Première soirée de qualifications du Cabaret Festif! de la relève – Cabaret de la Maison Otis (Baie-Saint-Paul), 27 janvier 2018

Hé qu’on avait hâte de retourner à Baie-Saint-Paul, où nos amis du Festif! (vous savez, le festival de fou auquel on assiste quasi-religieusement depuis quelques années) nous accueillaient samedi dernier pour la première soirée de qualifications de la huitième édition du Cabaret Festif! de la relève. Comme nous vous l’avons dit il y a quelques jours, nous aurons la chance de voir cet hiver douze excellents artistes de tous les horizons nous présenter leurs (beaux) projets musicaux. Leur premier objectif : se tailler une place pour la finale du 31 mars, où les participants auront la chance de remporter des prix d’une valeur totale de plus de 10 000 $ et des prestations au Festif! et ailleurs.

Cette année, l’événement est de retour au Cabaret de la Maison Otis (du moins pour les préliminaires) après quelques années passées dans la grande salle multi de l’Hôtel Germain. Et ben franchement, c’est une bonne nouvelle (même si le photographe en moi grognait un brin… pour rien, comme vous pouvez le voir plus bas). L’ambiance déjà relax du Cabaret (on vous l’a déjà dit, on ne s’y sent pas comme dans un concours) est renforcée par ce cadre intimiste.

Émile Bilodeau – Photo : Jacques Boivin

Avant de commencer le concours proprement dit, les organisateurs du Cabaret ont eu la brillante idée d’inviter un jeune artiste longueuillois de 21 ans qui aurait tout le talent nécessaire pour participer lui-même au Cabaret. Un dénommé Émile Bilodeau, qui fait dans le folk du quotidien qui suscite un certain intérêt chez les spectateurs. Il a dû inviter quelques membres de sa famille à venir l’encourager : on entend du monde chanter ses chansons avec lui.

Blague à part, le porte-parole de cette édition du Cabaret a présenté quelques chansons, dont une plus récente qui montre que depuis qu’il est reparti avec les grands honneurs de la cinquième édition, la plume de ce jeune homme a pris beaucoup de maturité. Il a dû convaincre quelques adolescentes la veille lorsqu’il est allé chanter à la polyvalente du coin parce qu’elles occupaient toute l’avant-scène! Mais les voir chanter, les yeux pétillants et le sourire aux lèvres, les chansons d’Émile, chansons qu’elles connaissaient par coeur, c’est beau.

Fait chaud. On sue déjà pas mal, mais on a la chance de ne pas se trouver sous les projecteurs. On ne reste pas trop loin, parce que le premier groupe entre en scène, mais on irait bien se lancer dans un banc de neige (bien lourde et mouillée) dehors.

The Johans – Photo : Jacques Boivin

La première formation en lice est un duo folk de Québec nommé The Johans et composé d’Émilie Rochette et Cynthia Larouche. Premier constat : comment ont-elles fait pour passer complètement sous notre radar depuis leurs début? Bien qu’encore un peu vertes, les deux filles sont super talentueuses. Elles ont le sens de la mélodie, qu’elles affichent avec une belle authenticité, sans compter une belle présence sur scène (on est dans un concours et les grands prix comprennent des grosses prestations, alors c’est important!). Accompagnées de deux musiciens pour l’occasion, Émilie et Cynthia n’ont eu aucun mal à convaincre le public, qui a accepté leur proposition avec enthousiasme. Émotion et conviction assorties de mélodies efficaces. Je pense qu’on va revoir ces deux-là plus tôt que tard.

Laura Babin – Photo : Jacques Boivin

Laura Babin a ensuite foulé les planches pour nous présenter quelques-unes de ses chansons. Même si on l’avait déjà vue voler solo, il était intéressant ici de la voir proposer son rock aérien dans un trip à trois bien exécuté. On a Water Buffalo et ses couplets aussi lents que ses refrains sont intenses en tête depuis.

Les Monsieurs – Photo : Jacques Boivin

Parlant de trip à trois, ce sont Les Monsieurs qui ont le plus impressionné les membres du jury en cette première soirée. En formule trio (un membre était absents), les trois musiciens ont livré une prestation convaincante en menant une charge à fond de train. Des textes solides et engagés, une musique livrée avec énergie brute, un rock typiquement québécois, un projet prêt pour la scène, on peut comprendre pourquoi le jury les a choisis.

De la Reine – Photo : Jacques Boivin

La soirée s’est terminée avec nos chouchous pantoumiens De la Reine. La pop groovy aux accents trip-hop d’Odile Marmet-Rochefort, Vincent Lamontagne et Jean-Étienne Collin Marcoux a visiblement plu aux Charlevoisiens qui ont écouté attentivement, sauf pour applaudir les prouesses de nos trois musiciens (surtout les solos de Vincent et les envolées d’Odile – qui m’impressionne chaque fois que je l’entends). Seul regret : vingt minutes ne suffisent pas pour saisir toutes les nuances de la proposition du groupe de Québec. De la Reine a remporté le vote du public, ex aequo avec The Johans; les deux formations seront donc du vote Internet qui se déroulera en mars prochain, juste avant la finale.

