[SPECTACLE] Limoilou en musique – Jérôme Casabon et Pépé et sa guitare, 18 juin 2017

Jérome Casabon – Photo : Jacques Boivin

Ce sont les spectacles de Jérome Casabon et de Pépé et sa guitare, présentés par ecoutedonc.ca, qui ont clos de manière festive cette édition 2017 de Limoilou en musique, événement organisé par les Productions Limoilou en Vrac. (En passant, chapeau aux organisateurs, aux bénévoles et à toutes les personnes impliquées dans l’événement, belle réussite!)

Après s’être déversé sur nos têtes une partie de l’après-midi, le ciel s’est heureusement mis beau le temps des deux prestations. Les quelques flaques d’eau restantes à l’intersection étoilée formée par la 3e Avenue/6e Rue/Canardière ont fait des heureux parmi les enfants présents, dans l’attente des artistes. Pour les grands, il y avait de la sangria et de la bière!

Jérome Casabon – Photo : Jacques Boivin

On peut dire que le charismatique Casabon a le tour pour mettre la foule dans sa poche. Difficile de résister au p’tit côté givré de l’auteur-compositeur-interprète, qui sait d’ailleurs s’entourer de collaborateurs talentueux (ici, pour l’occasion, Ben Shampouing à la guit, Bruno Lemieux à la batterie et Cédric Martel à la basse). Ils nous ont bien dégourdis avec leurs anecdotes, leurs mimiques et leurs chorégraphies bouffonnes. Nos coups de coeur? Les pièces Hockey cosom, C’que la vie me dit et Même si (pendant laquelle une jeune ado est venue par surprise chanter quelques lignes) du plus récent album, Pas pire content (2017). On a aussi eu droit à quelques classiques du défunt Casabon, tels que Shit s’a tab. 

On a apprécié l’aisance et la désinvolture du trio, la fluidité du spectacle, sans oublier – bien entendu – les compositions folk imagées, qui en ont sans doute rendu plus d’un nostalgique des belles et moins belles années de la vingtaine. Mention spéciale au V-neck.

Pépé et sa guitare – Photo : Jacques Boivin

Le bon Pépé et son fidèle destrier à six cordes a pris le relais devant un public juste assez dense pour s’ébrouer avec le sourire. D’ailleurs, le courant semblait passer à merveille entre lui et cette foule déjà bien réchauffée – au sens propre comme au sens figuré. Son style « chansonnier rigolo » s’inscrivait d’ailleurs dans une continuité on ne peut plus exemplaire avec son prédécesseur.

Fort d’une quinzaine d’années à manier son précieux outil devant public un peu partout dans la province et au pays (et aussi en France), Pépé semblait en plutôt bonne shape, faisant de nombreuses fois référence, fidèle à lui-même, à sa tendre épouse. Nous avons pu goûter, outre ses savoureuses anecdotes et paraboles, à une panoplie de classiques tirés de son répertoire bien garni, notamment Bobette Bob, Toué tu l’as, Un café un bat, Mal fourré, Barre ça , ou la plus récente Mon avis (de l’album Tout le monde veut jouer avec Pépé, 2016), pour n’en nommer que quelques-unes. Il nous a également égayés de belle manière avec son ukulele en interprétant notamment les amusantes Cerveza et Hawaï.

Qui n’a pas rêvé de pouvoir s’asseoir sur une bûche autour d’un feu de camp, sous un ciel étoilé, une p’tite frette entre les jambes, pour chiller quelques heures avec Pépé, sa guitare pis toutes ses histoires? Si on ajoute un Casabon dans l’équation, ça serait encore mieux!

En bref, une belle soirée amusante, pas stressante, entouré de bon monde et de beaux sons. Quoi demander de plus pour finir un week-end en beauté?

Photos : Jacques Boivin

[SPECTACLE] Jettison Horses et The Fleshtones, L’Anti Bar & Spectacles, 20 mai 2016

Êtes-vous étonnés d’apprendre que les Fleshtones ont célébré leurs 40 ans d’histoire ce mois-ci, d’autant plus qu’ils ne se sont jamais séparés? C’est effectivement en 1976 que la formation s’est produite pour une première fois au célèbre et défunt CBGB à Manhattan. Comme je les avais manqués à leur dernière venue à Québec dans le cadre des Nuits psychédéliques de Québec l’an dernier, et puisqu’on m’avait abondamment vanté leurs mérites, je me sens donc particulièrement chanceuse et choyée d’avoir pu me reprendre avant de mourir. Ou avant qu’eux meurent. Bref.

Si vous les avez ratés jeudi soir à L’Anti Bar & Spectacles, je suis réellement et sincèrement navrée pour vous. Inutile de dire que vous avez manqué toute qu’une prestation, comme en témoignent les éloquentes photos de l’ultra talentueuse Marion Desjardins. (Je vous laisser quelques instants pour aller pleurer en petite boule dans un coin tout en vous jugeant pour votre absence.)

