[ENTREVUE] Les Évadés en sept questions et en neuvième art

Le groupe de Québec Les Évadés lançait récemment un superbe album homonyme et c’est dans ce contexte que j’ai crû bon poser quelques questions à la violoncelliste Marie-Pier Gagné afin de mieux comprendre le phénomène des Évadés. Quant à Arielle, elle a produit la magnifique illustration de style bédé ci-haut, inspirée de leur récent passage au Cercle pour le lancement de l’album.

1.Depuis combien de temps jouez vous ensemble? c’est votre premier projet ensemble?

Marie-Christine, Alain et Mathieu on joué en trio pendant un moment ensemble, mais c’est à l’hiver 2014 que je me suis joint au groupe. On a mijoté des idées pour donner une nouvelle orientation au projet et Olivier s’est finalement joint à nous cette même année. Ça a beaucoup apporté d’ajouter des percussions, et surtout du drum. Ça a permis la genèse de pièces comme « Places d’armes » et « Embuscade ».

2. Êtes vous tous du domaine académique?

Oui. MC a un bacc en jazz et a commencé une maîtrise. Alain a une maîtrise en jazz et envisage le doctorat à l’automne. Oli a un bacc en enseignement de la musique et Matt un bacc en interprétation jazz. Moi j’ai un bacc en interprétation classique et je commence une maîtrise à l’automne. On a tous étudié à L’UL.

3. John Zorn et les Dreamers semblent influencer votre univers musical, est-ce une inspiration partagée par vous tous? quelles autres influences nommeriez vous?

John Zorn a été la première inspiration pour ajouter le violoncelle au groupe. On a beaucoup écouté son projet Masada et on a d’ailleurs joué plusieurs pièces de Zorn avant de composer. Je pense qu’on peut dire qu’Alain est particulièrement fan de Zorn 😉

Pour ce qui est des autres influences, on aime beaucoup les musiciens de la « vague » israélienne comme Avishai Cohen et Tigran Hamasyan. Oli est d’ailleurs allé étudier les percussions en Israël. Sinon, Bill Frisell, Astor Piazzolla, Ludovico Enaudi et même Philip Glass sont certainement des inspirations importantes.

(Crédit: Nathalie Picard)
(Crédit: Nathalie Picard)

 4. Comment fonctionnez vous pour composer? À 10 mains? Ou bien certains prennent parfois ou souvent les devants? Et qui a fait le choix des reprises?

Les idées mélodiques de base de la plupart des pièces viennent de MC. Les gars arrivent ensuite avec des idées de groove et de « riff », d’harmonie, on jam tout ça ensemble, MC fait des arrangements de cordes qu’on peaufine en duo. Ce n’est pas pour rien que les pièces sont si différentes les unes des autres, on y reconnait vraiment l’influence de chacun! C’est MC qui a choisi les reprises, mais c’est d’un commun accord qu’on les a mises sur l’album. « Soledad » et « Caravan » étaient déjà sur le EP, mais on a particulièrement travaillé « Invitation » pour qu’elle s’insère de manière cohérente avec le reste.

5. Pensez-vous qu’il faut du courage pour faire de la musique instrumentale? C’est un choix assumé depuis le début?

Je pense que ça prend effectivement du courage, parce que ce n’est pas ce qui est « mainstream ». Cependant, on ne s’est pas vraiment posé cette question là en le faisant. MC et moi on vient quand même d’un milieu classique ou la musique instrumentale va de soi, alors je pense que c’était peut-être moins questionnant pour nous de faire ça. Et, comme le dit si souvent Mathieu, l’important pour que ça marche, c’est d’assumer ce qu’on fait! Je pense aussi qu’on va dans un créneau de la musique instrumentale qui n’est pas surexploité en ce moment, ce qui nous laisse peut-être un peu plus d’espace. Et l’idée de convertir du vocal en violon ne nous est jamais passé à l’esprit. On compose de la musique instrumentale, that’s it!

6. D’où vient votre nom? Et les titres? Les titres ajoutent souvent à l’aspect « visuel » de votre musique, on imagine facilement toutes sortes de scènes de film dessus. Le cinéma vous influence? Vous feriez de la musique de film?

Quand MC et moi on s’est mise à penser à un nom de band, on cherchait quelque chose qui n’était pas trop connoté. On avait encore du mal à définir clairement le genre de notre musique, on ne voulait surtout pas se faire coller une étiquette qui ne représentait pas vraiment ce qu’on faisait. On a clairement un côté world, mais world de où?! Et c’est à partir de là qu’est venu l’idée des Évadés. L’album, c’est un espèce de voyage, mais qui ne mène pas vraiment à un endroit en particulier. Il y a aussi l’idée qu’on s’évade des « clichés » de certains styles. On part d’influences, mais on s’en va ailleurs.

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(Crédit: Nathalie Picard)

 Pour ce qui est des titres, on est parti des images qu’évoquent pour nous chaque pièce. Si les titres ajoutent à l’aspect visuel de la musique, et bien je pense qu’on est parti de l’aspect visuel de la musique pour choisir les titres!! Je pense qu’il y a une certaine intensité assez présente dans tout l’album et on a cherché à l’illustrer avec les titres. Et oui, si on avait l’occasion de faire de la musique pour le théâtre ou le cinéma ce serait super! On est conscients qu’il y a quelque chose de très cinématographique dans notre musique.

Et point non négligeable, on tenait à avoir un nom de band et des titres de pièces en français sans que ça tombe dans le kitch.

7. Comment se déroulent les prochains mois pour vous? des shows, des tournées? l’Europe?

Les prochains mois seront consacrés à faire la promotion de l’album et à booker des shows. On a un spectacle à Victoriaville le 21 juillet, mais rien d’autre à l’agenda. On a été tellement pris par l’album qu’on a mis un peu de côté le booking, mais on va se reprendre! On veux également tourner un vidéo prochainement.

Pour les tournées et bien…. on verra où tout cela nous mènera!!

Par François-Samuel Fortin

Coordonnateur à la rédaction, section albums, et rédacteur (surtout albums et spectacles, mais aussi nouvelles et entrevues.)

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