On a passé une maudite belle veillée à Baie-Saint-Paul avec quatre formations complètement différentes, mais toutes talentueuses. Sur papier, il était difficile de prévoir un gagnant. Après avoir vu les quatre prestations, il était encore plus difficile d’en déterminer un.

Ça annonce bien pour la suite. Prochain rendez-vous le 17 février avec Artifice Palace, Jessy Benjamin, Joey Robin Haché et Natation. Ben franchement, on sait pas qui va se démarquer. Et c’est bien ainsi! Billets en vente ici :

Galerie photos :

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Hubert Lenoir – Darlène

Hubert Lenoir
Darlène
(Simone Records)

Aujourd’hui, je vous emmène au cinéma avec le premier album solo d’Hubert Lenoir, qu’on connaît mieux (du moins jusqu’à maintenant) sous le nom d’Hubert Chiasson, chanteur de The Seasons. Intitulé Darlène, cet album presque entièrement dans la langue de Leloup pourrait bien se retrouver dans les listes de fin d’année (kin, vlà le punch, on a aimé, mais là, on va vous dire pourquoi).

Darlène, c’est un gros morceau d’une oeuvre multi qui comprend également un roman de Noémie D. Leclerc, ainsi que des illustrations et un moyen-métrage de Gabriel Lapointe. Sauf que cet album, ce n’est pas une simple piste musicale, oh que non! C’est une oeuvre cinématographique complète qu’on peut facilement voir en fermant les yeux et en ouvrant grand les oreilles.

Premier constat : la pochette. On croirait l’affiche d’un film de Xavier Dolan.

Écrit, composé et interprété par HUBERT LENOIR

OK, c’est clair, on est aux vues. Ou devant une comédie musicale.

On appuie sur PLAY. En guise de lever de rideau, une pièce en trois parties intitulée Fille de personne. Ça commence doucement, avec un air de piano un brin introspectif. Une touche de jazz. Qui ne nous prépare pas du tout à ce qui va suivre. Fille de personne II est un bijou de pop teinté de soul.

J’ai déjà vu des films d’amour surexposés
T’es le plus beau des films que j’ai regardés

Difficile de dire si c’est la mélodie trop irrésistible, les paroles – simples mais efficaces, l’omniprésence du saxophone et de la cloche à vaches ou la voix particulière de Lenoir, qui garde son petit côté britpop qui fonctionnait si bien avec The Seasons. Et ça marche toujours en français : Lenoir a réussi à trouver le bon niveau et le bon débit et à bien les transposer dans un genre fait sur mesure pour une autre langue sans négliger les textes eux-mêmes.

La suite de l’album nous permet de voir Lenoir frayer avec le prog (Fille de personne III) et l’indie pop (Recommencer), nous chanter la pomme (et la liberté) sur Wild and Free, se donner des airs de Prince de Beauport (Ton hôtel, jouissive), servir un excitant trio de morceaux instrumentaux faisant la part belle au saxophone (Darlène, Darling, colorée et entraînante, Momo, cérébrale, et Cent-treizième rue, festive), ajouter de nombreuses couches de blues sur Si on s’y mettait (oui, oui, de Jean-Pierre Ferland) et nous faire verser une larme en terminant avec le piano-voix Noémie.

On est tout simplement bombardé de sonorités, de textures et d’émotions différentes! Heureusement, le fil conducteur est très fort et les pièces du puzzle tombent facilement en place. On suit cet ode à la liberté, à l’émancipation et à l’amour avec intérêt, en se demandant où diable Lenoir va nous emmener à la chanson suivante. Ça a permis au jeune auteur-compositeur-interprète (on l’oublie, mais il n’a que 23 ans!) de nous préparer un tracé digne des plus belles montagnes russes.

Une douzaine de musiciens a collaboré à l’enregistrement de l’album, qui a été coréalisé par Lenoir et Alexandre Martel. Une collaboration fructueuse pour le Beauportois qui a trouvé en Martel la personne idéale pour libérer le Bowie en lui.

Darlène fait partie de ces albums qui nous font voyager dans un univers cinématographique. On n’a pas besoin de forcer très fort pour s’imaginer dans cet univers, pour sentir cette soif d’émancipation qui a tant inspiré Lenoir et son amoureuse Noémie. Darlène, c’est un cri du coeur qui s’adresse à toute une génération, un appel à prendre son destin en main et à être tout ce qu’on veut. C’est une plateforme où Lenoir prend des risques et sort des sentiers battus tout en restant extrêmement accessible.

Cet album va faire beaucoup de bruit. Et, avec un peu de chance, faire plein de bébés.

À se mettre entre les oreilles au plus pressé.

Un maudit gros Phoque OFF!

La programmation du Phoque OFF 2018, qui se proclame (avec raison) « le festival de diffusion alternative déjanté » et qui se déroulera du 11 au 14 février, a été dévoilée . Pour ceux qui ne connaissent pas, le Phoque OFF se déroule depuis quelques années en marge de la Bourse RIDEAU et on l’a vu rapidement trouver sa voie… et sa personnalité. L’année dernière, on a pu y voir, entre autres, Anatole, Gab Paquet, Mauves, Caravane, Sandveiss et The Damn Truth. Et cette année, le Phoque OFF s’ouvre à de nouveaux horizons musicaux tout en présentant une série de discussions (Messe Basse, dont on vous a parlé en même temps que le dévoilement de RIDEAU).