0505JettisonHorsesJe vais d’abord glisser un petit mot sur la jeune formation de Québec, les Jettison Horses, qui ont ouvert le bal de belle façon avec leur rock franco/anglo plutôt déjanté, tantôt progressif, tantôt funk, malgré un public très peu dense et plutôt timide. En fin de soirée, les derniers à sortir ont eu le plaisir de se voir offrir leur démo d’un rose pétant dont chaque exemplaire, fait main, est unique.

http://jettisonhorses.com/

Je passerai outre le fait que la salle est demeurée un peu trop clairsemée à mon goût pour ne me concentrer que sur les Fleshtones, leur show et les amateurs de rock garage et de rock ‘n’ roll qui ont pris la peine de se déplacer pour cette occasion plutôt rarissime. Étais-je la seule à ne pas être tout à fait prête à me faire « garocher » autant d’énergie au visage un jeudi soir? Les fringants messieurs aux souliers pointus et aux tempes grisonnantes – mais dont l’attitude, avouons-le, les rajeunit de quelques décennies – ont fait une entrée remarquée par la porte de derrière en offrant, avant de monter sur scène, des poignées de main à monsieur madame Tout-le-monde. Leur familiarité et leur proximité avec leurs fans m’ont d’ailleurs franchement fascinée tout au long de la soirée, sans oublier, bien entendu, leur talent brut pour le rock dansant, leurs chorégraphies, leurs acrobaties et leurs coups de pied. Visiblement, le quatuor est plus qu’un simple groupe de musique : c’est carrément une famille. On comprend aussi, à les voir aller, que travail rime carrément avec plaisir.

3325TheFleshtonesLeur joie de vivre contagieuse s’est répandue comme une traînée de poudre, et la foule, qui avait l’espace plus que suffisant pour le faire, a pu s’adonner à tous les pas de danse possibles et imaginables, encouragée par le charismatique Zaremba. Il y avait une incroyable vibe d’amour à L’Anti, et ça a fait rudement du bien au moral.

Comme des photos valent mille mots, je me tais immédiatement pour laisser le soin à celles-ci d’opérer leur magie.

P.S. Voici quelques-unes des pièces que nous avons pu entendre :

Bigger and Better (Beachhead)
Going Back to School (Take a Good Look!)
Feels Good to Feel (Take a Good Look!)
Let’s Go! (Laboratory of Sound)
Gotta Get Away (chanson des Rolling Stones)
Love My Lover (nouvelle chanson, 2016)
Dominique Laboubée
I Surrender!
Remember the Ramones
(Wheel of Talent)

I Was a Teenage Zombie
Pretty Pretty Pretty
(Beachhead)
Veo la Luz (Wheel of Talent)

 

[SPECTACLE] 5 FOR TRIO ET HARFANG AU VIEUX BUREAU DE POSTE À LÉVIS

Quelle soirée exquise que celle du 11 mars dernier au Vieux Bureau de poste de Lévis! Une salle comble attendait les deux jeunes groupes ultra-talentueux de la Vieille-Capitale, tous deux réunis pour nous offrir une belle complémentarité dans les genres.

Aussitôt sur scène, le trio de jazz progressif 5 for Trio, que certains ont pu découvrir l’été dernier sur la scène Hydro-Québec du FEQ, a investi nos oreilles de leurs mélodies immersives. Dans la plupart des spectacles auxquels j’ai assisté, rares ont été ceux où je n’ai pas cherché à garder un visuel sur les musiciens. Cette fois, j’ai plutôt gardé les yeux fermés une bonne partie de la prestation, car tout se joue au niveau de l’écoute et de l’effet introspectif de leur musique sur soi. Une expérience assez déstabilisante que je vous invite à vivre.

La prévalence instrumentale du groupe est à des années-lumière de ce qu’on entend tourner sur les ondes commerciales. Pour vivre pleinement l’expérience 5 for Trio, il faut avoir une bonne ouverture d’esprit pour le jazz moderne qui frôle, par moments, le rock progressif (je pense entre autres à Gentle Giant et à Radiohead; ils ont d’ailleurs offert une version instrumentale réinventée de la chanson High & Dry). L’oreille non avertie pourrait être surprise par les gammes et les rythmes inusitées avec lesquels s’amusent les musiciens, mais quelques chansons suffisent à apprivoiser les tympans plus réticents. Au plan de l’exécution musicale, j’ai été étonnée de constater autant de justesse chez de si jeunes talents compte tenu du niveau de difficulté technique élevé des pièces. Le tout est demeuré fluide, malgré quelques petits écarts de tempo, vite oubliés, du côté de la (superbe) Ibanez AS-200. Profitons-en pour souligner l’excellent travail de sonorisation de la salle.

Les musiciens nous ont offert un crescendo d’intensité avec leur setlist en allant puiser assez largement dans leur œuvre : Génétiquement modifié (2013), Witness & Reactions (2014), et leur petit dernier, Garder la tension (2015), que vous pouvez d’ailleurs écouter sur leur site. Nous avons entre autres pu entendre La légende du chasse-neige, Guet-apens et la superbe Comment savoir?.

