Milk & Bone – Deception Bay

Milk & Bone
Deception Bay
(Bonsound)

Depuis vendredi dernier, on peut entendre les voix angéliques de Laurence Lafond-Baulne et de Camille Poliquin, qui forment le duo Milk & Bone, sur leur nouvel album de 14 pièces Deception Bay.

Il y a déjà trois ans que les filles ont sorti leur premier album Little Mourning. Bien qu’un peu timides au début, elles ont rapidement fait leur place dans le cœur des gens et ce sont retrouvées rapidement dans mes incontournables à voir en spectacle.

Allons donc au sujet principal: Deception Bay. J’ai l’impression que c’est un album qui peut avoir différentes significations pour chacun. Oui, ce sont des paroles souvent profondes, mais à certains moments on a juste envie de se lever et de suivre le beat. D’autres fois, on a juste envie d’être assis confortablement dans le divan, les yeux fermés à se laisser transporter dans nos pensées en écoutant les mélodies accrocheuses.

Personnellement, cet album me fait passer par plusieurs émotions et tout au long de l’album j’ai le sentiment d’être à l’heure du coucher de soleil par une chaude journée de fin d’hiver; ce sentiment de réconfort d’une autre journée qui est passée, mais dont la soirée est encore jeune.

Le voyage vers Deception Bay commence lentement avec Set in stone qui nous rappelle que rien est acquis et coulé dans le béton. Les envolées sont douces et le ton est bas tout le long de cette chanson. Rien d’agressant; mais surtout elles restent mystérieuses, ce qui donne juste envie d’entendre la suite.

La pièce Daydream a été l’une des premières, sinon la première de cet album a être jouée en spectacle pour donner un avant-goût de ce qui s’en venait pour le nouvel album. C’est un refrain qu’on connait déjà et qu’on aime déjà chanter en l’écoutant sur l’album. Les superposition des voix sur cette chanson et le rythme lent, mais accentué par des beats électro, me donne envie de rêver. J’ai toujours aimé le mélange de voix pures, de synthétiseurs et de sons forts et pesants comme dans Daydream. Même si ce single est sorti en août 2017, ça reste pour moi une pièce de l’album que j’aime encore redécouvrir dans différents moments.

La pièce KIDS prend, comme son nom le dit, une tournure un peu plus enfantine. Les rythme est plus répétitif et on dirait que les filles prennent volontairement un air d’enfant coquin en chantant. Par la suite, Care vient changer le ton, casser la ligne qu’il y a depuis le début. Avec des instruments qui ressemblent à un xylophone et une genre de harpe, on est dans un autre lieu. Je me sentais comme si j’étais Aladin sur son tapis volant; confiant et en apesanteur.

Nevermore est, selon moi, la pièce la plus solide, la plus assumée de cet album. On est loin des filles timides et je les imagine bien en spectacle interpréter cette pièce plus dansante. On redescend du nuage avec Sad eyes, une très bonne pièce qui fait redescendre l’adrénaline. Des fois, il en faut des comme ça.

Tmrw. commence doucement avec des notes de piano graves. Les paroles sont d’autant plus intenses. Selon ma traduction libre, ça ressemble à « J’essuie mes larmes avec tes mains encore  » et continue plus loin avec « Voyons voir ce que nous apporte demain ». Bien que ce n’est pas la mélodie la plus accrocheuse, c’est vraiment la chanson qui me parle le plus dans cet album et dont les paroles me reviennent le plus souvent en tête. Il n’y a rien de plus fort, à mon sens, que quand elles chantent avec intensité en jumelant leurs voix, comme dans Tmrw. à quelques reprises

S’en suit l’Interlude I, que j’aime beaucoup parce que j’ai pu y continuer ma réflexion entamée sur la pièce précédente. Le déluge d’intensité continue avec THE FLOOD, qui, je trouve, apporte moins à l’album que les autres chansons avec ses airs de chanson américaine. L’Interlude II est juste des paroles au ralenti, comme la fonction ralenti sur un vidéo. Je ne comprend pas trop à quoi sert cette pièce, car selon moi la fin de THE FLOOD est une interlude en elle-même, mais j’admire la démarche artistique et l’audace derrière cet interlude.