Anatole est de retour au Phoque OFF cette année. Photo : Jacques Boivin (archives)

Présentées en collaboration avec un paquet d’organismes et d’entreprises qui gravitent autour des scènes locale et indépendante, ces vitrines seront l’occasion pour les gens du milieu et les mélomanes de tous les horizons de faire de belles découvertes.

Louis-Philippe Gingras – Photo : Jacques Boivin

Cependant, il va falloir user nos souliers pour passer d’un lieu à l’autre parce que les choix sont nombreux… et déchirants! On ne mentionne que quelques noms, question de vous mettre l’eau à la bouche : Jérôme St-Kant, Fria Moeras, Mélanie Venditti, Prieur & Landry, Valery Vaughn, Olivier Bélisle, Kyra Shaughnessy, Raton Lover, Val Thomas, Oktoplut, Floes, Louis-Philippe Gingras, Anatole, Mathieu Bérubé, Laura Babin, Mat Vezio, Beat Sexü, Bad Dylan, Fuudge, Lubik, Les Trimpes, Choses Sauvages, La famille Ouellette, Mort Rose, Les Hôtesses d’Hilaire, Le Winston Band, Laura Lefebvre, Lakes of Canada et de nombreux autres artistes à découvrir ou à redécouvrir.

Le plus beau, c’est que vous pourrez voir toutes ces belles gensses en vous procurant un laissez-passer qui vous coûtera moins de 25 $!

Pour en savoir davantage sur le Phoque OFF (notamment la programmation complète), visitez leur site Web!

Laissez-passer en vente ici :

 

La Bourse Rideau – À vos marques, prêts, découvrez!

On annonçait hier la programmation de la 31e Bourse Rideau qui aura lieu à Québec du 11 au 15 février prochain. Ce sont plus de 1 000 acteurs de la scène culturelle du Québec, du Canada et d’ailleurs qui se rencontreront, question de faire découvrir aux diffuseurs des artistes renommés ou émergents.

Même si la majeure partie des activités sont destinées aux délégués et fermées au public, de nombreuses vitrines seront accessibles (gratuitement) au commun des mortels (il vous faudra toutefois commander des billets auprès des salles participantes).

Ainsi, on pourra voir et entendre Elisapie, Keith Kouna, Dany Placard et plusieurs autres dans des endroits comme le Palais Montcalm, l’Impérial Bell, L’Air du Temps et le Bar Le Détour (du Grand Théâtre).

En plus, de nombreuses autres vitrines, souvent ouvertes au public, seront organisées en marge de l’événement dans plusieurs lieux de diffusion de Québec.

Tous les détails de la série Entrées libres se trouvent sur le site Web de la Bourse Rideau.

En savoir plus sur la Bourse Rideau (programmation complète, notamment celle du Forum Rideau qui est de retour cette année)

Messe Basse : discussions, réseautage et musique

Messe Basse est un événement organisé en marge de la Bourse Rideau par lepointdevente.com en collaboration avec Le Trou du diable – Microbrasserie, Boutique et Salon et Le Phoque OFF. Au menu : des échanges professionnels destinés aux acteurs des scènes alternatives. On imagine que si vous êtes ici, c’est parce que vous avez un certain intérêt pour la scène locale et indépendante… On n’a donc aucun mal à imaginer que ça vous titille autant que nous.

Plus de détails ici :

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Orloge Simard (+ Pass) – Impérial Bell, 29 décembre 2017

Photos : Marion Desjardins

C’est en train de devenir une tradition. Orloge Simard et ses musiciens nous ont conviés à un party de fin d’année, cette fois à l’Impérial Bell, et nous ne pouvions refuser cette invitation. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on peut assister à une telle grande messe avec quelques centaines de fidèles!

Faut dire que les fans d’Orloge sont motivés et ça, on a pu le remarquer assez rapidement : il a fallu traverser un nuage de boucane encore criminelle pour quelques mois avant d’entrer dans un Impérial où quelques fans motivés chantaient déjà les chansons du groupe plus d’une demi-heure avant… la première partie!

Parlant de première partie, c’est Pass qui a ouvert le bal en nous promettant de jouer « jouer du rock and roll ». Yes! Good. Une foule déjà bien réchauffée va se faire chauffer à bloc. Ça commence bien entendu avec du rock, teinté de blues, axé sur les guitares, qui ne manque pas d’entrain. Y’a même un petit accent du Sud! Tant qu’à se réchauffer, pourquoi ne pas ajouter quelques teintes de reggae? Et un brin de ska? Le mélange se fait très bien, les jeunes en bas skankent joyeusement, Pass a réussi à faire monter l’enthousiasme de quelques coches, ce qui n’était pas évident dans les circonstances (un public vraiment là pour Orloge, qui a continué à le montrer pendant l’entracte).

