[FEQ] Compte rendu, 8 juillet 2017

Paraît qu’il y avait du monde sur les Plaines. C’est ce qu’on a lu dans les journaux ce matin. On peut vous dire que c’était pas le seul endroit rempli au bouchon, car l’Impérial Bell affichait complet pas mal toute la soirée, et y’avait beaucoup de beau monde aussi à L’Anti!

Tour d’horizon de la troisième journée du Festival d’été de Québec.

Mais juste avant, nous aimerions féliciter Matt Holubowski, gagnant du prix Espoir FEQ 2017!

Floes, L’Anti Bar et spectacles

Floes – Photo : Jacques Boivin

Ça faisait un petit bout qu’on n’avait pas vu le supertrio de Québec et j’avais bien hâte de voir si Simon Tam, Samuel Wagner et Pier-Philippe Thériault avait du nouveau à nous proposer. Eh ben oui, on est sortis du cadre du majestueux EP Shade & Mirror pour découvrir quelques nouvelles pièces, toujours aussi aériennes, quelque part entre Bon Iver le vieux stock de The Weeknd. Les boîtes à rythmes, les synthés et la guitare se marient encore parfaitement à la voix cristalline de Wagner tout en marquant une évolution subtile par rapport à l’ancien matériel. Une brise fraîche qui faisait du bien, tant au corps qu’à l’âme. (Jacques Boivin)

Gypsy Soundsystem Orchestra, Scène Hydro-Québec

Ce sont les Balkans en pleine face que l’on se prend avec ce septuor tout aussi sympathique qu’énergique. Pas aussi punk et irrévérencieux que Gogol Bordello, le groupe suisse en jette par contre tout autant, misant davantage sur un métissage passant la salsa, la soul, l’electro et le hip-hop. D’ailleurs, parmi les sept musiciens de très haut niveau, je lève mon chapeau à Paps (non, pas comme la bière), le très solide MC du band qui a su électrifier le Carré d’Youville pour insuffler, à l’aide d’un flow de feu et un charisme rare, un réel coup de foudre à la foule qui l’a fait sentir sans gêne plus le show avançait.

Un band qui prend aussi sincèrement son pied sur scène ne peut qu’entraîner tout le monde dans la fête! (Christian St-Pierre)

Avec Pas d’Casque, Impérial Bell

Avec pas d’casque – Photo : Jacques Boivin

Avec Pas d’Casque ouvrait une soirée sous l’égide de Grosse Boite dans un Impérial plein à craquer. D’emblée, ils ont dès les premiers accords réussi à capter l’attention de la foule et ont su la conserver tout au long de leur performance, ce qui pour une première partie en temps de festival relève généralement du domaine de l’impossible. Si le concert à fait une belle part aux chansons d’Effets Spéciaux, c’est une mouture plus rock d’Intuition #1 qui a ouvert le spectacle. La troupe à Stéphane Lafleur avait même une surprise pour le public avec l’apparition des Soeurs Boulay pour chanter la fabuleuse Dommage que tu sois pris, j’embrasse mieux que je parle, pièce justement écrite d’un point de vue féminin. C’était merveilleux de voir Stéphanie et Mélanie visiblement émues d’être sur scène avec le groupe. Stéphane Lafleur a d’ailleurs mentionné que ce serait probablement sa seule occasion d’être «backing band». Le groupe a conclu sa performance avec la ballade Nos Corps (en ré bémol) sous des applaudissements nourris de la foule. Il y a fort à parier qu’ils ont vendu plusieurs albums aux non-initiés. Pour les initiés, l’absence de Mathieu Charbonneau (en tournée avec son autre groupe Timber Timbre) laisse un certain vide dans la palette musicale du groupe. Sans être central, il fait maintenant partie du décor. Ça a permis au guitariste de soutien d’être plus à l’avant-plan, mais le baryton et les claviers sont maintenant un ajout non négligeable au riche son du groupe. (Julien Baby-Cormier)

The Excitements, Scène Hydro-Québec

The Excitements – Photo : Philippe Ruel / FEQ

Après l’imbroglio de visa du jour d’ouverture, voici que la scène de Place d’Youville se trouve face à une autre situation délicate. À cause de soudains problèmes de santé affligeant la chanteuse et meneuse du band, la prestation de The Excitements a failli être compromise. Heureusement, bien qu’il ait eu lieu 30 minutes plus tard, le spectacle a débuté et la formation soul de Barcelone a livré une marchandise solide, qui a pris un cran d’émotivité devant la condition précaire de sa chanteuse. Avec sa crinière et ses allures félines, Koko-Jean Davis rappelle avantageusement Tina Turner avec une voix puissante et juste assez égratignée. Rodés au quart de tour, les musiciens ont livré une performance sans faille pour faire habilement preuve de toute la dignité exigée par les événements. En finale, Davis a dû répéter à plusieurs reprises sa reconnaissance et son amour à la foule, qui lui a rendu au centuple. Comme quoi les Québécois savent y faire quand humanité et compassion s’imposent. (Christian St-Pierre)