Et hop, on repart avec Deception Bay, C’est comme un deuxième départ, un renouveau. Selon moi, c’est vraiment la pièce phare de l’album. Elle s’écoute le volume au fond. Puis Faded arrive comme une chanson plus personnelle, vis-à-vis un amour qui ne semble pas fonctionner et une situation qui semble compliquée.

J’aime ça aussi quand il n’y a aucun arrangement par-dessus leur voix, comme dans BBBlue. On ressent toute l’émotion, avec la voix qui casse même à quelques reprises; c’est magnifique. L’album ne pouvait pas finir d’une meilleure façon qu’avec ;’), 2 minutes 26 de mélodies qui nous amènent clairement vers une belle fin, un happy ending avec des petites clochettes pour clore le tout.

Avec cet album, Milk & Bone démontre que Camille et Laurence ne sont pas juste deux belles voix de choristes, mais plutôt des génies des mélodies fortes et accrocheuses. Tout au long de l’album, Camille et Laurence nous font nous sentir en apesanteur, les pieds dans le vide, la tête qui berce et on leur donne facilement une confiance absolue pour nous laisser transporter dans leur monde rempli de rêves.

[ALBUM] Philippe B – «La grande nuit vidéo»

La beauté est encore au centre de l’oeuvre de Philippe B. Sur la grande nuit vidéo, son cinquième en mode solo, elle se présente sous plusieurs facettes. D’abord par la richesse des arrangements, jamais pompeux, toujours au service de la chanson. Ensuite par la poésie à la fois simple et foisonnante; une dichotomie maîtrisée habilement par Philippe B. Finalement, il y a ces trois chansons où la voix merveilleuse de Laurence Lafond-Beaulne (une moitié de Milk & Bone) vient surprendre l’auditeur et se marier à l’univers de l’auteur. Le duo le plus incarné est probablement celui pour Rouge-gorge, une magnifique ballade teintée de passion amoureuse qui explose dans un chavirant pont orchestral. Les deux autres: Sortie Exit et Anywhere sont aussi parmi les pièces coup de coeur de l’album.

Philippe B nous fait encore une fois valser entre les guitares et le piano et si les textes sont forts et imagés; mélodiquement, il m’a d’abord semblé faire un peu de surplace. Le sentiment qu’il se meut dans un certain confort s’estompe après quelques écoutes. L’album sonne très « Philippe B » et si un tel constat peut paraître simpliste, il vise plutôt à démontrer qu’on aime Philippe B lorsqu’il nous surprend. Des chansons comme Autoportrait ou La saison de tous les dangers, tout en étant jolies, auraient très bien pu se retrouver sur Ornithologie, la nuit par exemple. Cette continuité aurait pu être la preuve d’un certain confort, mais au fil des écoutes, l’album embrasse une identité bien à elle et on apprécie toutes ces petites subtilités qui ancrent les chansons dans ce disque aux allures de comédie romantico-dramatique.

Dans interurbain Philippe B chante: «Mais tu sais la beauté, se cache un peu partout, il faut l’apprivoisé, qu’elle vienne jusqu’à nous…» Ces paroles résument à merveille le lien qui me lie à cet album. Un album d’amour, profondément humain dans toutes ses maladresses, sa poésie et son imprévisibilité.

[ALBUM] Timber Timbre – «Sincerely, Future Pollution»

Taylor Kirk, le compositeur derrière le projet Timber Timbre, nous a habitués à enrichir ses sonorités au fil des albums. Il faut dire que s’il jouait quasi solo sur ses trois premiers disques, tout ça s’est transformé en projet à géométrie variable formant un solide noyau avec le multi-instrumentiste Simon Trottier (Fontarabie, Avec Pas d’Casque) et le claviériste Mathieu Charbonneau (Avec Pas d’Casque, The Luyas et Torngat). S’ils en sont déjà à leur troisième album ensemble, c’est le premier sur lequel ils font un virage important. Les guitares aux accents désertiques font place à des sonorités plus urbaines; on nous transporte tantôt au coeur d’une ville en déchéance, tantôt dans un petit village glauque. La musique prend une teinte très eighties et tend, avec les mélodies sombres de Kirk, à évoquer l’univers de David Lynch, en particulier la musique d’Angelo Badalamenti pour Twin Peaks.