Quand le groupe baieriverain est monté sur scène, j’ai cru que le plafond de l’Impérial Bell allait exploser (ce qui n’aurait pas été une très bonne idée, compte tenu du froid glacial qui sévissait dehors). Le dispositif scénique est fort simple, mais efficace : le drapeau du Royaume hissé bien haut, quelques guirlandes de lumières, deux beaux sapins de Noël et beaucoup de cadeaux. Les membres du groupe portaient tous un beau pyjama de Noël et un maquillage à la Kiss tandis qu’Orloge avait un costume coordonné. D’ailleurs, de nombreux fans (dont notre photographe) avaient décidé de faire de même (maquillage inclus), ce qui ajoutait bien entendu du piquant à une soirée qui allait être assez… sale (d’ailleurs, on avait renforcé la sécurité).

Dès les premières notes de Cabane à pêche, un joyeux moshpit se forme. Faut dire que ça commence fort avec un ver d’oreille juste assez grivois pour être chanté en choeur. On se croirait dans une version trash d’un show des Cowboys Fringants! Ça chante aussi fort et avec autant de passion. Même côté « grande célébration »!

Organic Music suscite une réaction semblable. Le blues-rock psychédélique à l’accent du Saguenay fait danser la foule qui scande le refrain avec le band. Le claviériste bondit déjà sans cesse en se faisant aller les dreads. On a à peine quelques tounes derrière la cravate, tout le monde communie déjà!

Évidemment, La rue Bagot, qui mélange habilement l’esthétique folk sale et le ska endiablé, connaît un succès explosif! Du haut de mon nuage de boucane (celle du monde en bas, pas la mienne), je regarde les pyjamas se rentrer dedans joyeusement en créant de grosses éclaboussures de bière (le plancher doit être glissant).

Pendant ce temps, le claviériste fait des jumping jacks et le reste du band s’amuse ensemble. Orloge harangue la foule (comme si elle en avait besoin!). Tout à coup, les musiciens se mettent à lancer des cadeaux, certains parfois très loin!

Le spectacle se poursuit dans la même bonne humeur (on euphémise) jusqu’à la toute fin, où le claviériste déballe son cadeau de Noël préféré : un orgue! Qu’il s’empresse de… détruire, bien entendu! Les mélomanes crieront au sacrilège, mais le public, lui, est juste trop heureux de s’être bien défoulé lui aussi!

C’est un peu ça, un show d’Orloge Simard : tout le monde sur le party, de bonne humeur, qui s’amuse (très) ferme en dépensant au moins autant de calories qu’il en consomme (c’est-à-dire beaucoup). Qu’on aime ou non le côté vulgaire de l’aucuncadrisme préconisé par ces êtres d’outre-Parc, il est évident que sur une scène, ces gars-là savent y faire. À voir l’air satisfait des spectateurs à la sortie de la salle, il est évident que je ne suis pas seul à le croire…

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Les douze participants au Cabaret Festif! de la relève dévoilés!

On vient tout juste d’annoncer les participants à la 8e édition du Cabaret Festif! de la relève qui se déroulera à Baie Saint-Paul les 27 janvier, 17 février, 10 mars (Cabaret de la Maison Otis) et 31 mars (Salle multi de l’Hôtel Germain) prochains. Et on va se le dire tout de suite, cette huitième édition est des plus relevées!

Rappelons que les participants courent la chance de remporter des prix et des bourses dont la valeur totale est de 15 000 $. En plus des grands prix du jury et du public, divers acteurs (diffuseurs, festivals, médias – dont ecoutedonc.ca) offriront aux finalistes des prestations rémunérées un peu partout dans la province.

Les douze participants ont été sélectionnés parmi plus de 120 candidatures par un jury composé d’une douzaine de professionnels de tous les racoins de l’industrie. On nous a dit que les choix n’étaient pas toujours faciles étant donné la grande qualité des projets soumis.

 

Regardons un peu ces artistes et ces groupes qui donneront leur 110 % pour se mériter une place en finale :

27 janvier

  • De la Reine – Photo : Jacques Boivin

    De la Reine : Menée par la douce voix d’Odile Marmet-Rochefort, la formation De la Reine propose une pop intelligente et sensuelle, un brin groovy, mais toujours divertissante. Si vous ne connaissez pas le groupe, vous pouvez consulter les nombreux articles que nous avons écrit sur le sujet ou tout simplement écouter leur (excellent) album.

  • Les Monsieurs : La formation joliettaine a lancé l’automne dernier un album réalisé par un certain Placard. Le groupe propose un rock très funky et fuzzé, des paroles engagées et un petit je-ne-sais-quoi qui nous rappelle le bon vieux temps des Colocs… sur l’acide.
  • The Johans : Deux filles de Québec qui font du folk avec une guitare et un banjo. Plus près du folk du Sud américain que du folk introspectif qui a dominé la scène musicale ces dernières années, voilà un projet rempli de promesses.
  • Laura Babin : La jeune auteure-compositrice-interprète montréalaise avait déjà attiré notre attention avec son EP Water Buffalo (y’a que le titre qui est en anglais). Babin nous fait voyager dans son univers avec ses mélodies originales et ses arrangements aériens.