Pat Thomas and Kwashibu Area Band, Scène Hydro-Québec

Pat Thomas and Kwashibu Area Band – Photo : Philippe Ruel / FEQ

Quand on annonce un vétéran de l’Afro Beat, on se fait certaines attentes. Celui qui a été nommé Voix d’or de l’Afrique en 1978 (!!!) a bien du millage et ça se fait sentir tout de suite. Je vais être franc, la musique du monde n’est pas nécessairement ma tasse de thé, mais Thomas et ses troupes ont dû envoyer 90 minutes de groove sans quasi aucune interruption, entraînant une foule réceptive avec eux. Public qui en a redemandé une fois le spectacle fini. En fait, la forte présence des brass, d’une guitare électrique très affirmée et, surtout, d’une ligne de basse en lead, nous rappelle avec aplomb les racines africaines de la soul et du funk. Mine de rien, c’est une leçon d’histoire, une passerelle entre tradition et modernité que nous ont donné Thomas et les dudes de Kwashibu. Et, je l’avoue, j’ai dansé. Avec beaucoup de plaisir en plus. Y a des moments où ça frisait la transe. Franchement, respect. Ce genre de show démontre toute l’importance que prend la scène Hydro-Quebec au FEQ. C’est le meilleur de notre monde que nous n’avons pas la chance de connaître qui s’y trouve, tout ça pour pas un rond. Québec, t’es privilégiée, j’espère que tu le sais. (Christian St-Pierre)

Les Soeurs Boulay, Impérial Bell

Les Soeurs Boulay – Photo : Jacques Boivin

L’Impérial était plein à craquer pour accueillir Mélanie et Stéphanie pleines d’énergie avec un public conquis d’avance et du sirop pour la toux comme prétexte pour dire des niaiseries. Elles ont réarrangé la plupart des chansons tirées de leurs deux albums pour les rendre plus dansantes : Lola en confiture avec des « choubidouha », beat un peu electro à Alexandre et des « ouuuuuh-ap » sur Ôte-moi mon linge, entre autres.

On a fait connaissance avec leur directeur musical et tête de turc Gabriel Gratton grâce à sa reprise de Islands in the Stream de Kenny Roger et Dolly Parton, au grand plaisir des têtes blanches qui ont aussi apprécié Tous les cris les SOS (bonjour, Balavoine) et Pour que tu m’aimes encore, soutenues par Amelie Mandeville aux claviers et Marc-André Larocque à la batterie.

Un bon moment bon enfant qui ne nous a pas fait regretter P!nk une minute! (Marie-Laure Tremblay)

De la Reine, L’Anti Bar et spectacles

De la Reine – Photo : Jacques Boivin

De la Reine fait ce qu’elle veut, tout le monde qui gravite autour de la scène de Québec le sait fort bien. Et ce soir, ce que De la Reine voulait faire, c’était faire plaisir à ses nombreux sujets avec sa pop sensible et intelligente qui nous fait vibrer de plus en plus au fil du temps. Jean-Étienne était toujours aussi groovy à la batterie, marquant le rythme tel un métronome aux accents jazz. Vincent jouait les guitar gods devant un nuage de fumée qui le rendait plus grand que nature. Et Odile… ah, ma chère Odile, t’étais en voix, souriante comme jamais (et vous savez qu’Odile sourit tout le temps, c’est tout dire!). Une véritable communion s’est produite entre le trio (en fait, un quatuor pour cette belle occasion) et son public, qui ne s’est pas fait prier pour danser.

Notons au passage cette magnifique adaptation en français de la chanson You and Whose Army, de Radiohead, qui nous a donné tellement de frissons que le groupe l’a joué… deux fois de suite! En temps normal, on aurait peut-être un peu grogné, mais les poils étaient à la verticale sur nos bras à la deuxième reprise! (Jacques Boivin)

Orloge Simard, Impérial Bell

Orloge Simard – Photo : Jacques Boivin

Les filles sont parties, les gens, l’ambiance et l’odeur ont changé pour Orloge Simard, qui élève l’art de virer une brosse en religion à des centaines de joyeux convertis. Départ sur les chapeaux de roue, moshpit à la 2e toune, pogo et body surfing en choeur! Toute la salle hurlant contre les condoms, les cabanes à pêche ou les pendaison d’crémaillères. Quand un surfer tombe à terre, tout le monde s’assoit et rame en cadence, harangué par un claviériste fou… lorsque nous sommes partis, l’Impérial était en feu. On sent encore la robine ce matin! (Marie-Laure Tremblay)

[PHOTOS] On y était : La journée des disquaires indépendants au Knock-Out

RSD au Knock-Out, 22 avril 2017

Même si on vous encourage d’aller visiter votre disquaire préféré toute l’année, un fait demeure : la journée des disquaires indépendants (le Record Store Day pour les intimes) est une journée à ne pas manquer pour les mélomanes!