La pièce d’ouverture, aussi premier extrait de l’album, Velvet Gloves & Spit, est un parfait exemple de cette atmosphère. Ensuite, la très « Bowiesque » Grifting est une réussite, avec sa ligne de clavier à contretemps. Musicalement c’est ce qui s’éloigne le plus du son habituel de Timber Timbre; mais c’est bien incarné et la pièce donne un souffle à l’album. L’instrumentale Skin Tone et la pièce Moment nous replongent dans l’esthétique des années 80, avec en prime une voix robotique qui vient appuyer l’accrocheur refrain. Je saisis mal l’amour que porte de nombreux créateurs actuels pour cette période sombre de la musique (je dis ça malgré l’avénement essentiel de Jesus & Mary Chain, Pixies et Joy Division, entre autres), mais je dois admettre que Timber Timbre le fait plutôt bien et que ça injecte une certaine fraîcheur dans le projet. Les moments les plus forts surviennent en milieu de parcours, d’abord avec la langoureuse Sewer Blues, puis surtout avec Western Questions, qui est possiblement le morceau le plus proche du son habituel du groupe. Si l’effet vocal sur la pièce Moment fonctionne bien, la pièce Bleu Nuit, malgré sa musique irrésistiblement dramatique, peut rendre perplexe par l’utilisation agressive d’un filtre sur la voix du chanteur.

Côté paroles, on sent une désillusion poétique face à l’état du monde actuel et aux chances de s’en sortir. Ce n’est pas particulièrement optimiste, mais ça semblait nécessaire et c’est cohérent tant l’écriture ne semble pas forcée. Dans Western Questions, cette tendance à la poésie politique est particulièrement criante :

Western questions, villages moving, the visitor sailing in

Drifters, grifters, spanning sifters looking for a flash in the pan

International witness protection through mass migration

The imminent surrender of land

Tucked in safety at the counter of a luxury liner with a noose in my hand

Au final, l’amateur fidèle se retrouve avec un album qui présente une nette évolution dans le son du groupe. Le mélomane le plus récalcitrant réussira aussi probablement à apprécier le clavier cheesy grâce au son qui s’inscrit dans un univers plus sombre et inquiétant. D’ailleurs, impossible de passer sous silence la puissance évocatrice du titre : Sincerely, Future Pollution. Wow!

[ALBUM] Beyries – « Landing »

L’auteure-compositrice-interprète autodidacte montréalaise Beyries lance aujourd’hui un premier album intitulé Landing, réalisé par Alex McMahon. Un album riche en émotions qui nous montre une jeune femme inspirée par les rencontres enrichissantes et les épreuves difficiles (dont un cancer qui lui a donné du fil à retordre à la fin de sa vingtaine).

Tous ceux qui ont croisé Beyries attendaient cette journée avec impatience. Son indie-folk en avait impressionné plusieurs lors de son passage au Cercle en première partie de Safia Nolin l’automne dernier et on avait plus que hâte d’entendre l’ensemble de sa proposition.

Que dire de Landing? Que c’est une collection de fichues belles chansons touchantes, aux mélodies accrocheuses. Qu’il y a de beaux moments d’émotions, par exemple sur Alone. Qu’il y a d’autres moments pop qui ne sont pas sans rappeler une certaine Feist (Wondering nous montre cette sensibilité pop évidente). Que Beyries flirte même avec le country sur Along the Way. Que la seule chanson en français, la magnifique J’aurai cent ans (avec un Louis-Jean tout en subtilité), nous fait presque regretter qu’il n’y ait pas davantage de pièces dans la langue de Molière. Que tout ce mélange hétéroclite forme un tout étonnamment cohérent.

