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Critique : Five Finger Death Punch – « The Wrong Side of Heaven and The Righteous Side of Hell, Volume 1 »

five finger death punch - the wrong side of heavenOn dirait que c’est trop demander… on peut-tu avoir un bon CD de métal puissant, agressif, pesant, primal et survolté, avec un chanteur qui a du coffre, une voix rauque de mâle qui couvre plusieurs gammes sans forcer, mais qui n’est pas toujours en train de crier? Oui. Five Finger Death Punch livre la marchandise.

Autant vous le dire tout de suite, si ce n’est pas votre style de musique, cet album mérite un 0/10. FFDP est pas mal trop métal pour vous. Ce qui va vous choquer, c’est que vous allez être obligés d’appeler ça de la musique (non, ce n’est pas juste du bruit). Pire encore : le chanteur, il chante! Ses paroles sortent du fin fond d’une âme écorchée à vif, mais on les comprend, et elles sont offensantes comme du sel sur la plaie. Sensibles s’abstenir. En fait, je recommanderais sincèrement de…

S’abstenir.

Tout court.

Sauf…

Si tu tripes métal. Ben là, je ne sais pas qu’est-ce que tu attends. Tu veux de la batterie de possédé, des riffs de guitare sale rythmés à la mitraillette, du gros fuzz et de la basse qui te pètent les tympans? Tu vas l’avoir à toutes les sauces. La recette est simple, mais FFDP démontre qu’elle n’est pas limitée. Il y a beaucoup de contraste entre les pièces : une veut vous blinder contre les émotions (Dot Your Eyes), l’autre veut vous arracher le cœur (M.I.N.E). D’un coup, on crée une atmosphère puissante (Wrong Side of Heaven), de l’autre l’arrache à coup de death metal (Burn MF). Une chanson mélodique en suit une rythmée. Il y a même un cover de LL Cool J (Mama Said Knock You Out).

Le tout, réglé au quart de tour. Ça vous rentre dedans, à la vitesse du son, directement dans le cerveau reptilien. C’est la dose de métal pesant dont vous aviez besoin. AAHHHH!

À écouter trop fort jusqu’aux acouphènes.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=X-2yuGgp_U8&w=480]

Ma note : offset_8

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Critique : Capital Cities – « In a Tidal Wave of Mystery »

Capital Cities - In a Tidal Wave of MysteryCapital Cities nous entraîne dans un raz-de-marée électro-pop indé, issu du choc créateur des deux plaques techno – voyons – tectoniques nommées Ryan Merchant et Sebu Simonian. Deux ans après la sortie de leur single à grand succès Safe and Sound, les deux compositeurs accompagnés de leurs quatre musiciens lancent In a Tidal Wave of Mystery.

Safe and Sound, vous l’avez probablement déjà entendue et aimée instantanément. Elle introduit l’album, elle est sweet comme un baiser spontané, elle est une merveilleuse comme ponctuation, mais elle perdrait vite son charme si on la répétait ad nauseam. Quoiqu’avec Capital City, c’est un peu de même pour toutes les chansons…

Parce qu’on ne se le cachera pas, In a Tidal Wave of Mystery est un album largement superficiel. Au beau milieu de celui-ci trône l’hymne au good shit intitulé Farrah Fawcett Hair qui en vedette Andre 3000. À partir de là, plus aucun doute sur l’unique objectif de l’album : nous faire sentir bien… et c’est saprément bien réussi! Au point où j’aurais du mal à écrire que c’est un album en anglais. D’après moi, c’est essentiellement un album en langage international du party :

« Love, just love away, just do it every day, just do it every way » (Love away)

« On a mission, on a mission, gonna get it right, don’t think about it, I don’t think about it » (Center Stage)

« I want it all and nothing less, I want it all, I want the best for you, I’m telling you the truth » (Patience gets us nowhere fast)

« You know it when you see it, you know it when it’s there, like Michael Jackson Thriller, like Farrah Fawcett Hair, it’s good shit (3x). Oh Yeah! » (Farrah Fawcett Hair)

Vous voyez ce que je veux dire?

C’est quand même malhonnête de ma part de séparer ces paroles de leurs synthé, basse, guitare, trompette, batterie et échantillons de voix, parce qu’elles ne forment qu’un minuscule fil dans le grand patchwork musical assemblé par Capital Cities, dont les matières premières sont le dance, la trance, le disco, la techno, la soul, le reggae et les autres sonorités qu’ils ont recyclées pour notre plus grand plaisir. Le tout, cousu avec du feel good très léger, mais bien robuste.

En tout cas. Écoute donc ça, pis fais-moi accroire que tu n’aimes pas ça :

Ma note : offset_6

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Critique : Horrorshow – « King Amongst Many »

Horrorshow - King Amongst Many

Pour ma première chronique sur ecoutedonc.ca, j’ai décidé de sortir des styles de musique habituellement mis en vedette ici, et de vous présenter un excellent album de rap australien.

Horrorshow ne fait pas du rap d’automobile avec un subwoofer dans le coffre et un rétroviseur qui vibre. C’est du rap qui s’écoute avec des écouteurs et un café dans le bus du matin, avec une chaîne stéréo maison quand on a quelque chose d’important à préparer, avec un matelas ou un sofa et le livret des paroles, avec un verre à la main et plein de monde qui groove dans une petite salle…

Parce que King Amongst Many est un album mesuré, subtil. Manifestement, Solo et Adit, les deux membres d’Horrorshow, sont des passionnés de musique. Leurs instrumentaux sont riches, vivants et propres. Ils respirent le blues, le jazz, le funk, l’électro, le tribal et plus encore. Ajoutez à ça le lyrisme d’élite qu’exhibe généreusement Solo dans chacune de ses pièces, et vous obtenez un album qui surprend coup sur coup par sa profondeur.

La musique est rythmée sans devenir agressive. Les paroles laissent place à une démarche artistique authentique et ambitieuse qui jette regard critique sur l’humanité, avec une perspective historique toujours franche, souvent touchante, et parfois brutale. Trop souvent, la scène rap devient une tribune pour le narcissisme. Horrorshow ne tombe pas dans le piège. La performance vocale irradie la confiance en soi : les couplets sont clairs et posés, et les refrains sont amples et pleins d’âme. On ne peut pas dire que Solo rappe avec le flow le plus magnétique sur terre, mais dans le cas de King Amongst Many, c’est le prix à payer pour que l’on puisse bien comprendre ses textes si brillamment travaillés.

Si vous ne connaissez pas Horrorshow, je vous suggère fortement de les découvrir, et quoi de mieux pour ça qu’une version acoustique d’un des hits de leur album précédent.

Ma note : offset_8