Même si l’événement a été un brin récupéré par les majors qui en profitent pour nous balancer quelques trucs oubliables (Africa, de Toto, sérieusement?), il reste que la Journée est le moment idéal pour mettre la main sur quelques objets exclusifs et célébrer la galette de vinyle avec tous les égards qu’elle mérite.

Nous étions donc dans la file qui s’allongeait devant le Knock-Out, rue Saint-Joseph, dès 7 h 45 samedi matin pour mettre la main sur une des 500 copies numérotées de l’albun La llorona de Lhasa, magnifiquement réédité (et comprenant quelques reproductions de l’artiste), ainsi que d’autres trucs un peu moins rares, mais tout aussi le fun. Nous sommes retournés au Knock-Out en début d’après-midi pour assister à une brève prestation de Laura Sauvage (toujours en voix, même à une heure de l’après-midi) et à une célébration des vieilles chansons d’Avec pas d’casque (qui profitait de l’occasion pour offrir ses deux premiers albums en vinyle – de même qu’une nouvelle impression du toujours excellentissime Astronomie). Le groupe, qui ne devait interpréter que trois ou quatre chansons, s’est laissé porter par le moment et nous a offert six magnifiques morceaux de son répertoire. Les enfants, assis en tailleur à l’avant, écoutaient les oreilles grandes ouvertes pendant que leurs parents, derrière, tentaient tant bien que mal de cacher leurs yeux pleins d’eau.

On vous invite à continuer à encourager vos disquaires indépendants locaux où que vous soyez et ce, toute l’année durant. Ce sont des lieux de découvertes infinies!

[SPECTACLE] Avec pas d’casque (+ Sarah Toussaint-Léveillée), à la Shop du Trou du Diable – Salle Wabasso, 17 mars 2017

Vendredi dernier nous avons eu droit à un joli mélange musical à la Shop du Trou du Diable de Shawinigan. Accompagnée de ses trois musiciens à cordes, Sarah Toussaint-Léveillé nous a charmé avec ses pièces aux textes remplis d’images avant de nous laisser bercer par le folk americana d’Avec pas d’casque.

C’est dans un esprit enchanteur que la soirée a débuté avec les harmonies à cordes entre le violon, le violoncelle et la contrebasse qui accompagnaient Sarah Toussaint-Léveillé et sa guitare. Parfois acoustique, parfois électrique, elle nous plonge dans son univers avec ses textes révélateurs et son style musical simpliste.

Sarah Toussaint-Léveillé – Photo : Adrien Le Toux

Ses assortiments de tons de voix donnent l’impression qu’elle ne désire pas s’ancrer dans un style bien précis. Elle laisse même place à l’originalité avec des bruits de bouche qui s’apparentent au beat box. L’ambiance conviviale que donnèrent ses interventions humoristiques amenait une ouverture du public et une écoute attentive de celui-ci. C’est le genre de première partie que l’on prend le temps d’apprécier et qui nous fait découvrir un autre univers musical. Sarah Toussaint-Léveillé est une artiste à part entière qui mérite d’être découverte davantage.

Avec pas d’casque

Effets spéciaux est le tout récent album d’Avec pas d’casque qui a fait sortir le groupe de l’ombre après 14 ans de formation. Il est composé de Joël Vaudreuil à la batterie, Stéphane Lafleur au chant et à la guitare, Nicolas Moussette au lapsteel et à la basse ainsi que Mathieu Charbonneau (aussi parmi le groupe Timber Timbre) au tuba baryton et au clavier. Le guitariste Simon Trottier, membre lui aussi de Timber Timbre, qui participe sur l’album avec les arrangements de guitare électrique était également présent sur scène.  Avec pas d’casque est un groupe au style très épuré et qui se distingue du folk québécois que nous pouvons entendre à ce jour. Il faut être à l’écoute des subtilités dans les détails des sonorités pour pouvoir apprécier leurs créations. Initialement fondé par Joël et Stéphane, nous avons senti tout au long du spectacle une plus grande complicité entre ces deux musiciens.