Landing a beau être un premier album, c’est l’album d’une femme qui a eu le temps de mûrir, de vivre, de se battre. Ça se sent du début à la fin. À écouter sans faute.

 

Beyries présentera ses chansons au Théâtre Petit Champlain le 27 avril prochain. Infos

[SPECTACLE] Nuits FEQ – Yann Perreau (+ Charlotte Cardin et Pandaléon), Impérial Bell, 29 avril 2016

Vendredi dernier, c’était le grand retour d’une bête de scène : Yann Perreau, qui vient à peine de lancer son petit dernier Le fantastique des astres, est venu lancer sa tournée dans un Impérial Bell transformé immense piste de danse pour l’occasion.

29042016-215210-32-Yann PerreauÀ l’aise comme pas un sur les planches, Perreau n’a pas perdu une seule seconde en lançant sa prestation avec une Barcelone endiablée. C’est sans hésiter qu’on se laisse transporter par le train yaya de la nuit, train mené par un Perreau qui tape des mains, pose, fait le poulet ou l’avion; visiblement, il avait hâte de se retrouver dans son aquarium… qu’il a quitté aussitôt pour aller jouer des maracas dans la foule! Pendant ce temps, le public, assez éclectique, merci, dansait comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Après quelques nouvelles chansons, Perreau fait un retour en arrière en proposant quelques-unes de ses pièces les plus connues (dont La vie n’est pas qu’une salope) et en changeant de costume selon les circonstances. À chacune de ses interventions, Perreau nous rappelle à quel point il est content d’être là. On te croit sur parole Yann! De retour au Fantastique… et à ses chansons festives, que ce soit avec la stromaesque Faut pas se fier aux apparences, que la foule semble déjà connaître par coeur, ou avec Momona, anecdote colorée et romancée sur une petite culotte oubliée… on n’en dit pas plus, faut quand même que vous écoutiez l’album! Comme son auteur, Le fantastique des astres est fait sur mesure pour la scène. Sur Baby boom, les spectateurs, jeunes et moins jeunes (oui, oui, on vous a vues, les têtes grises), font le pogo. La communion est totale, la bête a apprivoisé le maître, merci beaucoup, bonsoir.

29042016-220241-41-Yann PerreauHé Yann, on n’est pas dupes! Reviens sur scène, mon snoreau!

Perreau ne se fait pas prier. Il commence à chanter Les deux pieds sur la terre. Les spectateurs savent ce qui les attend : on va faire les oiseaux! Ben sûr! Juste au bon moment, la foule s’y met… a capella! Il y avait tellement d’électricité dans l’air que mon téléphone s’est rechargé! Pas besoin de vous dire que le toit de l’Impérial Bell a explosé au refrain!

Allez, une petite dernière… Beau comme on s’aime termine un spectacle sans faille (pas pire pour une première, hein?) ou presque… le temps a passé tellement vite, on s’est regardés, l’air supris, à la fin du show : quoi, déjà?

On pourra revoir Yann Perreau au Festival de la chanson de Tadoussac le 11 juillet prochain, au Festif! de Baie-Saint-Paul le 23 juillet et le 3 décembre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de Trois-Rivières.

Charlotte Cardin

29042016-200046-04-Charlotte CardinLa jeune femme, qui s’est fait remarquer à l’émission La voix, a avoué souffrir d’une sinusite. On vous avoue qu’on ne s’en serait pas rendus compte. Voix très soul à la Amy Winehouse, ambiances électropop feutrées à la Milk & Bone, Charlotte Cardin est totalement dans l’air du temps. Elle a su attirer l’attention du public, qui a su faire preuve d’une écoute d’une qualité rare à l’Impérial et qui a aussi su montrer sa grande appréciation à la fin de chacune des chansons.

Cardin sera le 12 mai prochain à la Salle Anaïs-Allard-Rousseau de Trois-Rivières. On pourra aussi la voir au Festival d’été de Québec le 7 juillet.

