Critique: Sharon Van Etten «Tramp»

Sharon Van Etten
Tramp
(Jagjaguwar)
7 février 2012

Tramp c’est du rock doux et âpre, avec une philosophie grunge aux mélodies vocales très féminines qui met de l’avant des frustrations, voir même un mal de vivre. Par contre, la voix de Sharon est si délicate, que c’est quasi impossible de croire en ses frustrations.

Mais la dichotomie fonctionne aux arrangements, souvent seulement piano, guitare, accommodé d’un air nonchalant de batterie qui se perd un peu au fond d’un marais d’émotions.

Et parlons en des arrangements, car c’est All I Can qui sonne le plus, comme si elle se devait de porter le titre de l’album. «We all make mistakes», dit-elle en ton défendeur, engagée dans un refrain bondé de guitare. We Are Fine, présente une voix masculine comme si elle venait défendre ses sentiments, «its ok to feel», raconte elle en plus à ce moment-là. Peu importe le titre, je sens qu’elle s’est submergée d’émotions négatives, puissantes, noires. C’est donc bien personnel. Complètement franc.

Les paroles sont épiques, la musique minimaliste et à la fois full, quoi que différente de la Sharon de Epic et Because I Was in Love. On sent qu’à partir de cet album, Sharon s’ouvre à un tout autre monde. D’ailleurs, la photo de pochette témoigne qu’elle est plus audacieuse (un beau clin d’œil  à John Cale) non pas dans sa féminité, mais avec ses émotions. Ça ne serait pas surprenant d’apprendre qu’elle est admiratrice de PJ Harvey!

Définitivement un des meilleurs albums paru février, 2012.

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