Avec Pas D’Casque – Photo : Adrien Le Toux

Ils ont débuté le spectacle avec Autour, le premier extrait du récent album, qui m’a fait vibrer dès la première écoute lors de sa sortie cet automne. Le mélange des cuivres et du lapsteel avec la voix feutrée de Stéphane Lafleur donne un effet envoutant. Ils ont poursuivi les prochaines chansons avec la même lignée que l’album avec La peur de perdre qui évoque une profondeur avec seulement quelques lignes accordées aux mélodies. S’en est suivi Il fait noir de bonne heure, une chanson pour laquelle Stéphane dit avoir «volé» la première phrase au chanteur et compositeur country Willy Nelson en faisant référence à sa chanson Hello Walls :

«Bonjour murs

Bonjour chaise
Bonjour saison de malaises
Qui s’achève»

Même si l’appréciation des nouvelles pièces se fit entendre par le public, celui-ci semblait particulièrement satisfait lorsque le groupe nous jouait des extraits de ses albums antérieurs dont la foule connaissait les paroles. Ils ont fait référence à Dommage que tu sois pris avec la chanson titre. Les pièces Talent et La journée qui s’en vient est flambant neuve ont fait honneur à l’album Astronomie et Si on changeait les équipes ce n’est plus une revanche à l’album de 2008, Dans la nature jusqu’au cou. Le public a reconnu ces pièces dès les premiers accords. C’est à croire que la salle a accueilli des fans du groupe. Ils ont également «dépoussiéré» La pire journée au monde issu de leur premier album Trois chaudières de sang qui célébrait ses 10 ans cette année.

Ils sont revenus en rappel avec Loup-Garou et En attendant que ça paye, qui a fait la transition entre le premier et le dernier album, pour finalement terminer avec leur pièce la plus connue, L’amour passe à travers le linge.

Avec pas d’casque nous livre des pièces influencées d’un folk americana qui s’écoutent en se berçant avec la tête vide de questionnements. C’est une musique de repos, de réconfort et d’apaisement. C’est également un spectacle qui s’explique plus ou moins, mais qui se vit, par l’ambiance que véhiculent les effets musicaux sur chaque personne. C’était à remarquer parmi la foule, certain souriaient, d’autre étaient concentrés tandis que d’autres se faisaient balader le corps. Bref, c’est une musique d’introspection que je conseille à tout bon mélomane.

Si vous avez manqué cette chance de les voir en spectacle, rassurez-vous, ils seront de retour en Mauricie très bientôt le 22 avril 2017 à La Taverne de Saint-Casimir. Pour plus de détails et l’achat des billets, voici le lien Facebook de l’événement.

[Spectacle] Avec pas d’casque, Grand théâtre, 18 février 2017

Juillet 2007, j’assiste pour la première fois à un spectacle d’un groupe qui deviendra central dans ma vie de mélomane: Avec pas d’casque. Le groupe assurait la première partie d’un concert acoustique de Malajube. C’était encore l’époque Trois chaudières de sang, et si mon souvenir est bon ils avaient cassé 1 ou 2 futures chansons qui devaient paraître sur l’excellent (je dis ça pour tous leurs albums officiels) Dans la nature jusqu’au cou. J’avais acheté quelques mois plus tôt leur premier disque après avoir écouté la chanson Débouler ensemble sur leur MySpace(!!!). J’avais été refroidi par les accents country du reste de l’album et initialement c’est ma copine qui faisait tourner le disque.

Quelques années plus tard, j’ai vécu un moment musical hors du commun sur les rochers de l’Anse à la Barque avec le groupe devenu alors quatuor (c’était un des premiers spectacles de Mathieu Charbonneau avec le groupe, il jouait alors uniquement du baryton). Il faisait un temps d’une extraordinaire clémence pour le temps de l’année. Nous avions marché jusque là avec une bouteille de Riesling et le groupe avait offert une généreuse performance devant un public mi-terrestre mi-flottant, présentant entre autres Veiller le feu et Dommage que tu sois pris, deux chansons qui allaient paraître une douzaine de mois plus tard. À ce jour, c’est encore la quintessence pour le tripeux de musique que je suis; soit le fait d’entendre un groupe adoré performer des nouvelles chansons dans un décor frisant l’irréel. Inoubliable. Tout ça ponctué d’anecdotes concernant Bernard Adamus qui n’avait pas été choisi pour faire ce spectacle en raison selon lui du nom de leurs albums respectifs (Brun vs Dans la nature jusqu’au cou, quand même!)