Pandaléon

29042016-205733-19-PandaléonAux NuitsFEQ, il y a souvent un ovni, un artiste ou un groupe qui nous sort de notre zone de confort. On pense aux Hôtesses d’Hilaire, le soir des Sheepdogs, ou de Félix Dyotte, le soir de Coeur de Pirate (pauvre, pauvre Félix…). Les frères Levac et Marc-André Labelle ont joué ce rôle, vendredi. Votre humble serviteur s’y attendait, connaissant assez bien la musique du groupe, mais je vous avoue que Pandaléon s’en est très bien sorti. Oui, ce début en chaton, tout en (relative) douceur, manquait un peu de pep par rapport au mur de son que le groupe nous a servi à la fin de la prestation, mais l’idée était bonne. S’ils y étaient allés à fond de train tout le long, le public aurait été un brin fatigué pour Yann. N’empêche, sur scène, les chansons déjà très fuzzées de Pandaléon s’allongent et prennent des accents progressifs pas piqués des vers. Beaucoup de nouveaux fans pour la formation est-ontarienne.

Pandaléon sera au Festival de la chanson de Tadoussac le 9 juin et Festival d’été de Québec le 14 juillet.

[ALBUM] Yann Perreau- « Le fantastique des astres »

Yann Perreau est de retour sur disque avec Le fantastique des astres, une célébration à la vie et l’amour des gens proches de lui. On retrouve l’auteur-compositeur-interprète dans une formule plus festive que sur son dernier album À genoux dans le désir

Issu d’une collaboration à la réalisation avec Tante Blanche, qui signe aussi les mélodies, Perreau lance le ton à l’album avec la pièce instrumentale, Ayahuasca Waltz, qui ouvre l’album. Beaucoup plus de synthétiseurs et d’effets sonores.

Sur Baby Boom et Momonna, Yann Perreau est beaucoup plus festif. On sort de la zone de confort à laquelle on est habituée. Ce changement de style sort complètement de ce à quoi le chanteur nous avait habitué, mais il lui va bien.

Dans 2 pieds sur terre, le ton est plus vaporeux et beaucoup d’effets sonores sont utilisés. La pièce se transforme ensuite en J’aime les oiseaux, le premier extrait de l’album. C’est életro, c’est festif. Perreau y chante ce qu’il n’aime pas. À la première écoute, on ne sait plus où donner de la tête tellement c’est chargé sonore. À la deuxième, on s’y plaît et on aime.

Pierre Kwenders s’invite sur Faut pas se fier aux apparences, où Yann Perreau prend des allures à la Stromae. Des mélodies africaines et la voix d’Inès Talbi complète cette chanson parfaite pour l’été, la fenêtre baissée. Il s’agit d’un de mes coups de coeur sur l’album.

À l’amour et à la mer, l’auteur-compositeur-interprête est plus calme, plus introspectif. «J’voudrais t’emmener voir l’océan, t’emmener où le mal ne te suivra plus, te voir jouer avec mes enfants
», chante-il à sa mère. Sur T’embellis ma vie, Perreau chante à sa copine et à ses enfants, accompagné de la guitare de Jean-Alexandre Beaudoin. Sur Le Tatouage, il demande à quelqu’un de lui faire un signe. Le ton est vaporeux, mais il demeure assuré dans ses paroles.

Mon amour est un loup, a toujours ce petite touche électro. Sur Barcelone, Yann Perreau collabore avec Laurence Nerbonne. Leurs deux voix font bon ménage et se mélangent bien ensemble.

Bref, l’album de Yann Perreau est un beau disque pour danser et pour les festivals. Il y a aussi des moments plus calmes, plus introspectifs. C’est une ode à l’amour des siens et aussi de la chair. Le nouveau son plus électro-pop lui colle à la peau. Cependant, l’auditeur peut avoir l’impression de ne plus savoir où donner de la tête tellement les sons y sont éclectiques.