C’est tout un défi, je pense, de savoir capter et maintenir l’attention d’une foule lorsqu’il n’y a pas de refrain à fredonner, et 5 for Trio y parvient avec brio. Pourra-t-on les entendre sur scène accompagnés de certains de leurs collaborateurs vocaux? Ce serait fort intéressant.

Je vous invite à consulter leurs différentes pages pour connaître les dates de leurs spectacles à venir et avoir un aperçu de leur travail. Bonne écoute!

Site Web : http://www.5fortrio.com/
Page Facebook : https://www.facebook.com/5fortrio/?fref=ts
Bandcamp : https://5fortrio.bandcamp.com/

[SPECTACLE] Guillaume Beauregard, 2/12/2015, Le Cercle

Soir de novembre grisaillant, pluviasseux, morose qui te ruine pas pire un moral.

Par paresse typique du 418, j’arrive au show alors qu’il est déjà commencé, mais j’ai tout de même le temps d’attraper une couple de chansons de J.-P. Lagacé (Soulbreaker). Sérieusement, le gars « en a d’dans ». Ça prend quand même un sacré guts en 2015 pour susciter l’intérêt d’une foule avec rien d’autre que son plectre, son gosier puis son harmonica. On est quand même sur la scène du Cercle en milieu de semaine juste avant Guillaume Beauregard, pas à la P’tite Grenouille un vendredi soir devant un public titubant. La foule 25-35 ans, ni dense ni clairsemée, se montre plutôt réceptive au folk-punk du compositeur-interprète-philosophe issu de Ayer’s Cliff, qui est d’ailleurs le nom d’une de ses ballades. Il ne réinvente pas la roue en termes de genre, mais sa présence et son interprétation dans la langue de Shakespeare est généreuse et bien sentie.
Il se produira en février dans le cadre d’un spectacle dont les profits seront versés aux réfugiés syriens (détails à suivre).

https://www.facebook.com/soulbreakerqc/

 

Comme il l’a fait dimanche dernier au GAMIQ (il était nommé dans la catégorie « album pop de l’année de l’année » mais n’est monté sur scène que pour collecter les deux Lucien dédiés à ses amis de Tire le Coyote, alors absents), Guillaume Beauregard a encore dévoilé son petit côté pince-sans-rire – en montrant toutefois ses dents à quelques reprises. Bien assis sur son tabouret et devant une foule étonnamment silencieuse, il raconte, entre chaque ballade, sa transition entre les Vulgaires Machins et sa carrière solo, et ce, dans un langage plutôt coloré.

« Tu te pars pas un projet solo comme tu pars sur la brosse. »

Difficile de départager le vrai du faux, mais ça ne fait rien; la foule embarque dans son histoire et devient rapidement complice. Son récit est le fil conducteur entre ses ballades intelligentes, toutes issues de son premier album, D’étoiles, de pluie et de cendres.

La soirée est fluide, sans temps mort, sans malaise, sans anicroche. Le groupe ne se prévaut d’aucun effet lumineux ou visuel pour accompagner sa pop mélodieuse; il n’y a même pas de drum – le guitariste tape du pied sur son étui de guitare amplifié. Un trio de musiciens doués, des harmonies vocales réussies, une foule attentive, une ambiance relax, de bons fous rires; voici la recette gagnante pour une soirée délicieuse qui finit par nous faire oublier la tristesse de novembre.

GB_Cercle
Guillaume Beauregard a cappella au Cercle

 

http://guillaumebeauregard.tumblr.com/
https://www.facebook.com/Guillaume-Beauregard-562659037196084/?fref=ts

MISE À JOUR

On a quelques photos du show du lendemain à la Salle Pauline-Julien de Trois-Rivières, gracieuseté de notre photographe Izabelle Dallaire :

LE FESTIF de Tats

Photo : Tatiana Picard
Photo : Tatiana Picard

Il s’agissait pour ma part d’une deuxième visite à Baie-St-Paul, mais d’une première expérience pour ce qui est du Festif. Comme j’avais adoré arpenter les rues de cette belle petite ville à proximité de mon patelin d’origine (je suis native de Château-Richer), j’étais non seulement fébrile à l’idée de voir s’y produire plein d’artistes que j’aime – et d’autres que j’avais hâte de découvrir – mais aussi très curieuse de suivre le déroulement général de l’événement dans cette ville d’à peine plus que 7 000 habitants. En rétrospective, je peux affirmer que le Festif ne se résume pas simplement à aller voir des spectacles. Voici un récit vraisemblable de ce qu’aurait pu être ton Festif, suivi d’un petit bilan de certains spectacles que j’ai eu la chance de voir.

Des festivaliers heureux - Photo : Jacques Boivin
Des festivaliers heureux – Photo : Jacques Boivin

Tu as acheté un laissez-passer pour aller voir un spectacle ou deux le vendredi soir – Planet Smashers et Reel Big Fish –  avec tendre moitié pis rentrer vers minuit, peut-être, si vous ne vous tannez pas avant la fin.

