Critique : Alfa Rococo – « Nos coeurs ensemble »

Alfa Rococo Nos coeurs ensemble (Coyote Records)
Alfa Rococo
Nos coeurs ensemble (Coyote Records)

Le duo Alfa Rococo n’a jamais fait les choses à la hâte. On n’a donc pas été surpris qu’il s’écoule quatre ans entre le dernier album du duo composé de Justine Laberge et David Bussières (Chasser le malheur) et Nos coeurs ensemble, une nouvelle proposition qui devrait connaître beaucoup de succès, tant au champ gauche qu’au sein du grand public.

Si Chasser le malheur était un peu sombre dans son propos et dans sa musique, Nos coeurs ensemble est tout le contraire : ça démarre sur les chapeaux de roues avec la grosse pop vitaminée de Lumière, qui n’est pas sans rappeler Passion Pit par son énergie et sa bonne humeur. Comme pour montrer que le couple avait évolué pendant ces quatre ans, voilà Bussières qui prend le devant de la scène (alors que la paire avait presque toujours chanté ensemble) sur Coeur qui explose, une de ces chansons qui nous replonge tout droit dans ce que les années 1980 avaient de meilleur.

Le sexe des anges. On la met en boucle et on danse.

Tiens, sur la pièce-titre, un bijou pop qui devrait tourner à la planche dans les radios, c’est Justine Laberge qui prend les commandes des voix, qu’elle conservera pour plusieurs des pièces qui suivront. Good move, diraient les Anglais, qui permet au duo d’ouvrir ses horizons mélodiques, qui étaient plutôt limités sur les premiers albums.

Pipeline. On finit notre drink à toute vitesse, on la met en boucle et on danse. Exactement le genre de chanson qui fait qu’après « deux ou trois écoutes de l’album, on se surprend à chanter du Alfa Rococo dans la douche (avec un solo de «airdrum» bien senti en plus de ça) » (citation tirée de la critique de Sébastien Moffet, du blogue Le canal auditif, que je suis assidûment, ne serait-ce que pour avoir un autre point de vue). Des chansons construites comme Pipeline, il y en a beaucoup, faut alors qu’elles soient solides en titi pour qu’on les apprécie. Défi relevé ici.

L’album se poursuit avec d’autres beaux morceaux pop intelligente, bien ficelée, qu’on entend trop peu au Québec. Dans un français plus que convenable et exportable, en plus. Et la réalisation de David Bussières est impeccable.

Le trio VolatilMarcher et Deux montre parfaitement de quoi Alfa Rococo est capable tant sur le plan des paroles que de la musique. Des chansons riches, qui ont l’air toutes simples et qui peuvent être jouées guitare-voix, mais qu’on a décorées avec le plus grand soin.

Nous. On la met en boucle et on danse jusqu’à épuisement.

Si on pouvait résumer Nos coeurs ensemble, on pourrait dire que le troisième album d’Alfa Rococo est une bouffée d’air frais, gracieuseté d’une formation qui n’a pas eu peur de prendre quelques risques tout en proposant un album qui pourrait difficilement être plus accessible.

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Par Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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