 

17 février

  • Artifice Palace : Le quatuor montréalais se promène entre ballades atmosphériques et guitares distordues à fond. Un des projets les plus « champ gauche » avec ses sonorités uniques. On est ben curieux de voir ça live. En attendant, on peut écouter l’album Rusty Flowers pour avoir une meilleure idée de ce qui nous attend.
  • Jessy Benjamin : Le jeune auteur-compositeur-interprète nous présentera ses chansons indie-folk sympathiques et très organiques. On devrait avoir quelques chaudières d’authenticité dans la face.
  • Natation : Ah ben voilà le groupe qui se chargera de faire danser le public en cette soirée de février! Natation, c’est du rock dansant bilingue, qui sonne parfois comme du Franz Ferdinand à qui on aurait ajouté quelques sonorités eighties. C’est simplifié à l’extrême, mais ça ne change rien : vos fesses vont se décoller de vos chaises! Faudrait peut-être plonger dans Dive pour avoir une meilleure idée!
  • Joey Robin Haché – Photo : Annie-France Noël

    Joey Robin Haché : Depuis le temps que j’entends parler de ce jeune (les Acadiens aiment ben ça nous ploguer leurs comparses quand on jase avec eux), il est temps que je le voie. Haché, c’est un heureux mélange de folk-rock tantôt doux, tantôt entraînant, avec des textes fort intéressants. À surveiller.

 

10 mars

  • Caterino : Des chansons aériennes aux textes contemplatifs, voilà ce qu’offre l’auteure-compositrice-interprète Caterino (Catherine-Audrey Lachapelle). Avec quelques accents western.
  • É-T-É : Avec É-T-É, on va se replonger dans la musique un peu plus traditionnelle, axée sur les cordes. Il s’agit de la formation la plus enracinée dans notre terroir parmi les participants. C’est fort bien fait, mais est-ce que le groupe réussira à séduire le public?
  • Étienne Fletcher : Le Fransaskois joue avec les mots aussi bien qu’avec les notes. On est visiblement quelque part entre la chanson française (avec les touches d’anglais maintenant obligatoires) et l’indie rock parfois groovy, mais toujours mélodieux. À surveiller.
  • Perdrix – Photo : Léolo

    Perdrix : Un brin de sarcasme dans les paroles, un peu (beaucoup) de garage dans la musique, des mélodies accrocheuses, gageons que vous ne serez pas capables de vous empêcher de crier HASHTAG avec le groupe!

 

Pour en savoir plus sur le Cabaret (horaire, comment se rendre, billets), consultez le site Web!

 

 

7 spectacles à voir à Québec pour finir l’année en beauté

L’année 2017 tire à sa fin, mais il reste encore quelques beaux pestacles à nous mettre sous la dent! Nos diffuseurs vont d’ailleurs être fort occupés pendant le temps des Fêtes, aucune raison de vous ennuyer, donc, entre deux partys!

Voici notre sélection de spectacles à voir pendant cette période plus que festive :

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Gab Paquet (+ Miss Sassoeur et les Sassys) – Le Cercle, 14 décembre

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

On vient de le nommer artiste de l’année à ecoutedonc.ca, c’est pas pour rien! Gab Paquet, c’est du bonbon pour les yeux et les oreilles. Le flamboyant chanteur de charme vous convaincra par sa fougue, ses déhanchements et son regard craquant. Préparez-vous à voir un shag divin sous les paillettes de Gab Paquet!

Quant à la première partie, Miss Sassoeur et les Sassys, vous serez séduits par le gospel de ruelle proposé par la formation qui a mérité le prix du jury (ainsi que le prix ecoutedonc.ca) du dernier Cabaret Festif! de la relève!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/cer171214001

 

Gabrielle Shonk – Grand Théâtre de Québec, 14 décembre

Gabrielle Shonk – Photo : Jacques Boivin

L’auteure-compositrice-interprète Gabrielle Shonk a lancé cet automne un premier album qui a été très bien reçu par la critique. Ses chansons folk-pop bourrées de soul sauront en attendrir plus d’un. Pour sa rentrée québécoise, Shonk se paie le Grand Théâtre! Pari risqué? En fait, au moment d’écrire ces lignes, il ne restait plus que quelques billets qu’on vous invite à saisir sans tarder!

Billets : https://www.billetech.com/event/gabrielle-shonk-billets/891187

Anthony Roussel – Librairie St-Jean-Baptiste, 14 décembre

Anthony Roussel – Photo : Jacques Boivin

Juste pour nous compliquer la tâche davantage, un autre beau petit show qu’on aimerait bien voir (et vous proposer), c’est celui que présentera Anthony Roussel dans l’intimité de la Librairie Saint-Jean-Baptiste. Son plus récent album, La gymnastique de l’amour, a fait tourner quelques têtes avec ses mélodies accrocheuses et pas mal atmosphériques. À surveiller!