Vous arrivez tôt pour aller souper en tête à tête dans un bon p’tit resto de la place. Ta tendre moitié tente de prendre en cachette une photo du chanteur de Radio Radio en train de souper à côté. Vous mangez et buvez allègrement, de la maudite bonne bière de la place à part de ça. En marchant ensuite vers votre destination, comme il vous reste du temps, vous vous laissez attirer par un attroupement hétéroclite de musiciens en train d’interpréter le Chant du Bum assis en indien dans le parc des Jammeux (J’aurais dû, ben dû, donc dû farmer ma grand’yeule!).

En attendant d'écouter de la musique, on peut aussi en jouer!
En attendant d’écouter de la musique, on peut aussi en jouer!

Un peu plus loin, au dépanneur du coin, vous croisez par hasard une gang d’amis d’enfance avec qui, finalement, vous allez finir par danser et trasher votre vie pendant deux heure au son des Planet Smashers et de Reel Big Fish. Tu te tapes même, vers dix heures et demie, un trip bouffe avec des crêpes aux bleuets pis des sandwiches smoked meat aux kiosques de la scène Desjardins. Étonnamment, tes lunettes sont intactes. Entre les deux spectacles, une fanfare sortie de nulle part – What Cheer? Brigade – est venue jouer en plein milieu de la foule. Cool! Dehors, il fait 10 degrés, et tu as perdu ton T-shirt dans le mosh pit, mais ce n’est pas grave parce que dans ton cœur – et dans le chapiteau – il fait chaud en bout-de-ciarge. La bonne bière de la MBC (dans un verre réutilisable pendu à ton cou) contribue aussi à te garder au chaud.

En sortant se vider la vessie, ta tendre moitié croise à son tour une amie d’enfance avec sa gang qui s’en vont voir Louis-Philippe Gingras et Mononc Serge au centre communautaire. Vous êtes curieux de découvrir ça, fait que vous décidez de les suivre. La soirée est encore jeune, même si vous n’avez plus vingt ans.

La lumière du camping au bout du tunnel. Photo : Tatiana Picard
La lumière du camping au bout du tunnel. Photo : Tatiana Picard

Quand, à trois heures et demie du matin, exténués et sans voix pour avoir trop chanté et fêté, vous regagnez votre mignonne petite chambre d’auberge au centre-ville si vous avez été assez wise pour réserver tôt (sinon, l’habitacle de votre véhicule stationné à proximité, votre chambre de motel trop louche de Saint-Urbain ou bedon votre tente dans le parc du Gouffre où la fête se poursuivra jusqu’à l’aurore autour d’un immense feu de joie), vous vous apercevez que votre plan initial ne ressemble en rien à ce qui est en train de se passer.

Ce qui fait que lendemain matin, vous vous rendez dans le stationnement de l’église pour vous racheter un autre laissez-passer parce que vous avez juste trop trippé.

– Fin d’une charmante histoire inventée, mais pas tant que ça –

[SPECTACLE] Machines Géantes, Bronco et WD-40, salle Multi (studio d’essai), 12 juin 2015

C’est dans une salle ou ma présence a probablement fait descendre la moyenne d’âge que j’ai eu le plaisir de goûter à une belle gamme de rock vendredi soir dernier. Le studio d’essai de la salle Multi, ni trop grand ni trop petit, était fort bien choisi pour l’occasion. On pardonne aisément aux organisateurs la pénurie de bière à la fin de la soirée puisque, après tout, c’est le bon rock qui donne soif.
Résumé d’une soirée marquée par l’efficacité, le talent… et la nostalgie.

MACHINES GÉANTES

Machines géantes - 150612-02J’avoue bien humblement – et avec regret – que j’ignorais tout de Machines Géantes avant de les voir sur scène. Le trio montréalais, composé de trois rockeurs aguerris, alignent avec une célérité surprenante leurs amplis et autre gear, qui font quelque peu saliver. Et le résultat ne déçoit personne. Les gars nous livrent, avec une énergie brute et dans une abondance de cheveux, un authentique blues rock sale aux sonorités vintage incroyablement efficace relevé d’une délicieuse touche psychédélique. On fait connaissance avec leur album Machines Géantes, notamment les titres T’es rendu où?, Dans un vortex, Tattoo en morceaux, pour n’en nommer que quelques-uns.
Les ceux et celles qui pensent que le rock ne se chante pas en français peuvent aller se recoucher. Le groupe sera de la partie au jeune festival Summer Love à Nédélec, dans la tropicale région de Témiscamingue, les 10 et 11 juillet prochain. Le roadtrip en vaut certainement la chandelle.