Depuis, je me suis toujours fait un plaisir d’assister aux concerts du groupe chaque fois qu’il s’installe pour un soir à une distance raisonnable de Limoilou. C’est qu’à l’inverse d’autres groupes, un spectacle d’Avec pas d’casque offre toujours une expérience unique. Bien qu’ils ne chamboulent pas la grille de chansons à chaque concert, il y a toujours des différences dans l’ordre de celles-ci en plus d’une ou deux surprises. J’ai déjà vu le spectacle actuel à quelques reprises et à chaque fois ils ont offert quelques chansons jouées plus rarement. À Baie-Saint-Paul c’était Si on change les équipes et Aloès dans une version onirique qui annonçait bien leurs nouvelles couleurs. C’est qu’avec l’ajout de Simon Trottier (qui officie également au sein de Fontarabie et Timber Timbre, rien de moins!) la musique du quintette est enrichie d’une subtile touche de complexité au niveau des textures.  Cet automne, au Petit Champlain, nous avions eu droit à une chanson inédite Le soleil se cherche du stationnement dans l’horizon, préalablement entendue dans la dernière émission de la très regrettée émission bandeapart. À l’Anti ce fut plutôt Walkie-Talkie et L’amour passe à travers le linge qui agrémentèrent ce spectacle définitivement plus physique… Fallait y être pour apprécier la dégaine de Stéphane Lafleur qui jouait à moitié debout (style Félix Leclerc) pour permettre aux nombreux spectateurs de l’apercevoir du fond de la salle. Bref, si tu es musicien et que tu viens quelques fois dans la même ville, tu auras sans doute 3-4 motivés qui viendront chaque fois. En changeant un peu le spectacle, tu t’assures qu’ils voudront revenir.

Samedi dernier au Grand Théâtre, c’est dans une ambiance sereine et contemplative que le groupe a offert une autre performance unique bâtie autour d’Effets spéciaux. Stéphane Lafleur, fidèle à son habitude, y est allé de savoureuses interventions: « est-ce qu’il y en a qui sont ici contre leur gré? », a-t-il demandé avant d’y aller d’une théorie selon laquelle parfois un membre d’un couple se fait offrir un billet en première rangée par l’autre qui est souvent très motivé; ce qui a pour conséquence que la performance se fait parfois devant un spectateur qui a l’air de s’ennuyer ferme directement devant les musiciens.

Sur scène un sixième membre, Guillaume Bourque, s’était ajouté à la clarinette basse. À la fin de sa première présence sur scène, il a provoqué malgré lui l’hilarité des autres musiciens lorsqu’il a quitté la scène plus tôt que prévu pour revenir dans les dernières secondes de ladite chanson (Défrichage) et quitter à nouveau promptement la scène sans avoir joué une seule note.

Parlant plus tôt de chansons rarement jouées, nous avons eu droit à Deux Colleys et la superbe Spirographe (une demande spéciale d’une spectatrice) deux chansons planantes qui cadraient parfaitement dans la soirée feutrée. Gros coup de coeur aussi pour la version actuelle d‘en Attendant que ça paye qui bénéficie grandement des riches arrangements du groupe. Guillaume Bourque a aussi ajouté un spectaculaire solo à la finale pratiquement post-rock d‘Intuition#1, un rare mais précieux moment de délire musical.

En guise d’épilogue, je me dois de mentionner que c’était aussi la première fois que j’amenais mes jeunes garçons dans un concert en salle. Il fallait voir leurs sourires quand le groupe jouait les premières notes de leurs coups de coeur. Le cadet a spontanément mentionné à la sortie: « wow, c’était vraiment cool comme spectacle ». L’ainé à tout de suite acquiescé avant de renchérir: « Oui c’était cool et j’ai vraiment trouvé ça drôle quand le gars (Guillaume Bourque) est parti trop vite et que le chanteur riait en finissant la chanson ». Comme premier souvenir de concert intérieur, je n’aurais définitivement pas su leur offrir mieux.

Grille de chansons de la soirée au Grand Théâtre.

Avec pas d’casque est de retour samedi le 4 mars à l’Anglicane. Peut-être une des dernières chances de voir le groupe performer pour cette tournée.

Spectacles à Québec du 16 au 18 février – Chocolat, Les Soeurs Boulay, Keith Kouna et LA LIGUE ROCK!

Xavier Caféïne – Photo : Elias Tahan

Début de semaine cinglé, n’est-ce pas? Et pourtant, on n’a eu que quelques heures pour reprendre notre souffle : le week-end sera chargé en concerts de toutes sortes dans notre belle grande ville!

