Philippe B (+ Laura Lefebvre) – Impérial Bell, 21 octobre 2017

Texte : Marie-Laure Tremblay, photos : Jacques Boivin

Sortie entre adultes pour aller profiter de Philippe B. et de Laura Lefebvre en cette belle soirée d’automne.

Laura Lefebvre – Photo : Jacques Boivin

C’est tout d’abord une Laura Lefebvre pleine d’enthousiasme (heureuse d’être contente) qui monte sur scène en duo avec son ami et mentor, Joey Proteau. Visiblement touchée de faire la première partie de Philippe B. l’artiste beauceronne a rapidement conquis le public avec son matériel original. Ses chansons se prêtaient particulièrement bien à l’atmosphère feutrée de l’Impérial éclairé à la chandelle. Elle nous a bercé par des balades toutes douces, prêtes pour son album qui devrait paraître en mars. Pour le moment, Laura Lefebvre c’est 2 voix, 2 guitares ou banjo, de belles harmonies tout en douceur, un peu à l’image de son extrait Fragile, je vous invite à partir à sa découverte sur le web, collé avec votre moitié.

Philippe B – Photo : Jacques Boivin

Philippe B. est ensuite arrivé sur une scène pleine de beaux instruments pour nous faire rêver sa Grande nuit vidéo. S’il a commencé seul à la guitare avec un segment plus folk (Explosion, L’été, Autoportrait), nous avons été heureux de reconnaitre dernière lui Laurence Lafond-Beaulne et sa voix d’ange qui colore son plus récent album. Guido del Fabbro viendra finalement compléter le trio en violons, claviers et piano, donnant une dimension orchestrale à l’ensemble et de poignants solo.

J’ai redécouvert Philippe B. et je suis tombée sous son charme cet été sur le quai de Baie-St-Paul. Si le moment semblait parfait, soleil et voiliers, je dois dire que sa Grande nuit vidéo s’apprécie encore plus avec une foule qui écoute religieusement dans la pénombre, collectionnant ses paroles une à une, s’exclamant parfois en reconnaissant les premiers accords, en particulier sur la toujours sympathique Archipels et la classique California Girl.

Philippe B – Photo : Jacques Boivin

Si dans ses interventions il se plait à donner l’image d’un perdu un peu loser, ses textes nous transportent dans la magie du quotidien où trois mots suffisent pour nous bombarder d’images, entre région et métropole. Il enchaine avec son segment chanson d’amour timide avec Je t’aime, je t’aime, Anywere et Cheveux courts où on se reconnait tous un peu. Merci pour la tellement belle Rouge-Gorge où on plane avec Laurence, avant de revenir dans la noirceur avec L’amour est un fantôme, Petite leçon de ténèbres et pour finir La grande nuit vidéo, bouclant le spectacle comme l’album et notre lune de miel.

Au rappel, nous avons eu droit à Calorifère pour nous donner chaud et la gentiment revendicatrice Y va toujours y avoir, tirée l’hommage à Desjardins qu’il a dirigé et que j’ai pu déguster en spectacle plus tôt cette année.

Merci Philippe pour cette adorable soirée où, avec des mélomanes convaincus nous avons pu communier en toute simplicité.

 

FME 2017 – Compte rendu, première partie

Par Caroline Bourbonnais, Anne-Christine Guy et Sébastien Ouellet (collaboration spéciale)

Pour le FME 2017, nous sommes parti-es en trio – le trio de feu! – Sébastien Ouellet, Caroline Bourbonnais et Anne-christine Guy, pour couvrir ce festival incroyable, mini South by Southwest Québecois [oui oui, on le sait, SxS ce n’est pas que de la musique]. L’article qui suit a été écrit à six mains, deux appareils photos et trois cellulaires et vous sera offert en trois parties, puisque le festival est trop gros, intense et magnifique pour raconter en peu de mots !

 

La prémisse

Photo : Sébastien Ouellet

On est arrivé-es les premier-ères à 6h30 au point de départ, une avance dûe à notre bonne nuit de sommeil alors que le reste du monde avait festoyé au pré-FME montréalais. Il y avait trois bus qui partaient de la métropole vers le festival, nous on a pris le meilleur des trois.