Vous pouvez aller vous perdre sur leur Bandcamp : https://machinesgeantes.bandcamp.com/
Vous pouvez également suivre leur pérégrination sur Facebook : https://www.facebook.com/MachinesGeantes

BRONCO

Bronco - 150612-22Tout droit sorti du downtown Limoilou, Bronco prend le relais avec une rapidité déroutante. C’est comme ça que ça opère, des pros. Car bien que la formation soit jeune – octobre 2014 – visiblement, les membres ont tous déjà plusieurs années d’expérience musicale derrière le jacket.
L’excitation monte d’un cran, et la foule continue de gonfler. À peine ai-je le temps de revenir des toilettes et de remplir mon verre que Gabrielle Noël Bégin et ses acolytes ont déjà commencé à faire résonner guitares et tambours. Et s’il y avait eu des mouches, je me serais sans doute étouffée : je n’étais pas réellement prête pour Bronco. En bref, leur rock décoiffe en s’il vous plaît. Le mandat de Bégin n’est pas reposant, mais elle l’accomplit avec brio et passion, tout en bottant solidement des culs. Vous ai-je dit que c’est aussi elle qui compose? Clairement, la fille a la musique tatouée dans les gènes. L’album Hell Racers, composé de cinq pièces minutieusement arrangées, roule probablement en boucle dans plus d’un véhicule depuis vendredi (c’est le cas dans le mien).

On aura la chance de revoir le fougueux quatuor de metal / rock’n’roll fendre le ciel à Limoilou en musique le 20 juin prochain, juste avant Mononc’ Serge. Les amateurs de Black Sabbath, Led Zeppelin, Monster Truck et autres du genre y trouveront assurément leur compte. Préparez-vous!

https://broncoqc.bandcamp.com
https://www.facebook.com/BroncoQc
http://www.broncoqc.com/

P.S. Mention spéciale à Olivier Hubert, tatoueur professionnel, qui a conçu le superbe logo du band figurant notamment sur le T-shirt officiel et la batterie.

WD-40

WD-40 - 150612-50(Collaboration spéciale : Jacques Boivin) Oh, ce que les fans de Québec s’étaient ennuyés d’Alex Jones, de ses complices et de ses chansons d’une poésie trash inégalable! Malgré le fait qu’il y avait au moins trois autres bons spectacles à voir au coeur de la ville, plus d’une centaine de fans ont répondu à l’appel du Mois multi et de Consult’Art et le studio d’essai du complexe Méduse ne manquait pas de gens fin trentaine-début quarantaine motivés et assoiffés.

Après avoir été gonflée à bloc par les prestations de Bronco et de Machines géantes, la foule était prête pour un party endiablé où Jones, Jean-Loup Lebrun et Hugo Lachance ont entremêlé grands classiques, pièces composées dans les années 2000 et petites nouvelles. Le country-rock garage de WD-40 était vraiment apprécié du public, et ce qui devait arriver arriva :

  • Les fans ont improvisé un moshpit qui couvrait la moitié de la petite salle (voir des quadras se rentrer dedans avec entrain, ça fait toujours plaisir, même si ça semble faire moins de bien à l’épaule qu’à l’époque…).
  • Alex Jones, ému par tant d’amour chaleureux, s’est mis en bedaine au milieu du show, au grand plaisir de ses admiratrices.
  • Des petites culottes ont été lancées à Jones, qui n’a pas perdu de temps à se les mettre sur la tête l’espace d’un instant.
  • Le public a bu toute la bière et a même épuisé des réserves d’urgence!
  • Alex Jones chante Pendant que les champs brûlent de Niagara pis les fans connaissent la chanson!

Tout pour le rock, qu’il chantait. Tout le monde est d’accord.

(Photos : Jacques Boivin/ecoutedonc.ca)

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[SPECTACLE, ENTREVUES] Charlie Foxtrot, Mauves, les Trimpes, Whisky Gallery et Doloréanne à la salle Multi du complexe Méduse

C’est après un bon repas à la Cuisine, sympathique resto-bar non loin, que je me suis dirigée jeudi soir dernier vers la salle Multi du complexe Méduse pour assister à une soirée plutôt bigarrée à tendance rock.

J’oublie rapidement la porte encore barrée à 19h15 pour pénétrer dans la grande salle. Je rejoins des amis, je serre des mains et je jase. L’ambiance est bonne, bien que les gens arrivent au compte-gouttes. Dans le courant de la soirée, j’ai le plaisir de m’entretenir avec Alexandre et Émile, de Doloréanne, ainsi qu’avec Paul, de Whisky Gallery. Voici mon humble compte rendu de mes rencontres et des prestations.

DOLORÉANNE

La foule du Multi accueille d’abord la jeune formation de Québec venue briser la glace vers 20 h 30. Les cinq brillants et talentueux êtres humains – pour la forme : les frères à la fougueuse crinière Éloi et Émile (piano et clavier; chant/guitare), Frédérique (violon), Jean-Christophe (batterie) et Alex (basse) – nous interprètent les chansons de leur album éponyme, ainsi que leur petite dernière, Émilie – il paraîtrait que le vidéoclip s’en vient d’ici deux semaines, on a hâte! – pour une prestation sans anicroche.

On aime la simplicité de leur poésie franco, leur attitude ingénue sur scène et, bien entendu, le caractère distinct qu’apporte le violon à leur pop rock rafraîchissante. Les musiciens nous offrent un spectacle bien rodé, et ça sonne bien, quoiqu’on aurait peut-être poussé un peu plus le son du micro.

Après la prestation, je retiens Alex par la manche pour lui poser quelques petites questions. « J’peux-tu amener Émile? » Bien sûr, chose!