Voici nos suggestions :

Jeudi 16 février

Chocolat (+ Pure carrière), Le Cercle

Chocolat – Photo : Adrien LeToux

L’amour de plusieurs de nos collaborateurs pour Chocolat est indéfectible. Quelle que soit sa personnalité du moment, la troupe menée par Jimmy Hunt nous emmène toujours en voyage vers des univers trop rarement exploités dans notre petite bulle québécoise. On a trippé sur Rencontrer Looloo, on s’est laissé aller lors de leur dernière visite au Pantoum, et cette fois, on devrait littéralement s’envoler. La première partie sera assurée par Pure Carrière. Les habitués de la scène locale reconnaîtront ces trois êtres déjantés et ludiques qui pourraient vous inviter à pop la pill. On a déjà parlé d’eux ici.

Portes : 20 heures /14 $ en prévente (billetterie du Cercle, Knock-Out et lepointdevente.com), 17 $ à la porte

Vendredi 17 février

Les Soeurs Boulay – Photo : Jacques Boivin

Les soeurs Boulay (+ Amylie), Impérial Bell

Mélanie et Stéphanie Boulay sont de retour à Québec, cette fois à l’Impérial Bell. Les deux jeunes femmes nous proposeront une fois de plus leurs douces chansons folk aux mélodies accrocheuses et leurs harmonies vocales uniques. Tout ça avec un humour des plus charmants. Vous connaissez déjà leurs chansons de Le poids des confettis et de 4488, de l’Amour par coeur. L’Impérial a eu la bonne idée de réserver des sièges au balcon pour ceux et celles qui aimeraient assister au spectacle assis. En première partie, Amylie présentera ses chansons à la fois toutes douces et mordantes.

20 heures. Billets : 35 $ (billetterie ou site Web de l’Impérial Bell)

Pascale Picard – Photo : Jacques Boivin

Pascale Picard et invités, L’Anti Bar et spectacles

On vous en parle, mais c’est juste pour tourner le fer dans la plaie puisque c’est complet. Pascale Picard célèbrera en grand le dixième anniversaire de son album Me, Myself and Us.

Portes : 19 heures. COMPLET

Samedi 18 février

LIGUE ROCK VI (Xavier Caféine, Les Hôtesses d’Hilaire, Royal Caniche), Le Cercle

Oh mon Dieu. La Ligue Rock est de retour et elle frappe plus fort que jamais avec une première soirée qui ne manquera pas d’énergie!

Tout d’abord, on pourra voir Royal Caniche (qu’on avait manqué à notre grand regret au Coup de Grâce de Saint-Prime), groupe qui propose du… grunge de grange. On vous avertit : les gars fabriquent leurs propres instruments. Difficile de faire plus artisan que ça. Au fait, les gars vous conseillent de ne pas vous habiller trop propre ou de prévoir du linge de rechange… On dit ça de même.

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Jacques Boivin

Ensuite, a-t-on vraiment besoin de vos présenter nos amis acadiens Les Hôtesses d’Hilaire, qui sèment le chaos avec leur rock psychédélique à saveur de poutine râpée? Encore une fois, Serge Brideau et ses solides acolytes vont mettre le feu au Cercle et laisser la tête d’affiche jouer sur un tas de cendres.

Enfin, Xavier Caféïne vient célébrer le dixième anniversaire d’un classique du rock québécois, l’excellent album Gisèle. Au menu : un rock solide et bien sucré, des mélodies accrocheuses dont seul Caféïne a le secret et une présence scénique hors du commun. On ne peut pas demander mieux. Même Langevin et Peake seront là!

Portes : 20 h. Billets : 20 $ (+ frais) – disponibles au Cercle, au Knock-Out ou sur liguerock.com.

Avec pas d’casque, Salle Octave-Crémazie, Grand Théâtre de Québec

Avec pas d’casque – Photo : Jacques Boivin

Stéphane Lafleur et ses complices reviennent chatouiller nos oreilles tout en douceur avec les chansons de leur magnifique éloge à la lenteur, Effets spéciaux. Nous avons vu ce concert à quelques reprises l’automne dernier et nous avons été tout simplement transportés.

20 h. Billets : 29,50 $ à 38 $

Le Scanner célèbre ses 20 ans avec Keith Kouna

Dans un milieu où les bars et les salles de spectacles vont et viennent, on peut dire que Le Scanner est un vrai survivant. Le bistro qui succédait à un bar-cinéma et qui avait ouvert ses portes comme bistro multimédia (c’est pas tout le monde qui avait Internet en 1997) a toujours présenté des spectacles et diverses activités en son sein, et la musique punk et underground y a toujours été bien reçue. Pour célébrer son vingtième anniversaire, le Scanner reçoit nul autre que le chanteur et parolier des Goules Keith Kouna. Allez acheter vos billets au Knock-Out avant qu’il n’en reste plus! Ça ne coûte que 10 $! 23 h.

