal intéressé a quand même mentionné que divers projets parallèles de certains membres du groupe seraient actifs dans les années a venir. Ne pouvant en dire plus, il faudra attendre et voir ce qu’ils nous réservent.

Finalement, ce fut une entrevue très agréable avec un Olivier Langevin très excité d’être en concert dans la ville de Québec. Vous n’étiez pas à l’Impérial Bell et vous vous demandez comment c’est déroulé le concert de Galaxie ? Lisez le compte-rendu du collègue Jacques Boivin juste ici.

[ALBUM] Galaxie – « Zulu »

Galaxie Zulu (La meute)
Galaxie
Zulu (La meute)

Olivier Langevin est un homme passablement occupé. Dieu québécois de la guitare, il dégaine sa six-cordes sur les albums d’un nombre assez incroyable d’artistes québécois, tel un Rick Haworth des temps modernes. Mais il ne fait pas qu’améliorer les albums des autres, il participe aussi à toutes sortes de projets (dont Gros Mené, autre groupe-phare de la « gang de Saint-Prime »). Et il mène la barque de Galaxie, projet rock qui s’est raffiné depuis la parution de Tigre et diesel en 2011. Murs de claviers derrière un mur de guitares, rythmes dansants, sex-appeal certain, l’album a été encensé par la critique (dont nous, qui l’avons placé au cinquième rang de nos albums préférés de 2011 derrière Feist, Wilco, My Morning Jacket et Portugal. The Man). Dire que la suite était attendue relève donc de l’euphémisme.

Arrive donc cette suite de Tigre et diesel, le bien nommé Zulu. Langevin avait promis un album plus organique, moins fignolé, et le mot d’ordre en studio était « Plus de zoulou ». C’est donc sur des sonorités très blues rock africain que s’ouvre ce nouvel album. Les cartes sont jouées, ça va être viril et animal! De son côté, le premier simple, Robot Lynx, promettait une certaine continuité avec Tigre et diesel. La stabilité dans le changement, quoi!

Plus sérieusement, le virage entrepris sur l’album précédent se poursuit sur Zulu. Les guitares ont beau être omniprésentes, lourdes et sales, les claviers, les boucles et les échantillons donnent une saveur très pop. Des chansons comme Dragon sont de vrais hameçons, qui bénéficient vraiment de la Frank Touch (les claviers de François Lafontaine – ainsi que ceux de Dan Thouin), pendant que Pierre Fortin nous fait hocher de la tête avec son beat de métronome. Sont aussi omniprésents Élage Diouf aux percussions, ainsi que Karine Pion et Fanny Bloom aux choeurs.

La réalisation, juste assez sale, est signée Langevin, Pierre Fortin et Pierre Girard. Alors qu’on aurait pu beurrer encore plus épais que sur Tigre et diesel, c’est plutôt l’inverse qui se produit : malgré la distorsion et les divers effets, on sait qu’une pièce atmosphérique comme Champ de mine (une autre très zulu) ne devrait pas être trop difficile à reproduire sur scène.

On ne se fera pas de cachette, Olivier Langevin n’est pas le plus grand des poètes de l’histoire de l’humanité, loin s’en faut. Il n’en demeure pas moins qu’il a su se créer un univers simple, mais très efficace, très masculin, et les paroles de ses chansons servent très bien la musique qui les accompagne. On nage dans les instincts primaires, ce n’est pas le temps de disserter sur le sexe des anges.

Les temps morts sont très rares (est-ce qu’on peut considérer Tank comme un temps mort?) et on rocke du début à la fin. C’est un album qui s’écoute dans le piton, sur le bord du Lac (avec une majuscule, il n’y en a qu’un seul…), avec une grosse bière de Sainte-Guidoune. Pis autre chose, si vous êtes de ce genre-là!

En bref, Olivier Langevin et ses complices nous ont servi tout une galette avec ce Zulu, qui devrait en tenir plusieurs éveillés pendant de nombreuses écoutes. Du rock solide, qui ne marque pas une grande évolution par rapport à Tigre et diesel, malgré un son plus brut, plus live, moins fignolé, mais dont on ne se tanne pas. Du rock comme on aimerait en voir sur une scène immense un soir de pleine lune sur les Plaines un de ces quatre. Avec des lasers. Et des hurlements de loup. Et des flammes.

Un dispositif scénique à la mesure de la Bête.

Galaxie sera à l’Impérial Bell le 27 mars prochain dans le cadre des Nuits FEQ. Seulement 15 $! Billets en vente ici.