En parlant avec les gars, on devine leur passion pour la musique, pour leur projet, et que cette passion sert de trame à leur amitié. On sent que l’un ne va pas sans l’autre. Doloréanne m’apparaît comme une belle histoire de collaboration et d’entraide. Les gars sont sincères et lucides – on peut suivre sporadiquement leurs aventures dans la section Blogue de leur site Internet – et on comprend que leur succès est assuré par le travail de chacun. « On fait tout, tout seuls, pas mal. » Plutôt inspirant.

Récemment, ils ont engagé quelqu’un pour faire la promotion de leur nouveau single, Émilie, dans les stations de radio. Cette démarche semble porter fruits, puisqu’on peut désormais les entendre à CKOI et peut-être sur les ondes d’une autre station populaire bientôt.

Doloréanne

Côté spectacles, la bande consacre ses énergies à la préparation d’un futur album. Je leur souhaite du courage dans cette belle entreprise et tout le succès qu’ils méritent.

Vous pouvez vous procurer gratuitement leur musique via leur superbe site Internet, conçu par nul autre qu’Alex. Vous pouvez les retrouver également sur Bandcamp, YouTube, Twitter et Facebook.

www.doloreanne.com
http://doloreanne.bandcamp.com/

 

WHISKY GALLERY

La soirée prend un virage punk rock avec la prestation d’une autre jeune formation de Québec formée de trois bons chums : Paul (batterie), Hugo (guitare et voix) et Maxime (basse).

En jasant avec Paul, j’apprends que leur histoire a débuté dans un party de Noël au cours duquel ils ont joué côte à côte. Comme ça a cliqué, ils ont continué à pratiquer ensemble régulièrement pour le plaisir. Quelques années plus tard, ils se sont décidés à former un groupe et ont adopté le nom de Whisky Gallery (à l’issue d’un mardi soir bien arrosé sur une terrasse du Petit-Champlain. On aurait aimé y être.)

« On a pris notre temps, on a rodé nos trucs, puis là, on s’est lancé. Ça va super bien à date. »

Effectivement, les choses ont déboulé plutôt vite pour le groupe au cours des derniers mois. On a notamment pu voir la bande de joyeux lurons se produire à différents endroits (la Source de la Martinière, le sous-sol du Cercle et le bar L’Autre Zone). On les attend d’ailleurs à nouveau à la Source au mois de mai, et ils seront de passage au Bal du Lézard en avril.

Les gars ont des fans fidèles et semblent d’ailleurs avoir attiré le tiers du public présent à la salle Multi. On comprend leur succès grandissant en constatant leur assurance et leur prestance sur scène. C’est du solide. Les refrains s’ancrent dans la tête. Le public chante et bouge dès les premières notes, lesquelles ne mentent pas : on a affaire à du travail musical de qualité. Qui écrit et compose? « C’est Hugo à 97,7 % (…) ça dormait dans lui depuis longtemps. » Compte tenu des influences punk des années 90 du groupe (No Use for a Name, NOFX, Lagwagon, Pennywise, pour ne nommer que ceux-là) et du fait qu’ils veulent ratisser large côté public, Hugo compose en anglais. Ils envisagent écrire en français lorsqu’ils seront plus établis. Parlant franco, Louis-Jean Cormier et Jean Leloup tournent en boucle dans les oreilles de monsieur Parisé depuis quelques semaines. J’approuve!

Whisky Gallery

On peut encourager le band en se procurant CD et articles promotionnels (comme leurs superbes T-Shirts) et en suivant leur parcours sur leur page Facebook et Reverbnation.

https://www.facebook.com/whiskygallery69
http://www.reverbnation.com/whiskygallery

 

LES TRIMPES

La préparation de la scène prend une bonne vingtaine de minutes. La foule, réchauffée, en profite pour aller s’hydrater. Beaucoup d’équipement derrière les Trimpes, qui fêtent leur première année d’existence. Les connoisseurs autour de moi devinent ce qui s’en vient rien qu’à voir les guitares et les amplis s’aligner. On a hâte d’entendre ce qu’ils nous préparent (c’est la première fois que je les vois).

Eh, bien! Toute qu’une claque su’a yeule, si je puis m’exprimer ainsi. S’il y a quelque chose qui va me hanter toute ma vie par rapport à cette soirée-là, c’est sans contredit le chanteur, dont l’abdomen proéminent orne le chandail promotionnel du groupe (sur lequel on peut lire Rock ‘n’ Big). Impossible de détacher mes yeux du ventre dodelinant qui jette de l’ombre sur le reste de la formation. Je ne suis pas convaincue par le concept, mais j’essaie tout de même de me concentrer sur la musique.

Trimpes

En gros, on a affaire à du bon vieux rock, trash à souhait et chanté en français. Les gars semblent aimer se prendre pour des rock stars. Ça boit, ça pose les jambes dans les airs, ça crache, ça fait semblant d’éjaculer sur la foule, ça envoie du mousseux partout pis ça garoche des cannettes sur la foule, laquelle a d’ailleurs reculé pour éviter de recevoir les matières et sécrétions projetées. Petit malaise, mais j’en ai vu d’autres.