Autres spectacles

  • Maryanne Côté et Joey Robin Haché sont au Vieux Bureau de poste. 20 h. Billets
  • Emilie Claire Barlow est à l’Impérial Bell. 20 h. Billets
  • We Are Monroe, Men & Company et Guidestones sont à L’Anti Bar et spectacles. 20 h. Billets
  • Ego Death et Mathieu Bérubé sont à la Librairie St-Jean-Baptiste. 20 h. Gratuit (ça ne vous empêche pas de donner une petite contribution ou de payer une petite bière!).

[SPECTACLE] Avec pas d’casque (+ Marie-Ève Roy), L’Anti, 26 novembre 2016

Une foule de personnes de tous âges et en tout genre s’était massée devant la scène de l’Anti hier soir pour accueillir Avec pas d’casque. Précédé de Marie-Ève Roy, le groupe a su installer une ambiance féérique autant par sa musique que par ses interventions sur scène.

Avec pas d’casque

Avec pas d’casque, c’est cinq (bons) musiciens et une ribambelle d’instruments dont les sons, mélangés, offrent une richesse de couleurs musicales ; lap steel, cor, synthétiseurs et les traditionnelles guitares, basse, batterie contribuent à créer une atmosphère tantôt énergique, tantôt très introspective. Le tout est accompagné des textes humbles et poétiques de Stéphane Lafleur qui, en une économie de mots, nous livre tant de belles images.

Avec pas d'casque - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Avec pas d’casque – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016

Le groupe a commencé avec quelques pièces plus récentes tirées d’Effets spéciaux, leur dernier album sorti en septembre. La qualité du son (merci David au son) et la maîtrise des musiciens leur ont permis non seulement d’atteindre un résultat comparable à celui de l’album, ils le bonifiaient d’une ambiance et d’une force qu’on ne connaissait pas aux chansons. L’effet était visible sur les spectateurs, comme si leurs âmes resurgissaient sur leurs visages tandis qu’ils se balançaient de gauche à droite sur leurs pieds. Derviches tourneurs avait particulièrement du mordant en live, surtout qu’elle était bonifiée d’un solo de guitare de Simon Trottier, qui a intégré le groupe cet été et qui savait se démarquer sur scène.

 

Avec pas d'casque - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Avec pas d’casque – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016

Stéphane Lafleur et les autres musiciens ont aussi beaucoup interagi avec l’auditoire au cours de la soirée sur un ton chaleureux et blagueur. Le chanteur s’est même levé pendant une bonne partie du spectacle pour voir et être vu par les spectateurs à l’arrière, lui qui joue habituellement assis. On a pu fredonner Hu-hum tous en chœur avec le groupe, rire en leur compagnie. L’attitude des musiciens sied bien leur musique qui, même quand elle est triste, reste pleine de lumière.

Les amateurs du groupe n’ont pas été laissés sans reste. Comme c’était le dixième anniversaire de leur album intitulé Trois chaudières de sang, Avec pas d’casque l’a dépoussiéré pour nous jouer En attendant que ça paye, au plus grand plaisir des fans de longue date. Plusieurs chansons phares des autres albums ont aussi été jouées, que ce soit Talent, La journée qui s’en vient est flambant neuve, ou encore L’amour passe à travers le linge. Ces pièces ont toutes en commun leur énergie contagieuse, qui a rapidement investi la foule pour lui commander de sautiller, de sourire et de danser.

 

D’autres titres, comme Walkie-Talkie ou Joël, nous ont fait chanter ensemble. À la demande du groupe, on a même dansé un slow sur Nos corps (en ré mineur). J’ai moi-même eu pour compagne Marie-Ève Roy, et ce fut l’occasion de plusieurs fous rires !

Avec pas d'casque - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Avec pas d’casque – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016 : Le slow

Marie-Ève Roy

Après 20 ans de tournée avec les Vulgaires Machins, Marie-Ève Roy était prête pour autre chose. C’est ce qu’elle est venue nous montrer en nous offrant les premières chansons de sa carrière solo.

Marie-Ève Roy - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Marie-Ève Roy – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016

Tantôt au piano, tantôt à la guitare, elle nous a fait découvrir une musique sobre, pleine de tendresse et teintée de mélancolie. Ses chansons étaient entrecoupées d’interventions comiques ou à cœur ouvert sur son passé punk dans son «groupe de gars». Sa prestation a permis de commencer le spectacle tout en douceur.

 

[ALBUM] Avec pas d’casque – « Effets spéciaux »

« Septembre nous gâte, et demain est une autre vie. » Les paroles ouvrent avec une foudroyante vérité la dernière pièce du très attendu quatrième album d’Avec pas d’casque, Effets spéciaux. La vie après l’écoute de ce disque est en effet différente. C’est dit.