 

Koriass X KNLO – La Source de La Martinière, 16 décembre

Koriass – Photo : Jacques Boivin

Pour conclure le cycle Love Suprême en beauté, Koriass présentera un concert à La Source de La Martinière. Dernière occasion de voir le rap théâtral du jeune homme avant un petit bout! De son côté, le Bas-Canadien KNLO devrait nous faire groover en masse! Si vous connaissez la petite salle limouloise, vous savez que le plafond risque de se retrouver dans le parc voisin!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/koriasssknlo

 

Solids (+ Los et Mundy’s Bay) – L’Anti Bar et Spectacles, 26 décembre

Solids – Photo : Jacques Boivin

Vous avez besoin de quelque chose qui rocke pour faire passer le ragoût de patte de votre grande-tante Louise (ou le cari au tofu de votre oncle Bastien-Olivier)? Le Boxing Day a été difficile? La solution à tous vos maux : la formation rock Solids qui investira L’Anti pour nous inviter à hocher joyeusement la tête!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/abs171226001

 

La Caravane des fêtes IV : La messe de minuit – La Nef, 27 décembre

Caravane – Photo : Jacques Boivin

Y’avait des restants de ragoût de patte ou de cari au tofu dans le frigo? Vous avez encore besoin d’énergie? Eh ben les gars de Caravane vous ont monté un autre show juste pour célébrer le temps des Fêtes (ou Noël, pour ne pas déplaire à certains). Et pour qu’on se sente encore plus à la messe de minuit, ça va se passer à La Nef! On nous promet tout un party! Et les deux groupes invités, Harfang et Mort Rose, ne sont pas à dénigrer non plus, oh que non! D’un côté, une pop atmosphérique accrocheuse, de l’autre un petit rock and roll sympathique qui donne le goût de danser. Plus le temps passe, plus on a hâte!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/d7p171227001

 

Orloge Simard (+ Pass) – Impérial Bell, 29 décembre

Orloge Simard – Photo : Jacques Boivin

Un autre truc qui commence à devenir une tradition, c’est la beuverie le show de fin d’année d’Orloge Simard. Ne me demandez pas pourquoi, le monde vire fou en la présence du philosophe baieriverain et de son band de musiciens déchaînés. Mais cette folie provoquée par l’aucuncadrisme (la philosophie d’Orloge) est contagieuse et il y a fort à parier que ça ne sera pas une soirée facile à l’Impérial pour les plus doux!

Mais c’est parfait pour se préparer à monter au Lac Saint-Jean fêter le Jour de l’An!

Billets : https://goo.gl/xCStQN

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2017 – L’année de Gab Paquet

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Des artistes de Québec qui se sont distingués cette année, il y en a eu plusieurs! On pense, entre autres, à Gabrielle Shonk, qui a enfin lancé son premier album chez Universal, ou à Tire le coyote, qui continue de faire le plein de fans, un excellent album à la fois. Mais toutes proportions gardées, c’est Gab Paquet qui se mérite le titre officieux d’artiste de l’année d’ecoutedonc.ca!

Après avoir lancé Santa Barbara à l’automne 2016, le phénomène Gab Paquet ne pouvait que prendre de l’ampleur. Même si le début de l’année a été plus tranquille, tout a changé au début juin, lorsque le charmant chanteur a présenté son spectacle aux Francofolies de Montréal. On le sait, on y était (pour le fun, mentionnons-le).

Gab Paquet – Photo : Adrien Le Toux

Dans les rêves les plus fous, on aurait pu espérer un peu plus d’une centaine de curieux qui partent et qui viennent entre deux prestations et en profitent pour regarder ce chanteur au romantisme flamboyant. Eh bien, selon notre oeil de lynx, qui évaluait la densité de la foule derrière nous, ils étaient plus de 500 (dont de NOMBREUX fans avec des affiches ou des fausses moustaches) à chanter en choeur les chansons de Paquet. On a même vu Keith Kouna, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, assister au spectacle!

On a d’ailleurs un petit clip inédit à vous présenter (oui, oui, inédit), enregistré par un spectateur de 10 ans présent ce soir-là (on ne dira pas que c’est le fils du dictateur bienveillant), question de nous replonger dans ce moment glorieux.

Pour un artiste, un tel moment, ça se savoure longtemps! Sauf pour Gab, qui repart immédiatement présenter son spectacle en sillonnant les routes du Québec. Partout, la même réaction : des curieux qui restent scotchés et des fans qui portent le pad et la moustache pour l’occasion.

Tout ça, question de rester en voix pour ce qui allait être son plus gros spectacle en carrière (jusqu’à maintenant) lorsqu’il a assuré la première partie de Michel Louvain au Festival d’été de Québec. La partie ne serait pas facile : les fans de Michel Louvain ont leur propre conception de ce qu’est un chanteur de Charme et il se pouvait que Paquet s’éloigne un peu trop de leur idéal… Heureusement, la Gab Nation est débarquée en grand, tellement qu’il n’y avait plus de place dans les enclos réservés aux festivaliers debout (c’est-à-dire pas mal tout le monde qui n’était pas là pour Louvain) Ça débordait de partout! On a vu des affiches, des enfants arborant le pad et la moustache, des jeunes, des moins jeunes, autant dans les enclos que dans les allées et autour de l’enceinte!

Avec tout ce soutien, les choses ne pouvaient que bien se passer! Et lentement, mais sûrement, au fil d’une prestation où Paquet et son (gros) orchestre ont tout donné, on a vu les têtes grises se dégriser et les mines rabougries se détendre. Soixante-quinze minutes plus tard, la foule était conquise!