Autre malaise : la choriste – dotée d’une belle voix, juste et puissante – n’est sorti des coulisses que pour une seule chanson et elle a passé celle-ci à se déhancher et à se frotter sur le chanteur. Je trouve que ce n’est rien pour briser les bons vieux stéréotypes associés au genre.

Tout de même, je constate qu’une partie du public est conquise. Il y a des têtes qui hochent. Le son est un peu brouillon et on ne distingue pas très nettement les paroles, mais on devine bien les thématiques de par les fréquents mouvements de bassin de Germ (le chanteur). À chacun ses goûts.

Pour découvrir : https://www.facebook.com/lestrimpes

 

MAUVES

Oui, j’ai un parti pris pour Mauves. Ils sont bons, beaux, puis aussi – t’sais – talentueux à souhait. Qui plus est, ils sont issus de mon quartier chouchou, Limoilou. (Je vous invite tout de suite à consulter leur page Web pour découvrir leur parcours intéressant.)

http://www.mauves.ca/

Abstraction faite des difficultés lors de l’ajustement des micros, des problèmes de basse et des lunettes qui tombent (cute pareil), c’est une solide demi-heure de prestation.

Inutile de mentionner que le style tranche solidement avec le précédent. Les gars sont en feu, à leur manière. Il s’agit d’un rock introspectif, sensuel. La foule se calme un peu le pompon et écoute avec attention; la magie opère.

La voix pénétrante d’Alexandre Martel nous hante. ET ON COMPREND ENFIN LES PAROLES!

On s’immisce avec intérêt dans l’univers planant du groupe et on suit avec curiosité leur prestation ponctuée des savoureux déhanchements qui les caractérisent si bien.

Mauves

Est-ce que je peux toucher?

 https://www.facebook.com/lesMauves?fref=ts

CHARLIE FOXTROT

Avant que leur prestation ne commence, je me dis : « Ah, j’vais aller me coucher après une toune ou deux, je suis fatiguée pis je travaille demain. »

Je suis restée jusqu’à la fin.
J’ai même dansé.
J’ai également participé à un mosh pit (fosse, devrait-on dire) de huit personnes et quart devant la scène.

Force est d’admettre que la fatigue n’a pas eu raison du plaisir fou que j’ai eu à les entendre. Leur énergie est contagieuse, leur thématiques, crues et pertinentes, et leur interprétation, tout simplement impeccable. Que vouloir de plus?

Je me procure cette semaine leur dernier disque, La mèche courte.

Charlie a offert une prestation sentie et colorée aux quelques irréductibles spectateurs. J’ose affirmer que l’excellent groupe de rock garage franco, qui roule sa bosse depuis 2009, méritait cependant mieux en terme de nombre de spectateurs présents. Toutefois, les quelques chanceux qui sont restés ont su faire honneur au plancher de danse.

La pose suivante m’a permis d’immortaliser leurs jolis minois :

Charlie Foxtrot
Merci, Charlie, de nous avoir fait suer ;)! Revenez vite, je vous en prie.

plectreCF

 https://www.facebook.com/charliefoxtrotqc/
https://charliefoxtrot.bandcamp.com/

[SPECTACLE] Le FFEQ présente : Doloréanne et Alex Nevsky au Cercle

Pouvez-vous bien me dire ce qu’Alex Nevsky et ses charmants acolytes mangent tous pour être beaux et bons de même? Seigneur.

Précédé de Doloréanne, jeune formation pop rock de Québec qui a présenté avec simplicité et candeur les titres de son répertoire, dont la prometteuse Émilie, Alex Nevsky et sa bande nous ont livré hier, dans le cadre de la soirée-bénéfice du Festival du film étudiant de Québec (FFEQ), une prestation inattendue.

Dans un élan d’affection rarement vu, le groupe s’est mis à nu devant nous pour nous offrir la crème de la crème de sa poésie. Le sourire fendu jusqu’aux oreilles, l’énergie débordante, la douce folie et le charisme de l’ensemble des membres du groupe ont fait office de jets de feu, de confettis et de lasers. Ils nous ont «garoché» de l’amour à la pelletée – en français, s’il vous plaît (wink wink) – et à grands coups de talent. Avions-nous affaire à un show de magie ou de musique?

pa, pa pa pa pa pa, pa paha pa…

Le groupe a réchauffé la salle à commencer par la très sensuelle Himalaya mon amour, chanson thème de son dernier opus (qui, soit dit en passant, DOIT figurer dans votre collection franco). Il a poursuivi, toujours avec un plaisir contagieux et faisant chaque fois monter le taux d’humidité d’un cran, avec entre autres, et pas nécessairement dans l’ordre, Vivre pauvre, On leur a fait croire, Je te quitterais et Crions ensemble. Au rappel, c’est dans un parfait silence – du jamais-vu au Cercle pour ma part – que nous avons frémi ensemble sous la généreuse caresse de Koh Tao pour ensuite jubiler de plaisir dès les premières notes de Les coloriés.