Le groupe mené par la plume pleine de splendeur de Stéphane Lafleur offre ces neuf chansons contemplatives. Nous sommes de plus en plus loin des disques où les textes plus sombres avaient souvent un côté débridé. On ne retrouve pas non plus de chanson au rythme plus effréné (on pense à L’amour passe à travers le linge ou La journée qui s’en vient est flambant neuve). C’est lent, les chansons se déploient graduellement et l’album se révèle subtilement au fil des écoutes. Pour s’y immerger, on peut supposer qu’une écoute sur vinyle (principalement pour profiter de la superbe pochette signée par le batteur du groupe, Joël Vaudreuil), lumières closes, consommation à la main serait le plan idéal.

Autour qui me laissait d’abord perplexe en ouverture d’album donne finalement la juste mesure de ce qui attend l’auditeur, c’est-à-dire un album à la fois paisible et poétique. Ensuite, La peur de perdre, sans doute l’une des plus belles chansons jamais écrites par Stéphane Lafleur, semble témoigner autant de l’angoisse de perdre une amitié que de régresser comme société; habile. Tout ça sur une mélodie spécialement bouleversante.

Si Il fait noir de bonne heure nous convie à une certaine légèreté, Derviches tourneurs surprend par son rythme changeant, soutenu par des cuivres et congas. Une magnifique réussite qui confirme qu’Avec pas d’casque pourrait réussir en assumant un côté plus orchestral.

Ce segment plein d’espoir se poursuit avec la douce Hu-hum. Si chaque album du quatuor contient son lot de perles, peu de strophes pourront se targuer d’être aussi poignantes que celle apparaissant dans le magnifique hymne à la vie qu’est Audrey est plus forte que les camions : « Ils ont fouillé son coffre de chair / aux douanes de la mort / et n’ont trouvé / que sa cargaison de courage. » Loup-Garou, un autre moment fort de ce disque, semble évoquer une certaine rédemption amoureuse. Tout au long de l’album, Lafleur aborde l’amour habilement, avec subtilités, très loin des lieux communs si souvent employés en chanson. D’ailleurs, en conclusion, Nos Corps (en ré bémol) est une splendide ode à l’Amour; point d’orgue lumineux pour cet album d’une beauté sidérante.

L’apport de Nicolas Moussette est aussi audible qu’à l’habitude, et cette fois, le travail de Mathieu Charbonneau est davantage mis de l’avant. Suffit d’écouter Les gloires du matin pour réaliser que sa place est plus assumée. S’il a débuté comme musicien de tournée il y a quelques années sur un rocher de Tadoussac et qu’il avait enregistré le combo Astronomie/Dommage que tu sois pris avec eux, il est maintenant une pièce maîtresse de l’évolution du son du groupe.

Effets spéciaux surprendra l’auditeur qui prendra le temps d’apprivoiser l’album par sa subtile plénitude. L’ensemble des pièces forment un tout cohérent qu’on pourrait très bien accueillir d’un seul coup en spectacle tant tout est bien ficelé. Un très important ajout à la discographie québécoise. Lafleur annonce en début d’album : « Je suis venu te dire que je ne changerai pas. » Pour nous, c’est assurément une bonne nouvelle; surtout si c’est pour continuer à pousser cette aventure musicale vers de si fertiles territoires.

L’album Effets spéciaux (Grosse Boîte) sera en vente dès le 2 septembre.

Avec pas d’casque présenteront deux concerts à Québec en novembre prochain, d’abord le 24 novembre au Théâtre du Petit-Champlain (billets), puis à L’Anti Bar et spectacles (billets ci-dessous) deux jours plus tard. 

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[WOW] Deux soirées en compagnie d’Avec pas d’casque en novembre!

District 7 Production vient de larguer une bombe chez les fans du groupe folk québécois le plus créatif des dernières années : on aura la chance de voir Avec pas d’casque DEUX fois en novembre prochain.

Le groupe présentera les chansons d’Effets spéciaux, son nouvel album à paraître en septembre.

Tout d’abord, le 24 novembre, le groupe sera au Théâtre Petit-Champlain. Salle parfaite pour l’écoute religieuse.

Ensuite, le 26 novembre, le groupe sera à L’Anti Bar et Spectacles. Salle parfaite pour communier avec Lafleur et ses complices.

Les billets pour le spectacle du 24 sont en vente ici : http://theatrepetitchamplain.com/spectacles/avec-pas-dcasque.

Quant au spectacle du 26, vous pouvez vous procurer vos billets chez EXO ou sur Le point de vente (pourquoi pas nous encourager et utiliser l’interface ci-dessous?).

ON A HÂTE!