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Mais qu’est-ce qui suscite tant l’engouement chez Gab Paquet? Pourquoi devient-on inévitablement un fan (comme votre humble serviteur) quand on le voit sur la scène? Outre le charme indéniable du chanteur sur scène et partout ailleurs, il y a le travail acharné de Paquet et de son band. On a pu le constater au passage de Gab au Cabaret Festif! de la relève en 2016, où il a remporté le prix du jury : tout était poli, rodé au quart de tour. Les gars et les filles ont longuement pratiqué leurs deux numéros (qui, contrairement à plusieurs, étaient assez différents). Gab a démontré à plusieurs, ces soirs-là, que les mots « original » et « brouillon » ne sont pas synonymes.

Ce qui explique le succès de Gab, c’est aussi ses musiciens, qui sont, avouons-le, excellents. Tight, qu’on dit en bon français. La formation actuelle, composée de Claudia Gagné (basse), Jean-Étienne Collin-Marcoux (batterie), Hugo Le Malt (guitare) et Odile Marmet-Rochefort (claviers), assure, comme on dit en France. Que ce soit par leur jeu ou par leur personnalité, ces musiciens bien de chez nous se démarquent!

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

On ne peut passer sous silence la qualité des chansons de Paquet, sans lesquelles notre chanteur de charme n’aurait rien pour briller sur scène. Ses chansons pop, qui rappellent parfois l’esthétique des chanteurs français des années 1980 tout en ayant été dépoussiérée et remise au goût du jour, sont tout simplement magnifiques. Non, les paroles ne se méritent pas un Nobel de littérature, mais elles cadrent parfaitement avec l’univers de Paquet. Et les mélodies, accrocheuses au possible, sont une suite inépuisable de vers d’oreille (qui ne sont même pas trop fromagés). Continental Sélect, Consommations, Soucoupes volantes, Vibration transe, Fais l’amour avec moi, Relations sexuelles, Casio pad & moustaches, Santa Barbara, Ton appel à frais virés, Coach de vie, Les voyous, Diamants, Partouzes, Santa Barbara Chérie, voilà des chansons qui nous entrent dans la tête pour ne plus jamais en ressortir. Des chansons entraînantes, qui nous donnent le goût de danser et chanter à l’unisson les refrains étrangement fédérateurs (« Ça fait plaisir! »).

 

Bien sûr, l’essentiel repose sur le charme de Paquet. Le pad et les moustaches ne sont que des accessoires qui reflètent la personnalité du chanteur de charme, qui ne les utilise que pour amplifier ses propres traits. C’est pour ça que le jeu de Paquet est si naturel : il joue à peine! Il EST romantique de même, demandez-le à sa tendre moitié!

C’est pour ça qu’au GAMIQ en novembre dernier, il a fait un tabac en interprétant un pot particulièrement pourri (et fabuleusement exécuté) de ses plus grands succès. Et c’est pour cette raison que vous ne pouvez pas rater son dernier spectacle de l’année à Québec (juste à temps pour cet article, imaginez-vous donc), qui aura lieu ce jeudi le 14 décembre au Cercle! (La première partie, assurée par notre coup de coeur au Cabaret Festif! de la relève 2017, Miss Sassoeur et les Sassys, est une présentation d’ecoutedonc.ca!)

 

Saratoga (+ Maude Audet) – Le Cercle, 9 décembre 2017

L’amour. Y’a pas beaucoup de mots de cinq lettres plus forts que celui-là. Et y’a pas grand chose qui représente mieux ce mot que le couple Chantal Archambault/Michel-Olivier Gasse, du duo Saratoga. Le duo, qui en est aux dernières dates de la tournée Fleur, était de retour à Québec (presque un an après son passage au Théâtre du Petit-Champlain).

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Nous avons été gâtés. Saratoga a fait le voyage à Québec avec le quatuor à vents et le dispositif d’éclairage (sobre, mais diablement efficace) qui avaient accompagné le groupe à son spectacle de Coup de coeur francophone à Montréal. On allait donc entendre les chansons de Fleur comme on les entend dans le confort de son salon avec, en prime, la complicité palpable de nos deux tourtereaux.

J’aimerais vous dire que mes attentes étaient stratosphériques, mais ce n’est pas le cas. Quand on va voir Saratoga, c’est comme si on allait voir deux vieux amis qu’on est juste trop heureux de retrouver. Et Chantal et Gasse avaient de nombreux amis samedi soir! De nombreux amis venus entendre leurs histoires tirées du quotidien (le leur, celui de gens qu’ils ont croisé et d’autres, sortis tout droit de leur tête). Des histoires pas toujours drôles racontées avec tendresse.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Bien sûr, le couple a « brisé la glace » (c’est leur jeu de mot poche, pas le mien) avec Brise-glace, la chanson qui ouvre si bien Fleur. Dès les premières notes de guitare et de contrebasse, tout le monde se tait, ouvre grand les yeux et tend l’oreille bien fort. On sait qu’on va passer un doux moment. Nouveau record : j’ai les yeux humides seulement 30 secondes après le début de la prestation, dès que les vents se font entendre.

Parce que oui, y’a ça : les mélodies de Saratoga font pleurer. De belles larmes de bonheur, du sel qui goûte bon. Ajoutez-y le timbre si riche et particulier des bois qui se mettent de la partie, et c’est avec un sourire béat que vous allez pleurer! Je me tourne vers ma copine. Zut, elle n’est pas là, je l’ai envoyée prendre les photos de la soirée!