C’est en parfaite maîtrise de la scène et de lui-même que le beau Granbyen aux yeux verts a su maintenir la foule en haleine entre chacun des titres, en symbiose avec ses complices.

Tantôt, il invite la foule à danser collé, à se frencher et à se pogner les fesses sur L’amour n’est pas qu’un slogan; plus tard, il demande à un fan d’interpréter a capella une chanson à répondre; pour rajouter un peu de piquant, le groupe nous improvise ensuite, et de manière fort convaincante, quelques succès empruntés, notamment Help Myself de Gaétan Roussel, Happy de Pharrell Williams (chantée par la fort talentueuse Laurence Lafond-Beaulne qui, nous souligne Nevsky, forme également la moitié du duo Milk & Bone), et Sweet Home Alabama de Lynyrd Skynyrd, sur laquelle le bassiste et le guitariste se sont d’ailleurs prêtés à un duel, dont le gagnant s’est mérité un câlin peu orthodoxe de la part d’une groupie en état d’ébriété.
(Pour être honnête, j’aurais pas haï ça, changer de place avec elle.)

Nos désirs ont été assouvis, mais on en voudra encore. Revenez vite!

NevskyCercle

Spectacle : Sam Roberts Band, Impérial de Québec, 1er mars 2014

À voir leur énergie prendre d’assaut la scène de l’Impérial de Québec hier dans le cadre des Nuits FEQ, tout le monde aurait pu jurer qu’ils avaient affaire à une bande de fringants vingtenaires. Pourtant, personne n’ignore que Sam Roberts Band a déjà une quinzaine d’années d’expérience derrière le collier de plumes, et c’est ce qui les trahit. L’exécution et l’attitude furent irréprochables, et les premières notes ont suffi à expliquer comment ils arrivaient toujours à remplir leurs salles.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que le groupe nous a présenté leur petit dernier, Lo-Fantasy, sans oublier ses plus grands classiques, comme Brother Down et Where Have All the Good People Gone?. La foule s’est délectée de ceux-ci autant que de leur nouveau côté givré, qui sied à merveille à la voix lascive de Roberts.

L’amateur de hockey et ses acolytes n’ont laissé personne indifférent, pas même ceux qui, comme moi, n’ont pas suivi avec attention leur progression après We Were Born in Flames, un incontournable du rock canadien. Ceux qui ont eu la vivacité d’esprit de rester pour le rappel ont pu entendre Chasing the Light, délicieuse surprise indie qui sonne comme une tonne de briques « en vrai ».

Hier, j’ai redécouvert Sam Roberts Band à la manière dont on revoit un vieux pote du secondaire perdu de vue depuis trop longtemps : avec émotion et plaisir, et la promesse de se revoir.

Photo : Festival d’été de Québec

Critique : 120 Days « 120 Days II »

120 Days
120 Days II
(Splendour)
5 mars 2012

Je me suis assise confortablement. Ai branché les écouteurs dans mon vieux portable. Ai monté le volume un tantinet. Ai cliqué sur « Play ». Ai fermé les yeux.

Frissons. High de quarante-trois minutes. Je me suis shooté le deuxième album de 120 Days, un quatuor de jeunes immatures propulsé dans le monde des grands en 2006 grâce au succès retentissant de leur premier disque éponyme. Il aura fallu cinq grosses années au groupe norvégien pour concevoir leur p’tit deuxième, mais cette période aura, à mon avis – et au leur –, été essentielle.

120 Days II nous offre un son plus virulent, plus intuitif et des développements hal-lu-ci-nants. Il vous donnera envie un jour de danser à en perdre haleine jusqu’aux petites heures du matin, le jour suivant, de vous donner corps et âme à un projet ardu. En gros, faites une croix sur le Red Bull. Les premières notes de l’album (Spacedoubt) ne laissent planer aucun doute sur l’identité des auteurs. Des synthés qui étourdissent, des bruits futuristes et atmosphériques qui font rêver debout, des incursions agressives de basse qui font gricher les oreilles, des percussions artificielles mais oh combien vibrantes qui nous rentrent dedans comme un solide jab; c’est du 120 Days tout craché. Et de cette gymnastique sonore, on en veut toujours plus.

Le talent de 120 Days réside avant tout dans leur musique, ce dont ils ne se cachent pas; le chant occupe une place accessoire, ce qui caractérise habituellement l’électro-indus/expérimental/dance/appelez-ça-comme-vous-voulez (j’ose dire que c’est bien ainsi, car l’effet « cacanne » dans la voix du chanteur me rebute quelque peu). On y goûte tout de même ici et là, bien qu’on ne peut s’empêcher d’être un brin déçu de ne pas pouvoir apprécier l’accent scandinave de nos jeunes Vikings.

Je ne suis pas prophète, mais mon petit doigt me dit que, si des groupes comme Kraftwerk ou Neu! vous branchent, l’expérience 120 Days à saveur électro années 80-ish devrait vous plaire. J’attends avec une grande impatience leur venue de ce côté de l’Atlantique.