[ Oui! Bien dit! Bravo! (Ça c’est un compagnon trentenaire de CISM qui s’immisce dans notre chronique.)]

Profitant d’une petite accalmie post dîner, bien assis-es dans la dernière rangée du bus, nous planifions notre fin de semaine. Le FME annonce une programmation de feu cette année et nous avons déjà certains bands dans notre ligne de mire; Duchess Says, Philippe B, A Tribe Called Red, tous les artistes fantastiques qui feront une dernière représentation du show « Desjardins, on l’aimes-tu ! », Laura Sauvage, Saratoga, Barry Paquin Roberge, mon doux saigneur, de la qualité, en veux-tu, en v’là !

Notre arrivée à Rouyn s’est faite dans le froid et l’excitation. Dès le premier moment de notre séjour, on nous accueille avec des verres de bulles pour célébrer le début de ce beau et si loin festival!

Cueillant notre accréditation (et de la pâte à dents) avant d’aller se rincer les yeux à nos hôtels respectifs, notre focus s’installe sur la programmation. Déja la première soirée est prometteuse avec en liste La Bronze, Philippe B,  Fuudge et bien plus.

 

Du rock et de la douceur

Yeux rincés et faces rafraîchies, on a accouru vers le coeur du FME. Avant de s’en mettre plein les oreilles, comme c’était une première fois au FME pour la section féminine du trio de feu, un petit détour chez Morasse et une visite du downtown s’imposait.

Photo : Sébastien Ouellet

C’est La bronze qui lance le festival sur la grande scène extérieure surplombant la 7e rue au coeur du festival.  La musicienne enflamme la scène avec son énergie pétillante malgré le froid saisissant et la clarté encore bien présente. En cour de route, Louis-Philippe Gingras est venu chanter en duo « Parc à chiens », c’était beau beau beau ! Lors de ce spectacle, La Bronze a aussi pu réaliser un rêve; faire du bodysurfing ! Cette brève mais intense performance s’est clôturé  avec « Fantastique », une reprise de Stromae, pièce qui avait brisé le web qc il y a maintenant déjà un an.

Nous nous sommes ensuite dirigé-es vers un petit moment de chaleur (autant au sens propre que figuré) à l’Agora des arts, salle fabuleuse qui se trouve dans l’église du centre-ville de Rouyn-Noranda. Nous y avions rendez-vous avec Philippe B accompagné pour l’occasion par Laurence Lafond-Beaulne (Milk and Bone) ainsi que Guido Del Fabbro. Bien que le musicien avait annoncé un spectacle axé sur le nouvel album « La grande nuit vidéo », il a offert au public conquis un large éventail de son répertoire. Chaque pièce était interprétée avec une douce sincérité ponctuée de sympathiques interventions du chanteur. Les arrangements en trio étaient riches et rendaient l’ampleur de certaines pièces enregistrées avec un orchestre.

L’âme et le corps réchauffés, nous étions prêt-es à affronter la nuit quasi glaciale pour voir A Tribe Called Red. Les trois DJ nous ont envoyé des rythmes endiablés sans jamais arrêter, pour le bonheur de la foule qui répondait à tous les up et down tempo de leur set de feu. En plus d’en avoir plein les oreilles, on en a eu plein les yeux avec d’amusantes animations et des danseurs en costumes traditionnels autochtones.

Le cabaret de la dernière chance, une salle alliant bar, spectacle cachet et ambiance, recevait le groupe FUUDGE, quatuor peu connu du trio de feu, mais maintenant sous le charme de leur grunge rock franco incroyable qui offre une prestation sur scène exceptionnelle ! La sonorité loud qui les caractérise particulièrement a fait lever la foule et provoqua le délire dans la salle !

La soirée s’est terminée avec Duchess Says. Bien que la nuit fût déjà très avancée, il y avait une foule assez dense au théâtre du petit Noranda pour assister au spectacle. Pour quelqu’un qui n’aurait jamais vu un spectacle de Duchess Says, il faut savoir que chaque prestation est une expérience particulière et unique. La chanteuse a parfois des airs de poupée maléfique et à d’autres moments de dirigeante de culte. Elle se promène dans la foule et peut parfois faire une peu peur. Ce spectacle était à la hauteur de cette description et il faut dire que tout le groupe était encore en grande forme !