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Autre nouveau record : Gasse fait des commentaires sur la boucane après seulement une chanson! Les habitués le savent, c’est en train de devenir un running gag, la machine à boucane du Cercle est reconnue pour se faire envahissante (c’est beau, mais ça peut devenir un brin étouffant sur scène).

D’autres chansons profitent du traitement royal du quatuor à vents : Je t’attends dehors a l’air sortie tout droit de la bande sonore d’un film d’amour qui se passe l’hiver, en campagne. On n’est pas du monde, déjà si belle dans sa mélancolie, se voit donner des ailes, transportée par un vent venu des bois d’à côté. Pour vrai! La voix douce et tristounette de Chantal et celle d’un Gasse en parfaite symbiose s’allient parfaitement aux couleurs chaudes soufflées par ce quatuor à vent tout en subtilité. Ce sont encore les bois qui vont marquer la lenteur dans Danser lent. Même si cette pièce est fort sympa lorsque jouée uniquement par le duo, on va vous avouer bien candidement qu’avec les clarinettes et compagnie, elle est tout simplement parfaite. Si on hochait gentiment la tête pendant les couplets, celle-ci devenait langoureuse sous les invitations à danser lent.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Lent. Un autre mot qui définit bien Saratoga. Avec à peine un album et un EP, le duo réussit aisément à meubler près d’une heure et demie qui passe drôlement vite (et quelques gros morceaux ont été laissés de côté depuis leur dernier passage, notamment Madame Rosa et Noëla). Chantal et Gasse n’hésitent pas à prendre leur temps pour mettre leurs pièces en contexte. Les anecdotes parfois loufoques, souvent tendres, se dévorent même si certains, comme moi, les ont entendues pour la plupart un bon nombre de fois. C’est peut-être leur entrain dans leur récit, les regards aussi complices que la première fois qu’ils l’ont raconté, le ton posé de Gasse, qui parle lentement, mais avec autorité… c’est sûrement tout ça.

Après la « chanson de menstru SPM » (toujours aussi drôle Reste donc couchée, une chanson de Chantal que Gasse s’est appropriée) et cette reprise d’une chanson du répertoire hawaïen qui avait autrefois été adaptée et reprise par un certain Michel Louvain (Douce Leilani), ainsi que quelques autres chansons du répertoire saratoguesque, la soirée s’est terminée tout en douceur (pouvait-il en être autrement) avec Saratoga et Fleur.

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

Oui, on l’avoue, on est très fan de la simplicité de la formule duo de Saratoga. Seulement, il faut le reconnaître, les instruments à vent et le dispositif scénique (quelques lampes chinoises sur lesquelles on envoyait de jolies projections) ont ajouté une touche de magie à ce couple déjà capable de tirer un tas de lapins de son chapeau! Tout ça sans alourdir le spectacle, sans jamais sentir, ne serait-ce que l’espace d’une seconde, que c’était trop. C’est comme si on était dans SARATOGA : THE DIRECTOR’S CUT! On vivait un moment spécial. Un moment que Saratoga a eu la gentillesse de venir partager avec les gens de Québec.

C’est le fan qui parle : Merci Chantal. Merci Gasse.

 

Maude Audet

Maude Audet – Photo : Marie-Laure Tremblay

En première partie, Maude Audet a fait l’inverse : plutôt que d’être accompagnée de son groupe, Maude était toute seule. Nous avons donc eu droit à des versions toutes nues des magnifiques chansons de Comme une odeur de déclin paru cet automne. Vous savez ce qu’on dit, une bonne chanson, c’est une chanson qu’on aime autant toute habillée que dans son plus simple appareil, et les chansons de Maude tombent dans cette catégorie. Les mélodies peuvent très bien s’appuyer sur la guitare et la voix douce de l’auteure-compositrice-interprète, qui profite elle aussi de ses interventions pour bien présenter ses chansons à un public qui écoutait bien sagement.

Leo, une lettre adressée à Leonard Cohen, a semblé toucher une corde particulièrement sensible chez les spectateurs. C’était le genre de douce mélancolie qu’on était allé chercher, samedi.

C’est le cas de le dire : tout était parfait!

 

Photos : Marie-Laure Tremblay (sauf quelques-unes par Jacques Boivin)

 

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En écoute : Gone Dogs – « The Road Ahead »

Gone Dogs
The Road Ahead

Le premier album complet de la formation Gone DogsThe road Ahead, sera lancé ce vendredi et nous avons la chance de vous en faire profiter quelques jours à l’avance!

Avec Gone Dogs, on est dans un pur et sans détour proposé par le quintette formé d’Alexandre Larocque (voix, orgue), d’Alexandre Michaud (guitares), de Vincent Joseph (guitares, voix), de Joseph-Antoine Clavet (basse) et de Dominic Ogden (batterie). Le groupe a également fait appel à quelques collaborateurs de haut calibre, notamment Oscar Soutu (Anonymus) et Ariane Shirley Coutu (Wild Call, Shirley Rock).

Douze chansons remplies d’énergie brute, qui donnent le goût de hocher la tête rageusement ou de rouler à 120 sur la 73 vers la Beauce!

Écoutez l’album sur ecoutedonc.ca jusqu’à sa sortie vendredi!

La période d’écoute est terminée, mais l’album est disponible sur Bandcamp :