Yann Perreau est ce vendredi soir (29 avril) à l’Impérial Bell dans le cadre des NuitsFEQ. Premières parties : Charlotte Cardin et Pandaléon

[ALBUM] Radio Radio – Light the Sky

Cinquième album pour la formation d’origine néo-écossaise, toujours sous l’étiquette Bonsound, Light The Sky est un tournant significatif autant sur le plan musical que linguistique. Jacques Doucet et Gabriel Malenfant optent cette fois-ci pour un style pop-électro, le tout en anglais uniquement. Avec Alex Mchanon à la réalisation (Plaster, Cargo Culte), Radio Radio s’est associé à divers artistes tels que Dj Champion, Sash’U, et J.u.D. afin d’explorer différentes rythmiques et mélodies.

Tonight’s the night, la toute première piste de l’album donne définitivement le ton que notre oreille, encore habituée au dialecte chiac et au hip-hop funky, devra savourer. On commence en force avec une pièce haute en rythmes électroniques et au refrain dangereusement accrocheur. On pousse les harmonies vocales à un niveau supérieur, ce qui va tracer une silhouette pop, plus souvent utilisé lors des refrains, sans toutefois délaisser leur rap efficace habituel.

Fidèles à eux-mêmes, le duo ne se limite pas qu’à un seul style sur cet album. On y amalgame une multitude sons, de genres et d’instruments. Sweather Weather, une pièce orchestrale rappelant le rapper allemand Peter Fox, Living a Dream au tempo plus lent et aux impressions de Jack Ü, Speed Up the Volume à la guitare basse slappée de Justice ou encore Light The Sky qui rappelle étrangement Pursuit of Happiness de Kid Cudi. Mention spéciale à Cause I’m a Hoe qui nous plonge littéralement dans l’époque surf rock où on retrouve un son de guitare à la Dick Dale ainsi qu’un caractère yéyé.

La question de la mode et du party y sont évoqués avec une pincée d’humour, mais on retrouve des thèmes plus engagés tels que l’individualisme (Busy) et le rapport des gens à la musique (Then came the music).

Somme toute, un album dansant et énergisant du début à la fin. Certains seront déçus de ne pas retrouver leur franglais qui caractérisait leurs dernières productions, d’autres seront agréablement surpris d’y trouver une démarche artistique plus approfondie.

Les Breastfeeders de retour à Québec en juin!

La formation rock and roll montréalaise Les Breastfeeders sera de retour à Québec le 3 juin prochain pour présenter un concert à L’Anti Bar et spectacles.

Le plus récent album de Luc Brien, Suzie McLove et leurs complices, l’excellent Dans la gueule des jours, date de 2011. Ça sent le nouveau matériel!

Les billets sont en vente dès maintenant à L’Anti, chez Exo, sur lepointdevente.com et… ci-dessous!

 

[ENTREVUE] Geoffroy (+ ajout)

Photo : Jay Kearney
Photo : Jay Kearney

Ouf, il est dur à attraper, ce Geoffroy Sauvé! Faut dire que depuis le lancement de son maxi, Soaked in Gold (Bonsound), le jeune auteur-compositeur-interprète à la voix pleine de soul est sollicité de toutes parts. On a réussi à avoir quelques mots avec lui juste avant son lancement à Québec, qui se déroulera au District St-Joseph ce jeudi 3 décembre à 18 heures.

Comment vas-tu à quelques jours du lancement de Soaked in Gold? 
Ca va, je suis aussi heureux qu’occupé!
Tu t’es constitué une belle base de fans avec ta participation remarquée à La voix (on ne peut pas passer à côté) et ta signature chez Bonsound a été annoncée en grandes pompes. Pas trop de pression? 
Non ca va, la majorité de la pression vient de moi-même je crois, je suis plutôt sévère avec moi-même je dirais.
Comment définis-tu ce EP par rapport à ce que tu avais fait auparavant?
Les intentions sont les mêmes mais le packaging est différent. J’ai actualisé mon son, qui ressemble maintenant plus à qu’est-ce que j’écoute présentement et qu’est-ce qui m’influence. La vibe est toujours relax et enivrante si je peux me permettre mais il y a beaucoup de sons et de production que sur Homemade.
a4294155272_10Qui sont tes collaborateurs sur Soaked in Gold? 
J’ai travaillé avec Prince Club qui a réalisé l’album et avec Gabriel Gagnon qui a revu le mix final et poli le tout. Les gars de chez Charmant & Courtois ont dessiné le cover, que j’aime beaucoup.
Question terriblement cliché, mais qui sont les artistes qui t’inspirent le plus actuellement? 
En composant Soaked in Gold j’écoutais beaucoup de Bon Iver, Chet Faker, Alt-J, Patrick Watson, Half Moon Run 
On imagine aisément qu’un album complet ou un autre EP devrait suivre un moment donné. Surtout que Soaked in Gold nous a mis en appétit. As-tu déjà des plans en ce sens? 
Je suis déjà lancé dans la composition d’un album complet pour 2016, ca avance assez vite et je crois que ca va être très bon (en toute modestie haha)
Plusieurs médias anglophones ont parlé des deux premiers simples du EP, et ce, de façon assez positive, merci! As-tu des visées à l’international?
C’est certain! iI fait trop froid à Montréal!
Rendez-vous donc au District St-Joseph ce jeudi à 18 heures. L’entrée est libre. Ça va être chouette. Profitons-en, j’ai bien l’impression que le Sud va se l’arracher aussitôt que cet album complet va être lancé!

Mise à jour

Notre photographe Martin Paré a pris quelques photos de la prestation que Geoffroy a donnée au District St-Joseph.

[SPECTACLE] Milk & Bone (+CRi), Le Cercle, 16 octobre 2015

20151016-220928-19-Milk&BoneVendredi dernier, le Cercle était rempli à craquer. Qu’est-ce qui attirait autant les foules? Un groupe de légendes du punk? Des joueurs de bluegrass déjantés? NON! Ce qui a fait courir près de 400 personnes, c’est le duo montréalais Milk & Bone, qui en était déjà à sa troisième visite. Pas mal du tout pour Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne, qui n’ont à leur actif qu’un (excellent) EP et quelques collaborations et reprises.

Cadre minimaliste pour les deux jeunes femmes debout derrière leurs claviers au milieu de la scène, Camille à gauche, Laurence à droite. Seuls de savants éclairages changeront la donne à l’occasion. De toute façon, on ne vient pas pour regarder, on vient plutôt pour entendre Milk & Bone et vivre l’expérience Little Mourning (même si certains semblent être venus pour raconter leur semaine à leurs amis…).

20151016-220730-16-Milk&BoneLa courte prestation (près d’une heure) était principalement composée des pièces du maxi du duo, auxquelles Camille et Laurence ont ajouté quelques reprises et pièces qui n’ont pas (encore) été endisquées. Bien sûr, on a pu entendre les (déjà!) gros canons de Little Mourning, dont Easy To Read (la basse dans le tapis, le ukelele dans les mains de Laurence). La grande majorité du public écoute religieusement ou fredonne les chansons avec Camille et Laurence. Évidemment, la chair de poule nous prend aussitôt que les deux jeunes femmes chantent ensemble en harmonie parfaite.

Malgré la petite taille de son répertoire, Milk & Bone a su ajouter quelques morceaux intéressants à l’ensemble : Poison, tirée d’une collaboration avec le Torontois Deebs, ainsi qu’une maudite bonne reprise de Death With Dignity de Sufjan Stevens, que les filles ont parfaitement adapté à leur univers électropop feutré.

Lorsqu’elles ont lancé New York au rappel, Camille et Laurence avaient déjà mis le public du Cercle dans leur petite poche d’en arrière. Personne n’est surpris. On croit bien que la salle sera de nouveau bien remplie pour la supplémentaire annoncée le 22 avril 2016. À votre place, je ne tarderais pas trop pour acheter mes billets.

CRi

20151016-210826-05-CRiLa première partie était assurée par CRi, projet électro de Christophe Dubé, un petit gars de Québec qui vit maintenant à Montréal. Accompagné d’une autre claviériste, Dubé a proposé une bonne demi-heure d’électro dansante aux grooves accrocheurs. Les gens ont pris un peu de temps à se dégourdir, probablement en raison de l’heure tardive à laquelle la prestation a commencé. À Québec, les gens arrivent pas mal à la dernière minute…